‹ Anecdotes sur le Mal de RichelieuChapitre 2 sur 24 · II RULHIERE ET RICHELIEU · texte numérisé non relu

II RULHIERE ET RICHELIEU

OÙ le mariage n enchaîne la liberté de personne, et où les unions libres fleurissent, non pas sans, mais avec le sacrement. Et personne alors ne s'étonne de cette étrange société! Montesquieu, qui a souvent le style d^un Tacite, n'en a pas la moralité, et s'embarque lui-même sur le courant qui entraîne tout le monde. Jean-Jacques seul fait l'Alceste dans ses écrits, mais dans ses actions est peut-être pire que les autres. Gilbert pousse un cri, un seul, mais c'est nous qu il touche; ses contemporains en rient. Et tout cela au milieu du plus puissant niouvement de pensée qui, sans en excepter la Kéfornic, se soit jamais produit dans le monde; alors que la science est renouvelée avec Buffon et Lavoisier, la philosophie avec Condillac, la science politique et la philosophie de l'histoire avec ce mente Montesquieu qui écrivait le Temple de Gnide, les principes des gouvernements, des sociétés, des religions, avec les encyclopédistes ; alors que la raison et l'humanité pénètrent dans le droit criminel avec Voltaire. Contraste étrange, peutêtre logique, si la liberté de l'esprit était janiais le corollaire de la liberté des mœurs.

Voilà ce dont il faut se souvenir quand on lit les Anecdotes sur le maréchal de Richelieu, ce Faublas avant la lettre.

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