RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Buffet : — à la gare d'Orléans.
ci Omnibus : — 50 c, la nuit 75 c; de la gare de Saint-Laud à celle de ^ Saint-Serge, 30 c. (50 c. avec 30 kilogr. de bagages).
Hôtels : — du Ckeval-Blanc*, rue Saint-Aubin, au centre de la ville; — d'Anjou , boulevard de Saumur, près des promenades; — Grand-Udlet":, -S place du Ralliement; — de Londres, de l'Europe, quai Ligny; — du ^ Faisan ; — de France, près de la gare.
Ço Cafés : — du Grand-Hôtel, place du Ralliement, attenant au Grand- Hôtel; c'est le plus fréquenté: — du Théâtre, de France, place du RallO liement; — du Boulevard: — de la Rotonde, dans le Mail.
2 ; ; • f : ' ; angers.
Bains : — boulevard des Lices, 36; rue Chevreul, près de la Poste. ',' T<istV, pljiêti jlu;Rallicment.
. Télégrapjae : — Petit Mail de la Préfecture! ; ;Tl}^â{rï, | place du Ralliement.
Cirque-Théâtre : — quai Royal.
Voitures de place : — stations, sur les boulevard et place du Ralliement. — Tarif : 75 c. la course, 1 fr. 50 l'heure de G h. du mat. à 10 h. du soir; 1 fr. 50 et 2 fr. de 10 h. du soir à 6 h. du malin. — Tarif spécial pour chaque localité : St-Barthélemy , 2 fr. 60; les Ponts-dc-Cé, 3 fr. (jusqu'à St-Maurille, 4 fr., plus 1 fr. 50 l'heure de séjour) ; Trclazé, 4 fr. ; h'couflant, 5 fr.; Sl-Gcorges-sur-Loire (Sevrant), 11 fr., etc.
Omnibus pour : — les Ponls-de-Cé, toutes les heures (40 c; les voitures partant aux heures impaires vont .jusqu'au Cheval-Blanc, au delà de la grande Loire; les autres s'arrêtent près de la mairie; départ de l'un et de l'autre endroit à l'heure qui suit l'arrivée); le dimanche, toutes les demiheures; — la Pyramide, Trclazé, toutes les deux heures. — Pour tous ces omnibus, station boulevard de Saumur à l'angle de la rue St-Aubin.
Bateaux à vapeur pour : — Nantes, 7 h. matin, quai de Ligny ; i'0 chambre, 5 fr. 15; 2e chambre, 3 fr. 15; trajet en 6 h.; — Chàteau-Gontier, quai des Luisettes; tous les jours et en été deux fois par j., à heure variable, selon la saison ; 3 fr. 50 et 2 fr. 50 ; trajet en 6 h.
Situation et aspect général.
Angers, V. de 68849 hab., ch.-l.
du dép. de Maine-et-Loire, est situé sur la Maine, rivière formée par la réunion ,de la Mayenne, de la Sarthe et du Loir. Il se divise en deux parties distinctes : la ville proprementdite, occupant, sur la riveg., le sommet et le penchant d'un co-
1. Sur Angers et sur toutes les autres communes de Maine-et-Loire, nous nous sommes servi avec le plus grand fruit du précieux Dictionnaire de ce département, qui en 1877 a valu à l'auteur, M. Célestin Port, archiviste de Maine-et-Loire, le grand prix Gobert.
tcau, et le quartier de la Doulrc, au delà des ponts, sur la rive dr.
de la Maine.
Depuis le commencement de ce siècle, Angers s'est métamorphosé.
Aucune ville de France peut-être n'a subi de plus grand changements, et ils s'y poursuivent sans cesse. La vieille muraille dont il s'était entouré, ses tours et ses créneaux en ruine ont fait place à de magnifiques boulevards bordés d'élégantes maisons; la triple percée des rues Bodinier, Lenepveu et Voltaire a transformé tout l'intérieur de la ville; un quai a été bâti sur la rive g. de la Maine , un autre sur la rive
dr., où l'ancien canal des Tanneries a été comblé et transformé en boulevard. Deux ponts nouveaux ont relié entre elles les deux parties de la ville que séparait la rivière; divers édifices publics y ont été construits, et un quartier neuf s'est élevé au delà du boulevard, entre le Mail, la gare et lefaubourgBressigny.il s'étend de l'autre côté de la voie ferrée et comprend, avec les casernes, doux fabriques, de beaux hôtels, un ouvroir, des couvents, une partie de l'ancien canton de Saint-Laud. Malgré ces métamorphoses; Angers peut fournir encore de nombreux sujets d'observation ou d'étude à tous ceux qui recherchent avant tout les rues étroites, tortueuses, sombres, escarpées, les maisons caractéristiques d'un autre âge, la physionomie bizarrement accentuée des siècles passés; il possède, en outre, de curieux monuments, dignes d'une longue visite, de beaux établissements d'utilité publique, de précieuses collections.
Direction.
La gare principale, ou gare Saint- Laud, est établie dans la partie haute de la ville, sur la rive g. de la Maine. En face s'ouvre la Grande rue de la Gare, qui conduit à la place de la Visitation, bordée au S. par la caserne d'infanterie. Vis-à-vis s'ouvre la rue Talol, que croise le boulevard des Lices et que continue la rue des Lices ; celle-ci passe entre la tour Saint-Aubin et la préfecture, et va se terminer à la rue Saint-Aubin, à peu rie distance de la cathédrale ; elle a été récemment prolongée, en s'inclinant légèrement, sous le nom rie rue Voltaire, jusqu'au carrefour Rameau, au débouché de la rue Plantagenet (Ecole primaire supérieure) dans la rue Lcnepveu, qui, à dr., conduit à la place du Ralliement, où se Irouvent la poste, le théâtre, le Grand- Hôtel, et plus loin au marché couvert, aux halles, à l'ancien Palais de justice, et au Jardin des plantes. A g., en descendant la rue Saint-Aubin, vers la cathédrale, on trouve la rue du Musée, qui conduit au Logis Barrault (musée et bibliothèque), puis l'hôtel du Cheval-Blanc. Plus loin
s'ouvre la place Sainte-Croix, qui se relie, à" g., à la place Saint-Maurice, et de laquelle partent, à dr., deux rues importantes, l'une la rue Lcnepveu, parallèle à la Maine, l'autre, la rue Sainte-Croix, dont l'angle est formé par la maison Adam, conduisant à la rue de l'Oisellerie, que borde, sur tout un côté, le bâtiment neuf de l'évêché, et d'où l'on descend, par la rue Baudriére (vieilles maisons), au Grand-Pont, et, par delà, à l'église de la Trinité et dans un quartier encore peuplé d'anciens logis. A dr. au sortir de la rue des Lices, la rue Saint-Aubin mène aux boulevards en passant devant la préfecture et en traversant le boulevard de Saumur : elle a pour prolongement le faubourg Bressigny, qui conduit au lycée, à l'École, normale et aux ardoisières.
Si, au lieu rie suivre la rue des Lices, en sortant de la rue ïalot, on descend, sur la g., le boulevard des Lices, on atteint en quelques min. la statue du roi René et les remparts du château. De là, le bou levard du Château, qui continue à descendre, conduit à la Maine et au pont de la Basse-Chaîne, qui débouche devant l'abattoir. On voit du quai l'ancienne abbaye de Saint-Nicolas, dépôt actuel de mendicité.
Enfin, si, au sortir de la rue de la Gare, on a pris, sur la dr., le boulevard des Lices, on gagne la rue d'Orléans, le haras, le grand établissement horticole des fils rie M. André Leroy et l'Institut catholique, ou, si l'un suit les boulevards de Saumur, de la Mairie, la place du Pélican, et, tournant à g., le boulevard des Pommiers , on passe devant les cercles du Commerce, des Nobles et des Jeunes- Nobles, la place de Lorraine, où s'élève la statue de David d'Angers, l'hôtel de ville, le Champ-de-Mars, la Banque de France, le nouveau palais de la Cour d'appel, le Mail, le Jardin des plantes, et le pont de la Haute-Chaîne, qui mène à l'École ries arts et métiers, à'I'ancien hôpital Saint- Jean (musée archéologique) et à celui de Sainte-Marie, qui l'a remplacé.
Âu débouché du boulevard ries Pommiers, sur l'emplacement rie l'ancien canal du port Ayrault, entre l'église Saint-Serge et le pont rie la Haute-Chaîne, s'élève la gare du chemin de fer de Segré et Laval, dite gare Saint-Serge.
Histoire.
Angers était le centre d'une peuplade gauloise importante, appelée parles auteurs
latins Andes, et plus tard Andecavi ou Andegavi. Après la conquête romaine, cette ville eut des thermes, un théâtre vis-à-vis du château, et un amphithéâtre dont on a déblayé, il y a quelques années, les derniers vestiges et nivelé l'emplacement pour y percer la rue des Arènes. Angers s'appela, durant deux ou trois siècles, Juliomagus. Vers 475, Childéric I" l'enleva à un comte nommé Paul, qui le gardait au nom des Romains, et il réunit l'Anjou à ses autres conquêtes.
L'importance d'Angers était déjà considérable sous Charles le Chauve; mais cette ville eut beaucoup à souffrir des incursions des Normands, qui y séjournèrent deux ans.
L'Anjou eut pour premier comte héréditaire Foulques 1", dit le Roux, dont les successeurs les plus distingués furent : Foulques II, dit le Bon, qui s'attacha à réparer les désastres de la guerre ; GeolTroy- Grise-Gonelle, que la légende nous montre tuant, en 97 8, sous les murs de Paris, le terrible Danois Haustuin, d'une taille et d'une force merveilleuses; Foulques III Nerra, le grand bâtisseur de forteresses, et Geoffroy Martel, son fils.
Sous les Plantagenets, Angers fut comme une seconde capitale do l'Angleterre. Henri II y tint plus d'une fois sa cour, dont les écrivains de cette époque ont vanté la sévérité, et y fit bâtir de nombreux édifices qui développèrent en Anjou une puissante école d'architecture.
A la mort de Richard Cœur-de-Lion, fils d'Henri II, Jean Sans-Terre, contestant les droits de son neveu Arthur, vint assiéger Angers; mais, trois ans après, lorsqu'il eut assassiné ce même neveu, Philippe Auguste confisqua toutes ses possessions et les réunit à la couronne de France.
Henri III d'Angleterre garda le titre de comte d'Anjou jusqu'au traité de paix de 1259- Mais, des 1246, Louis IX avait donné les comtés d'Anjou et du Maine à son frère Charles Ier, comte de Provence, qui commença la troisième maison d'Anjou. Malheureusement pour Angers, Charles ïw conquit les royaumes de Naples et de Sicile, et un grand nombre de ses sujets, partis avec lui, périrent dans le massacre des Vêpres Siciliennes.
Sous le gouvernement de Charles de Valois (Charles III), fils de Philippe le Hardi et gendre de Charles II, l'Anjou avait été érigé, par Philippe le Bel, en comté-pairie (1297). Il fut réuni de nouveau àla couronne quand Philippe de Valois, fils de Charles III, monta sur le trône de France. En 1356, Jean II le constitua en apanage souverain,
avec le Maine, à Louis P', son deuxième fils, et immédiatement après son retour de captivité (octobre 1360) le roi Jean l'érigea en duché-pairie. Louis I*1 devint ainsi le premier duc héréditaire d'Anjou (1360).
En 147a, Louis XI ordonna la réunion du duché au royaume, réalisée en 1480.
Angers passa sous le régime municipal, constitué sur de nouvelles hases, au détriment des libertés publiques, et la charte royale ne fut pas accueillie avec reconnaissance. Les charges, qui conféraient la noblesse, furent d'abord et longtemps électives; mais, sous Louis XIV, elles devinrent vénales.
Les guerres de religion n'épargnèrent pas Angers : le protestantisme y apparut avant 1556, et ni les persécutions dirigées par l'inquisiteur spécial Remy Ambrois, ni les violences de Puygaillard, lieutenant de Louis de Bourbon, ne purent l'étouffer.
Après quelques années de troubles causés par les guerres de la Ligue, Henri IV vint à Angers en 1598, et gagna complètement les esprits des habitants par sa bonne mine, son affabilité et ses gasconnades.
En 1620, Marie de Médicis, un moment réconciliée avec Louis XIII, vint s'établir à Angers. Mais la guerre ayant éclate de nouveau entre le fils et la mère, une rencontre sans importance eut lieu aux Pontsde-Cé, et les partisans de la reine furent dispersés par les troupes royales.
En 1652, Angers se prononça pour la Fronde. Mazarin, Louis XIV et la cour s'avancèrent jusqu'à Saumur, et la ville se soumit aux premiers coups de feu ; mais le château des Ponts-de-Cé dut être emporté de vive force.
En 1789, Angers devint le chef-lieu du département formé de l'ancien Anjou. Cette ville avait adopté avec empressement, mais aveemodération, les idées nouvelles. Ainsi, dès Tannée 1790, elle réprimait énergiquement les désordres commis par les perregeurs (ouvriers des ardoisières). Plus tard, 500 de ses habitants, pères de famille, se firent tuer, au pont Barré, pour arrêter les progrès de l'insurrection vendéenne.
Après la prise de Saumur, les Vendéens marchèrent sur Angers, que le général Barbazan leur abandonna. Ils y entrèrent le 24 juin 1793. Les républicains le reprirent bientôt comme ils Pavaient perdu, sans combat, et, dès les premiers jours de juillet, Richard et Choudieu vinrent y organiser la résistance. Les habitants n'avaient, du reste, pas besoin d'être menacés pour se défendre contre les Vendéens. Le 3 et le 4 décembre 1793, réunis à la gar-
nison, ils repoussèrent quatre attaques dirigées contre les portes Cupif, Saint-Michel et Saint-Aubin. Les Vendéens durent se retirer dans un affreux désordre. Après leur retraite, d'horribles exécutions ensanglantèrent la ville.
Ku 1815, le général Lamarque enleva Angers au duc de Bourbon, qui avait pris le commandement des départements de l'Ouest, et qui se vit contraint de s'embarquer pour l'Angleterre.
Ku 1815, le général Thielmann occupa Angers à la tète d'un corps de 5000 Prussiens, et lui imposa d'énormes sacrifices.
Le 16 avril 1850, le pont suspendu de la Basse-Chaine s'écroula dans la Maine, entraînant dans sa chute un bataillon entier du il" régiment d'infanterie légère, qui perdit 223 soldats ou officiers.
Angers a vu 'naître : Marbode, célèbre écrivain, evèque de Rennes, mort en 1123; le cardinal Geoffroy, abbé de Vendôme (1070- 1132); Marie d'Anjou, reine de France (l40â- 1864), et son frère le roi René (1409-1480); l'architecte Jean de Lépine ou de l'Épine (1505-1576); les jurisconsultes Dupineau Çi 573-1644) et Pocquet de Livonnière (1884- 1706); Gilles Ménage, critique et érudit (1613-1692); l'anatomiste Béclard (1785- 1825); le conventionnel Choudieu (t76l- 1838); le général baron Kvain, ministre de la guerre en Belgique de 1832 à 1838 ; le célèbre sculpteur David d'Angers (1789- 1856); le comte de Falloux, ancien ministre de l'instruction publique (1811-1886), et le chimiste Chevreul, né en 1786.
Édifices religieux.
La Cathédrale, consacrée à saint Maurice, s'élève à peu près au centre de la ville, au sommet de la colline qui domine la rive g. de la Maine.
Elle fut reconstruite par Hubert de Vendôme, qui la couvrit d'une charpente apparente et la consacra en 1030. Les murs de la nef remontent, a-t-on dit, à cette époque; mais ces murs, qui présentent l'ornementation du style roman fleuri, ont été certainement élevés pour recevoir les voûtes en pierre qui les couronnent aujourd'hui, voûtes dont le système était parfaitement inconnu au xi° s. et même pendant le premier tiers du xir. Elles furent bâties, de 11 50 à 1100 environ, par Normand de Doué
et son successeur Mathieu de Loudun; c'est donc au milieu du xir s.
seulement que l'on doit attribuer les parties les plus anciennes de Saint- Maurice. Le style do la nef, d'ailleurs, se rapproche beaucoup de celui du transsept et du chœur, et l'histoire écrite assigne au premier les dates de 1230 (intcrlranssept et croisillon S.) et de 1236-1240 (croisillon N.), au second l'épiscopat de Raoul de Reaumont (1178-1197) et l'année 1274, époque d'un agrandissement vers l'E. Malgré la durée plus que séculaire de sa construction, Saint-Maurice offre une grande unité d'aspect, jointe à la régularité du plan et à l'ampleur des proportions.
La façade occidentale, malheureusement, ne possède point toutes ces qualités. La grande porte, analogue de style à la partie correspondante de Notre-Dame de Chartres, paraît dater de 1150 à 1100. Le premier étage de la façade et les deux tours jumelles sont aussi de la seconde moitié du xn" s.; mais la tour du milieu, les flèches et quelques remaniements du xvi° s. ont détruit l'unité de ce majestueux frontispice, dont l'ensemble a encore le défaut d'être trop étroit pour son élévation.
La porte principale offre, au tympan, le Christ, entouré des symboles des Êvangélisle aux parois latérales se dressent huit grandes statues représentant Moïse, Aaron, Josué, David et d'autres personnages bibliques. Les voussures sont remplies par deux rangs d'anges en adoration et par les statuettes des 24 Vieillards de l'Apocalypse, tenant des instruments de musique ou des vases à parfums. Quelques parties de ce portail ont été très habilement refaites par le sculpteur Dantan.
A la base des tours latérales, des ogives appliquées sont les vestiges d'un porche que Foulques de Mathefelon lit élever, en 1336, sur toute la largeur du frontispice. Au centre du premier étage s'ouvre une belle fenè-
tre accompagnée d'arcades aveugles.
Au-dessus, les trois tours, qui, par une disposition connue seulement dans la vieille architecture germanique, surmontent la façade, s'isolent et prennent leur ordonnance respective. Celle du milieu, bâtie en 1540 par l'architecte Jean de Lépine, présente d'abord une rangée imposante de huit guerriers, dans le costume militaire du xvic s., armés de pied en cap. Ces statues, sculptées par Jean Giffard, seraient celles de saint Maurice et de ses compagnons ; mais ils n'ont aucun attribut ni de la sainteté ni du martyre. La frise qui court au-dessus de leurs tètes porte cette inscription, tirée de l'Écriture : Da paccm, Dominum (sic, pour Domine, in) dicbus nostris. Et dissipa gentes quse bella volunt. 1540. L'étage du beffroi est orné de deux arcades en plein-cintre et couronné d'une galerie que surmonte une coupole octogonale.
Les tours latérales, beaucoup trop longues pour leur base trop grêle, qui consiste en un gros contrefort massif, ont été remaniées dans leurs parties supérieures, au xvie s., pour supporter des flèches en pierre.
Elles étaient primitivement couvertes par des pyramides en plomb. Les flèches actuelles furent exécutées de 1518 à 1525. Un incendie les ayant endommagées, en 1533, elles furent aussitôt restaurées; celle du S., qui avait le plus souffert, fut refaite. Un nouveau sinistre étant survenu en 1831, elles ont été encore complètement reconstruites. La llèche du N.
porte sa croix à 65 met. de hauteur, celle du S. à 69 met. Les constructeurs du xvi° s. ont exactement suivi, dans l'édification de ces pyramides, les traditions du xme s.; et, sans leur date certaine, on les prendrait aisément pour des œuvres du temps de saint Louis.
Les voûtes de Saint-Maurice comprennent trois travées de nef, deux croisillons carrés, l'intertranssept et
une travée carrée qui précède l'abside. Elles ont 16 mèt. 40 do portée entre les murs, et 26 met. de hauteur. A voir leur surface large e bombée, on leur croirait des dimensions encore plus considérables. A moitié hauteur, un passage règne le long desmurs, porté par une corniche à modillons, soutenue elle-même par de larges arcades en ogive prenant naissance près du niveau du sol. La plupart des fenêtres sont réunies deux à deux sous chaque clef de formeret.
Les arcaturcs aveugles du transsept, les fenêtres do l'abside et la grande rose à 18 rayons du croisillon S. revêtent les formel* et les ornements d'un sty le ogival assez avancé.
La cathédrale possède une magnifique collection de vitraux des xh° et xnr s. Les plus anciens, ceux do la nef, donnés vers 1 1 70 par le chanoine Hugues de Semblançay, représentent la Vie de la Vierge, le Martyre de sainte Catherine, la Vie de saint Ëloi. Le vitrail qui se trouve au-dessus du banc d'œuvre, et qui figure le Château Ut-Ange, ne date que du xvr s. Les verrières du chœur (xiue s.) sont consacrées aux légendes de saint Julien, de saint Maurille, de saint Laurent et de saint Thomas Becket; celles du transsept, aux visions de l'Apocalypse et au Jugement dernier; plusieurs portent le nom du vitrier Robin et le millésimede 1452. La grande rose du S. est occupée par un Zodiaque. Jean de Rély, évoque de 1491 à 1499, s'est fait représenter dans la fenêtre orientale du croisillon N.
Deux chapelles latérales s'ouvrent au bas de la nef; celle de g., du xv> s., contient un calvaire par David (d'Angers), à qui l'on doit, en outre, une Sainte Cécile, placée dans le chœur; l'autre, à dr., construite au xm° s. avec des voûtes domicales (les archéologues appellent domicales les voûtes angevines, parce que leur galbe les rapproche des dômes),
Cathédrale
remaniée et tronquée au xv, renferme les fonts baptismaux.
A g. de la porte 0., une très belle cuve de vert antique, portée par doux lions en marbre blanc, est un don du roi René à Saint-Maurice, qui conserve aussi de magnifiques tapisseries du xiv". au xviir s. ; la principale , représentant VApoca- /ypse, aplus de 100 mét. de longueur et 4 met. 20 de hauteur.
Le mai.lre-a.ulel (1699), surmonté d'un baldaquin do 1757, et les boiseries du chœur, œuvre de Gautier que le père de David fut employé plus tard à compléter, contrastent d'une manière choquante avec le style de l'église. La lourde chaire, en bois sculpté, ornée de nombreux personnages bibliques ou allégoriques, sort de l'atelier de l'abbéChoyer.
L'oîy/uc, qui datait du xvi" s., a été reconstruit en 1870-1873 et enrichi do tous les perfectionnements de l'art moderne par M. Cavaillé-Coll.
Cet orgue (3000 tuyaux) est un grand seize-pieds en montre, avec soubasse de 32 pieds à la pédale. Le buffet (fin du xvn" s.), ayant 12 met. de largeur sur autant de longueur, a été restauré.
rLe croisillon N., ou chapelle des Évëcjues, renferme la tombe, surmontée d'une statue en marbre blanc, de Claude de Rueil, évèque d'Angers de 1628 à 1649, et les débris de la tombe de l'ôvèque Jean Olivier.
Toute la dynastie des ducs de la maison royale d'Anjou-Sicile reposait dans l'abside. En 1783, le tombeau du roi René>et d'Isabelle de Lorraine, le seul existant encore, fut transféré dans la nef pour faire place à des boiseries et à des stalles. Un pavage uniforme recouvre le caveau qui l'enferme encore les restes des princes d'Anjou. Une inscription tumulaire, placée en 1850 derrière le maître-autel, rappelle le nom des princes qui y sont inhumés.
Le Palais épiscopal, qui touche au croisillon N. de Saint-Maurice, et
qui a été bâti sur l'emplacement qu'occupait avant 850 le château des comtes d'Anjou, renferme, au rez-dechaussée, une longue galerie éclairée par des fenêtres en plein cintre et supportée par des colonnes à chapiteaux romans. Depuis 1850, cotte galerie est convertie en chapelle. Un vaste escalier, construit par l'évèque François de Rohan, en 1510, conduit à la salle synodale romane (lin du xi° s.), renfermant une ancienne piscine dont l'inscription en deux vers latins invile à la première place les clercs et les chevaliers et renvoie plus bas les roturiers. Cette salle, longue de 20 mèt. sur 10 mét. de largeur, est, comme la galerie inférieure, un des rares monuments d'architecture civile antérieurs à l'ogive et légués presque intacts par le moyen âge. A l'étage supérieur est une ancienne cheminée ornée de créneaux et de mâchicoulis.
Tout un côté de la rue de l'Oisellerie, autrefois si pittoresque, a été rasé pour l'aire place à une immense annexe de l'évéché, bâtie dans le style des anciennes constructions, avec cordons de briques et fenêtres en plein cintre.
Saint-Serge, autrefois église abbatiale, s'élève vis-à-vis du nouveau Chainp-dc-Foire et de la gare de Laval, à coté des bâtiments du grand séminaire , qui se sont ajoutés à ceux de l'abbaye Saint-Serge. Sa triple nef est un assez bon ouvrage du xve s., avec arcades latérales surbaissées s'inscrivant sous des ogives, et passage intérieur sous les fenêtres supérieures. Mais le transsept et le chœur appartiennent au style Plantagenet le plus pur et le plus élégant . La souche du clocher central, aujourd'hui détruit, peut seule, avec quelques fragments des croisillons, remonter au xr s. ; le reste porte tous les caractères de la fin du xn" s. ou du commencement du xnr=. Le transsept est terminé par deux roses en roue. Le chœur compte en Ion-
gueur cinq travées, dont doux à cinq nefs, deux à trois nefs et la dernière sans collatéraux. Les bas-côtés extrêmes des deux .premières travées se terminent par des absidioles élégamment voûtées à nervures. Les autres bas-côtés et le chevet se terminent carrément; on en remarquera les travées extrêmes, à nervures compliquées, mais toujours disposées suivant des méthodes locales. Les colonnes isolées qui servent de piliers sont d'une légèreté admirable, avec laquelle s'harmonisent le galbe gracieux des voûtes, la finesse des moulures et la longueur des fenêtres en plein cintre.
D'importants travaux de restauration, exécutés depuis 1 8ô3, ont fait découvrir la tombe de Jean Tillon, abbé de 1483 à 1501. Cette pierre, encastrée dans le mur de la chapelle du second collatéral S., porte une longue inscription, surmontée des armes de Tillon. On remarque aussi dans le chœur une charmante piscine du xvt° s.
Saint-Serge dépendait d'un monastère de Bénédictins, fondé au milieu du vu0 s. Reconstruit vers 850, par le roi breton Nominoë, enrichi par de nombreuses donations, agrandi et rebâti par Geoffroy Martel, reconstruit de nouveau vers la fin du xvn* s-, et augmenté de près de moitié depuis quelques années, ce monastère est devenu le grand séminaire (jolie chapelle moderne, de style roman), après avoir, pendant la Révolution, servi à divers usages.
11 fut, notamment, occupé par le musée central, que saccagèrent les Vendéens. Installés dans le clocher voisin, ils en furent délogés par le canon, qui a rasé l'étage supérieur de cette tour.
Près de la rive dr. de la Maine, sur la rue qui fait suite au Grand-Pont, s'élève la Trinité, autrefois dépendance de l'abbaye du Ronceray.
Comme à Saint-Serge et à Saint- Maurice, on lui a assigné des dates
trop reculées; mais elle n'est pas antérieure à la seconde moitié du xii" s. Une restauration radicale en a fait un édifice presque entièrement neuf.
Deux belles portes romanes donnent accès dans la nef de la Trinité.
Celle de l'O., en ogive, est située en dehors de l'axe de l'église, la partie g. de la façade étant cachée par des arcades et une tour qui formaient raccordement avec le Ronceray. La nef, sans collatéraux, comprend sept travées dont six sont voûtées deux à deux par un procédé fort singulier, sorte de compromis entre la voûte domicale de l'Anjou et la voûte sexpartile de l'Ile-de-France. Une autre particularité frappe dans cette église : les murs latéraux sont creusés, à l'intérieur, en forme de niches larges et peu profondes qui ne se manifestent à l'extérieur par aucune saillie. Chaque chapelle est éclairée par une petite fenêtre ; les arcs générateurs de ces renfoncements sont en ogive et très ornés. A l'extrémité E. de la nef, deux piliers isolés marquent la largeur du clocher, sous lequel se trouve le chœur, terminé plus loin par une abside à nervures.
Entre les piliers et les murs de la nef, deux passages obliques conduisent aux croisillons, que terminent aussi, à l'E., des absidioles, voûtées en demi-coupoles.
Le beau clocher de la Trinité n'est roman qu'à la partie inférieure. Le reste est l'œuvre de Jean de Lépine (xvie s.), sauf le couronnement, qui est moderne.
On remarque à l'intérieur de l'église : un escalier tournant, en bois, de la Renaissance (au fond de la nef) ; le buste en marbre de M. Gruget, curé de la paroisse de 1784 à 1840; Vautel principal, orné de bas-reliefs en bois doré, du xvf s. (l' Annonciation, la Visitation et V Assomption) ; un beau Christ du sculpteur angevin Maindron. — S'adresser au sacristain ou à tout autre
employé de l'église pour visiter la crypte du Ronceray (V. ci-dessous).
Saint-Laud (place de ce nom) a été reconstruit dans le style roman poitevin, de 1872 à 1882. L'ancienne église possédait quatre morceaux du bois de la Vraie Croix, si vénérés que la croyance s'était répandue que quiconque se parjurait devant cette précieuse relique mourait dans l'année. Le roi Louis XI partageait celte croyance, et, suivant son historien Commines, les serments qu'il faisait devant la croix de Saint-Laud étaient les seuls qui dussent inspirer confiance. Un seul de ces fragments a été retrouvé après la Révolution:
il est aujourd'hui réuni à un autre fragment de la Vraie Croix donné plus récemment à l'église, dans une croix en vermeil.
Saint-Joseph, dans le faubourg Rressigny, a été bâti dans le style angevin du xm0 s., avec deux hautes tours. Cette jolie église est malheureusement ornée d'un affreux autel sculpté par l'abbé Choyer, et dont le style, du xiV s., fait un contraste choquant avec celui de l'ôdilice. Dans le croisillon de g., Appert a peint la Mort de saint Joseph.
Sainte-Thérèse (rive dr., au-delà de la ligne des boulevards, près de la place Lyonnaise) a été bâtie de 1860 à 1862 par M. Tessier, du Mans, dans le style du XIII" s., avec une belle flèche. L'intérieur a été peint et décoré avec une afféterie enfantine.
Notre-Dame ou l'Oratoire, rue Saint-Michel, date des xvii" et xixe s. Les fonds sont réunis (1886) pour une reconstruction qui doit reporter l'édifice sur l'emplacement des anciennes halles et transformer tout le quartier.
Saint-Jacques (rue du Faubourg- Saint-Jacques, rive dr.) a conservé, de l'édifice rebâti en 1123, une façade du xu° s., restaurée en 1880.
En continuant de suivre la route de Nantes, prolongement du faubourg Saint-Jacques, on arrive à
(2 kil.) la chapelle de la Barre (xvii" s.), ancienne dépendance de l'abbaye de Saint-Nicolas. L'autel de cette chapelle est surmonté d'un groupe admirable, œuvre du sculpteur Biardeau (xvii0 s.).
V église des Ursulines (près de la rue David, non loin du Mail), bâtie au xvir3 s., renferme un retable curieux.
La plupart des communautés religieuses établies à Angers ont, dans ces dernières années, fait reconstruire leurs chapelles sur de vaste< proportions et dans les styles du xir et du xnr s. Nous citerons parmi ces congrégations : — les Franciscains (à l'extrémité du cloître Saint-Laud); — les Pères de l' Adoration (cloître Saint-Martin) ; — les Jésuites (butte du Pélican) : leur église a été bâtie sur les plans de leur confrère, le P. de ïournesac ; — les Dominicains, rue Rabelais; — les Auguslines (faubourg Rressigny); — les Dames du Bon-Pasteur, maison mère, dont les vastes constructions occupent en partie les dépendances de l'abbaye de Saint-Nicolas, etc., etc.
Mgr Angebault, ôvêque d'Angers (t 1869), a l'ail bâtir, à quelques pas de la chapelle de l'Esviôre, à l'O., un palais d'été (élégante chapelle ornée de vitraux). Pendant la belle saison, l'administration del'évêché est transférée dans cette riante demeure, qui domine le cours de la Maine.
Le temple protestant (près du musée) était, dans l'origine, la chapelle du prieuré de Saint-Éloi, fondé au xu° s. (il en reste quelques parties romanes avec de curieux chapiteaux), réuni plus tard au petit séminaire, puis transformé en caserne d'infanterie. Une salle qui en dépend est encore occupée par l'Ecole de dessin, sur les bancs de laquelle David d'Angers a fait ses | rentiers essais. Les b&timehts attenants renferment aujourd'hui l'Ecole régionale de dessin et un amphithéâtre ouvert le soir à trois cours publics depuis la suppression de l'École supérieure des sciences
et des lettres. Une secte dissidente s'est élevé, en 1802, tout à côté, rue Toussaint, un temple charmant.
Parmi les églises d'Angers ruinées, enlevées au culte au réunies à des établissements civils, plusieurs offrent aussi le plus haut intérêt.
La plus ancienne est le Ronceray (rive dr.), autrefois dépendance d'un monastère de religieuses. L'édifice actuel est attribué à Foulques Nerra, grand et habile bâtisseur d'églises et de donjons, qui la lit dédier en 1028. Le pape Calixte II célébra, en 1119, une seconde consécration, qui prouve que des remaniements considérables eurent lieu au commencement du xir s. L'église du Ronceray sert en partie de chapelle à l'Ecole des Artset-Métiers (pour la visiter, s'adresser au concierge, rue du Godet, du côté du quai). 11 n'en reste que neuf travées de nef, dont les parties inférieures sont en petit appareil et doivent remonter à la dédicace de 1028.
A l'intérieur, les bas-côtés (celui du S. est muré) sont voûtés par une suite de berceaux perpendiculaires à l'axe. Une tour délabrée, à arcatures romanes, et quelques arrachements de colonnes et d'archivoltes relient le Ronceray à l'église de la Trinité ( V. ci-dessus, page 9).
En 1527, une petite Vierge en bronze, trouvée clans la crypte, au milieu des ronces, fit donner à cette église et au monastère le nom de Ronceray. On pénètre par l'église de la Trinité dans la crypte, qui date do Foulques Nerra.
De l'ancienne abbaye de Saint- Aubin, fondée par le roi Childcbert, consacrée une première fois en 534, il reste les bâtiments qui sont occupés par la préfecture, avec quelques débris du cloître (V. ci-dessous), et une tour découronnée, qui se dresse sur le bord de la rue des Lices. Celte tour, du milieu du xu" s., se rattache par sa forme à un type particulier de clochers, que caractérise l'étage octogonal bâti, avec quatre
clochetons, au-dessous de la flèche, percé d'une seule fenêtre en ogive sur chaque face, établi lui-même sur un étage carré à huit ouvertures toujours en ogive. Dans plusieurs grandes abbayes, — à Saint-Aubin même, à Saint-Florent, à Marmoutier, à la Trinité de Vendôme, — ces gros clochers n'étaient pas immédiatement liés aux églises : ils représentaient, sans doute, la juridiction temporelle des monastères.
Saint-Martin, ruine qui dépend de l'administration des tabacs (rue Haute-Saint-Martin, en face de la place du même nom), a été bâti, dit-on, au ix° s., par l'impératrice Hermengarde, première femme dè Louis le Débonnaire. Une reconstruction eut lieu, en 1020, par les soins de Foulques Nerra et de la comtesse Hildegarde : c'est évidemment à cette époque, et non à l'époque carlovingienne, que l'on doit rattacher le transsept, sa tour centrale et les quatre arcades, seuls restes de la nef, qui donnaient accès dans le bas-côté S. La coupole, sans pendentifs ni nervures (elles sont indiquées par des traits do peinture), qui s'arrondit sous le clocher, n'est que du xu" s., selon Félix de Verneilh. Le chœur, composé do deux belles travées carrées, sans bas-côtés, terminées par une abside, a une grande analogie de style avec la cathédrale.
Cette partie ne peut remonter au-delà de la fin du xii" s. On y remarque, incrustés dans la voûte, des vases en terre cuite, de forme ovoïde.
Toussaint, une des plus belles ruines de l'Anjou, et dont l'aspect est saisissant (on l'entrevoit à travers une jolie grille, récomment posée, on avant du porche, rue Toussaint, 16; se faire accompagner par le gardien des musées, au Logis Barrault), a été bâtie au xm" s., dans les styles angevin et normand, pour une abbaye de chanoines réguliers fondée en 1115. La nef et le chœur, séparés par un transsept, n'ont point
de bas-côtés ; le chevet se termine carrément; il a été reconstruit, ainsi que sa belle rose, au xvme s., dans le style primitif.
Dans une rue voisine de l'église Saint-Laud, .s'élève la chapelle de l'Esvière, des xi" et xvc s. L'Esvière (Hait un prieuré dépendant de l'abbaye de la Trinité de Vendôme et dans lequel fut inhumé Foulques le Réchin. La chapelle, acquise en 1873 par la Congrégation des Sœurs Auxilialrices, appelées vulgairement les Dames Rouges à cause de leur costume étrange, fait partie du pensionnat dit Notre-Dame des Anges.
Elle a été restaurée, au grand détriment des peintures qui décoraient la voûte. Tout le voisinage abonde en débris romains : cet emplacement fut d'abord occupé par des bains (aquaria), appelés pendant tout le moyen âge les Belles-Poitrines.
Dans le jardin botanique s'élève encore, sur la terrasse des Magnolias, l'humble église de Saint-Samson.
qui fut donnée, au xr s., à l'abbaye de Saint-Serge. Le portail est roman, le reste des xv et xvnr3 s.
Dans une maison de la rue du Château (la 2" à dr., en venant du château) sont englobés les restes (abside romane, nef des xir et xvir s.) de l'église Saint-Evroul.
Édifices civils. — Statues. — Ponts.
Le Château, bâti par saint Louis, à l'époque où s'éleva la troisième enceinte de la ville, occupe un emplacement cédé'en 850 par l'évéque Dodon au comte d'Angers, en échange de son château attenant à la cathédrale.
Yolande d'Aragon fit bâtir la chapelle que l'on voit dans la cour d'entrée, et qui, divisée dans sa hauteur par un plancher établi en 1813 pour recevoir des prisonniers anglais, contient aujourd'hui une salle d'armes.
En.lo85, le château d'Angers a\ant été enlevé par un coup de main hardi, Henri III, dès qu'il l'eut repris, en
ordonna la démolition, « depuis la porte Toussaint jusqu'au port Ligny » .
Sauf la tour du N., qui fut épargnée, sans doute à cause du moulin à vent qui la surmontait, toutes furent à peu près rasées jusqu'à la courtine (1589). Heureusement, d'autres événements survinrent, et l'œuvre de destruction s'arrêta quand la muraille allait être entamée, Alors le vaillant capitaine Pierre de Donadieu, sieur de Puichéric, dont la statue en marbre blanc se trouve au musée, profita des matériaux provenant de la démolition des tours pour faire élargir les plates-formes et mettre le château à peu près dans l'état où on le voit aujourd'hui. Seulement, le grand bastion est tombé, au grand regret de plus d'un antiquaire, pour faire place au boulevard actuel.
Le château sert de poudrière. Du reste, l'intérieur n'ofTre de curieux que les restes des constructions primitives formant façade vers leN.-O., la chapelle primitive des comtes, aujourd'hui devenue inabordable par suite de l'exhaussement du sol, et une chapelle du xvc s. ; mais, sans entrer dans le château, on découvre, île l'esplanade, dite du Bout-du- Monde, une vue intéressante sur la ville tout entière et les campagnes environnantes.
Entre la place du Château et la place de l'Académie s'élève, faisant face au boulevard des Lices, la statue du roi René, œuvre de David d'Angers. Donnée à la ville par M. le comte de Qualrebarbes, elle a été inaugurée le 2 juin 1853. Celle slatue de bronze repose sur un piédestal composé de trois socles; le second, le plus important, est décoré de 12 statuettes en bronze, également de David, qui représentent :
En face du boulevard des Lices : — ' Dumnacus, défenseur des Andes, 51 ans av. J. -C; — Holand I", comte d'Anjou; Roncevaux, 778; — Robert Le Fort, vainqueur des Normands; Brissarthe, ix° s.
Du côte du château: — Foulques N erra
né au x" s., mort en lu'iO; — Foulques V, roi dojérusalom, 1142 ; — xn" s., Henri II, Ptantag&nst; hospices d'Angers, i 189.
En face du houlevard du Château : — Philippe Auguste réunit l'Anjou à la couronne, (205; — 1220, Charles d'Anjou, roi de Sicile, 1285 ; — 1339, Louis I", due d'Anjou, 1384.
Du côté de l'Académie : — 1420, Isabelle de Lorraine, première femme de René, 1453 ; — 1453, Jeanne de Laval, deuxième femme de René, 1498; — 1425, Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre.
Le troisième socle porte : — du côté du boulevard des Lices, les armes du roi René et cette inscription :
Au roi Rémi; — du côté du château, la liste des comtes ingelgériens; ■ — du côté du boulevard du Château, la liste des comtes d'Anjou-Sicile; — du côté de l'Académie, la liste des ducs héréditaires d'Anjou.
La place de l'Académie, qui précède la place Saint-Laud, doit son nom à la caserne que l'on y remarque, et qui fut autrefois une académie d'èquitation. Celle académie, fondée au xvii0 s., a compté parmi ses élèves ou pensionnaires Buffon, Pitt et Wellington.
Sur la place de Lorraine, près du Mail, s'élève la statue en bronze de David d'Angers, œuvre de Louis Noél ; le modèle de cette statue a été déposé au musée (V. ci-dessous), ainsi que les maquettes soumises par les concurrents au choix dû jury.
La Préfecture, située entre le boulevard des Lices et le Mail de la Préfecture, ou Petit-Mail, occupe les bâtiments du monastère de Saint-Aubin, reconstruits au xvn" s.
Dans la cour de la Préfecture, sous la galerie située du côté de l'escalier des bureaux, galerie ornée qui conduisait les moines â la salle du chapitre, aujourd'hui dépôt des archives, des maçons, faisant des réparations, Qrenl découvrir, en 1836, la magnifique série d'arcades romanes que l'on voit aujourd'hui, décorée de colonnettes, de festons et de sculptures étranges. Parmi ces sculptures on
reconnaît Samson, Lazare, David et Qolialh, les Innocents, les Mages, le fameux chapiteau de la Sirène tenant les ciseaux et le poisson, qui se retrouve dans l'église de Cunault, etc. Une porte -a voussures chargées d'anges et de guerriers, et encore tout enluminées, exisle dans la salle à l'angle extrême du rez-dechaussée.
La façade de la Préfecture qui donne sur la cour d'entrée a été ajoutée vers 1850. La salle de réception qui occupe le premier étage, ornée avec luxe, contient les armoiries des principales villes de l'Anjou et un tableau allégorique représentant le Département de Maine-et- Loire, par Dauban. La grille qui précède la cour d'honneur est l'ancienne grille du chœur de l'abbaje de Fontevrault. Vis-à-vis, sur le Mail, reslent encastrées dans les habitations des colonnes de l'ancienne église paroissiale Saint-Miehel-Ia-Palud, qui accostait transversalement l'église des moines. Le jardin de l'hôtel est en partie ouvert au public le dimanche et le jeudi.
L'Hôtel de Ville, sur le boulevard de la Mairie (place du Champ-de- Mars), est l'ancien collège d'Anjou, élevé en 1391 par les Pères de l'Oratoire, auxquels l'Université en avait confié, en 1624, la' direction.
Le Palais de Justice a été reconstruit (1871-1883) à l'extrémité du Champ de Mars; il renferme le tribunal de commerce. — Les bâtiments délaissés de l'ancien tribunal de commerce (place des Halles et rue Saint- Michel) n'offrent d'intéressant qu'une porte latérale de style Louis XIII.
Les anciennes halles (place do ce nom), spécimen curieux de la charpenterie du xvi" s., servent aujourd'hui de marché aux grains.
Le Théâtre (place du Ralliement), incendié au mois de novembre 1865, a été reconstruit sous la direction de l'architecte Magne, et inauguré le 11 novembre 1871. Les pointures de
la voûte, très remarquables, sont de Lenepveu, celles du foyer, de Dauban. — Sur le quai Royal, un cirque-théâtre a été construit, en 1865.
L'Association artistique y donne, chaque dimanche pendant l'hiver, des concerts très applaudis.
Les ponts d'Angers sont au nombre de trois. A la partie la plus élevée de la ville, un pont du système Polonceau, c'est-à-dire analogue au pont des Saint-Pères, à Paris, lejooji^ de la Haute-Chaîne , jeté de la g.
du port Ayrault à la dr. de la tour Guillou, relie le boulevard Ayrault à celui de L'Hôpital. Plus bas, quand on a dépassé, la rue de la Poissonnerie, on trouve le Grand-Pont, construit, dit-on, par Foulques Nerra, bordé encore, en 1800, d'un double rang de maisons bâties sur pilotis, et presque refait de nos jours. Enfin, au-dessous du château, le pont de la Hanse-Chaîne met en communication le boulevard du Château (rive g.) et le boulevard de Nantes (rive dr.).
Ce pont de pierre a remplacé le pont suspendu de sinistre mémoire (V.
Établissements d'instruction publique.
Angers a possédé, jusqu'à la Révolution, une célèbre Université, régulièrement constituée au xiv° s., et qui a compté parmi ses professeurs Liberge, de Roy e, Barclay, Pocquet de Livonnière. etc.
L'École secondaire de médecine, créée en 1§09, a compté parmi ses élèves Béclard, l'auteur des Eléments d'analomie générale (1785-1825).
Chevreul (1754-1845), Billard (1800- 1832), Ollivier (1796-1845), Bérard, Mirault (1725-1814), Garnier (1759- 1843), etc.
En 1875, Mgr Freppel a fondé une Université catholique (droit, lettres, sciences), occupant un vaste terrain détaché des pépinières d'André Leroy, dont les plantations ont été en partie conservées comme jardin d'é-
tude. Les bâtiments, très vastes, s'élèvent dans l'angle formé par- les rues Volney et Rabelais (routes des Pont-de-Cè et de Saumur).
Le lycée (faubourg Bressigny) a été reconstruit et agrandi de 1880 à 1883 et augmenté d'un petit lycée.
L'École dès Arts-et-Métiers (300 élèves, transférée de Beaupréau à Angers en 1815, est installée dans les bâtiments de l'abbaye du Ronceray, reconstruits sous Louis XIV, agrandis depuis 1815 (V. p. 11 pour l'église). L'Ecole cite parmi ses élèves le sculpteur Maindron.
L'Ecole primaire supérieure occupe la maison Godeline, rue Planlagenet prolongée.
Musées. — Collections.
La bibliothèque et les musées sont réunis dans le Logis Barrault (rue du Musée, derrière la tour Saint-Aubin). Ce bâtiment fut construit par Olivier Barrault, trésorier de Bretagne, nommé trois fois maire d'Angers, en 1497, 1504 et 1505. Quelques-unes des fenêtres portent déjà des encadrements de la Renaissance. L'escalier, renfermé dans une tourelle que décore une saillie angulaire et sculptée en encorbellement, a sa spirale terminée par un de ces palmiers à nervures et à écussons dont le château de Baugé, antérieur de peu d'années, offre un beau modèle. Près de la partie la plus élevée, s'ouvre une . salle contenant une cheminée décorée de six compartiments en ogives flamboyantes. Une élégante galerie orne la cour et achève de donner à l'édifice un caractère tout particulier.
Le Logis Barrault fut occupé par" des Carmélites vers 1628; en 1695, il devint le grand séminaire; en octobre 1797, il s'ouvrit à l'École centrale, installée d'abord dans l'ancien collège de l'Oratoire. Il a été restauré en 1854.
La Bibliothèque est ouverte au public les mardi, mercredi, jeudi,