ANCO
Reconduisez donc, je vous prie, ma pauvre femme chez sa parente !.. Au nom de l'honneur, monsieur, je vous ronGc ici ce que j'ai de plus cher au monde , toute ma vie...
MARIE , se jetant dans ses bras.
Ango, mon cher Ango!..
FURSTEMBERG , k l'Officier qui s’avance.
Attendez !..
ANGO
Ma vie, ma fortune, mon nom mémo, je pourrais vous confier tout cela et le perdre sans vous maudire peut-être... mais vous voyez cette
femme, mon unique amour, tout mon hnnneur; elle pour qui je suis heureux d’étre riche , pour qui j’irais dans l'Inde sur nne barque... Si je la perdais , monsieur, je perdrais mon âme , et je maudirais ma mère de m'avoir créé.
FUnSTEMBERG.
Soyez tranquille.
Marie!., nous ne nous reverrons plus ^peutêtre ! Pardonne , maintenant , hélas ! je crains tout, je soupçonne tout. Jure-moi donc (Il lui prend la main.) parte gage sacré de notre union, par cet anneau donné au jour heureux de notre mariage , que tu ne m’oublieras pas quand je serai loin de toi, Marie; que tu porteras, dans ton cœur, le souvenir d’Ango , aussi fidèlement que ret anneau à ton doigt , tant que je vivrai. S'ils me tueut , jnre encore , Marie , que tu retourneras à Dieppe dire k (.allies que je suis mort, me pleurer avec lui, et me venger si vous pouvez.
MARIE
Que je suis malheureuse !
FURSTEMBERG , 1 Marie.
Moins que vous ne croyez, peut-être! (A Ango.) Je vais reconduire votre femme, et puis je m'occuperai de vous auprès du roi... Patience!
MARIE
Mon Dieu ! mais Je ne puis te quitter.
ANGO
Mais non , j'ai tort de parler ainsi ; rassuretoi , ma chère Marie , ne pleure pas ; je ne cours pas le Moindre danger. Je reprends courage , îmitc-nmi , vois comme me voilà redevenu tranquille. Ne suis-je pas innocent? Je parlerai , je dirai mon nom au roi ; je lui dirai pourquoi je suis venu, quelle grande cause m'amèue. Rassuretoi donc, nous nous reverrons bientôt ; je serai bientôt libre. (A Furstemberg.) Veillez sur elle, monsieur. (A sa femme.) Au revoir, au revoir, ma vie, mon bonheur! (A l'Officlcr.) Partons!