U A ROT
Servez-nous un gigot de mouton.
LF. CABARETIER.
Est-ce que vous me prenez pour un hérétique ?
MA ROT
Je vous prends pour un caliaretier... Serveznous.
LE CABARETIER
Est-ce que vous croyez que je veuz colloquer mon âme au diable et mon corps à la potence... en vous servant de la viande un vendredi , chez moi?.. Vendredi chair ne mangeras...
MAROT
Des scrupules!.. Je ne demande point de crédit , l’hôte... je paie comptant.. Tiens, voilà un écu.
LE CABARETIER, prenant l’argent.
J’ai bien là... un tout petit morceau... oh ! la moindre chose ! le plus joli petit gigot de la boucherie... tendre comme la rosée... c’est le moment de le manger... si on attcndailà dimanche, il se gâterait Je l’ai acheté hier, jeudi... Je ne serai pas damné, n'est-ce pas, messeigneurs , vous prenez tout le péché pour votre compte ?
IIAROT.
Tu ne seras pas damné , sois tranquille ! Nous ne laisserons rien sur nos assiettes... Attends!., pour ne pas scandaliser la police , couvre-nous le péché d’une bonne garniture de légumes...
Gigot caché est à moitié pardonné.
LF. CABARETIER, regardant l'argent.
C’est mon compte.
MAROT, tenant sa bourse vide.
Allons , le cabarejier a aussi ses indulgences.
LE CABARETIER, serrant l'argent.
Si on les arrêtait maintenant que j’ai l’argent , etqu’ils n’ont pas encore péché! (A Furstemberg.) Ce sont d'jnfàmes hérétiques. Us veulent manger de la viande aujourd'hui , en face des ordonnances... (Il montre les ordonnances affichées.)
FURSTEMBERG
Je l'avais bien dit...
(L’hôte sort.)