CULTURES
N° 1 sur minerai de fer de Frouard additionné de carbo sanguinis de Merck, de Darmstadt, à volumes égaux.
N° 2 sur minerai de Frouard pur.
N° 3 sur minerai de Bouxières-aux-Dames pur.
N° 4 sur calcaire ferrugineux d'Homécourt renfermant 19,695 % de Cao.
N° 5 sur minerai d'Auboué, additionné de carbo sanguinis à volumes égaux.
N° 6 sur minerai d'Auboué pur.
N° 7 sur minerai de Micheville pur.
N°8 sur boue provenant des remblayages de Pienne (puits de 200 mètres de profondeur) sans addition d’eau de Moselle.
N° 9 sur minerai rouge de Pienne. ;
N° 10 sur calcaire ferrugineux d'Homécourt malaxé avre des pyrites pulvérisées.
N°11 sur poussière recueillie lors du percement d'un trou de mine pour l'introduction de l'explosif au fond de la Noue et malaxée avec de l’eau provenant d'un ruisseau d’une galerie de la mine du Val-de-Fer de Maron.
N° 12 sur boue du Val-de-Fer (Maron) provenant d'une galerie roulante (traction animale).
N° 13 sur minerai de Maréville qui, actuellement, n’est plus exploité.
N° 14 sur bélemnites pulvérisées provenant des bancs de minerai de Maréville.
N° 15 sur carbonate de chaux cristallisé provenant de la carrière de Maréville.
N° 16 sur carbo sanguinis malaxé avec de l’eau de ruissellement provenant d'une galerie non roulante de la mine du Val-de- Fer (Maron).
17 sur carbo sanguinis malaxé avec de l’eau recueillie directement au niveau d'une fissure d’un chantier d'avancement du Val-de-Fer (Maron).
N° 18 sur minerai de Bouxières-aux-Dames (culture n° 3) formant les 3; du substratum avec addition pour !/; de chaux provenant du culot d’une lampe à acétylène (type des mines).
N°19 sur chaux seule provenant du même culot.
N° 20 sur minerai de couche verte de Pienne mêlé à de la poudre spéciale (explosif) à la mine de Pienne, le tout provenant d'un trou de mine explosé en partie seulement.
N° 21 sur minerai rouge de Pienne, profondeur de 121 mètres.
N° 22 sur minerai rouge de Pienne provenant d'une galerie différente.
D'après les résultats obtenus sur ces différents milieux, nous pouvons dire que le minerai de fer de différentes provenances, plus où moins calcaire ou plus ou moins siliceux, malaxé avec de l’eau, constitue un substratum ne modifiant en rien l’évolution normale dés larves 'd’ankylostome.
Le minerai finement pulvérisé offre seulement l’avantage d’un examen microscopique plus facile, les larves pouvant se cacher parmi les gros grains de minerais (Planche VII).
D'une facon générale, au microscope, les larves se voient plus facilement sur minerai de fer que sur charbon, suie, noir animal, carbo sanguinis. Un milieu qui se laisse facilement pénétrer par les rayons lumineux est geluien°15;
Ces divers milieux sont très économiques, peu salissants, n’exigent qu'une faible addition d’eau pour donner une pâte suffisamment épaisse, ne nécessitent qu’un éclairage minime pour la recherche des larves, facilitée d’ailleurs par le déplacement des particules de minerai dû aux mouvements exécutés par les larves (Planche VID.
Les moisissures ne s’y développent que modérément, une très faible quantité d’un sel de quinine en paralyse le développement.
Au boutde trente-six heures à l’étuve, nous avons toujours obtenu de nombreuses larves bien actives et huit jours après ces larves étaient toujours en vie. Sur une culture conservée trente-cinq jours, les larves engainées étaient encore vivantes. Nous ne pouvons préciser l’époque à laquelle elles périraient dans une culture ferrigène; tout nous pousse à croire qu'elles y vivraient au moins aussilongtemps que dans l’eau pure, c’est-à-dire plusieurs mois.
Deux milieux de culture se sont montrés nocifs pour les œufs, ce sont les milieux n° 18 etn° 19.
La chaux, résidu du carbure de calcium, dégage pen-
dant longtemps une forte odeur d’acétylène, ce serait là déjà une première cause expliquant le non-développement des œufs ; mais ce n’est pas la seule. En effet, au bout de quelques heures, cette chaux durcit, forme une croûte emprisonnant les œufs et les dérobant à l’action de l'oxygène.
est intéressant de noter qu’actuellement dans les mines de fer de Meurthe-et-Moselle, la plus grande partie des mineurs ont adopté la lampe à acétylène dont les produits de combustion sont peut-être aussi nuisibles que ceux de la lampe à huile, mais dont le pouvoir éclairant est de beaucoup supérieur ; cependant la Hamme s'éteint beaucoup plus facilement. En rechargeant leur lampe à l’intérieur des galeries, les mineurs auraient là un moyen d'action efficace contre l’évolution des œufs et susceptible de jouer un rôle dans la lutte antiparasitaire, mais la plupart, suivant avec raison les bons conseils de leurs ingénieurs, rechargent toujours leur lampe en dehors de la mine.
Influence du Chlorure de sodium. — Comme les mines de fer ne constituent pas l'unique richesse naturelle du sous-sol de notre département, attendu que les mines de sel gemme les plus importantes de France s’y trouvent également, il aurait peut-être paru intéressant d’ajouter une plus ou moins grande quantité de ce chlorure de sodium, soit à nos cultures sur milieux de Looss, soit à nos cultures sur milieux ferrigènes pour en constater l'effet; mais, en agissant ainsi, nous n’aurions fait que redire ce qui, dès 1880, avait été étudié par Perroncito.
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C'est ce grand Italien, en effet, qui, le premier, trouva l'effet nocif des solutions salées sur les larves d’ankylostome et dicta cette règle de prophylaxie toujours vraie: plus on s'adresse à des larves vieilles, plus les solutions salines doivent être concentrées.
Successivement, Foycott et Haldane, puis Manouvriez trouvèrent l'explication de la curieuse immunité, les deux premiers auteurs, de la mine d’étain, de cuivre et d’arsenic de Levant de Corwall (Angleterre), le troisième, de certaines 1osses de mine de houille du bassin d’Anzin dans le fait de la salure des eaux des galeries.
Calmette, François, Breton, Bruns et Lambinet ont repris la question ; tous sont unanines pour reconnaître qu’une concentration supérieure à Z °/, est déjà suffisante pour tuer à coup sûr les larves qui viennent d'éclore.
Aussi a-t-il été de toute logique de préconiser le chlorure de sodium comme agent capable de désinfecfer (si toutefois il est permis de parler de désinfection réelle quand il faut agir sur des kilomètres de galerie où l’eau ruisselle souvent et contribue à faire baisser rapidement le taux de salure) les mines par trop infectées.
M. le Professeur Terni (Milan), qui a très fréquemment trouvé dans le sillon sous-unguéal des doigts, mais non des orteils, chez les paysans et les briquetiers, des œufs et des larves d’ankylostome qui s’y développaient jusqu'à former des embryons libres, recommande le lavage des ongles et des mains avec une solution de sel de cuisine à 5 % additionnée de carbonate de soude à 38 %.
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Nous avons donc l’heureux privilège de posséder dans notre département, à quelques kilomètres seulement de distance de nos mines de fer, un précieux remède, non toxique pour les ouvriers, incapable d’enlever aux minerais aucune de leurs qualités : le sel. Si l'infection ankylostomatosique menaçait un jour de prendre une extension inquiétante en Lorraine, nous pouvons dire, avec Juste raison, que les mines de fer trouveraient un secours efficace dans le chlorure de sodium, judicieusement employé, que leur fourniraient à bon compte leurs sœurs aînées, les mines de sel gemme.
Certaines mines de houille ont résolu la question de l'emploi judicieux du chlorure de sodium d’une façon à la fois pratique et peu onéreuse. A cet effet, elles donnent de petits sacs de sel à leurs mineurs pour que ceux-ci en saupoudrent leurs matières fécales.
Influence des gaz provenant de la déflagration des diverses poudres ou explosifs employés pour faciliter l'extraction du minerai de fer. — C’est là une question qui aurait tenté notre esprit d'investigation,
Nous avons vu, en effet, que les larves ne pouvaient éclore dans quelques atmosphères, telles que celles contenant une certaine quantité de gaz d'éclairage ou certains produits de la distillation de la houille.
De plus, nous avons observé chez un mineur français du bassin de Briey un cas d’anémie très grave dont une des principales causes nous a toujours semblé devoir être rapportée au milieu atmosphérique fortement chargé de gaz d’explosifs lors de travaux de fonçage.