‹ Annales agricoles de Roville (volume 2)Chapitre 59 sur 88 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'hi^oire recueillera comme un fait immense et caractëristique de notre époque industrielle j le grand mouvement qui s'c/père aujourd'hui vers le défrichement des Landes , dans Fandenne province de Bretagne. De toutes parts, ce sol inculte est bouleversé , et les prix de vente et de loyer js'accroissent chaque jour. Les nombreuses voies de communication votées par tous les conseils généraux vont incessam* ment prêter un nouvelappui à cette masse de travailleurs. Si l'avantage de ces travaux est incontestable pour la nation , le profit n'en est pas moins assuré pour les cultivateurs qui s'y livrent. Quelques pertes particulières ont mis parfois en doute les chances de succès pour les fortunes privées ; mais il faut bien qu'il n'en soit pas toi^ours ainsi , à voir la

marche des choses et la tendance des idées. En somme, 9 y a eu plus de bénéfices que de pertes , et si cette earrière a été signalée par quelques mécomptes, il devait en être ainsi ; cela se voit dans toutes les industries. IL'avenir s'ouvre encore sous de plus favorables auspices par l'augmentation successive de la valeur des propriétés , Taccroissement de la population et la connaissance de plus en plus exacte de tiouveaux procédés de eidtiiPe saBcâonnés par Texpérience.

On doit bien se persuader, toutefois, que la carrière agricole, indépendamment des peines et des travaux de toute carrière industrielle où le profit «st le but , -exige de ses adeptes une réunion de qualités physiques et morales qui sont ordinairement chez le paysan le premier élément de succès. La guerre -est la guwre, a dit récemment un de nos ppetûMm orateurs^ devant lequel <inisâsait le ^Jiristie tableau des massacres d'une victoire. Eh hiea , june ferme n'est pas un salon. Une ferme , &nâée.«ur4m.sol inculte , exige un travail long et pénible , des capitaux employés avec prudence ^ une paitience.à toute ëpmux^e., iWi«^o^ permanent au sein de la solitude.

'£n se ^açfrBt à <^ peint de <VBe pour-eimsager les choses froidement, -Hiomme<qui voudra eivlii^andDeiUn 'défîâdhe> ment de Mandes comppcNmetbra «rarement sa ifoetuB». Toot aura été mûri eft pesé par^kii, d»m «n-çsprit commerdal exempt de préjugés «t d^dBusions. ft aura «uppveté «et dépenses «t ses recettes annuelles ^n connalssanœ 4e «aose y et ie scfl des landes «e le trompera pas pins ^qu'auowi aulie ueTeùt fait. Bien mieux , «ur ce geore de propriété , il a»rft sans cesse , dans les YésuHats-de -se& «travaux aceompiis , une améKoraftion foncière <;onsidéiai^le dont lie temps >iie ferft qu'au jmetfter la valeur , et qu'il «'est 'pas^are^le voir tripler dana un court espace 4e 4emps, par 4e seul 'dTcft^de ^accroissement de la fortune pUbMque.

DE GftAND-JOUAN. 3^3»

Je m'abstiens ici de considérations générales qui auraient rapport aux intérêts généraux du pays. Ce sujet est vaste dans ses détails , mais du moins chacun embrasse à l'instant même tout Tintérôt national que comporte la mise en culture d'une grande étendue die terres vaines et vagues. Mon intention n'est que de réunir un ensemble de données pratiques , généralement peu connues, au moyen desqoeles un cultivateur peut, avec quelque espoir de succè», estre^ prendre un défrichement de landes et f acmener à ntt état satis&isant de fertilité.

Ce travail est le fruit des observations de sept années , pendant lesquelles j'ai Êdt , des déirichements de landes , Fobjet de mes occupations de tons les jours. II comprend les cinq divisions suivantes :

§ I*"'. — Comparaison entre le défrichement à la charrue et celui par Técobua^e.

§ II. -^ Pratique du défrichement à la charrue.

$ III. ^- Assolement et succession de cultures.

S IV. — Soins aux prairies.

^ y. — Chaulage des terres.

Conclusion.

COMPARAISON BNTEE LE DJ^FRICHEMENT A LA CHARRUE ET CELUI PAR L'icOBUAGB.

Parmi les causes qui, de nos jours , ont donne une rapide impulsion au défrichement des landes, on devra toujours compter la découverte des ejffets du noir animal , résidu des raffineries de sucre. L'action prodigieuse de cet amendement sur ces terres vierges, ordinairement froides et acides, a donné naissance à une pratique de culture inconnue à nos ancêtres. L'écobuage, qui autrefois était la méthode de défrichement la plus usitée, a été remplacé dans beaucoup de cas par un ensemble de combinaisons nouvelles, offertes aux cultivateurs par le défrichement à la charrue , aidé de l'action du noir animal. La grande majoritéa adopté cette dernière pratique ; de sorte qu'aujourd'hui nous pouvons compter deux méthodes principales bien distinctes, suivies pour le défrichement des landes : l'écobuage et le défrichement à la charrue. Il me serait difficile de donner ici , en thèse générale , une préférence décidée à Tune de ces deux méthodes. Leurs avantages se balancent souvent , soit que nous envisagions ces travaux dans leurs effets sur le sol , ou bien sous leur point de vue économique. Je pense que les circonstances particulières dans lesquelles chacun se trouve placé exerceront le plus d'influence dans le choix de Tune ou de l'autre méthode.

C'est une opinion assez généralement répandije chez un certain nombre de propriétaires, que l'écobuage épuise le sol. Il s'en trouve au contraire qui estiment cette pratique au-dessus de toutes les autres par ses effets sur la terre. On peut voir dans nos divers ouvrages d'agriculture la controverse de ces idées. Il m'est impossible de considérer celles-

DE GRAKD-JOVÀN. S35

ci aiïtrement qae comme émanées de cas particuliers dans lesquels chacun a plus ou moins bien réussi , soit par une aptitude spéciale , soit par des circonstances locales qui se modifient à Tinfini. D'où sont venus le blâme ou Féloge, suivant les ré&ultats obtenus, résultats la plupart du temps indép^dants de la pratique en elle-même.

Pour être fixé, dans ma position particulière, sur la valeur de ces opinions, relativement aux effets de Fécobuage, je me sais livré sur le domaine de Grand- Jouan à deux expériences contradictoires. }'ai choisi trois pièces do landes différant entr'elles de nature et d'exposition. Chacune de ces pièces a été divisée en deux parties , dont Tune a été écobuée et ïautre défrichée a la charrue. Je les ai traitées , les deux premières années, suivant le mode que j'expliquerai plus loin; puis , dans les années suivantes , elles ont reçu les mêmes cultures , les mêmes fumures ; elles ont porté les mêmes recolles. Il m'a été impossible de trouver une supériorité marquante d'une méthode sur l'autre. Quatre années se sont écoulées déjà : les parties écobuées sont un peu plus meubles que celles défi'ichées à la charrue ; ces dernières , en revanche, n'ayant pas tout lèiir détritus décomposé, conserveront sans doute un peu plus long-temps leur fécondité. Mais tout cela exerce une si faible action comparative sur les récoltes , à côté les unes des autres , qu'il faut l'œil de l'expérimentateur le plus «xercé pour s'en apercevoir. J'en ai conclu qu'en pratiquant les deux méthodes avec prudence , en s'efforçant dans tous les cas de maintenir la^ fertilité du sol , dQes se valaient réciproquement, envisagées dans leurs effets sur le sol. Il reste à examiner la question économique.

Si l'on veut chercher à comparer la dépense première de ces deux méthodes , il semblerait , au premier abord , que Fécobuage serait plus avantageux. On trouve dans les paj^s de landes des écobueurs de profession qui prennent 90 fr.

3M BOnAKSY

par hectare,, piMir la bvéedeb landret bbvMÎB. Après eette pFemîère opépatioiK feite dan» Famée même', fl m&i d*idl seul labour four pottvoûr ensenneneer dès lf*aiiic»iiiie. ^oatans & cela rétendage de» cendres, et nos dép^iseï pourront être éyaluées eomme il suit ,. en- ne tenanli compte que des sommes qoi pewei^ servir de oomparaÎMa', et négligeant toute» les autres qui: sont égales dans les. deux opérations. :

Eeobuage et brélis. 90 f.

Un labour 12

MaiBhd'œnvre pour répandre fes eendre» et casser

les motte». ^ 15

Total... 117 f.

La dépense première d'un défricbement à la charrue monte plus haut. Il faut plusieurs labours et desr engrais. On peut les calculer ainsi :

Préparation préliminaire. 7 f.

Premier labour de défrichement 25

Deuxième idem ^ . . . . 25

Unhersage énergique 6

Un labour simple 12

Huit hectolitres de noir animal à 10 f. Tun 80

TOTAl 155 f.

Quoique ce calcul, ainsi établi,, ait souvent décidé un cultivateur en Ëàveur d^ Técobuage,, je ne pense pas quil faille s'arrêter là pour que la comparaison soit exacte. Les recettes ne sont pas égales dans les deux méthodes, et celles-ci , qui sont le but du travail, d(»vent nécesswement être prises en considération. Il me paraît donc juste d'aborder les points de comparaison des deux méthùde^f pendant Tespace de plusieurs années, en tenant compte

ï>ï CillAND-lOUAN. â3î

des recettes, anssi bien que des dépenses. Je vais le faire en prenant pour base de mes calculs les récoltes que l'on fait le plus généralement succéder aux défricbements de landes , et sans vouloir approuver ces cours de fécokes> Ainsi pour les ti*ois premières années , nous aurons :

Frais de Véccbuage.

Comme il a été détaillé HÎ f.

Un "labour à la seconde récolte 12

Total.. 129 f.

Recettes de Vécobuage*

V^ année. — Ecobuage et ensemencement de seigle..

2® année.— Récolte seigle, 20 becto. à 11 f. 220 f.

3« aimée.— Récolte avoine, 18 becto. à 6 f. . . . . 108

Total 328 f.

Quelques cidtivateurs de terres fortes font : l*^*" année , seigle; 2^ année, froment. Mais alors, ils ajoutent pour le froment, 15 à 16 bectolitres de poudrette par bectare, et cette dépense, quant au résultat définitif, remet la question à peu près dans les mdtnes termes.

Frais du défrichement à la charrue.

Comme Ua été détaillé 155 f.

Un labour à la seconde récolte * 12

Quatre hectolitres noir animal à 10 f. 40

Total 207 f.

338 l>01fA1N£

RecelteB du dëfriehement à la charrue.

l'^'^ année. — Labours.

2^ année. — Ensemencement et récolte sarrasin,

18 hecto. à 7 f 126 f.

S*" année. — Récolte firoment, 20 hecto. à 15 f.. . 300

Total 426 f.

La différence des dépenses est de 78 f. en fiereur de'-Pécobuage , et celle des recettes, de 98 f. en fiSiTeur du défrichement à la charrue. On ydt combien le niveau tend à s'établir avec les années. Il est vrai que de part et d'autre les saisons peuvent apporter des variations , mais ces résultats sont ceux obtenus en moyenne. Un grand avantage reste cependant après cette première période au cultivateur qui aura défriché à la charrue; il possédera lé plus d^avanôes. Après sa. récolte de froment, il pourra obtenir encore une assez bdle ïécoltô d'avoine, saAs addîtioft aucune d'engrais. Puis les bestiaux (ju'il a employés à ces défrichementslui ont laissé des fumiers. Parle procédé deTécobuage, au contraire , on se trouve à bout avec les deux récoltes qu'on a retirées , et il&ntde suite, alors, des fumiers pour obtenir de nouveaux produits. Il n'est pas indifférent non plus que , l^ur celui-d, il ait fiillu débourser de l'argent comptant^ tandis que l'autre emploie les moteurs mêmes de l'exploitation. Enfin les saisons peuvent contrarier l'écobuage, tandis que rien n'arrête le défrichement à la charrue. Par ces causes diverses , et sur un sol sablonneux , j'ai adopté de préférence cette dernière pratique, en règle générale. C'est elle aussi que Éuivent , dans les mômes circonstances , le plus grand nombre, des petits fermi^s de la Bretagne, qui défrichent ainsi , pour ainsi dire à tems perdu , tm ou deux hectares par an, et ce, sans bourse délier. Je pense tout à fait , et l'écobuage m'a trop bien servi pour que je l'oublie , que dans une

DB GlftAND-JOUAN. 339

^treprise un peu étendue, il peut être couteoaUe de &ire marcher de froot les deux opérations, pendant les preoiièrei années,, alors surtout qu'on est pressé d'entier en jouissance et jqu'on n'a pas encore assez de fourrage» pour riimenter tous le« bestiaux dont on aurait besoin pour bâiei^ la be« sogne. Je nedécrirai pas icile procédé del'écobuag^, pai^equ'il est généralement connu dans les pays de landes. On pourra en trouver i^ie descr^>tion fort exacte dans un ouvrage déjk andem puisqu'il estd^ M. da Turbillj ; ilest intitulé : PraUqu9 d0fi iéfrickemew^

PRATIQUE 1>V DJSFRICHBMENT A LA CHARAVB^. •

L'IÛTer eut répoque k plus ûivorsAle pour apétet un déindhement de landes à la duffrae . Mais lorsque l'on a le projet d'eaatreprendre %ai travail de ce genre, il est bon da fixer ses idées dans le oowrant de l'été qui précède. On ehfàmi dès Ion le cbanip sur lequel on veut opârer , pour le débarrasser, dans eettesaisiBn, de tous les obatades qiûpoufnumt enfiraverpluslardlanuarehedelacbarrue. Paruniîonr calme et aee, si r<Hi ne veut employer à autre chose les bivyères et les ajoncs qui couvcent le sol, on les hrùle. U sii^t pour cela de les idlumer d'un côté du champ, opposé au Tcnt; le feu s'avancera rapidement. On aura piém de l'autre côté à quel endroit il devra être arrêté. S'il n'y a poû^t de fossé, on intarceplera la commumeation idtë-» rieure , en étabMssajît, avec la £i«di: , un cordon d^une dou- - zaine de pieds de large, pœdGritement net de toutçs matières cGmimstible& <0n pourra laissi, pour plus de aàreàé , y tracer quelques siHons à ladiarrae. Le feu étant mis, il aéra prudent de se trouver en force sur le cordon , piour arrêter Tin- •

S4pO 1>0M:1INC

eendîe. Car s'H s'éleYait un vent yioleiit pendant sa durëe^ il pourrait en r^iilter de graves sinistres. Bans les cas ordinaires, le feii s^ëtcondra de lui méme'à'son arrivée an cordon , ou bien on le maîtrisera à coups de bâtons. On visitera dors le champ'pour reconnaître s'il y a des roches^ fleur de ten^, et juger enméme temps s'il existe un grand nombre de grosses racines. Tous ces obstacles devront être levés, pour éviter le bris de la charrue , dans les moments^où-Fon aura le temps de-s'^n occuper jusqu'au premier labour. Les' frais qu'exigeront ces soins ne seront pas quelquefois de 3 f.par hectare. Bans certaines eireonstances , ils pourront s'élever jusqu'à lOet 20 f. La moyenne, chez moi, est de 7 f. Cette légère dépense trouve plus tard une ample compensation.

Après cette cpération, on attendra la venue de l'hiver. On calculera pour léfir mois compris entre novembre et mars les attelages qu'on voudra destiner aux labours de défrichement. Bans les -^autres mois de Tannée, la terre est généralen^nt trop dure ; et d'ailleurs cette ^oqne permet mieux que toute autre la combinaison du temps nécessaire pour fiûre> cei^eenablement les semailles à venir; enfin c'^st la morte^saison. Si on travaille sur une vaste étendue de landes nue», en s'occupera dan» le même espace de temps des^travaux de dessèchement, sans lesquels aucune culture lïe serait possible. Pendant tout cet hiver on fera |aire les principaux-fossés^qui devront délimiter les pièces et sernr de canaux^à l'écoulement des eaux. Il est très-important pour la suite que ces tracés soient faits aussi carrément que possible, en même temps qu'on aura som de les prendre de manière à donner mix eaux le cours le plus facile. Ces fossés, d'une profondeur de. 3 pieds , «ur quatre pieds de largeur , présesAeront « en même temps une défense respectable.

Il conviendra dans la plupart des drconstances, de faire ce travail en deux fois, c'est-À-dire, qu'on commencera pendant l'hiver à creuser k une profondeur d\in pied et demi, pour

DE G||AND'JO|JAlif. 341

«va^er plu$ Eapidemeat^ etcouvrii- ip ieire le i^aat df>ï^ o^ farpira cesfoss^siir.tQutelQui: l<Hi^eiir. pour ]^foi:meniQp haie. OïL a^ii^v^iaalQSsaupviiit^i^ps siiiyantvW un an ap^ en oreiiiaijit^ emom ua j^ et demi, G^tte d»ds^>ii d^ Usi^aiy a pliisÎ0i]r$ avantagées. La prcfnâère.opératjlon «fiffit dlabonT font déUmiLerle champ et faiire écou]i9r lies eaux.;.lQ d^6éehffmapt coio^eoce^ le gl^iot pousse d^ suite,, et la d^pensie esti:iépaiii^8i]|;d^uxannées^LetaIussafiiM^san^ base plus i^lide. E^fin, en conaerva^t le derpiei: rev^teo^esyt poui: être iait à tanps libi:e, otapoufi^ dioisir pmrc^Ia uo^ époque du jurinteipps pei^d^ilt la<}uelle on vpu^ra^ attirer des journaliers que Ton trovivera disponibles au moment de la nvoisso^.. Ces fossés coûteront, achevés^ le plant.^omprÂS| 25. centiiaes par toisQdiB longueur. Elu divi^^tlq travail, oo. paie chaque fois.par moitié.

Le premier labour de déSncheioent d^via îS^iKe d^mu^' aussi superfi^ellement quQ possible, ce. qui est ordin^iir^; ment ^cile quand la la^de a été mouillée pisu\ Içs pluifjs de l'automAe. Ce labour çera, daxxs son, ensemble, dauf^o^ BQieux fait, que le terrain présentera moin^ d'iné^lités , et q^ue la m^che de la cb^rruQ ee sera gas ol)ati;uée.par 4^. ajoncs et de hautes bruyères.

Il n'est point pécçssaiçe, dans ce premier Jabouf, 4'ç^^i^^' ]e tissu du gazon à toute sa profondeuv. Le but estd Q^teoi^la décon^position de la surface du.ga^zpOi; le moje.n e^t 4p retourner cette surface pour soumettre les racine^ du ^^ aux influences atmosphériques. Le but sçr£^ d'au^i^t, l^lus promptençiept atteint que le moyen se trouvera daps des conditions plus favorables. Or , on conçoit qu'une trajache piinçe se décomposera plus vite et mieu;^ qu!uQe Ix^nob^ épaisse. Les labours suivants, par cette ipétbedq,. sfi^copii aussi beaucoup plus faciles : dans une série, d'expériences répétées pendant plusieurs années, et où ce premier labour avait reçu de|^ui$ m peuce ju^qu'^ dix, dp pj:ofQndem::r

3U lK>HAllfB

il m^ été démontré que le labour le plus superficiel est fo plus avantageux. <jes ayantages seront immédiats et Mon. Dus fe moment , fi firat moins de fiytte d'attelages , et pour la suite on trourera la lande mfeux décomptée, ^eC offlfant un travail plus aisé.

Je supposerai id oe premier labour donné en Janvier , à S pouces de profondeur, par bandes larges et couchées à plat , sur billons de 24 pieds. Il sera abandonné ainsi pendant une année entière , laissant â l'atmosphère à opérer son travail. Bans Tautomne on remarquera les pousses rénaissantes de la bruyère > indices de^la décomposition qui a lieu.

En janvier suivant , un an environ après le premier , on procédera au seocmd labour. Gelui-d sera fidt réguKèremait en travers de Fautre, à une profondeur moyennede 6 pouces, et la lande renversée à angle de> 43 degrés. Il amènera ainsi à la sur&ee une couche de terre de près du double du gazon qu'on a levé par la première opération. La terre se trouvera mêlée d'une multitude de radnes et de tranches de gazon en morctoux carrés. L'aspect du champ sera désagréable il l'œil. On le laissera Jusqu'au moià dé mai dans cet état, où les prwmères chaleurs du printemps le maintiendront dans une fermentation continue, propre à' agir sur la décomposition des tissus des bruyères. Ces deux premiers labours sont exécutés chez moi aVec un attelage de 4 hùdtih par charme.

^ Dans le commencement de mai, alors que ce second labour aura été exposé pendant plusieurs mois aux alternatives de température , on passera dessus une pesante hérsè à lames, attelée de 4 bœufs, qui divisera et comprimera ia terre et les gazons. Si ce hersage est donné par un temps sec , une grande quantité de ces derniers se diviseront , et la terre se détachera des Iracines , qui resteront éparses sur le sol et s'y dessécheront. Rejetées plus 'tard dans les sillons >

DE GRAND-IOUAN. 343

leur leate décamposition servira à la ferliiisation du sol.

A la fin de mai ou dans les premiers, jours de juin , on procédera 4iu troisième labour. GeliH-ci n'^gera qu'un at» telac^de deux bftles. On le reprandni daas le sens du fvemmr ^(^^wmgffg^Smàomr moyemie de 7 peuees. Le champ prëimite eseove alors beaucoup de mottes ; cependant il est assez meuble pour recevoir «fie semaille de sarrasin.

Il peut itonvenic, dans certain cas, d'avancer Tëpoqne d'une première récolte en grains blancs. Alors , ïe premier labour d^ défrichement étant donné , comme je Tai dit , en janvier, on reiq|^eele second Jàbour, dèslemmde septembre, par un travail £iit à la trandbe^ et^i eonsistè à eouper par motceaux les bandes retournées par la eharrue. On herse dans le mois d'octobre , et on Êdt le dernier labour sur leifuel on sème immédiatement uo^ céréale d'autemne. Qu^qoefois aussi on garde cet ouvrage peur l'hiver, çt on sème alors «a lévrier ou m^yrs une céréale de- printanps. On j&mî , de eette %bn , phis> vite d'une réoelMe qui a une ^us giandte valeur que te «krasîn. Les frais de cette <^ératioa peuvent se ealeuler comme il sait :

Préparat«>n du champ ... 7^'

Premier labour de défirichement. :....... 25

Tranchage & la main ;....... 40

Un hersage énergique ..' .. ..... 6

Un labour simple ... 12

Huit hectoUtres noir animal , à 10 fr 80

Total......... 170

On voétfoelâ joaisfii^neeide cette récolte revient par hectare àlSifinncs pins ckcr 4pie f autre, f Ipeirt airiver qu'elle corn*pense iargemert cet excédent de dépense. La méihoéd en elie-mônwdoit aussi quelquefois o£firir d'incontestables avantages, au iiommenoement d'une entreprise de défrichements, où Voa serait pirossé, où Ton n'aurait pas do cpm nourrir

344 nojiAiiiB

tous les bestiaux néeessaires aux labours , et on Ton ausait besoin de paiUes. Toutefds Je B'ai pas été satis&it des essais que fat tentés dans ce genre à plusieurs r^rises. Les récoltes ont été en général médiocres, et dans les annéea suivantes, Je n'ai pas trouvé un sol aussi bien préparé que dans ks diamps où le sarrasin avait passé en première réeidte. A moins de drconstanees exc^tionnelles , je* ne regarde done pas cette métbode comme aussi avantageuse que l'autre.

Quant à conikdre un défrichement de landes & la manière d'un pié rQmp%et semé sur un labour uidqne, il n'y fiiut pas beaucoup compta, iene diraipas que c'estimpossible ^ j'en ai même entendu parler coBime d'une chose profitable ; mais Je ne lU Jamais vu chez aucun cultivateur. Dans les essais que J'ai fidts ici , le résultat a été nul.

On a voulu qudquefw procéder aii défrichement de landes en y employant des instruments»très-puissMits et des attelagefrd^ioe grande force ; mais cette tendance est le réiraltat d^uneerreur. Le but ft atieindreest simplement d'écrouter le sol ;: et U n'est pas besoin pour cela d'mie énorme charrue. Le simple araire de Roville, traîné par quatre bœu& et aidé des pluies de Thiver, a mieux rempli mon but que tous les autres ibstrummits que J'ai essayés. Du premier coup , il reaverse à pht une belle et large tranche , mince de deux pouces , et eela de b manière la plus nette. Mais de cotte charrue, pasiplus que d^aucune autre , il ne &ut exiger Fimpossible. Le cultivateur dont le champ s^a couvert d'une centaine de souches d'ajoncs , aura bien plus vite et mieux opéré en les déracinant, que de commaacer par &ire suer et gens et bétes, pour fisdre un labour qui sera toujours mauvais dans ce cas; et dire ensuite : nous avons cotipé des racines grosses comme le bras. Dans les diverses expériences auxquelles je me suis livré sur la plus grande profondeur convenable au premier labour de défrichement , j^ai essayé auAsi: de massives charrues à avant-train, mais pour elles

DB GKAMD-JOIJAN. 34S

oomoie pour la charrue de RoviUe , quand l'obstacle se trouvait trop fort , ou l'attelage haletant s^arrétait dans son impuissance, ou Pobstade était tourné. Bans les deux cas, pour achever FouYrage, il fidlait la main de Thonmie. Conune ces obstacle» ne sont pas continus et ne se rencontrent que de distance en distance , il n^ a que é& la perte à employer mké grande puiasanœ d^ attdage et d'instnmumt pour un diamp entier, alors peirtrètre quo les trois quarts n'offrent pas de ces mandes difficultés. Deux manœuvres , fonctionnant partout où il y a nécessité, coûtent moins ffcer, et la besogne entière est miewtfatte. IlestprudeDl,cqiea^ dant, quelle que soit la diarnle^u'on emploie, de renfort cer toutes se» parties, atorsquon veut entfeprandre un défrichement de landes. Ces terres neuve» qui depuisdeftsiè^ des, ou peut-être jamais , n'ont été remuées , indépendammont des radnes d'ajoncs , cachent quelquefois des rochers ou de vieilles souches de chêne. Le soc venant âheueter ces c(»p.s durs , toute la charrue reçoit une violente secousse ; il faut qu'elle fioit assez solide pour résister à ce choc. J'ai Êdt construire id des charrues sur le dénier modèle de Roville, dlune force à présenter toute la résistance néces*saire* Indépendammcsit des avantages ordinaires de ramre sur les charrues à avant-train , j^'ai. trouvé dans le maniement du premier, une iiM^ontestaUe supértoidté (bns les parties ondulées de certaiiies pièces de landes. On rencontre firé^emment de ces parties, sillonnées par une multitude de petites buttes et de ravins; L'arairo, dégagé comme il est d!avant-train , se prête plus faeilmnent à toutes ces oadahàim» H les attaque jusqu'au fond..

346 DOMAlN£'

Les cMsidëratieiiB écoBomi^pies^ à(mt ila été fiiit mei»' tu» au eommencemeai de oet «tk^e^ oât 4^ «Qi^kgé hb grand Mmbre de «uUîvatears À^addptor.j^gféttéraieiMBi tmr leurs ktndes le dëfrid^mml à la cbânrue. Cette méthode doit néeetsaiMinent inteeucer le cboij; de- rassoie» ment qui succédera. Mais quel que seit rassekmeiit adopté, la première de toules les règles sera d!y feire ^trer une grande masse de feiirrages, destinés à la ^^uction du fomW, base capitale du succès. Dans le tableau qui va suivre, J'ai réuni les données d'une succesnon de eultures dont J'ai été à même d'apprécier les. fructueux résultats. Elles poutroirt, dans tous les cas, servir ^e jalons dans ce genve d'opération. €et assolement convient au sol , assure des^ressources de toute nature pendant l'année entière, et se plie à la marche progressive que Ton est obligé de suivre lorsqu'on entreprend le défridiement de tout un domaine. On pourrait bien, à la rigueur, défricher un domaine entier en une ou deux années ; mais une telle marche présente de si nombreux éeunls, qu'elle jsera rarement suivie , et presque toujours Thomme qui se sera laissé le plus séduire par des calculs élaborés dans le cabaiet , sera ramené par la force des choses A une marche plus lente , aussitôt qu'il aura commencé â opérer #«r le terrain.

Ainsi , en supposant une de ces propriétés si nombreuses en Bretagne , et composée de deux à trois cents hectares de landes , dont peut-être une trentaine seulement sont cultivées depuis longues années , on fera sagement de partir de ces trente hectares pour, d'année en année , en défricher une vingtaine d'autres qui s'ajouteraient successivement aux

DE WAllD-JOIJATf. 347

premiers. L'asflolraient qu'on adoptera devra piréseiiter asses de lalîliide pour que les dernières soles puissent lentaper kulijBër»nmeat dans les soles intermédiaiires , puisqu*oB ne peut reeomoi^oer par les premières', toujours ooeugiées par les défriehements nouveaux. Une année de pâturages doiinera à cet effiat to«le llttitiide , ^n même te^ps qfk'eih teniiera le sol d'une manière fMk^^èiei et 9imr ièra 4es ïetfsour^ses à l'eAfretiM de^ béie9 é laine; prodittt précîe« ^ur eel^iisftin^ d^ propriété.

t<Meau d'un amolefimnt mr êéfrichement de landes,

1'* AiméB , Sarrasin , pout être récolté en grain ; 8 hectolitres noir animal.

2« .^■^'^' Froment, avec !• hectolitres noir animal, ou 15 hectolitres de charrée.

$0 «..M^ Avoine, parffi à grain, partie à faucher en vert,

4« — Choux, Rutabagas, Trèfle incarnat, Vesces d'hiver, 40,000 livres fumier à Fhectare.

x) o.-... 'Sarrasin consommé ou enfoui en vert.

» — <— Chaulage des terres.

6« ^^.Lmé^ Froment.

6« *•*— • Ray-grass , Trèfle rouge.

7« ^.^.^^ Pommes de terre , Betteraves , 40,000 livres fumier à Fhectare.

ge .— Seigle.

9" — ^- Ray-grass, Trèfle rouge avec Trèfle blàûc. . 10« Pâturage.

le vais présenta quelques observations sur la série de oes cultures.

1" Annéi. Aucune plante ne peut être comparée au satrasiâ semé ainsi en première récolte, En général, il

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réussit bien sur le dernier labour que j'ai indiqué , àloi'é. que toute autre récolte exigerait de nouveaux travaux. Denrée principale de consommation dans Ids pays de landes , eé grain y conserve toujours un-: prix plus élevé que Favoine. Enfin une propriété particulière et iaa|>préfsiable pour une première récolte sur défirichement , distingue étoir nemmént le sarrasin. Qu'il tire cette propiiélé de ses ira* ehies , de son mode de végétation, eut de répaissettrr de son feuillage , il n'importe. Il est i^onstant qu'aprè» «me récolte (fe sarrasin, la terre est plus meuble et mieux disposée à recevoir une céréale d'autoume que si Ton eût Ëiit même une jachère d^été^. Cinquante litres de semence bien nette suffisent pour semeie un bectare* L^époque la plus fiivorable à cette semaiUe, est, en Bretagne, dul^au 24 juin. Passé ce temps , il est rare qga'on obtienne une bonne récolte; mais, comme les variations atmosphériques, exercent la plus grande influence w la végétation du jsarrasin, il est sage de semer à plusieurs repri^s pendant ces vingt-quatre jours. On se réserve ainsi des chances dJLverses. Les huit hectolitres de noir animal seront répandus en même tems que la semence, puiù».on passera la bci:se et le rouleau.

Pour employer le noir animal avec tout l'avantage possible, il est nécessaire, avant de s'en servir i de .bien le battre avec une pelle, et de le tamiser au besoip, eale passant à la claie, afin que toutes ses parties soient exactement divisées et réduites en poudre fine. Ainsi p]:éparé,. il est mieux disséminé avec la maiu pour tomber comme une rosée sur les moindres particules de la tjerrç. .

2°^^ Année. Après le sarrasin , et sur un seul labour , la réussite d'une récolte de froment est assurée. On lijotttera , au moment de la semaille , 4 hectolitres de noir animal, on 15 hectolitres de charrée ou cendres lessivées. Il n'est pas rare, dans ces ciroonstanoes , de récolter plus de 20hect9:«

DE GB?il«B-96l.'AN. 349

litres tie-grsdn par bectare. On doit avoir soin de ne pas se laisser attarder par la récolte 4u sarrasin, pour fidre, en temps convenable, la s^maiUe du froment. Ceci est trèsimportant; -car le bsrttage du sarrazin exigeant une i^ande promptitude, on n^'a ordinairement !>de bras que pour lui ; et l'époque k plus favorable aux semailles passe rapidement. Il faut dope «'assurer des forces suffisantes pour Mre avancer les deux .opérations de Ibont , dût-on acbeter quelques couples de bceufs pour les revendre apcès. On s'en trouvera bien. Aussitôt qu'un chsHupde sarrasin e^t débarrassé, la.charrue.doit suivre iHunédiatement , de manière que les ensemenosments puissent «être ternïinésiau plus tard le 15 novembre.

Au fur et à. mesure qu'un champ est ensemencé, il fout travailler activement à son dessèchement. Les fossés, de cireoavaUation ont dû être bits d'avance , «insi que je ïsà expliqué; mais les eaux , maîtresses de ces terrains depuis tant d'années, retrouveraient dans Tintéreur du champ une foule de sinuosités qu'elles avaient l'habitude 4e suivra L'œil du maître est ici nécessaire. Il devra se fixer là sans relâche, jusqu'à ce qu'il ne.voiepjius aucune eau s'arv^r. Les raies d'écoulement devront être tracées ddhs tous les cens. avec le plus grand soin, à la charrue d'abord, puis creusées , nettoyées et achevées avec la pelle partout où besoin sera. Il ne. iaut pas considérer tous ces travaux, fiiits à cette première récolte hivernale, comme étant à soncompte seul. Ils .s<»it véritablement de fondation, et diminueront d'année en année par le. dessèchement progressif du sol. Les labours successifs aideront aussi à ce dessèchement, dojot le résultat sera une importante amélioration foncière ; car les eaux croupissantes sont le plus grand ennemi du sol des landes : ce. sont elles qui lui ont donné cette nature froide et acide rebelle à la végétation.

3""^ Annéç. La troisième sole sera ensemencée en avoine

d'hiver. Cette eérëak viendra bien sur an sei|l labour donné dans le courant de eeftembte, et après lequel on aura im* médiatement semë. On devra, autant que possible, avoir terminé la semaille de l'avoine pour le 25 octobre. J'ai toujours trouvé une grande perte dana le raidement de oe grain, après une semaille tardive. Ainsi, il arrivera souvent que les {nremiers champs semés en septembre rendront 50 et 60 hectolitres d'avoine à l'hectare, alors que* cetK semés en novembre ne rapporteront pas la moitié , à égftMté de soins. Cette sole ne sera qu'en partie réeoUée en grain , l'autre partie sera feuchée en vert pour nourriture , ou bien pâturée. Si la sole entière était laissée k maturité, on n'aurait pas le temps de préparer convenablenusnt la terre destinée à recevoir les dhoux. Cette consommation de l'avdne en vert sera d'ailleurs, presque toujours , au printen^^, d'une immense ressource dans une entreprise de défrichement. Puis le {NToduit £q[»partient à l'hiver, et il occupe une place qui n'aurait rien rendu; car il ne fisMkbrait pas pemer à £dre, dès la troisième année , lajae plantation de pommes de terre ou de betteraves. La t^rre est encore bien acide pour ces plantes , et souvent si peu meuble pour elles , qu'on s^exposerait à n'avoir que de chétives récoltes, liieux vaut donc prendre la marche que j'indique d'une manière générale > sauf les excqiti<»is.

Aussitôt Pavoine 6mchée au printemps, ou récoltée à grain au mois de juillet, il faut donner toutes les &çons nécessaires à un b<m ameublissement du sol. Après l'aviune fauchée en vert, on plantera des choux et des rutabagas , et on fera suivre la récolte à grains par des vesees et du trèfle incarnat. J'ai indiqué, pour tous ces produits, une iîimure de 40,000 livres à l'hectare. On aura toutes fiiâHtés pour le transport et l'étendage de ce fumier, puisqu'on pourra commencer à planter les choux dès le mois de mai, et ne terminer la semaille des vesees qu'à la fin de sep-

DE GBAND-JOUAN. 351

tembre. Jusqu'à ôe qu'on soit bien fixé sur la réussite du trèfle incarnat, on devra lui condacrw les lerres les plus saines de cette sole; il réoompensera largement de ces soins. Mais , dans tous les cas , il vient mieux que le trèfle ordinaire. Toutes les espèoett de thoux réussissent bien aprè; undéfîidiement , mais particulièrement les éumx monlterêy les choux bramons et les ehmx pommés quintal. Indépendamment de la réussite presque certaine de ces produits, réussite qui encouragera tôujonrs cette culture en pareille circonstance, il dut tenir compte anssi des bons effets de cette nourriture dans rhygiène des bêtes à cornes. Par ellç^ les bœufs de travail semblent inÊitigables à Fouvrage, et l'on sait que c'est ^vec elle encore que se font les beaux engraisr sements de laVendée.

4^^ Armée, La quatrième année commence par la récolte des ph>duits que je viens d mdiquer. Pendant tout l'hiver («iae£feuillé les choux et attaché les rutabagas, suivant les besoins de diâKjue jôur.« Ces derniers , ainsi laissés en terre , n'ont jamais gelé chez moi. Au furet à mesure qu'un champ se trouve débarrassé de sa récolte , il est hersé et labouré , et à dater du t^^^mai cnei sème du sarrasin dans toute la sole, de huit jours en huit jours. Ce sarrasin est destiné à être consommé ou enjfoui en vert ; il ofiGre ordinairement , dans le courant de juillet et août, une ressource précieuse pour la noiffritiire des bestiaux. To^ les fourrages de l'hiver sont alors consommés > et il ert tare que les grandes chaleurs de cette époque permettent , dans les terres de landes , aucune autre végétation» Après ce sarrasin, soit qu'il ait été enterré en vert, soit qu'il ait été ccmsommé en fourrage par le bétail , se présente une des opérations les plus importantes pour la prospérité future d'une entreprise de ce genre. Je veux parler du chaulage de la terre: CW toujoiurs à cette place que je &is cette opération , à la suite de laquelle on sème immédiatement

du froment. Je donnerai à la fin de ce mémoire la description détaillée du procédé d'application de la chaux : pour le moment, continuons notre assolement.

5"** Année. Pendant la cinquième année on &it la récolte du froment 9 et on y sème le trèfle et le ray-giass, partie en ray-grass anglais^ partie en ray-grass d'Italie, si l'on ti'a pas de raison poor donner k préférence à l'un ou 4i l'autre. Je ferai remarquer ici combien nous sommes peu avancés dans la pratique des défrichements. Il n'y a ^s un de nos ouvrages d'agriculture qui ne mette en principe, «d'une manière presque absolue , qu'il ûmt semer le ray-grass «et le trèfle au printemps dans la ^réale. Eh bien , tous mes essais en ce genre, tous les renseignements que je me suis procurés ailleurs à ce sujet , ne me laissent aucun doute qu'à la suite d'un défrichement de landes, cette place ne soit •mauvaise ; (m aura bien encore quelquefois une faible récolte de ray*grass, mais du trèfle, il n'en paraitra^pas vestige dans la plupart des cas. Dans les circonstances où nous sommes placés, ces prairies artifidelles demandent à être semées du 15 août au 15 septembre , sur un labour donné immédiatement après l'enlèvement de la céréale. Il arrivera cependant dans certaines terres, que même à cette époque, tout comme à l'autre, le trèfle ne réussisse pas, surtout si l'on n'a point chaulé. Quant au ray^grass , sa venue sera généralement magnifique, et iln'est pas rare de pouvoir compter sur une récolte de 5 à 6,000 kilog. de foin à l'hectare. Sans doute ce foin ne vaut pas celui ^ du trèfle; mais les bestiaux s'en nourrissant , et, à défaut d'autre , le cultivateur sera heureux de trouver celui-ci : je dirai plus ; je connais des défricheurs de landes auxquels le trèfle, et à plus forte raison la luzerne , ont &it si souvent foute , qu'ils les ont tout à &it exclus de leur culture , et ne veulent plus entendre parler que de ray-grass. Il n'y a rien d'absolu. En suivant la pratique du chaulage, et ainenant la

DE GEAND-JOUAN. 353

semaille du trèfle à Tépoque que /ai indiquée , après une^ fumure et sur une série de travaux et de récoltes tels que nous venons de. les suivre; en choisissant enfin une terre saine ^ le trèfle réussira bien souvent. C'est du moins là, le fruit de nombreuses expériences dans mon exploitation*. Je conserve toutefois dans l'assolement , et le ray-g^ass, et le trèfle : celui-ci pour les meilleures terres, l'autre pour les moindres et les plus hiunides. Je pense que cette règle de prudence ne serait pas toujours transgressée impunément.

6* Année. Quelle que soit la venue de ces produits, on fera généralement bimi de ne les laisser durer qu'une année, la- sixième de notre assolement. Après la faulx , un troupeau de moutons à l'engrais trouvera là une abondante nourriture , dans toutes les pièces où l'on n'espérerait pas une seconde coupe, ce qui sera le plus ordinaire. A* défaut d'un troupeau de progression, qui fournisse annuellement des bétes pour la boucherie , acheter après la tonte un lot de bêtes ^ai^^, pour les mettre en état sur ces regdns , sera la plujpart du temps une spéculation lucrative. On réalisera la vente dans le courant de novembre. Dans ce mois et dans celui de décembre , à partir de la fin des semailles d'automne, toutcf cette Me recevra le premier labour préparatoire pour les produits qui devront l'occuper l'année 'suivante. Ce la* bour ne sera feit qu'à deux ou trois pouces de proifondeur, pour retourner superficiellement les éteules.

7« Année. Entrant ensuite dans la septième année de Tas* solement, on donnera de nouveau un ou deux labours pré-, paratoires; mais cette fois à toute la profondeur possible. Il ne fondrait pas qu'ils fussent à moins de huit pouces. Ces labours, entremêlés de hersages, seront donnés, suivant l'exigence de la terre , à int^^alles à peu près égaux, entre la l**" janvier et le labour de plantation , soit pour les pommes de terre, soit pour les betteraves. Les procédés de

SSI" DOMAINI

culture de ces plantes sont connus ; je ne les répéterai pas en ce moment.

Si jamais il a été vrai d'énoncer que ce n'est pas ce que l'on sème qui rapporte, mais bien ce que l'on fume, c'est sur les terres de landes que cette asseition reçoit surtout son application. En effet , ces terres , dont la puissance était primitivement à zéro, doivent presque toute leur fécondité aux engrais , indépendamment des in* fluences atmosphériques. Si,^ lorsque l'on ccmimence un défrichement, on essaie de semer une première récolte sans engrais, après n'importe quel nombre de labours, on obtiendra zéro produit. Partant de là, la fécondité de ces terrains, qui peut devenir très-grande, donne toujours un résultat calculé par la nature sur le nombre et rénergie des agents végétatifs qu'on a successivement incorporés au sol.

' Les quarante milliers de fumier que j'ai indiqués dans le cas dont il s'agit, doivent être considérés comme le minimum. Les demi-soins, les demi-fumures, sont ici peines perdues. ïl &ut fiiire tout à fait bien ce que Ton fait , dûton embrasser moins d'étendue, et apporter tout le fumier qu'on peut se procurer. Autant on se trouvera bien de suivre ce principe, autant regretterait^on de s'en être écarté. Toutes les économies de ce genre figureront , sans exception, au débit du compte de profits et perles.

S^^j 9«, 10« année. Une récolte de seigle occupe la huitième sole , parce que ce grain réussit mieux que le froment après les pommes de terre. Mais on pourra mettre du firoment sur la partie en betteraves. La neuvième sole sera de nouveau en raj-grass et en trèfle , parmi lesquels on fera bien de semer du trèfle blanc pour la sole de pàtu. rage qui suit. Celle-ci sera la dernière dans Tordre de l'assolement, mais elle ne comptera pas comme une des moins productives de l'amélioration du fonds. En effet,

BE OKAND^JOTAIf. 35S

peu de pratiques agricoles présentent souf ce rapport autant d avantages, sur le sol léger des landes <» qu*une année de pâturage. Et en faisant passer ainsi successivement tous les champs par cet état, ce plan devra , dans une série d'années, être suivi des plus heureux résultats pourlexj^itation entière.

SOIKS AUX PEAIftIBd.

Indépendamment des fourrages produits par cet assolement j comme on n*en possédera jamais trop pour pousser rapidement à la production du fumier, toutes les prairies naturelles seront conservées dans le meilleur état. Il arrivera souvent, sur le genre de propriétés dont il est ici question, qu'on trouvera de vieilles prairies négligées, abandonnées à la nature , et dont le faible rapport accuse l'inertie %et la paresse d'un fermier ignorant. Si ces prés sont &vorablement situés dans des lieip: bas qu'on puisse irriguer, rien ne devra être négligé pour les remettre dans un état prospère. Les bruyères, les «joncs, les genêts qui se sont emparés du terrain, seront soigneusement enlevés, et les rigoles d'irrigation 3 refaites et curées. Au mois de juin , immédiatement après la faulx , on répandra de quatre à. cinq hectolitres de noir animal par hectare. Il n'^existe peut-être aucune espèce d'engrais dont l'efTet puisse être comparé à celui-ci. On sera quelquefois surpris de trouver , après ces soins , une récolte de foin double des précédentes. Il ne faudra pas attendre l'automne pour ré« pandre le noir, parce que les eaux, trop abondantes dans cette saison, entraîneraient Tengrais, et ne lui laisseraient

^oS DOMAINE

pas le temps de s'infiltrer dans le sol. Si Fon veut conserver des prés hauts , on donnera les mêmes soins ; mais pour filmer ceux-ci , il sera plus avantageux de former un compost de terreau , de curures de fossés , parmi lesquels on mêlera également environ quatre hectolitres de noir animal par hectare. Id , on pourra différer le transport du compost jusqu^au mois de septembre , et même jusqu^au milieu de l'hiver.

Hais avant d'entreprendre ces travaux, avant de se mettre en dépenses, il est très-important de connaître parfaitement la diversité des fonds auxquels on les destine. Suivant le cas, on aura bien ou mal agi ; car ces ttavaux, productifs dans certaines terres , ne le sont plus , du moins autant, dans d^autres. Voici l'écueil : dans presque tous les nouveaux défirichements,' et plus particulièrement dans ceux exécutés sur les hauteurs, les bruyères et les ajoncs tendent vigoureusement à repousser, dans l'espace de deux ou trois années, alors que ces terrains sont à l'état de prairies. Cette disposition existant dans une pièce , on lutterait en vain contre la nature par des palliatif; il ne faut plus songer à des frais désormais inutiles. Ce ne sont plus des engrais qui arrêteront les progrès de Tennemi, la charrue seule en aura la puissance. Toutes les pièces semblables seront retournées, et on les fera rentrer dans Fassolement , pour ne leur confier que des prairies temporaires qui réussiront très-bien. Si l'on n'^est pas fixé d'abord sur la durée de ces prairies, on pourra commencer par les laisser subsister pendant deux ou trois années sans dan^ ger. Mais aussitôt qu'on s''apercevra,que le foin diminue et que les bruyères commencent leur envahissement, il ne ÊLudra pas différer un instant d'y remettre la charrue. Pins on attend , plus la détérioration augmente ; les plantes parasites prennent de la force, et alors qu'ion se décide enfin, après quelques années d^hésitation, et devant des

DE GRAÎfD-JOUÀll. 357

produits nuls 9 à recommeneer les labours, cela devient de véritables défrichements.

CEàVItâGS DIS TBBaiS.

, On se ferait difficilement une idée de l'action prodigieuse qu'exerce l'agent calcaire sur ces terres froides de landes qui ne contiennent pas un atome de chaux, sur leur fond de schiste ou de granit. Il se trouve heureusement quelques bassins calcaires disséminés de distance en distance dans toute la Bretagne , comme un UenMt de la Providence. Là prospèrent le trèfle rouge et la luzerne , là croissent les plus beaux grains. Partout ailleurs que dans ces localités privilégias y c'est en y t^'ansportant le principe qu'elles recèleiH, que l'on portera la fécondité dans les sols où ce prin* cipe manquait.

De toutes les méthodes de chaulage, celle que je vais décrire m'a paru réunir le plus de conditions avantageuses. La première opération consiste à préparer une certaine masse de tecre aux deux extrémités des billons de la pièce que l'on veut chauler. A cet eiSet on bêche les extrémités des biltons sur toute la longueur de la pièce , et sur une largeur de 12 pieds. L'ouvrier bêche à la profondeur de. 10 pouces , et à mesure qu'il avance, il jette la terre au milieu de cet espace en la disposant en talus, de manière à former un prisme de 4 pieds de largeur à sa base et d'une hauteur à peu près égale. Il y mêle en même tems les bruyères, les ajoncs et toutes les racines qui se trouvent toujours là en grand nombre. Cette opération, faite à la tâdie, coûte S centimes le mètre courant. Au mois de juin ou de juillet, on retourne cette terre et on l'émiette , mais , en reformant

à58 0OMAINE

le prisme , on laisse sur la crête ua large sillon ouvert , de 18 pouces de profondeur, destiné à recevoir la chaux. Il Ëiut autant que possible que cette seconde opération se fasse en même tents que la calcination de la chaux , pour qu'on puisse Fenfouir flans le sillon préparé , pendant qu'elle est encore en pierres. On la recouvre dans le jour même ou elle est amenée sur les Ueux, et que je suppose être le lendemain de l'extraction du four, et on reforme le prisme dans son entier, en ayant soin de bien former et battre à la pelle l'arête supérieure, de manière que la pluie n'arrive dans aucun cas jusqu'à la chaux. Suivant l'état de l'atmosphère , la chaux sera pàrfàitebient délitée en huit ou quinze jours. On aura soin dans les premiers temps de visiter fréquemment le compost ; la chaux en se délitant, gonfle la terre, la soulève et la crevasse en divers endroits. Toutes ces brèches seront soigneusement réparées. Lorsque la chaux sera complètement éteinte et réduite en poudit3, on brasserait prisme dans son entier, en mélangeant le plus intimement qu'on le pourra la terre avec la chaux. Enfin on dressera le prisme pour la dernière fois, et on laissera ainsi le compost se mûrir pendant deux ou trois mois: Huit jours avant le labour de semaille , on charriera le tout dans l'intérieur du champ avec des tombereaux qu'on déchargera par petit tas, sur lâ longueur des billons , ainsi que cela se pratique pour le fumier. Des ouvriers armés* de pelles répandront ensuite ces tas très-également, sur toute la surface de la pièce. Cette opération finie , on laboure et on sème le grain.

Des opinions diverses ont été émises sur la proportion qui doit exister , dans cette pratique , entre la terre et la chaux. Ces opinions ont varié depuis quatre jusqu'à dix fois , pour le volume de la terre , relativement à celui de la chaux. Cette question m'a toujours paru ainsi mal posée , en ce que la chaux doit être proportionnée non pas à la quantité de terre qui sert au mélange, mais bien à la contenance du

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terrain. La proportion de terre peut varier sans inconvé* nient dans des limites assez étendaes. Si Ton a beaucoup de terre à sa disj[M)sitian , à proximité duchamp^ on aura une plus forte proportion de terre dans le mélange , et ce sera peut-être le meilleur. Si, au. contraire, o|i possède peu de terre, ira-t-on en chercher ailleurs par voie de transport? Cela serait bien coûteux. En prenant, selon le procédé que je viens de décrire, les deux têtes des pièces que je voulais chauler, je me suis toujours trouvé avoir assez de terre , et les résultats ont été généralement semblables sur toutes , bien que les proportions de terre dans le mélange fussent différentes , selon la longueur des blQons et d'autres circonstances.

Il n'en est pas de même de la quantité de chaux à employer sur une surface donnée.^ L'effet immédiat, et surtout l'effet durable dépendent beaucoup , tous deux , du nombre d'hectolitres de chaux répandus par. hectare. Cependant aucune règle ne peut être prescrite à cet égard , car les circonstances au milieu desquelles chacun se trouve placé , auront une grande part dans sa détermination. Dans ma situation particulière, et à une distance de près de 3 lieues d'un four à chaux, j'ai dû m'arréter à opérer mon mélange dans la proportion de 12 hectolitres de chaux à l'hectare. Cette dosse suffit pour me donner de suite,, et pendant plusieurs années , une végétation supérieure. Je serai probablement obligé de revenir au chaulage pour la conserver, mais aussi la dépense se trouve répartie sur un plus grand nombre d'années , base économique qui sera maintes fois prise en considération.

JTai indiqué plus haut l'époque du printemps pour le commencement de la série des travaux de chaulage , parce que cette époque entrera souvent dans les convenances des entrepreneurs de défrichenrents , pour attirer des ouvriers nomade», à l'approche de la fenaison et de la moisson, et

qu'il m^a paru que six mois au moins sont nécessaires pour une bonne préparation delà terre. Suivant toute apparence, elle n^en vaudrait que mieux, si elle était disposée un an ou 18 mois à l'avance. Chacun agira donc «uivant sa position. La place dans l'assolement que j'ai assignée au chaulage, n^est pas indifférente. II arrive après une fumure, sur im

' engrais vert, et à une époque où se trouvent encore sur le sol les derniers vestiges des fibres nombreuses des bruyères et des ajoncs. Son action est appelée à achever la décomposition de tous ces détritus, pour les faire tourner au profit des récoltes futures. Ce n''est vraiment que dans ce moment, après cinq années de travaux, que les champs perdent cet aspect longtemps sauvage des terres de landes. On dirait que le savon a passé là-dessus. La surface s'est aplanie , les mottes ont fait place à une terre meuble ; ce qui donne à un champ, à l'instant de la levée vigoureuse de la céréale qui suit, un air de jeunesse, de propreté, de coquetterie qui récompense le cultivateur de ses peines , en lui présageant

' des résultats profitables.

Voici maintenant, pour 1 hectare, l'état des frais de ce chaulage , dans les circonstances otdinaices.

Première façon du prisme du compost, 150 mètres à 5 centimes 7^ 60°

Deuxième id. id 7 50

Douze hectolitres chaux, rendus à la tète du champ , àr 2 fr. Thectolitre 24 »b

Mise en compost , mélange , troisième Êiçon , 150 mètres , à 10 cent 15 »»

Transport dans le champ, chargement et déchargement 19 »]»

Etendage 7 »»

Total.... 80^ 00

DE GIAND-IOUÀN. 3161

J'avais essayé , dans un temps , de profiter du voisinage du bassin calcaire qui me fournit de h chaux , pour en ex^ traire une marne très-riehe* Mais j'y ai tout à fait renoncé depu& l^doption du mode de cbauhgé qu'on vient de lire. Le marnage était plus coûteux et plus pénible , sans pro^ duire autant d'effet immédiat ; lea transports multipliés dé^ rangeaient souvent mes attriages, et l'usure des vébieuk» était énorme. La pièce ot Ton opérait ne pouvait porter de récolte. Enfin, il n'était pas possible de placer la marne 'dansFasscdement d'une manière aussi: avantageuse que la chaux.

Ce dhaulage complète les opérations de déMebement , et le sol peut être considéré alors comme une terre arable , à laquelle on conservera iki fertilité par des aj^pHcattoBB suc^ cessives et suffisantes d'engrais.

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