‹ Annales agronomiques (volume 2)Chapitre 177 sur 253 · Comp rendus, CXÎX, p · texte numérisé non relu

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élevés mono ou pluriatomiques. Ces alcools cristallisés et incolores retiennent, avec une extrême ténacité, la chlorophille par voie de teinture. On a ainsi des substances vertes cristallisant et recristallisant sans aucune difficulté dans Tacide acétique ou d'autres dissolvants. Ce sont ces corps qui ont reçu les noms d'hypochlorine, puis de chlorophyllane.

De 50 kilogrammes de feuilles sèches provenant de la fauchaison de 500 mètres carrés de luzerne, M. Etard a extrait, par le sulfure de carbone, 800 grammes, soit 6 p. iOO; par un nouveau traitement portant sur cet extrait, on a séparé 280 grammes d'un extrait encore complexe, mais déjà riche en pigments verts. Gela représente 0.56 p. 100 de la plante sèche.

En épuisant par Talcool la plante encore verte après les traitements au sulfure de carbone, la plante se décolore complètement; on sépare Talcool par distillation et il reste i kilogr. 50 d'une sorte de graisse contenant la totalité de la chlorophylle que le végétal retenait encore.

La matière verte provenant des solutions alcooliques est parfaitement soluble dans le sulfure de carbone ; si celui-ci n*a pu Tenlever aux corps chlorophylliens pendant les premiers traitements, cela montre qu'elle y est retenue sous forme de combinaison et qu'elle est de nature différente de celle qui s'est dissoute dès le début.

Il résulte de ces dosages qu'il n'y a pas de plus de 20 kilogrammes de matière colorante dans un hectare de luzerne; en poids, la luzerne vivante est colorée par environ 30 milligrammes de pigment vert au kilogramme.

M. Etard a réussi à isoler de l'extrait sulfocarbonique une première chlo^ rophylle de la luzerne, amorphe, de consistance molle, à reflets bleuâtres, elle est puissamment colorante. Elle répondrait à la formule C^^H^'^AzO*, elle renfermerait, par conséquent, 3 p. 100 d'azote environ.

Sur raw^^mentatioB des recolles par riajeetlon daas le sol de doses massives de solftare de carbone» par M. AiMé Girard ^ — Cette augmentalion est considérable, de près de moitié pour le blé, d'un tiers pour les pommes de terre, elle a atteint 67.24 p. 100 de matière sèche pour la seconde coupe de trèfle ; l'action du sulfure de carbone ne pouvait pas se porter sur les microorganismes, car les racines de trèfle étaient couvertes de nodosités à bactéries.

« Jusqu'à nouvelles recherches, je suis porté, dit l'auteur, à considérer l'action du sulfure de carbone comme s'exerçant principalement sur les insectes qui, les uns à l'état adulte, comme les courtilières, les autres à l'état de larves, comme les taupins, les carabes bossus, etc., blessent et coupent, pour subvenir à leur alimentation, les radicelles nécessaires à la végétation des plantes.

La pratique de la sulfuration à doses massives apporte à l'appui de cette manière de voir des faits saisissants. Au fur et à mesure que le sulfure de carbone est injecté dans le sol, on voit, en effet, des légions d'insectes, aussi bien de ceux qui vivent à la surface que de ceux dont la vie est souterraine qui, fuyant les vapeurs du sulfure, courent éperdus sur le terrain pour

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