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engrais depuis 1876, avail fourni l'année dernière une maigre récolle de trèfle. Cette année, la récolte de blé n'a été que de i4 quintaux métriques de grain et de 27 de paille.

Ce n'est pas sans quelque étonnement qu'on reconnaît que cette terre épuisée par une longue série de récoltes sans fumure donne encore une récolte qui représente à peu près la moyenne des rendements du blé en France. La parcelle voisine 22, en trèfle l'année précédente comme 21, a reçu 10,000 kilos de fumier et 100 kilos de nitrate de soude. C'est une fumure dont nous avons déjà à plusieurs reprises difi*érentes constaté Teflicacité; cette parcelle donne la valeur de 34 quintaux métriques de grain.

Les parcelles 17, 18, 19 et 20 nous offrent un très bel exemple de l'influence extrêmement durable des fortes fumures au fumier de ferme. Pendant les premières années des expériences, 17 et 18 ont reçu de grandes quantités de fumier et on a été obligé de cesser la distribution d'engrais pendant plusieurs saisons dans la crainte de la verse ; en 1892 on avait cultivé sur 17 des betteraves en les soutenant seulement par l'enfouissement d'une culture dérobée de vesce semée à l'automne 1891 ; une culture dérobée de moutarde avait été semée sur 18 également à la même époque ainsi que sur 19 et 20. On a pensé que ces quatre parcelles devaient être affaiblies par ces récoltes obtenues sans fumure; aussi, à l'automne de 1892, a-t-on mis partout la valeur de 15,000 kilos de fumier.

Les deux parcelles 17 et 18 donnent le même rendement en grain ; il est inférieur à celui de 22, les 5,000 kilos de fumier en plus ne compensant pas les 100 kilogr. de nitrate de soude distribués à 22. Le point le plus saillant est la supériorité bien marquée de 17 et 18 sur 19 et 20; elle ne peut être attribuée qu'à l'influence des arrière-fumures, plus fortes sur 17 et 18 que sur 19 et 20.

On a cultivé l'autre variété de blé à épi carré : Schireff, sur un assez grand nombre de parcelles. Le nitrate de soude distribué à 23 n'a pas eu d'influence. C'est la parcelle 24 ayant reçu du fumier après trèfle qui donne le rendement le plus élevé.

Les dix parcelles de 71 à 80 ne donnent que des rendements extrêmement médiocres ; le blé y succédait à des betteraves fourragères cullivées sans fumier sur 71, 72, 73 et 74. 0 na distribué à 71, et 73, 15,000kilos de fumier et 100 kilos de nitrate de soude; 72 et 78 sont restés sans engrais. L'influence de la fumure a été très peu sensible et, sans insister sur ce point, nous reconnaissons

CULTURES DU CHAMP DtXPÊRIENGES DE GRI6N0N DE 1890 A 1893 241

que les fumures vertes données aux belleraves sans fumier sont tout à fait insuffisantes pour laisser le sol dans un état favorable k la culture du blé suivant.

On voit même qu'une fumure de 20,000 kilos de fumier distribuée à des betteraves fourragères est tout à fait insuffisante pour le blé qui suit; même quand on ajoute 150 kilos de nitrate de soude, comme sur 76 et 78, on arrive à une récolte médiocre de 2i ou de 25 quintaux métriques.

Il est assez curieux do constater, ainsi qu'on Ta fait à bien des reprises différentes, que la fumure directe du blé, au fumier de ferme et même aux nitrates, n'équivaut jamais à la fécondité acquise par de vieilles fumures. On avait distribué à 79 et 80 des engrais chimiques pour la culture des betteraves et pas de fumier; on a mis du fumier et du nitrate sur 79, on a appliqué également sur 80 du fumier et du nitrate, mais le nitrate en proportion double et le fumier en proportion moitié de celle de 79 : les récoltes sont à peu près égales, dans tous les cas elles sont médiocres.

Cette expérience prouve clairement, une fois de plus, que sur notre sol de Grignon rien ne remplace, pour le blé, les fortes arrière-fumures ; quand ces fumures distribuées aux betteraves ne sont que faibles, la récolte du blé s'en ressent et n'atteint pas les rendements où elle devient largement rémunératrice; sans doute, les fumures directes exercent souvent des actions sensibles, mais leur effet est nul quand la sécheresse sévit au printemps.

Nous avons encore consacré cette année trois parcelles, 30, 31 et 32, à la culture du blé Maud que nous avions déjà essayé les années précédentes. La récolte de 32 sans engrais est restée faible, celle de 31 avec nitrate de soude est bonne et celle de 30 passable.

En 1892, les parcelles 66 et 69 ont été cultivées en blé Dattel; comme on Ta vu plus haut, les récoltes avaient été misérables et nous avons cru qu'on pourrait remettre ces parcelles en blé en 1893; malgré les fumures assez fortes de 66 (10,000 kilos fumier et 100 kilos nitrate) la récolte a été mauvaise et celle de 69, malgré les 200 kilos de nitrate de soude, est tombée au-dessous de la parcelle 21 restée sans engrais depuis la création du champ d'expériences. Cet échec peut être attribué à la nature de la variété*: le Schlanstedt, capable de résister à la gelée, est incapable de sup^

J. DUMO^IT

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