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H suffit de comparer ces chiffres pour constater que l'azote est d'autant plus abondant dans le sol que le carbone s'y trouve luimême en plus grande quantité.
Les terres de Besse méritent une mention spéciale. Elles proviennent d'une montagne volcanique d'une hauteur de 1100 mètres au-dessus du niveau de la mer, et produisent en abondance une herbe qui nourrit, pendant six mois de l'année, des troupeaux de vaches de Salers. Chaque année, par conséquent, le sol fournit une quantité d'azote qui ne lui est rendue que par l'atmosphère ou peu s'en faut, car les substances azotées restituées par les déjections des animaux sont peu de chose en comparaison de la quantité que contient ce sol, et d'ailleurs le n° 3, qui correspond k une terre non pacagée depuis longtemps, est presque aussi riche que le n" 2, sol pacagé habituellement.
II est dès lors extrêmement remarquable de voir que ces sols, aussi riches en matières carbonées que les meilleures terres maraîchères, conservent épaiemenl une teneur en azote Irès-élevée.
Ces dosages m'ont surpris, et il va sans dire que je les ai soumis à une vérification sérieuse ; mais alors je crois èlre autorisé à trouver dans ce rapport l'indication de la cause de la llxation de l'azote atmosphérique : ce sont les matières ulmiques qui fixent l'azote, puisque la dose de celui-ci est proportionnelle à la quantité de carbone de ces matières.
Toutcrois, une objection s'est présentée au sujet de la grande quantité d'azote contenue dans les terres des montagnes de Besse.
J'ai constaté (1) que la proportion d'ammoniaque augmente dans l'air atmosphérique lorsqu'on s'élève à une hauteur de plus en plus prande; ainsi, tandis qu'à Clerraont, l'air contenait \"'«,\'i d'ammoniaque par mètre cube, au sommet du Puy-de-Dôme, à 14i6" au-dessus du niveau de la mer, un mètre cube en contenait S^EjlS, et enfin, au sommet du Pic de Sancy, à ISSi", la proportion atteignait 5'"v,55.
Ce résultat, qui au premier abord parait en contradiction avec ce lait que l'ammoniaque se produit surtout à la surface de la terre, s'explique néanmoins par les propriétés de cet alcali. M. Boussingault (2) a constaté en effet que de l'eau contenant une petite quantité d'ammoniaque, et abandonnée à l'évaporalion spontanée, perdait les deux tiers de l'alcali, alors que la moitié seulement de l'eau avait disparu. Ainsi, l'ammoniaque produite à la surface du sol, se dissémine dans l'atmosphère, malgré sa grande solubilité, cmpoi-tée en majeure partie avec la vapeur qui va constituer les nuages.
J'ai dû alors me demander si la grande quantité d'azote trouvée dans les terres de Besse ne proviendrait pas surtout de l'ammoniaque que l'atmosphère de la montagne renferme en plus grande proportion, au lieu de résulter de la fixation de l'azote atmosphérique sur les matières caj-bonées. Mais cette objection tombe devant ce fait que ce ne sont pas seulement les terres des prairies élevées qui renferment une forte proportion d'azote. La terre de Theis, par exemple, qui correspond à une élévation de 500 mètres environ, et qui constitue une espèce de terre-de bruyère, contient presi|ue
(1) Comptes rmdat de i'Acmtrm:e îles sfieniyj, 17 noveiubre 1873. (!) Agronomie, chimii; agricole, [. II, p. 'UO.