‹ Annales agronomiquesChapitre 76 sur 221 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

INFLUENCE DE U SÉCHEHBSSE GDII Li PRAIIUB.

La pluie est en {rénëral assez abondante en Angleterre pour que la végélation ait plutôt à soulîrir de son excès que de sa rareté ; c'est

(1) The Journal of the royal agrieultural Society of Engtand, ni. VII, t* série, i- putie, 1871.

seulement de loin en loin qu'une année de sécheresse rient nous montrer quelle influence exerce sur l'abondance des récoltes la quantité d'eau qu'elles reçoivent.

Tout le centre, le sud et l'est de l'Angleterre ont subi pendant l'année 1870 une sécheresse qui s'est prolongée depuis le moment oti la végétation entre dans sa période d'iictivité jusqu'à l'époque de la récolte, et, pour trouver un exemple d'une sécheresse analogue, il nous faut remonter jusqu'à 18M, c'est-à-dire à plus d'un quart de siècle. L'été de 1868 l'ut, il est vrai, très-sec également, et comme il a été plus chaud que celui de 1870, il est probable que pendant une partie de cette année 1868 le manque d'eau s'est Tait plus cruellement sentir encore qu'en 1870, et, en effet, les personnes qui ont voyaf^é dans le sud et dans le centre de l'Angleterre pendant le mois de juillet 1868, n'ont pas oublié l'absence complète de verdure dans le? prairies, non plus que la chaleur étouffante qu'elles ont eu à supporter et qui rappelait plutôt les régions tropicales que le climat tempéré dont jouit habituellement la Grande- Bretagne pendant l'été. Quoique la sécheresse et la chaleur tussent plus intenses pendant tes mois de mai, de juin et de juillet en 1))68 qu'en 1870, l'absence de pluie ne commença qu'un mois plus tard et se (It sentir moins longtemps qu'en 1870; aussi les premières et secondes coupes de foin furent-elles beaucoup plus faibles pendant cette dernière année.

C'est seulement quand les cultures sont continuées dans des circonstances identiques comme sol et comme engrais pendant plusieurs années qu'il est possible d'étudieil'inlluence de la variation des saisons sur la quantité et la composition des produits, or, ces conditions, on le sait, sont réalisées depuis nombre d'années i Rothamsted; aussi, profitant de ces avantages, nous sommes-nous proposés dans ce mémoire d'examiner brièvement :

1. La quantité d'eau qu'exhalent approximativement quelquesunes des plantes cultivées pendant la durée de leur croissance.

2. La source où est puisée celte quantité d'eau nécessaire aui plantes pour qu'elles puissent se développer normalement.

3. La différence des effets de la sécheresse de 1870 sur les diverses cultures en expérience.

IffPLDBnCE DE LA SECHERESSE DE 1S70 StR LES R£COLTeS.

Quantité d'eau évaporée par les plantes pendant leur croiuance.

Une série d'expérieaces fut commencée en 1849 et fut continuée pendant dix ans pour cherchai' la relation qui existe entre la quanlllé d'eau évaporée par les plantes pendant la durée de leur croissince et la somme des principes qu'elles ont assimilés. Pour les plantes agricoles, parmi les graminées, le blé, l'orge et l'herbe de la prairie ont été choisis, parmi les légumineuses, les haricots, les pois et le trèfle; enfin nous avons encore soumis aux expériences, comme plantes à racines, los turneps de Suéde, les navets blancs et les pommes de terre. Des essais ont été aussi faits sur l'évaporation des arbres  feuilles caduques et à feuilles pei'sistantes, six espèces dans chacune de ces catégories ayant été spécialement choisies pour cet objet.

Lés expéiienccs étaient conduites de la façon suivante ; on employa des vases cylindriques d'abord en verre, puisen zinc, de 35 cent, de profondeur, de 22 cent, et demi de diamètre, renfermant environ 18 kitog. de terre, provenant delà parcelle du champ d'expérience destiné au blé, qui était restée sans engrais depuis dix ans, et on décida de faire sur chaque plante trois expériences, l'une avec le sol indiqué plus haut sans engrais, une seconde avec ce même sol additionné seulement d'engrais minéraux, une troisième encore avec ce même sol mais chargé en môme temps d'engrais minéraux et de sels ammoniacaux. Dans les expériences sur le blé et l'orge on sema trois graines dans chaque vase et une seule quand on cultiva les haricots, les pois et le trèfle. Une plaque de verre percée d'un ori- Cce de 7 millimètres environ à son centre pour laisser passer la plante et munie d'un autre trou qui pouvait être fermé à volonté avec un bouchon et destiné à l'aiTosage, est scellée à la partie supérieure du vase. Un vase semblable aux précédents renfermant seulement de ta terre et ayant son orifice garni de quelques petits morceaux de verre pour laisser échapper la vapeur, fut placé en expérience avec les vases gainis de plantes, pour déterminer la quantité d'eau émise par le sol lui-même. Les vases renfermant les plantes à grosses racines portaient des plaques de verre munies d'orifices plus laides que les précédents, mais fermant cependant aussi bien que possible, ainsi qu'il a été dit plus haut.

Les vases avec leur contenu pesant plus de 18 kilogr., furent pesés de temps à autre, généralement tous les dix jours, au moyen d'une balance délicate construite pour cet usage, qui bien que chaînée lourdement était cependant capable d'indiquer un changemeal de quelques centigrammes. Les plantes étaient arrosées toutes les. fois que cela était nécessaire. Les résultats de ces expérience! ont été publiés déji, nous renvoyons le leclaur aux mémoires où ils sont insérés, résumant seulement ici les conclusions nécessaires A l'exposé de ce qui va suivre (i).

i . La quantité d'eau dégagée par les plantes durant leur développement est en relation avec la quantité totale de matière sèche, ou la quantité de substance non azotée fixée ou assimilée; cette relation existe aussi bien pour les graminées que pour les légumineuses,

2- Pour une quantité d'eau évaporée, déterminée, il apparaît dans une légumineuse deux ou trois fois plus de substance azotée que dans une céréale.

2. Pendant k croissance et la maturation d'une graminée ou d'une céréale, il y a de 250 à 300 parties d'eau évaporées pour une partie de niaUère sèche fixée ou assimilée.

Avant d'airiver à l'application de ces données à quelques cas spéciaux, il peut être bon de fournir un exemple. Quelques-unes dei parcdies du i^mp d'expérience donnent une moyenne de prés d« s^t lonoee et demie de produit total à l'hectare grain et paille par an; si nous admettons qu'un sixième de cette quantité soit de i'ean, nous avons environ 6 tonnes 1/3 de matière sèche formée à la fin àe juillet 0U au commencement d'août, et ai noua admettons qu'il t ' laHu âOO parties d'eau évaporée pour qu'il s'élabore une partie d« ' matière sèche, nous avons SOO x 6. 3 = 1890 tonnes d'eau évaporée pu hectare pendant le développement d'une aemblable réocdte.

La diOkuUé d'éliminer 1«8 causes d'erreor dans la détermination

t U qiMnlIU d'eM iHgaf£« par Im plante* pM^Ml ir \et re\!tUotu qu'elle ptéteate avei) U Aialion d» l'oriBiiN «1 1**K* principe* conslitwuiU [Journal luirtieulturat tocielj/ o( London, vol. V, p. 1, 1850J.

RippOfl lur quelque* eipériencc* entreprites ï l'in»(!gilion du proreueur Undlcj potu êHemiacr révaporatlon de l'eau par le* arbrei vrfU et le* Vrbres i feuille* dduqwN {Jour», hvrt. godet. Ltmdon, vol. V|, p, 3 et .1, 1861).

t'ti Lraduil une partie de ces mémuire* pour moa Cours de ctiiniic africole, f- 1^' dans l'artiete Feuilles du Dictionnaire de Wurtï j'ai donoi un utnit pli» uiai|il«' ^ deux méinoirei priàMêoU, F f. D.

INFLUENCE DE U SECHERESSE DE ISTO SUR LES RÉCOLTES. tSS

de la quantité d'eau dégagée par les hert)e8 de la prairie nous empêche de dooner avec certitude le poids d'eau évaporée, correspondant à la formation d'une partie de substance sèche ; nous admettrons cependant que, pendant le développemOnt des graminées dé la prairie coBune dans celui des céréales, 300 parties d'eau sont évaporées pendant que la plante forme une partie de matière sèche, et comma une des parcelles du champ d'expérience de Hothamsted a donné en moyenne pendant quinze ans sept tonnes et demie de produit à l'hectare renfermant 6 tonnes 1/3 de matière sèche, nous admettrons encore que la quantité d'eau qui a circulé au travers de la plante est de 1890 tonnes d'eau; mais il faut remarquer, en outre, que cetta masse de liquide a dû être évaporée avantlemilieu Je juin.

Nous aborderons maintenant quelques cas spéciaux, relatifs à ta quantité d'eau évaporée par différentes récoltes, et nous verrons comment Us se rattachent i l'abondance de la pluie tombée pendant la période de leur croissance, ou à la quantité d'eau qui se trouvait en réserve dans le sol.

RéraltaU relatif an développeiiunt de U prûvis.

Le tableau n° 1 indique la quantité de foin obtenue par hectare chaque année depuis quinze ans, de 1856à1870, sur trois parcelles différentes.

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