‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 103 sur 240 · X. — SIÈGES ET STALLES · texte numérisé non relu

X. — SIÈGES ET STALLES

Arrivés au chœiîr et dans le sanctuaire, les ecclésiastiques assistants et officiants prennent place sur les sièges attribués à chacun d'après son rang et sa fonction : le banc aux clercs, l'escabeau aux enfants de chœur, la stalle aux prêtres et aux chanoines, le pliant aux chantres, le fauteuil aux officiants, le trône àl'évêque. Ici le bronze et l'orfèvrerie ont peu à voir; cependant le fauteuil du prêtre officiant et surtout le trône de l'évêque peuvent se décorer de métal précieux et même se couler en bronze. Les exemples en sont fort rares, même au xii* siècle, époque de grand luxe, et pourtant le marbre et la pierre employés pour des trônes et des stalles en Allemagne, en Angleterre et même en France, mais surtout l'ivoire adopté spécialement en Italie *, sans doute comme tradition des anciennes « chaises curules » des sénateurs romains,

4. BÉGiN, « Histoire de la cathédrale de Metz », vol. 11, article « Reliquaires et Joyaux ».

2.« Petites croix en argent^ que les enfants de chœur de la cathédrale d'Amiens portaient aux processions.

3. C'est-à-dire en forme de tau. A la paroisse Saint-Martin d'Amiens, les bâtons des chantres se terminent par une boule. Ainsi, la ville d'Amiens possédait à elle seule les principaux types des bâtons de chantre : le bâton pommelé, le bâton en tau, le bâton à niche.

4.. Jean Pages, a Mémoires sur Amiens et la Picardie. » — Dans le missel moderne de l'église d'Amiens, on lit ce qui suit sur l'usage des bâtons de chœur : « De more utuntur baculis choralibus ad impediendum immodestes, garrientes, ridenles, legentes libres, litteras et scripturas, gestum ab aliis difierentem exprimentes, strepitum moventes, dormientes, etc. » Mais il est évident qu'il s'agit ici de la hallebarde du suisse ou de la baguette du bedeau, plutôt que du bâton du chantre.

5. Dans la sacristie de la cathédrale de Ravenne, on conserve précieusement le siège en ivoire . de saint Maximien, évêque de cette ville. Tous les morceaux d'ivoire qui constituent ce siège

épiscopal sont sculptés de l'histoire de Joseph et de ses frères, de la vie de Jésus -Christ, des images du Sauveur, de saint Jean-Baptiste et de huit apôtres.

l'ivoire, dis-je, la pierre et le marbre peuvent se remplacer avantageusement par le métal ou en être ornés. En France même nous possédons, au musée des Souverains, un trône en bronze, qui vient de Tabbaye de Saint-Denis et qu'on appelle le fauteuil de Dagobert. Au n** 101 nous en donnons la gravure. Si le siège, ou le pliant proprement dit, appartient au vu* siècle, à l'époque de Dagobert et de saint Eloi, les flancs et le dossier datent du xii* ou du XIII*. C'est une preuve que, même au xiii* siècle, on se servait de trônes en bronze: Ce siège de Dagobert, évidemment inspiré des sièges de l'antiquité romaine, ressemble beaucoup à ces trônes sur lesquels, dans les vitraux, les miniatures des manuscrits, les sculptures, nous voyons assis nos évoques et archevêques*.

\0h. — SIEGE DE DAGOBERT, EN BRONZE DORÉ.

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