‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 125 sur 240 · XIV. — BURETTES ET PLATEAUX · texte numérisé non relu

XIV. — BURETTES ET PLATEAUX

' On lit dans le « Dictionnaire de Jean de Garlande , » qui date de 4080 et

que Géraud a publié :

« In ecclesiis debent esse phiala una cum vino et alia cum aqua »• Après avoir transcrit ce' texte, MT le comte de Laborde y ajoute ceux-ci que

nous lui empruntons 2 :

« Nicolaus de Nigella, aurifaber parisiensis, pro uno cipho argenteo

esmaillato ad tripedem et duobus potis, uno ad vinum et altero ad aquam,

liberatis Régi. » (Comptes royaux, année i323, 30 décembre.)

siècles et demi. Attachés au roman jusqu'à r aurore du xiv* siècle, les Allemands oiit exécuté, même en 4 300, des œuvres où le roman défend encore énergiqilemont sa place contre le gothique victorieux et envahisseur.

4. Je me trompe peut-être d'église ; mais il est dessiné dans l'ouvrage de M. Tabbé Bock : « Das heilige Kœln », livraison première. Je n'ai pas ce livre sous la main et je ne puis en ce moment préciser davantage.

t. c Notice des émaux du Louvre » 2^ partie, « Glossaire », pages 6, 44, 45, 47, 479.

« Deux burettes de chapelle, rondes, sans ances, toutes pareilles, et a sur chascun couvecle un petit bouton ront, et poise Tune i m. v onc, et l'autre I ni. iiii onc. XII d. » (Inventaire du duc d'Anjou, en 1360.)

« Une burete d'or, pour chapelle, garny le pié d'un souage^, et par le milieu du ventre en a un autre, et par la gueulle et le couvercle en a un autre souage, et est la gueulle à un bec, à demy ront, et sur la teste a un esmail ront de rouge cler, où il a au milieu un A. Et poise en tout i marc m onces III d. — Une autre burete, pareille de celle dessus escripte, sanz aucune diferance, fors que sur Tesmail de dessus le couvercle a un V. Et poise en tout I marc m onces vi d. » (Même inventaire.)

. « Un galice d'argent doré et esmaillié, pié et couppe et pomme! et platène , et, dehors ladite coupe, a en l'esmail apostres, et, dessuz le pié, a angèles et autres sains. Et dessuz la platène a un couronnement de Notre-Dame, et H met un angèle la couronne en la teste, et poise en tout un marcs vu onces. — Deus burettes d'argent dorées et esmailliées, et a chascune vi costés, et en chascune costé a un apostre, et sont de l'ouvrage dudit galice, et poîsent l'une I marc i once, et l'autre i marc xvni d. — Deux autres burètes blanches, à lonc col , et sont liez de souages dorez , et dessuz les couvecle a deux esmaux adurez, et a en l'un un V et en l'autre un A. » (Même inventaire.)

« Deux burettes d'or, à mettre le vin et l'eaue à chanter à la chapelle du roy nostre sire et ou couvercle de chacune d'ycelle a un ront esmaillé d'azur, semé de fleur de lys et signée l'une d'un A et l'autre d'un V. iiij" xiiij livres. » (Compte royal cité par Leber, année 1422.)

« Un bacin d'argent doré pour servir à l'esglise , — avec les choppines de mesmes, à mettre vin et eaue. » (Inventaire d'Anne de Bretagne, année 1498.)

A ces textes, nous pourrions en ajouter plusieurs autres, disséminés dans des inventaires inédits qui sont en notre possession ; mais nous avons l'intention de publier prochainement ces inventaires et, en présence des textes précédents, qui peuvent suffire ici, il est inutile d'en donner davantage. Il résulte de ces citations qu'autrefois , comme aujourd'hui , on se servait de deux burettes, qu'on appelle fioles, ampoules, etc., et qui contenaient l'une le vin l'autre, l'eau destinés au sacrifice de la messe. Comme ces burettes étaient ordinairement en métal et très-rarement en cristal ou en verre, pour éviter une erreur et pour qu'on ne prît pas l'eau pour le vin, sur la burette au vin on traçait un Y ( « vinum » ) ; sur la burette à l'eau on traçait un A ( « aqua « ).

4. Cercle de métal, moulure ronde, qui consolide les diverses parties d'un objet d'orfèvrerie.

Cette précaution paraît dater du xiv* siècle seulement. On ne voit ni Y ni A sur les burettes du xii* ou du xiii* siècle. Aujourd'hui, depuis la renaissance, on semble affectionner les burettes transparentes et, dès lors, les erreurs sont à peu près impossibles.

« Deux burettes de cristal, d'argent doré et le col émaillé d'azur ». (Inventaire du château de Fontainebleau, en 1560, cité par M. de Laborde, « Notice des émaux-'», 2* partie, « Glossaire », p. 179).

Rien n'est plus rare que les anciennes burettes. Je n'en connais pas une seule qu'on puisse faire remonter au xii'' siècle. Du xiii% il en existe deux, trois peut-être, que nous donnons ici.

H7. — BURETTE EN CUIVRE ÉMAILLÉ. — COMMENCEMENT DU XIIl' SIECLE.

A LA BIBLIOTHfeQOE IMPÉRIALE. — RADTEDR, U CENT.; GRAMD DIAMÈTRE DU VBXTRE, 7 CENT.

C'est une petite bouilloire ou une aiguière, plutôt qu'une burette : la dimension, l'absence du pied, la présence du goulot, conviennent mal à une burette. Mais les Anglais l'ont déclarée burette, l'ont publiée sous ce nom* et d'ailleurs l'ange émaillé sur le ventre prouve que c'est un vase religieux.

Pas plus que les Belges, les Anglais ne sont ennemis de la contre-façon : ils ont contrefait l'encensoir de Lille, plusieurs chandeliers anciens et un certain nombre d'ivoires. Je serais donc disposé à croire que la burette suivante est une contre-façon de celle qui précède. Même forme générale, même goulot semblablement attaché ; mais absence de l'ange, pour dépister les habiles, et addition du pied pour donner de la légèreté. Ce petit vase est en Angleterre et il a figuré avec honneur dans l'exposition de Manchester. Mais, original ou

1. « Archaeological Journal » , vol. ii, pag. 155-172, article de M. Albert Way sur les émaux du moyen âge. Notre petite gravure a été réduite d'après un dessin de grandeur d'exécution, que nous devons à l'obligeance de M. .Alfred Darcel. Notre ami et collaborateur nous a conGé, en outre, le dessin de trois burettes qui appartiennent à la collection Soltykoff et à la Bibliothèque impériale. Ces burettes des xiv* et xv* siècles seront gravées prochainement et publiées dans les « Annales Archéologiques ».

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