‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 132 sur 240 · A LA BIBLIOTHÈQUE IMPÉRIALE DE PARIS. — DIAMÈTRE, 33 CENTIMÈTRES · texte numérisé non relu

A LA BIBLIOTHÈQUE IMPÉRIALE DE PARIS. — DIAMÈTRE, 33 CENTIMÈTRES

C'est bien profane pour une église et pour contenir des burettes ; mais la plupart de ces bassins de nos musées ont dû appartenir à des seigneurs et servir à verser l'eau qui, au moment de la toilette ou avant et après les repas,

4. DuGDALE, crMonasticon anglicanum x> : aDuae pcives argenteae cum ymaginibus regum in fundis deaaraUe, et scutis, et leunculis similiter deauratis. — Item duae pelves argenteae cum fundis gravatis et flosculis ad modum crucis in circuitu gravatis ».

purifiait leurs nobles mains. Je dis à verser l'eau, car, à ce plateau de Soissons et à beaucoup d'autres, on remarque de petits trous percés à la circonférence intérieure du bassin, et correspondant aune petite tête de dragon ou de lion formant goulot ou biberon, comme on dit au moyen âge. Cette purification des mains à l'aide d'une « assiette » , qui se fait encore en bien des endroits et surtout en Orient, explique l'absence h peu près complète des aiguières anciennes. Les bassins vont ordinairement par paires, comme les textes le prouvent, notamment ceux de l'inventaire de Saint-Paul et les suivants :

« Deux bassins à laver mains , servant pour chapelle , d'argent doré ; ou fons a trois ours blancs eslevés en trois parties, et es autres trois parties semés de fleurs de lys dorés aus armes dudit. mons. le duc (de Berry) , et ou fons esmailliés d'un ours emmantellé desdités armes. — Pesant 20 marcs, 10 onces, 10 esterlins. »

« Une autre paire de bacins d'argent doré , ou fons desquels a une rose esmailliée aux armes dudit mons. le duc, et au milieu de ladite rose a un ours esmaillié de noir, et sur les bords desdits bacins a fleurs de lis et ours, lesquels Loys (II, duc) de Bourbon avoit donné audit seigneur a estraines le premier du mois de janvier mil quatre cens et un. — Pesans ensemble 10 marcs et demy. »

« Deux bassins pour chapelles, d'argent veré, esmailliés ou fond des armes dudit mons. le duc. — Pesant 6 marcs, 1 once *. »

Dans chaque paire, le bassin qui est muni d'un biberon aurait sçrvi à verser le liquide sur les mains , et l'autre à recevoir ce liquide au moment où il tombait des mains purifiées : « Une paire de bassins d'or à laver, dont l'un est h biberon et l'autre sanz biberon 2.... »

Quoi qu'il en soit de ces usages, les bassins à burettes devaient être histo-

4. «Description du trésor de la Sainte -Chapelle de Bourges », année 1404, par M. Hiver de Beauvoir^ pages 30-31. — Dans ce même inventaire, pages 38-39, il est question d'un grand plat isolé, en argent et dont le fond était ciselé d'un personnage à cheval : « Un grand plat séant sur un pié de mauvais argent doré, ou milieu duquel a un homme nu sur un cheval volant, et un lyon sous ledit cheval, entaillié de lettres grecques. — Pesant 26 marcs, t onces. » — En 1412, ce plat est ainsi décrit: c Un grand plat d'argent doré, séant sur un pié, ou milieu duquel a un ymage de Constantin sur un cheval voulant et au-dessous a. un lion voulant, tout de haulte taille; et est la bordure dudit plat tout autour ouvré de bestes, oyseaulx et feuillages de haulte taille. » — Ce serait un singulier Constantin que cet homme, s'il était vraiment tout nu suivant Finventaire de 1404. Et puis, quelle monture que ce cheval ailé sur un lion également ailél Ce plat, grec et certainement mythologique, devait être simplement une curiosité antique, comme les trésors des églises en possédaient un si grand nombre.

2. Comte de Laborde, « Notice des émaux du Louvre», deuxième partie, « Inventaire du duc d'Anjou », page 44, n* 259.

ries de sujets religieux , analogues à ceux qui sont gravés sur les disques suivants.

Nous avons publié dans les « Annales archéologiques » les deux plateaux en fer d'un moule à grandes hosties ^. Tous deux sont assez profondément gravés. On y voit l'Annonciation, la Nativité, le Baptême, la Cène, le Crucifiement, la Résurrection et enfin la Majesté du Christ triomphant entre les douze apôtres. Ce sont, à n'en pas douter, des sujets analogues qu'on voyait sculptés, ciselés ou émaillés sur les plateaux à burettes. Ces sujets devaient être même plus spéciaux encore , et avoir trait au vin et à Teau du sacrifice et de la purification des mains. Aujourd'hui , du moins , c'est ainsi qu'il faudrait historier ces bassins pour échapper à la banahté de sujets trop généraux et trop fréquemment reproduits partout.

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