a Actes des apôtres », ch. viii, v
â. GuiLLEBERT DE Metz, cilé par M. de Laborde, « Notice des émaux du Louvre s, deuxième pjrlie, « Gfossaice », p. 130.
la châsse, le chandelier à sept branches, la couronne ardente, le lutrin, le font baptismal appellent des niasses considérables de métal et affectent des formes bien diverses. Mais un monument funéraire de bronze, comme celui de Maximih'en I", qui, à Inspruck, remplit Téglise Sainte-Croix de ses vingthuit statues colossales de bronze, sans compter celle de l'Empereur, est dix fois plus important que la plus grosse des autres œuvres de métal. A Canterbury, la tombe du prince Noir l'emporte de moitié sur la châsse de saint Sébald, à Nuremberg, qui est cependant une tombe plutôt qu'une châsse. Je ne sais plus à quel duc de Bavière est élevé, dans la. cathédrale de Munich, le monument funéraire qui encombre le chœur et l'entrée du sanctuaire; mais les chevaliers qui, plus grands que nature et bannière déployée, cantonnent la tombe où repose leur chef, donnent l'impression d'une grande œuvre. Enfin, il n'est pas jusqu'au lit de bronze, où dort le pape Sixte IV*, environné des quatre Vertus cardinales, des trois Verius théologales et des dix Arts et Sciences, qui ne tienne bien sa place même dans l'immense Saint-Pierre de Rome. Pour nous, les monuments funéraires peuvent se diviser en deux classes principales : les tombes et les dalles. Les tombes sont relevées en bosse, les dalles sont aplaties en lame.
Les tombes, comme celle de l'empereur Maximilien, sont aujourd'hui rares partout et principalement en France : on en a fait des canons ou des sous. Cependant il nous en reste encore deux échantillons remarquables du xiTi* siècle; ils représentent deux évoques d'Amiens, Evrard de Fouilloy, fondateur, en 1220, de la cathédrale même, et Geoffroi d'Eu, son successeur, mort en 1237, qui poussa la cathédrale jusqu'aux voûtes. Grands comme nature et habillés du costume épiscopal, ils sont comme étendus sur un lit de parade. Ce sont deux masses de bronze, fort grandes, fort belles et fondues avec une habileté qu'on n'aurait peut-être pas de nos jours.
Mais, pour deux qui subsistent, quelles pertes nous avons subies! 11 fauh voir, dans les seize volumes de la collection Gaignières, qui sont à la bibliothèque Bodléienne d'Oxford-, l'étendue de nos désastres en ce genre. M. l'abbé Texier, note vingt et un de ces tombeaux de métal , dont plusieurs étaient couverts d'émaux : tombeaux de rois, de princes, de- chevaliers, d'évêques et d'abbés, dessinés dans Gaignières, et dont il ne reste plus de traces^. M. de Guilhermy rappelle le « souvenir des riches tombes en métal ciselé, qui avaient recouvert les sépultures de saint Louis, de son père et de son aïeul, le glo-
1. C'est une œuvre vraiment merveilleuse de l'artiste florentin Antoine Pollaiolo.
2. « dictionnaire d'orfèvrerie », article « Tombeaux », colonnes 4 402-1404.
rieux Philippe-Auguste * », et il donne un long regret à la tonibe de Charles le Chauv.e et surtout au monument de Charles VIII, tous deux en bronze et que 1793 anéantit 2.
Sans Gaignières, la France se ferait difTicilement une idée de ces œuvres de métal où le cuivre et Témaii concouraient à produire un monument sculpté et peint en substances incorruptibles. Les images de Gaignières servent au moins à mesurer la grandeur de nos pertes ; elles nous serviront peut-être à ressusciter un art aussi magnifique, dans son genre, et probablement aussi autochthone.que la peinture sur verre*. M. Stanislas Prioux, correspondant des Comités historiques, a calqué k Oxford, dans les portefeuilles de Gaignières, les tombes en cuivre émaillé qui appartenaient aux membres de la famille royale et seigneuriale de Braine et qui, en grande partie, se voyaient autrefois dans Téglise Saint-Yved^. La tombe de Marie de Bourbon, femme de Jean I", comte de Dreux et de Braine, morte en 1274, est d'une splendeur extrême et cependant d'une grande sévérité. Sur une dalle, émaillée de ses armoiries, la comtesse est étendue « gisante », les mains jointes, les pieds sur une console de feuillage. La statue, presque de ronde bosse, et la dalle qui la porte sont établies sur un soubassement en cuivre. Les quatre côtés de ce soubassement sont ornés d'une arcature de trente-six arcades trilobées, dans chacune desquelles est debout un personnage des familles de Bourbon et de Dreux. Ces trente-six statuettes sont nommées par l'écusson de leurs armes et par une inscription émaillée qui domine leur tête. L'aspect de ce monument donne la plus haute idée de l'habileté des fondeurs et des émailleurs du moyen âge, et il faut remercier M. Prioux d'avoir remis sous nos yeux cet admirable échantillon d'arts que le xiii* siècle a poussés certainement aux dernières limites. Non moins importantes et surtout non moins belles sont le3 tombes de Philippe de Dreux, évêque de - Beauvais, mort en 1217, d'Alix et d'Iolande de Bretagne, mortes, la première en 1221, et la seconde en 1272. La tombe de Philippe de Dreux est