‹ Annales archéologiques (volume 3)Chapitre 29 sur 240 · RELIQUAIRE DE TOUS LES SAINTS. — XlT SIÈCL · texte numérisé non relu

RELIQUAIRE DE TOUS LES SAINTS. — XlT SIÈCL

AUTREFOIS A CRANDIIONT. — AUJOURD'HUI DAKS l'ÉGLISE DE CH ATE AU-POKSAT (H AUTE-A'IBKNE).

On croirait que l'article suivant de l'inventaire de Grandmont, dressé en 1666, a été écrit pour le reliquaire n" 30 : — « Un reliquaire fait en tableau, dont le cadre est en bois, et par-dessus orné d'ivoire et d'ébène, bien travaillé. On lit à travers d'une glace ces mots tout autour d'un carré : SaJicti per fîdem vicei^nt régna; operati sunt, etc., et les noms autour des reliques dont il est garni :

« Sancti Andreae, apostoli; sancti Mathiœ, apostoli; sanctorum Innocence tium, martyrum ; sancti Sebastiani, martyris ; sanctae Apollonise, Virginis « et martyris; sanctae Gersinae; sancti Ambrosii, episcopi Mediolani; sanctae « Potentianae, virginis; sancti Agapiti, martyris; 40 martyrum; sancti Odol- « phi ; sanctae Cordulœ, virginis et martyris; sancti Mauricii, martyris; sanctae « Catharinae, virginis et martyris; sanctae Barbarae; undecim millium virginum « et martyrum; sanctorum Machabaeorum ex legione sancti Gereonis; sancti « Alexandri, militis; sancti Bonifacii, papae; sanctorum Thebaeorum, marty- « rum, 1618^. »

Voilà un reliquaire presque universel, ou du moins d'une généralité considérable : outre les saints et saintes nommés par leur nom propre, il y a des

4 . Voyez dans les a Annales Archéologiques », volume xiii, page 327, une description par M. Texier et une gravure par M. Gaucherel de ce curieux et beau reliquaire. 2. M. Tabbé Texier « Dictionnaire d'orfèvrerie chrétienne », colonne 871.

reliques des saints Machabées de la légion de Saint-Géréon, de seize cent dix-huit soldais martyrs de la légion Thébéenne, et enfin des onze mille compagnes de sainte Ursule. Pour contenir et surtout pour montrer les reliques d'un nombre aussi grand de personnages, le moyen âge a inventé de petits tableaux à une face, comme paraît avoir été celui de Grandmont, ou à deux volets, comme celui de l'église de Polignac, gravé ci-dessous, ou à trois compartiments, c'est-à-dire en triptyque, comme celui qui appartient à M. Arondel, et que M. Viollet-le-Duc a décrit et dessiné^, ou enfin à cinq, sept, neuf compartiments, comme on en voit encore dans certaines églises d'Autriche et d'Allemagne. Ces tableaux étaient divisés en un très-grand nombre de petites cases, comme des alvéoles dans une ruche d'abeilles, et dans chaque chambrette était logée au moins une relique. Gela rappelle un peu le « columbarium » de l'antiquité ou les chambres et galeries des catacombes de Rome.

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