CHANDELIER DE LA FIN DU Xlir SIÈCLE
A l'isle-adam, Département de seime-et-oise. — hautedk, U cent.
Déjà, dès le commencement du xin* siècle, on sentit la nécessité d'exhausser ces chandeliers bas de l'époque romane. On prit un moyen bien simple, celui de multiplier les nœuds où s'implantait la tige : on a, de cette époque, des chandeliers à deux nœuds, à trois nœuds, comme le numéro 41, et même à cinq nœuds comme ceux de sainte Elisabeth de Marburg. Il est vrai que ces chandeliers de Marburg , en étain et peut-être du xiv' siècle plutôt que du xiii% sont de grands candélabres destinés à se placer devant l'autel et non pas dessus. Mais l'exemple qui suit est un vrai chandelier
d'autel, émaillé au pied, à ses trois nœuds et même à sa tige. Il ne manque pas d*élégance; mais la cuvette en est trop aplatie et trop nue : c'est un champignon renversé, d'un goût qui n'est pas le nôtre.
44. — CHANDELIER A TROIS NOEUDS. — COMMENCEMENT DU XlISe SIECLE.
ACTUELLEMENT IN ANGLETERRE, AU COLONEL METRICK. — HAUTEUR, 50 CENTIMÈTRES.
Dans sa « Notice des émaux du Louvre », M. le comte de Laborde a publié des documents intéressants où il est constaté que les chandeliers étaient généralement petits et qu'ils se terminaient par une pointe ou une bobèche comme ceux dont nous offrons la gravure* :
(( Deux chandeliers bas, d'argent doré, esmaillez des armes de France (1360). — Six chandeliers d'or, à pointes (1380). — Deux petits chandeliers d'argent blanc, bassets, à broche, pour chapelle (1380). — Deux petitz chandeliers, à broche d'argent blanc, et sont les pans à six pâtes (1380). — Un petit chandelier d'argent blanc et a, ou tuyau, une oreille pour mettre chandelle (1380). — Troys chandeliers dont l'un est à cuvecte et deux à boubesche (1498) . — Deux chandeliers en pointe (1599) . »
Sous la date de 1456, ce texte : « Ung chandelier d'or, à mectre chandelle, à lire sur un livre 2. » Ce devait être un chandelier analogue au suivant, qui a 25 centimètres de haut et qui servait plutôt à des usages civils qu'aux offices religieux. Ce chandelier n'est ni en or, ni en argent, ni en cuivre, mais en vile terre cuite rehaussée de quelques filets de peinture. Cette terre cuite, il est vraij avait été modelée pour notre roi Henri II, à ce qu'il paraît, et avait composé un service complet de table dont trente-deux pièces existent encore
4. « Notice des émaux, bijoux et objets divers du musée du Louvre », deuxième partie, « Documents et Glossaire », pages 203-204. Paris, 1853. Ces textes sont tirés d'inventaires de 4360, 4380, 1498,4599.
2. M. Edouard Fleury, dans son « Inventaire du trésor de la cathédrale de Laon en 4523, in-4", Paris, 4855, transcrit ce texte, page ^46 : « Candelabrum argenteum, rotundum et BAssuif, in quo soient afBgi cerei etcandele ceree ad dandum lumen super altare sacerdoti celebranti ».
disséminées dans les musées de Paris et de Londres et dans plusieurs collections particulières. Quand Tune de ces « terres » passent par hasard dans les ventes, c'est au poids de l'or qu'on l'achète et, dernièrement, il a fallu douze mille francs en bel et bon argent pour acheter à l'hôtel des ventes, à Paris, l'une de ces trente-deux pièces qui est allée enrichir la collection de l'un de nos banquiers. Celle-ci appartient à M. Anthony de Rothschild, de Londres.