IV. — FLEURS
De la lumière aux parfums, la transition est insensible : l'huile d'olive et la cire des abeilles sont presque aussi odorantes que lumineuses. D'ailleurs, dans les anciennes inscriptions, gravées sur les appareils de lumière, il est souvent question des odeurs. Ainsi, dans les douze vers supérieurs de la couronne de Hildesheim, on trouve ceux-ci : .
Floribus hic vivis animarum curia lucis Anle Dei faciem divinum spirat odorem.
Ces vers sont couronnés par le dernier de l'inscription d'en bas :
Fiat odor sponso super omnia balsama Christo.
Les parfums se mêlent donc aux lumières, mais aussi et non moins intimement aux reliques et aux reliquaires. Aujourd'hui encore, on entremêle de
4. Comme les bougies fixes qui s'attachaient aux côtés du lutrin; comme les cierges mobiles que les acolytes portent au moment de l'Évangile et surtout à celui de la Consécration.
2. «Annales Archéologiques», volume xm, page 10. — Au moment où je corrige les épreuves de ce travail, je reçois de M. Voisin, vicaire général à Tournai, un bien curieux mémoire sur un a Jubilé de chanoine, à Tournai, au xvi* siècle ». En 1539, Pierre Cottrel, chanoine de Tournai et archidiacre de Bruges, avait cinquante ans de canonicat. Pour en remercier Dieu suivant Tusage, il donna une fête religieuse dans la cathédrale et civile dans son habitation, fête restée célèbre à cause de la pompe qu'on y déploya. M. Voisin en a découvert la relation et l'a publiée, avec commentaires et notes, dans les « Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai », volume v. Tournai, i858, in-S®, pages 314-340. Rien n'est plus curieux. Le passage suivant nous intéresse surtout à propos du luminaire liturgique. M. Voisin dit :
« Le pieux chanoine avait, dès avant son jubilé, fait don à la cathédrale de neuf couronnes d'airain (de bronze), genre de luminaire si convenable pour les églises, et que le bon goût s'attache de nos jours à rétablir partout où il est possible de le faire. Voici ce qui en est dit dans le discours qui fut prononcé après le banquet de la fête jubilaire. L'orateur, rappelant aux convives toutes les circonstances de la cérémonie, arrivé au moment où le célébrant se revêt de ses ornements pour montera l'autel, s'exprime ainsi :
« Intérim accensa sunt omnia et cerle numerosa templi luminaria, et, prœter haec, novies duo-
vases de fleurs les chandeliers qu'on aligne sur les gradins d'un autel, et quand on montre la relique d'un saint et surtout quand on expose le Saint-Sacrement, on les environne, pour leur faire honneur, de fleurs et de cierges qu'on aime h alterner. Il en a toujours été ainsi; mais, par un malheur qu'explique la