A M. LE PRINCE SOLTTKOFF. — 50 CENTIMÈTRES DE BAUX SUR 50 DE LARGE
Cette œuvre, qui serait incomparable s'il n'en existait pas, à ma connaissance, deux autres absolument pareilles, est complètement en cuivre fondu, battu, émaillé, ciselé, gravé et doré. Des sujets et des personnages en ivoire, vie de Jésus, prophètes et apôtres, occupent les arcades des parois, les portes, les croisillons et les niches de la coupole. Cette alliance de l'ivoire et du métal, de la lumière, blanche comme le lait et dorée comme le soleil, donne à ce petit monument un éclat qui fait rêver à la Jérusalem céleste. 11 n'est
pas nécessaire d'insister sur la forme byzantine de rédifice*, quoique Texécution et les émaux en soient germaniques. Mais, aujourd'hui, cette double question ne doit pas nous arrêter; ce qui nous occupe c'est la matière, qui est métallique et parfaitement appropriée au but voulu. Cette châsse nous paraît d'une exécution si facile, malgré sa richesse, que nous la faisons reproduire en ce moment en bronze ciselé pour la placer, comme tabernacle, sur l'autel d'une des plus belles églises romano- byzantines de France. L'ivoire entre comme accessoire dans cette chasse byzantine; dans la suivante, au contraire, il compose la châsse tout entière. Mais il est évident que les personnages, le Christ assis à l'entrée du temple, les apôtres du soubassement et les grands soldats debout près des attributs des évangélistes, pourraient être en métal. Dans ce cas, on aurait la contre-partie de la châsse byzantine, où la construction est en métal et les personnages en ivoire. Quoi qu'il en soit, ce petit édifice d'ivoire, qui appartient aujourd'hui au Musée royal d'antiquités de Bruxelles, offre la plus curieuse imitation d'une église romane des bords de