APPARTIENT AU PRINCE P. SOLTYKOFF. — UAUTEIR TOTALE, 40 CENTIMÈTRES
Cette croix est un des plus intéressants modèles qu'on puisse proposer
d. EDOUARD Fleurt, « Inventaire du Trésor de la cathédrale de Laon, en 15î3», in-4», Paris, 1855, page i.
î. Abbé Texier, « Dictionnaire d*orfévrerie' », grand in-8" à deux colonnes, Paris, 1856, colonne 841, arlicle a Orfèvrerie et trésor de l'abbave de Grandmont ».
aujourd'hui, et nous la faisons exécuter en ce moment pour accompagner des chandeliers analogues de forme et de style *.
Une petite croix h double traverse, renfermant du « fust de la vraye croix », et plantée sur un trépied, est celle qui provient de l'abbaye d'Oignies (Belgique) et appartient maintenant aux religieuses de Notre-Dame, à Namur.
71. — CROIX DOUBLE, DE l'aBBAYE d'oIGNIES, SUR UN TRÉPIED. — XII* SIECLE.
DANS LE TRÉSOR DES RELIGIEUSES DE NOTRE-DAME, A KAMDR. — HAUTEUR TOTALE, 57 CENT.
Cette croix, parfaitement byzantine, est à double traverse. Au croisillon supé- •rieur, bois dans une croix à branches égales; au croisillon inférieur, bois dans une croix double. Au lieu des attributs des évangélistes, que les Grecs n'affectionnent pas autant que les Latins, on vqit, en buste, saint Gabriel, saint Pierre, saint Paul, saint Marc, saint Matthieu, saint Jean évangéliste, saint Pantélémon, surmontés d'un trône divin où l'Évangile est placé sur un coussin entre l'éponge et la lance de la Passion. Le pied, on le voit bien, n'appartient pas à la croix ; ou plutôt, pour cette croix byzantine, rapportée dans nos contrées par quelque croisé ou pieux voyageur, on a composé chez nous un pied en métal fondu. C'est notre art latin aussi qui a sculpté sur le nœud les attributs des évangélistes que nous répétons à satiété. Ce pied a paru d'une telle élégance à plusieurs de nos orfèvres et bronziers que, depuis sa
i . Le pied n'est pas sans analogie avec un pied de croix dont le moulage \ ient do Bonn sur lo Rhin, et qui a servi depuis quelques années à couler en bronze des pieds fort nombreux do croix et de chandeliers en style roman. Au lieu des trois archanges, ce sont, ou à peu prèi, les trois Vertus théologales qui sont assises à la base. Sur la bague d'où sort lo nœud qui devait recevoir la hampe, on lit ce texte qui convient parfaitement à la représentai ion do la croix : « Ecce crucem Domini, fugite partes adversac ». D'abord, j'avais accepté comme ancien, et do toute confiance, ce pied roman; depuis, j'ai acquis la certitude que c'était une contrefaçon comme l'Allemagne en est empoisonnée, ou plutôt une imitation maladroite et sans goût dû pied de croix de notre n" 70. Quoi qu'il en soit, cetle mauvaise imitation a obtenu et obtient encore un très-grand succès.
publication dans les « Annales Archéologiques », on l'a imité ou copié pour en faire des pieds de croix et de chandelier^.
Une croix plus simple et à pied de rapport, mais complètement rond, est celle du n° 72. Elle renferme du bois de la vraie croix, mais disposé en croix à branches inégales. Ses extrémités, terminées en fleurs de lis, indiquent un xiii' siècle fort avancé. Cette petite croix, haute de trente centimètres seulement, devait servir à rofiiciant, au moment où il sort de la sacristie pour se rendre soit à la procession, soit à l'autel, comme on le pratique encore en France, à ce que je crois, dans un certain nombre de diocèses, et comme, en tous cas, je l'ai vu en usage dans la cathédrale de Reims. Cette croix offre un modèle d'une grande simplicité, d'une certaine beauté, et qui peut aisément se reproduire aujourd'hui. Nous en possédons un moulage en plâtre.