Bosio, p
t, C*est conformément à cette pensée qu'à rentre-croiseineiït de la croix qui orne le centre de la mosaïque absidale à Saint-Jean-de-Lalran, xiii* siècle, on a fait figurer le baptême de Notre- Seigneur dans un petit médaillon.
le X pour rappeler le nom du Christ*. Les mosaïques de Saint-Vital sont du VI* siècle, les précédentes appartiennent généralement au v""; les autres monuments des mêmes époques ou des époques voisines fourniraient un grand nombre d'exemples analogues.
C'est aussi au v" siècle que remonte l'usage de figurer la croix sur l'autel du sacrifice eucharistique comme on la voit à Sainle-Marie-Majeure, au sommet de l'arc triomphal. L'antique couverture d'évangéliaire en ivoire de la cathédrale de Milan * a conservé, par rapport à la croix qui en occupe le centre, les caractères iconographiques du même temps, l)ien qu'elle soit considérée comme du siècle suivant; celte croix en or, enchâssée de pierreries et se détachant ainsi sur le fond d'ivoire, est effectivement aussi riche que le sont en peinture celles auxquelles nous la comparons, et si l'on considère les rideaux qui, selon la pratique alors usitée, sont soulevés le long des colonnes qui l'encadrent, comme pour figurer l'entrée du sanctuaire, on jugera qu'elle a été elle-même représentée avec l'idée de rappeler le sacrifice perpétuellement renouvelé sur nos autels '\
Toutes ces croix procèdent plus ou moins de l'apparition qui décida la conversion de Constantin. La découverte de la croix par sainte Hélène donna naissance a la classe nombreuse des croix pectorales ou « eucolpia » dans lesquelles on portait des reliques de ce bois sacré. Le plus anciennement connu de ces petits monumenls est la croix en or niellé que M. de Rossi a publiée dans son « Bulletin d'archéologie » * et qui se voit maintenant au musée chrétien du Vatican. Le mot d'iîMANOVUA. avec sa traduction en latin NOius CVM DEVS, qu'elle porte gravé sur une face avec ceux-ci qu'on lit au revers : civvx kst vita mihi — mors immice tibi « La croix est ma vie ; à toi ennemi, elle est la mort, » donnent la clef des pensées attachées à ces croix primitives sur lesquelles aucune figure n'était encore représentée, la clef aussi des images qui vont bientôt enrichir tous les genres de croix : pensées d'identification du Sauveur avec sa croix, en tant qu'elle le représente comme signe, image de vie et de victoire \