‹ Annales celeste du dix-septieme siecleChapitre 19 sur 120 · PASSAGE DE LA LUNE DANS LES PLÉIADES, LE 24 JANVIER · texte numérisé non relu

PASSAGE DE LA LUNE DANS LES PLÉIADES, LE 24 JANVIER

.le ne trouve sur ce passage que l’observation de Gassendi, faite certainement à Aix, quoique le P. Fournier, Riccioli, Streete, Wing, Boulliau, l’aient supposée faite à Digne.

A 7''a3', [3 des Gémeaux haut de 45‘'o', la Lune passe près d’Electre; la distance de la corne boréale à l’étoile est d’environ ^ du diamètre de la Lune.

A 7'’3i', la même étoile haute de , immersion de Mérope; distance de

l’étoile à la corne boréale, | environ du diamèti’e.

T.a claire de la gueule du Lion, Lucida in ore I^eonis, étant haute de 32^ i5', ou à 8'’ C, immersion d’Alcyone; distance du point de l’immersion à la cojme boréale, J environ du diamètre de la Lune. De cette observation, Boulliau Aslron. Phil., p. i6^i, conclut ([u’à 8'' C, t. app. mérid. de Digne (ou plutôt d’Aix), à 8'’244 t. app. ou 8‘‘35', t. m. mérid. d’Uranibourg, le centre de la Lune précédoit l’étoile de 5'; que son lieu apparent était i®24"^5 1 ' i8", sa latitude apparente 3‘*44'43"B., la parallaxe de hauteur 25'4i", de longitude i3'8", de latitude 2C7" : donc, lieu vrai, i®25‘^4'2G", latitude vraie, 4‘'G'55" B.

Sti'eete, partant de la même observation, détermine, Astron. Carol. p. io3, io4, (jLi’à 8*'i', t. app. mérid. de Digne (d’Aix), ou à 7*’ 10' t. m. mérid. de Londres, la Lune étoit en C2j‘' i' de son orbite, avec 4‘'6'5o" de latitude.

A 8'‘2)', la même étoile, Lucida in ore Leonis, haute de 37^‘3o', Mérope étoit sortie; elle étoit vis-à-vis la partie supérieure de la Caspienne (J///’e Crisium); sa distance au limbe éclairé étoit — du diamètre lunaire, et elle étoit distante de la corne boréale d’environ | de la demi-circonférence éclairée. Elle devoit, dit Gassendi, être plus haute au moment de son émersion.

[Les heures de ces deux dernières observations, de l’immersion d’Alcyone et de l'émersion de Mérope, au pi’emier coup-d’œil, m’ont paru un peu incohérentes, i” Durant 20' de temps écoulées, on augmente la hauteur de l’étoile de 5^' 10', ce qui n’est point du tout possible. 2” L’éclipse de IMérope ne dure pas 5o', et celle (î’Alcyone dure au moins quoiqu’il paroisse, par le détail dans le(|uel entre

Gassendi, que Mérope a passé plus près du centre qu’Alcyone, ou du moins n’en a pas passé plus loin.

(*) Une copie du manuscrit de Margrafï est au dépôt des Plans, Cartes et .lournaux de la marine : il en existe une partie dans le manuscrit autographe de Iloulliau. (Aujourd’hui ces manuscrits sont l’un et l'autre à l'Observatoire de Paris. — G. B.)

Avant de résoudre ces difTicultés, il est essentiel de déterminer quelle est l’étoile qui étoit haute de 32‘'i5' au moment de l’immersion d’Alcyone, et de 37‘‘3o' j)eu après l’émersion de jMérope. Trois étoiles sont représentées près la gueule du Lion, z, x, X; s, la plus brillante des trois, est placée sur la tête, près du fond de la gueule; x est sur le nez, et A dans l’ouverture même de la gueule, in rictu, in hiatii oris.

J’ai cru d’abord qu’il s’agissoit ici de £, à cause de l’êpitbète Lucida, que Gassendi donne à l’étoile : alors l’immersion d’Alcyone seroit arrivée à 8‘’2o'43", et à 8'’49'4<^'3 Mérope auroit été dehors.

Gassendi, lom. I, p. G97, rapporte cette même observation d’une manière absolument conforme à ce qu’il en dit au tome IV, excepté qu’il omet les hauteurs des étoiles, et qu’il date l’immersion d’Alcyone de 7'’j2'. Quant à l’émersion de Mérope, les deux volumes portent uniformément 8''2G; et ces deux heures, 7'’02' et 8''2i' sont exactes, si l’étoile étoit x. Mais alors Alcyone sera restée éclipsée environ i''24', ce qui ne me paroît pas possible.

Enfin, si, comme je le crois, on a pris les hauteurs de l’étoile X, l’immersion d’Alcyone aura eu lieu à 8’’9'29", et l’émersion de Mérope, 4' à 5' avant 8''38'25"].

— Reprenons la suite de l’observation.

Durant le temps que Gassendi étoit occupé à examiner Mérope, la Lune couvrit Atlas; Gassendi jugea l’étoile entrée vis à vis la partie inférieure de la Caspienne. La distance de Mérope au limbe égaloit alors au moins le quart, mais non pas le tiers du diamètre lunaire.

A 9'’ 19', Y du Lion haut de 33‘'3o', Alcyone étoit sortie h environ 4 du limbe éclairé, ou à Go‘‘ de la corne boréale; elle étoit distante du limbe d’environ ,4 du diamètre lunaire.

A 9''38', Y du Lion haut de 35^‘3o', la distance d’Alcyone au limbe égaloit le champ du télescope ou 4. <lu diamètre de la Lune.

k ]o'‘2o', la même étoile haute de 44‘'3o', Atlas étoit sorti; sa distance au disque étoit de ~ ou ~ du diamètre. (Cette observation supposeroit qu’Atlas seroit restée bien long-temps sous la Lune).

PLANÈTES

Le iG février à i4''4<^4 Mars haut de 8‘‘ vers l’orient, avoit dépassé de 3', ou au plus de 44 ^ du Scorpion. Sa distance à l’étoile estimée au télescope, n’étoit que de 5 ou G de ses diamètres : à la vue, les deux astres se toucboient. La latitude de l’étoile et celle de Mars étoient égales. L’observation est d’Horroxe à Toxtetb. Hoir. p. 379, 38o. (Cinq ou six diamètres de Mars, aloi's en quadrature, n’égalent pas, à beaucoup près, 3' ou 4 ; c’est même beaucoup, si, eu égard à l’irradiation que la lunette ne détruisoit pas sans doute totalement, nous admettons que la distance étoit à-peu-près de 2'. L’étoile étoit alors en 7“28‘'8'()"; latitude i‘‘2'2o"R. Donc Mars, avec la même latitude, étoit vers 7*28'' 10').

Le 2G septembre à 7'', Mars formoit une ligne droite avec g etTz du Sagittaire; sa distance à g étoit de o'‘37'. fJorrox. p. 38i. Mars étoit entre les deux étoiles.

Le 24 août. Mars étant à environ 108^* d’élongation du Soleil, François Fontana

découvrit, à ce qu’il dit, le premier, que son disque n’étoit pas entièrement éclairé, qu’il y manquoit quelque chose dans la partie opposée au Soleil. Font, ohserv. p. loG. — Rico. Alma g. part. I, p. 48G.

ÉTOILES

Le II décembre et jours suivans, Phocylides vit la variable de la Baleine plus éclatante que y et o de la même constellation, et que a des Poissons, mais moins belle que a de la Baleine et que a du Bélier, A son coucher béliaque (en Mars), elle étoit encore de la 4® grandeur. Phocylides ignorait qu’on eût déjà observé cette étoile Phocyl. Manud. p. 197. — Ilevel. de Mercurio in Sole, etc. p. 102.

FAIT

Plusieurs savants commencèrent cette année à tenir des assemblées régulières, où l’on s’entretenoit de questions de mathématique et de physique.

On s’assembla d’abord chez le P. Marin iMersenne, minime, ensuite chez Henri- Louis de Monmaiir, enfin chez jMelcbisedecb Tbévenot. Ces assemblées étoient particulièrement fréquentées par Gassendi, Descartes, Fermât, Desargues, Hobles, Boberval, Boulliau, Frénicle, Petit, Pecquet, Auzout, Blondel, le président Pascal, etc. On pourroit regarder ces assemblées comme le berceau de l’Académie des Sciences. Weid. Hist. Astr. p. 5 18.

Hévéliiis observa cette éclipse dans un jardin très-voisin de Dantzick. Une ouverture circulaire introduisoit l’image du Soleil dans une chambre noire, et sur cette image on déterminoit les phases de l’éclipse. Tel étoit alors, dit Hévélius, l’usage de la plupart des astronomes. On peut voir dans Mach. cœlest. d’Hévélius, t. II, l. 2, p. 2, le détail des 4^ phases (ju’Hévélius obsei’va. Les temps ont été déterminés avec la plus grande précision sur un cadran solaire.

5’’2o'42"^ commencement.

5 58 74 six doigts.

G 44 six doigts.

7 i4 55 fin.

Donc conjonction apparente à G''2i'3i"|.

Grandeur de l’éclipse, 10 doigts 48'. ÎMais les cornes de l’éclipse étoient obtuses; Hévélius en conclut (après Képler) que cette méthode d’observer les phases par une simple ouverture, sans verre, fait paraître l’éclipse moindre qu’elle n’est réellement. H croit en conséquence que l’éclipse a été de 1 1 doigts et demi.

ANNAT.es CÉIÆSTES du DIX-SEPTIEME SIËCEE. - 1639.

— Eichstadius, à Stetin.

commencement.

■ÿ " fin. Rico. Almag. l. I, p. 744-

— Linnemann, à Konigslierg en Prusse, recevoit pareillement dans une chambre noire l’image du Soleil, transmise par une ouverture; mais à cette ouverture étoit adapté un verre convexe. Les heures sont celles d’une horloge exacte, augmentées cependant de 4'3‘>". dd bon nombre de hauteurs du Soleil ayant (ait conuoître (pu' l’horloge retardoit d’autant. Voici ses principales observations : les autres se trouvent dans une lettre île Linnemann à Gassendi. Gass. t. VI, p.

3o" commencement.

3 >() 3o six doigts.

() 24 3o plus gi'ande phase, ir doigts et demi.

() 01 3o six doigts,

7 20 3o tiu.

Au milieu de l’éclipse, on a vu très-clairement Vénus (qui étoit alors fort audehi du Soleil.) Loi'sque l’éclipse u’a plus été que de 10 doigts cette planète n’a pas tardé à disparoitre.

— A Ehesperg, par la latitude de 4^*' 20'.

le Soleil haut de. . .

20*' iG'

six dois’ts.

conjonction apparente, 9 doigts 3G

Il i3

six doigts.

T.e diamètre de la Lune a paiTi plus petit que celui du Soleil, d’une quarantième partie. RuH. ms.

— A Leyde, Kechel.

4'' 33'. . . le Soleil haut de. . . 3o^3o' commencement.

(>27... » ... 1 3 2 1 tin.

Grandeur 10 doigts 20'. Ricc. Alm. pari. I, p. 744-

BouHiau, Astr. P/ul. p. 4(30, dit qu’à Leyde, la fin fut observée le Soleil étant haut de 6^27' 19", ou à (>''28'. C’est peut-être une faute d’impression. A Leyde, le I juin, à G''28"’, le Soleil a liien plus de G‘‘27' de hauteur.

— A Londres, Foster etTwisden; horloge corrigée sur des hauteurs du Soleil : l’observation est faite dans la rue du Vieux-Sergent, of old Bayly.

4 7 44 • • • DD doigt.

Plus grande phase : 9 doigts 24'.

(j 5 40 . . . un doigt.

G 10 27 . , . tin. Fosler, obsetv. p. 9 ('). Les observations sont

plus nombreuses; mais celles-ci sont seules correspondantes. Voyez d’ailleurs Gaw. /. /F, /^. i3G.

(') Les observations de Eoster sont en tète de scs Misccilanca, imprimés en iü5(j, in-fol. à Londres, en latin et en anglois.

ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTlE.ME SIÈCLE. — 1639.

— Wing, à LufTenham.

4'’59'o" milieu de l’éclipse.

(■) 5 fin. Astron. Brit. j>. A'\'\.

— A Middleton, Gascoigne.

3'‘5i'i2". le Soleil haut de.. 35^^35' commeiicemeut.

4 59 3f) . » .. 26 3o plus grande phase obsei“vée, 4^ du dia-

niëti’e du Soleil (donc 9 doigts

G 12 iG . » •• ^7 20 fin. ffist. copL Brit. ’N’oyez-y plus de détail.

Ainsi la durée de l’éclipse auroit été heaucoup plus longue à Middleton que [lartont ailleurs. J’ai calculé tontes les hauteurs du Soleil, prises par Gascoigne, et j’ai trouvé qu’il y avoit erreur, soit d’impression, soit de calcul, aux heures du commencement et de la tin. La hauteur, 33''35', donne 3'' 58' 1 2" pour l’heure du commencement, et la hauteur, 17'* 20', donne G'’2'58" pour l’heure de la tin.

llorroxe, à Toxteth. Les heures sont celles de l’horloge, (jui retardoit sur le temps apparent de 20" à 3o" seulement, suivant un très-grand nomlii'e de hauteurs du Soleil, prises avant, durant, et après l’éclipse. Ciel très-pur. Voici ses principales oliservations.

3''45'3o" commencement.

4 I 7 3o I io‘' du limhe éclipsés.

4 22 3o* G doigts.

4 4^ 45* 1 5 du limbe.

4 02 3ü 9 doigts 3ü'.

4 5G 3o I 5o‘* du limhe.

5 23 45* C doigts.

5 2880 r 10'' du limhe.

5 5G 45 tin.

La plus grande obscurité fut de 9 doigts 3o' ou tout au plus 3G'. Hoi’roxe jugea h's diamèti'es égaux (ils ne l’étoient pas). Ilorr. p. 827, 828, 388, 889.

— Pierre Petit, au Hâvre-de-Gracc.

V’ 1 1'. . le Soleil haut de. . . 34'' i3' commencement.

G 20 . . » ... 1 3 3 5 fin. Gass. t. IV, p. 43G.

— BouHiau à Paris; les heures sont calculées sur les hauteurs.

observées.

corrigées.

Phases.

Il r

il / //

commcncemenl.

4 doigts.

6 doigts.

8 doigts 4, pins g

6 doigts.

4 doigts.

fin. Bull. ms.

AXNALI-S CfajîSTES DU DIX-SEPTIÈ.ME SIÈCLE. — 1639.

Nous n’avons inar(|ué (|iie les principales j)liases. Boullian croit qne la fin a été marquée i' trop tard. Il recevoit l’image du Soleil transmise sur uu papier blanc, au travers d’un télescope. A la [iliase de G doigts, la partie éclipsée du limbe étoit de 120'’; d’oii Goulliau conclut ({uc les deux diamètres étoient égaux.

Pour purger les hauteurs observées des elfets delà parallaxe l't de la réfraction, Houlliau s’eu tenoit aux principes et aux Tables de Tyclio ; ces réductions en consé(|ucnce étoient rarement exactes; mais les erreurs sur les heures conclues u’étoient ordinairement que de (juclques secondes. Si l’on veut avoir avec plus de précision les heures des observations de Boulliaii, il faut ajouter lo";! l’heure du commeucement, 12" l\ celle de la première phase de G doigts, (>" à celle de la phase de 8 doigts : il faut, au contraire, retrancher V' <1p l’heure de la seconde phase de (i doigts, et i3" à l’heure de la tin.

— Hoherval, Midorge et le P. Pétan, à Paris, au couvent des Carmes déchaussés.

V'1937".... hauteur du Soleil .. . 32‘'5o' commencement.

(j 18 3 ... . » ... i3 '{j fin. Latitude su|)posée, 48‘'52'.

Fournier, Uydr. /. \‘i,chap. 17. Cette latitude est troji forte, mais d’une minute seulement.

— Heaugraud, le président Pascal et Hardi, conseiller au Châtelet, observèrent en uu autre lieu du môme couvent ; les heures sont celles d’une horloge trèsexacte, manjuant les secondes, et mise à midi sur le Soleil.

• • • commeucement.

5 2.3 3o". . . milieu, 9 doigts 27', plus grande phase.

() 3 \ ... (in. Durée totale, 2'' 9'. Foiirn. ihid.

Ces deux dernières obs'ervations faites chez les Carmes déchaussés, etijue nous ne trouvons garanties que sur la seule autorité du P. Fournier, pourroieiit passer |>our n’êtrc pas trop authenticjues. Gassendi ne cite, de Paris, que la seule observation de Houlliau.

— A Blois, de Beaiine, l’uu des lions esprits et des meilleurs mathématiciens de l’Furope, dit le IL Fournier.

d” 17' commencement.

G 17 tin. Grandeur, 8 doigts bien précisément. Fourn. Und.

— x\ la Flèche, les PP. Fournier, Vatier, Dariennes, observant chacun séparément.

V G' ... le Soleil haut de 34‘'3o', commencement.

3 uS jo". . . » 23‘'o', milieu.

(i 20 ... » i3'’o', fiu; ou si de la hauteur ob-

servée l’on retranche (i' pour corriger l’elfet de la réfraction, moins la parallaxi*, on aura la tin à G''2o'di"f. Fourn. ihid. (Il ne falloit retrancher que d minutes ).

— Gassendi à Aix. Voici ses principales ol)servations ; les heures sont calculées sur les hauteurs du Soleil.

Hauteur du Soleil. . .

commencement, à droite, à G

du zénith.

3 doigts.

G) doigts, cornes hoi’izon taies.

t; iC)

8 doigts 10' ou iG' au })lus, pi

grande phase.

(’) doigts, cornes verticales.

3 doigts.

Puis nuages. La première liauteui', dit Gassendi, donneroil mais le

domesti(|ue n’a nommé la hauteur (|ue peu après l’obsoi-vation. \,a diamèti'e du Soleil étoit à celui de la Lune comme loo ;i p(S. Gass. /. IV, p. dds; /. 17, p. i83.

(iassendi pense (jue le milieu a eu lieu à (juelques grands, Magnales, qui

sont survenus alors, ont empêché de déterminer bien précisément la grandeur de l’éclipse : on peut la supposer de 8 doigts i3'. Ibid.

- Agarrat à Règnes ( /tc«7/«Tc) au pied di‘s Alpes, un degré environ à l’orient d’Aix, par .VL’.'id' de latitude, observée avec un quart-de-cercle de i8 pouces de ravou.

Hauteur du Soleil . . .

commencement à Go“' du zénitli

3 doigts.

G) doigts.

8 doigts 3o', plus grande phase

Puis nuages. Voyez un plus long détail dans GV/.w. t. IV, p, |34. Agarrat étoit seul : après chaque observation il couroit au (|uart-de-cercle poui' prendre la hauteui' du Soleil; il s’écouloit (juehpie temps entre les deux opérations. Gassendi croit en consécjuence (|u’il faut diminuer d’une demi-minute h's heures des observations.

— Suivant Rertus ou Rerti, récli])se commença à Rome, à 23“' de hauteur du Soleil, ou à .V'i.V, peut-être r ou 2' plus tôt; le ciel nél)uleux.

Le Soleil n’ayant plus (|ue 12“' de hauteur, ou à (V’iG', la plus grande phase fut de 8 doigts et demi.

Fin sous l(‘s nuages. Le diamètre du Soleil étoit de ^ plus grand (jue celui de la l.une. Gass. t. IV, p. 43.7 — Foiirn. l. 12, c. ly.

— Gassendi, Fournier, Riccioli, l’apportent une autre observation faite à Rome par le P. Kircher; les heures ne cadrent point avec les hauteurs, et h‘s unes et les autres sont manifestement fautives; Riccioli lui-même en convient,

— I.e P. Agathange, capucin, vouloit observer cette éclipse au Grand-Caire; il n’(‘u vit aucun vestige, malgré son attention soutenue et la sérénité constante- du ciel, ce dont il fut fort étonné. Gass. ibid. Il n’y avoit là rien de surprenant; l’éclipse au Grand-Caire ne devoit commencer (ju’après le coucher ilu Soleil.

— A la résidence de la Conception, en Canada, le P. Pierre Cliastelain observa à io''i V du matin l’éclipse, de 4 doigts. Foiirn. Ibid. — Ricc. Astr. ref.p. i4G.

Observations de la Lune.

Le i3 février, Gassendi observa à Digne, qu’Aldébaran étant à la hauteur de 33'*45', donc à io'‘i7', r] des Gémeaux, haut de 54‘bj4'. étoit dans la ligue des cornes de la Lune, à 2' de distance de la corne australe. Cette distance diminua insensiblement jusqu’à io'’3i'4, qu’elle n’étoitplus que de ou i'4- lo'Vjo'^, la distance s’étoit i-eportée à 2' à très peu près. Gass. t. IV, p. 427.

Le lieu de l’étoile, dit Boulliau, étoit en 2*‘28‘*2j', latitude o'bjS'A. (en 2"28"*23'52", latit. o‘C5j'4"A. suivant Bradley). La parallaxe étoit en longitude de 23'48", en latitude de 23'4o"; donc vrai lieu de la Lune 2“28‘'48'48'3 Bull. Astr. Rhil. p. iG3. — Rico. Astr. vef. p. . Boulliau etRiccioli supposent l’observation faite à Aix, et elle est certainement faite à Digne. Ce déplacement pourroit occasionner (|uel({ue erreur tians les parallaxes déterminées par Boulliau. Cependant, eomme la hauteur de la Lune reste la même, puisqu’elle est donnée directement par celle de l’étoile, l’erreur, s’il y eu a, ne peut être que d’uu ti'ës-petit nomln-e de secondes. xVdmettant donc les parallaxes de Boulliau, et supposant le demidiamètre de la Lune de iG', quantité dont il ne devoit pas être alors éloigné, le vrai lieu de la Lune, à 10'' 17', t. app. mérid. de Digne, étoit en 2®28‘*47'4o", latit. O-' 1 3' 24" A.

Le 7 aviâl, Boulliau observa à Paris l’immersion de t du Taureau derrière le limbe obscur de la Lune, à 4 de ce limbe, en partant de la corne supérieure. Procyon, haut de 33‘*j2', iudiquoit 9'' 8'. La corne supérieut'e étoit tout au plus d’une minute plus élevée sur l’horizon que l’étoile. Celle-ci étoit alors, suivant Tycho, en 2'"7‘'7'34"; latitude o^'fo'. Le centre delà Lune précédoit l’étoile de 1 4' et étoit plus austral de 5'. Doue lieu apparent de la Lune, 2^3*^ 33'34"; latitude apparente, 33 B. Parallaxe eu hauteur, 5G'4<>"; en longitude, 43'2G"; en latitude 33'29'3 Donc lieu vrai, o" , latitude vi’aie i‘‘8'29". Astr. Rhil. p. iGG,

et Bull. ms.

Mais, 1° si le point de l’immersion étoit, sur la circonférence de la [.une, d’un tiers du limbe obscur (ou de Go‘') distant de la corne supérieure, comme le dit Boulliau dans l’Astronomie philolaïque, et plus claii'ement encore dans le manuscrit , le centre de la Lune devoit précéder l’étoile de i3'25", et être plus austral de 7'43", le demi-diamètre devant être alors à très-peu près de i3'3o". 2" Le lieu de l’étoile étoit, suivant Bradley, en 2® 7‘'G'd7"; latitude o‘'4CG"B. Donc lieu apparent de la Lune, 2*G‘G33'32"; latitude, o‘*33'2i"B. et admettant les parallaxes de Boulliau, lieu vrai, 2®7^‘38'58"; lat. i‘'G'5o"B.

Passage de Vénus sur le disque du Soleil, le 4 décembre.

Nous n’avons d’observation de ce passage que celle d’Horroxe, et cet Astronome est probablement, avec son ami Crabtrée, le premier des mortels (jui ait joui de ce rare et intéressant spectacle. 11 Tavoit seul prévu, et il eu avoit prévenu

I3i ANNALES CELESTES DU DlX-SEmÈ.ME SIÈCLE. — 1639.

Crahlrùc par une lettre de IIool, le 26 octobre v. st. précédent. Hool, on llorroxe observa ce passage, est située iG milles anglais an nord de Uverpool, .) milles en deçà de Preston, par 53‘'3.5 de latitude. La eonjonelion de Vénus et dn Soleil devoit avoii’lien le 2 décembi‘e, à 2i'’2o', suivant les Tables de Lansberg; Ie3à4'’03 selon les épbémérides d’Origan ; le 3, à i3''42', suivant les Tables de Longomonlan; le 3, à 20'' 3', suivant les Hndolphines, le tout rapporté an méridien de Livcrpool. La latitude australe de Vénus devoit être, d’après Urigan, de 2'P; de i4'io" selon les Hudolpbines. Hori'oxe, d’a[)rès ses observations et ses méditations, s’étoit persuadé que la conjonction n’arriveroit (jne le 4 à 5'’j.V, et (jue la latitude de N'énus ne seroit alors que de 10'. 11 prioit Crabti'ée d’étre attentil'à ce [)liénomène, et surtout d’observer avec le plus gi'and soin le diamètre de Vénus, (lui devoit étr(‘ de tV selon Lansberg, de 7' suivant Képler, et (|ui, suivant lui, devoit à peine excé(b‘r i'. Nous n’avons pas l’observation de Crabtrée. Voici celle d’Horroxe, elle l'ut lait(' dans une cbambre noire.

Le diamètre du Soleil supposé de 3o', celui de Vénus n’excéda certainement pas

Vénus entra sur le discpic [tar la jtartie du Sud-est, à G2''3o' du nadii-, ou bien certainement entre Go et G5‘‘ ; et cette même inclinaison (sans doute du vertical du Soleil avec la ligne qui joignait les centres des deux astres) l'ut constante jus- (|n’an coueber du Soleil .

3'' I V. . . entrée totale de Vénus, distance des centres, \ \' i')".

3 d") . . . distance des centres, i3'3o".

3 /| “i ... la même distance, i3'o".

3 JO... coueber apparent du Solei I .

Dans la mesure des distances, le diamètre du Soleil est supposé de 3o'.

Telle est l’obsei'vation d’Morroxe, rapportée dans scs OEuvres posthumes, />. 3()3. llorroxe avoit de plus travaillé une dissertation plus étendue sur ce passage. Il n’y avoit pas encore mis la dernière main le octobre iG^jo. Le décembre de la même année, 22 jours avant sa mort, il écrit à Crabtrée qu’il a l'ait des ebangemens à sa dissertation, mais (ju’il n’a pas encore le temps de la transcrire, p. 'i'ij. I.es guerres civiles, qui ne lardèrent pas à éclater après la mort d’ilori'oxe et de (aablrée, fui’ent funestesà l’Astronomie : tons les papiei’s de Crabtrée rurentanéantis; ceux d’Morroxe Turent dispersés. Un exemplaire de sa dissertation sur le passage de Vénus tomba beureusement entre les mains d’IIévélius, (jni la publia en 1GG2, à la suite de son Mercurim in Sole visas, et l’accompagna de notes intéressantes. llorroxe y établit une théorie de A'énus, j)lus parfaite que toutes celles (jui avoient pani jusqu’alors.

Dans cette dissertation, la proportion des diamètres est établie de 3o' à U 12"; tout le reste de l’observation est conforme à ce (jue nous en avons rapporté ci-dessus. (irabtrée avoit ti'ouvé les diamètres comme 200 et 7 (ou comme ’3o' et i'3") Ilexel. Mercar. p. 1 i 1 et seq.

llorroxe ne bornoit pas à 3o' le diamètre du Soleil pres(|ue péi'igée; ce diamètre étoit, selon lui, de 3i'3o", et dans cette hypothèse, le diamètre de Vénus éloit de V iG", et les distances apparentes des centres comme il suit.

Uî.'I

A 3'' 1 .7, distance i 7 7"

A 3 33 , distance i4 10

A 3 7> » distance J 3 3ç)

Kt combinant ces distances avec l’angle d’inclinaison, (32‘'3o3 on a ;

Diirérences de longitude, lo'iiY', f)'22" et 8'5i".

Latitudes australes do Vénus, io'j8", io'38", i /diW. /). 122.

Mais toutes ces (juantités n’étoiont qu’apparentes; il falloit les convertir eu grandeurs vraies. Pour cet ellet, Ilorroxe suppose la parallaxe du Soleil de 1 f', et celle de Vénus de .32" ; il conclut (|u’il faut augnientei’ la première dill'érencede longitude de i3", et les deux autres de i 77 et <iu’il faut dimiuuei' de 3G" la première latitude, et do 33" la seconde et la troisième.

Ilévélius [)réteud que les calculs d’Ilorroxe ne sont j)as exacts; que, dans ses hypothèses, Ilorroxe auroit dû trouver 2G", 25" et 27' ô ajouter respectivement aux trois ditlerences apparentes de longitude; et 27", 28" et 28"^ à retrancher des latitudes apparentes. Ilévélius suppose le diamètre du Soleil dc32'3()"; il a raison; il auroit dû même lui ajouter encore 3". Il établit ensuite la parallaxe du Sohdl de /|i"; il a toiT, et cette fausse supposition le conduit à des résultats jiliis fautifs (jue ceux d’Ilorroxe, 127

Hévélius se plaint aussi de ce qu’llorroxe n’a eu aucun égard à la réfraction. /ôiW. En etfet, le Soleil étoit si voisin de l’horizon, que la l'éfi’action pouvoit altérer, mais de bien peu, la distance de Vénus au bord voisin du Soleil, aiujuel llorroxe rapportoit sans doute la planète.

Si nous supposons la parallaxe du Soleil, le 4 décembre, de 9", cidle de Wnus au Soleil de 23", et le diamètre du Soleil 32'33", nous trouvei'ons à-peu-près les résultats suivans

A 3'’ 1 3', ditlèrence vraie de longitude, ii' L\ \ latitude de Vénus, io'43"A.

Hoi'roxe tire de son observation les conclusions suivantes.

A 5''53' ou 53' 7 conjonction inférieure de Vénus, en 2® i2‘'29'35", sa latitude géocentri(|ue étant alors de 8'3i" A.

Nœud ascendant, vu du Soleil, eu 2® i3‘'22'43", l’inclinaison de l’orbite étant supposée de 3'' 22'.

Moindre distance des centres, 8'24".

^Milieu du passage à G’’ i4'3o".

Attouchement extérieui* des hords à l’entrée, à 2''49'3o".

Entrée totale, à 3'’ 1 i'3o".

Premier attouchement des hords à la sortie, à 9'' i7'3o".

Sortie totale à 9''39'3o". Jhid. p. 12G, 127.

On conçoit que tout cela, portant sur une trop forte parallaxe, ne peut passer (|ue pour une approximation.

Jacques Cassini, Elèni. d’Aslron. p. .ki') cl suiv., démontre, contre Ilévélins, la justesse des calculs d’Horroxe; la marche de celui-cl est exacte; ses suppositions |)euvent être réfonnées. Cassini suppose Liverpool de plus occidental

(jue Paris. (La diiréreiicc des méridiens n’est ([ue de 2i'i>";ce sei'a une minute 22" (jn'il faudra retrancher des temps rappoi“tés au méridien de l’aris). C.assini tiia* ensuite de l’ohservation d’Horroxc et de ses propres suppositions les résultats suivaus.

Pi-emièi-e ohsei'vatiou à ‘P’ .'>^'2/1" (3'‘3()'2") méridien de Paris, le Soleil étant en 8'" i2''2/i'52"; son diamètre 32'4o", celui de Vénus l' iG".

I)istanc(! des centres du Soleil et de^'énns i ,V/j2", en longitude io'47"i, en latitude I I ' 2 \".

Pai’allax(‘ horizontale du Soleil, 10"; celle de Vénus, 37". Donc diUërence de longitude vraie, io'.jG"^; vraie latitude de Vénus, i</58"|A.

A 3'':j7' (3''.jG') dilférence de longitude vraie, ()'53"; latitude, i()'3()" .';.

A V'7' ( VG3') dilférence de longitude 9'2o"f; latitude, io'2i‘'|.

(Conjonction à 7'' V (7'' 3'), Vénus étant en 2'' i2‘'33'3G".

Par une détermination plus exacte, en rapportant tout an Soleil, à 3'’37' (3''3G') Vénus étoit en 2*i2''2o'jo"; latitude 433"; donc distance an nœud i'*8'37"; donc nœud ascendant en 2® 1 3'*2f/27".

A 3''3.)' (méridien de Liverpool, 3''.^G' méridien de Pai’is) Vénus étoit en 2'" 1 2*' 22' 5"; latitude 3'53"3; donc distance an nœud i‘'G'i 3"; donc nœud en 2^ i3‘'28' 18".

A 3''43'(4'G)), Vénus étoi t en 2* 1 2*'22'4o"; latitude 3'4f)"; donc distance an nœud i‘'4'3()"; donc nœud en 2' i3‘'27' 19".

Prenant un milieu entre ces trois résultats, on aura le lien du nœud ascendant en 2'* i 3‘'28'2i".

Kfilin on conclura la conjonction le \ décembre, àG'’2o', t. app. mérid. de Paris, on <à )''58' méridien de Liverpool, en 2'* 1 2‘‘3 1 '44'; latit. héliocentrique,

3'22"; géocentri((ue, 9'8"B.

Pour parvenir à ces résultats, Cassini a supposé qu’on connoissoit d’ailleurs l’inclinaison de l’orbite de ^’énns, 4‘‘^3' (il faut sans doute lire 3‘'23'), le rapport des distances de la Terre à Vénus et an Soleil, et le mouvement héliocentrique vrai de Vénus.

Il est facile de s’apercevoir que les élémens, déterminés par Horroxe, ne dilfèrent pas heanconp de ceux de (dassini.

De l’observation d’Horroxe, la Hire conclnoit (comme Horroxe) (|ue le nœud de N'énns étoit en 2® i3‘'22'45"; et Streete, qu’il étoit en 2®i3‘'23'3 on Insl/l.

Aslro/i. de M. le Monnier. p. 5^5.

Autres observations des Planètes.

Le G septembre, à 8'', Bonllian à Paris observa Saturne, au télescope, et le compara à i du Capricorne. Saturne étoit plus oriental que l’étoile; il en étoit distant de 27'; il étoit plus haut de i3', et son azimut étoit de 24' plus oriental (|ue celui de l’étoile.

— Le iGà 8'*, Saturne près du nonagésime, étoit de 8' environ plus haut que l’étoile, et en longitude il la précédoit de 2' au plus. Le 29 à 7'’3o', il en éloit distant de 82' environ vers l’ouest.

L’étoile étoit, suivant Tycho, en 10® 12^*39' 45", avec une latitude de i‘'iG'A. Donc, dit Boulliau, le jG, à 8'’, Saturne étoit en 10® 12^*37'; lat. i''8'A. Bull. ?ns.

Streete conclut de cette même observation qu’à 8'’, t. m. méridien de Londres, Saturne étoit à 9^i4‘*27'7" de y du Bélier. Aslr. Carol. p. iii. Or, selon les Tables de Streete, cette étoile étoit alors à 28‘‘G'57"de l’équinoxe. Donc Saturne n’auroit été qu’à 10® i2''34'4" de l’équinoxe.

Dans la réalité, t du Capricorne étoit en io^2‘*38'53" avec une latitude australe de i‘‘2o'53" selon Bradley (de D*2oV|5" suivant Mayer; de i*'i4'5i" seulement, suivant Hévélius). L’observation donneroit donc le lieu de Saturne en ioA2''37', latitude d'i3'A.

— Le i3 novembre à 7'’, Saturne étoit distant de la même étoile, de 9' ou 10' vers l’occident; il la précédoit d’environ G'; et le i4? à 7'’, il avoit presque atteint sa longitude. Boulliau détermine sa longitude en ioA2‘‘38', et sa latitude U'G'A. Bull. ms.

Wing admet cette détermination de longitude. As/r. Brit. p. 283. Nous l’admettons aussi volontiers. Mais Streete, Astr. Carol. p. i 1 1, la borne à 9*14^' 27'58" de Y du Bélier, ou à io®i2''35'3" du point de l’équinoxe.

— Le I juin, Boulliau, à Paris, jugea .Tupiter de 35' ou 3G' plus austral que p du Scorpion.

Le 9, à II'', sa distance à l’étoile étoit de 2G' à 27' vers l’est; et sa distance à i co étoit de 39' à 4o' vers le nord.

Le 10, à II'', distance de p, 20' environ; à i tu, l[o' à 4C-

Le II, à 10'' 3o', distance à p, 17' à 18'.

Le 12, à 1 1'‘ i5', la distance est égale au demi-diamètre de la Lune, ou de iG'.

Le i3, à II'', même distance, 1 3' à-peu-près ; .Tupiter suit l’étoile d’environ 3'; il est plus austral de 11' à 12'.

Le i5, à 10'', Jupiter est à i3'ou i4'de l’étoile; il est dans un vertical de G' plus occidental, et l’étoile est plus liante que lui de 10'. Boulliau conclut que Jupiter est de 8'environ plus occidental que l’étoile, qu’il est en conséquence en 7®28‘'o'; latitude o‘'55'B.; et que la conjonction de Jupiter avec l’étoile a eu lieu le i4 vers midi. Bull. ms. (L’étoile étoit alors, suivant Bradley, en 7®28‘'9'i5"; lat. i‘'2'28"B.)

— Le i3 du même mois au soir, Eiebstadius, à Stettin, vit la meme étoile, p du Scorpion, éclipsée par Jupiter; mais, au télescope, on s’assura que la conjonction n’étoit pas centrale. Asiron. Brit. p. 289. Wing tire de ses Tables que la différence de longitude entre Jupiter et l’étoile étoit de 8'i3", et celle en latitude de 8'59", et il conclut que ce résultat s’accorde parfaitement avec l’observation d’Eiebstadius. Celte observation ne contredit donc pas celle de Boulliau.

I^e 3r août, à 8'', Jupiter étoit revenu à cette étoile; la distance étoit de 24'; l’azimut de Jupiter étoit plus oriental de G', l’étoile plus basse que la planète. Donc Jupiter avoit à peine dépassé de i' ou 2' la longitude de l’étoile (qui étoit alors, selon Bradley, en 7®28^'9'25"). Au même instant, Jupiter étoit à 3o' environ de i co

(lu Scorpion, et un peu plus liaul que l’étoile. BiiU. uis. Boulliau conclut que le lieu géocentrique de Jupiter étoit en 7*28''8', et sa latitude o‘'42'I3. As/ron. Philol. P- 2;0-

Wing conclut de la même observation, qu’à 7''52', t. m. méridien de Londres, Jupiter étoit en 7*28*' 10'; latitude o‘'4i' B. Astron. Brii.p. 288.

En supposant le lieu de l’étoile tel (ju’il est donné par Bradley, on aiiroit Jnpitei' en 7^28^' r i'; latitude o‘'38' à 89' B.

Ces diHérentes déterminations du lieu des planètes, comparé à celui des étoiles, ont leur principale ou même leur uni(]ue source dans la diversité des lieux (ju’on assignoit aux étoiles.

Boulliau suivoit le catalogue de Tycho, qui n’était pas de la plus parfaite exactitude, du moins quant aux étoiles (|ui s’élevoient peu sur l’horizon d’Uraniboui'g.

— I^e 20 mai, à 8''3o', à Paris, IMars, Vénus et Mercui’e fonnoient un triangle rectangle, dont l’angle droit étoit à Vénus. Mars étoit distant de Vénus de 20 à 26'* vers l’est. Vénus et Mercure avoient presque la même longitude. Vénus étoit plus boréale; et sa distance à ÎMcrcure étoit de 53' ou plus, autant (ju’il fut possible de l’estimer, le champ de la lunette ne comprenant pas les deux astres.

I.e 22, Vénus avoit dépassé Mars de plus d’uu diamètre de la lAine; 51ercure étoit toujours près de Vénus, j)lus occidental (ju’clle en longitude, et plus oriental (jue Mars. La distance à Vénus fut estimée de G4' vers le noial-ouest; il étoit de -\o' envii'on plus haut (jiie 5Iars et de 5 à G' plus haut que Vénus. Bull. /fis.

— I.e 12 octobre, à 7'’, sur Pile d’Antoine Vaaz, au Brésil, IMargraff obsei'va Vénus distante d’environ 18' à l’ouest d’a du Scoi'pion. Le i3, à la même heure, elle en étoit distante de 3o' à l’est, et elle étoit en ligne droite avec a et [5 de celte constellation, a divergeant cej)endant, mais extrêmemen t peu, de cette ligne, vers le sud. Les Orientaux, dit iMargralf, auront vu Vénus passer peu au nordd’a; la conjonction aura eu lieu le 12 à iG*'. 3fargr. ms.

Georges ÎMargralf lit entre le iG se|)tembre 1G39 mars iG43, un très-

grand nombre d’observations de hauteurs méridiennes du Soleil, des étoiles et des |)lanètes supérieures. Il paroît s’être attaché surtout à suivre Mercure, de la vue duquel il jonissoit plus souvent et plus longtemps (jne nous ne pouvons en jouir dans nos hautes latitudes boréales. 11 observoit sur l’ilc d’Antoine Vaaz, au Brésil. Claude-Nicolas de l’Isle dit dans ses manuscrits (jue celte ile est située par 8‘‘8' de latitude australe, et par 2*’25'5 de longitude, sans doute à l’occident de Paris. IGi elfet, des hauteurs méridiennes du Solei I , prises les jours mêmes des deux solstices, borucroient la latitude de cette île à 8‘*8', et la placeroieut par consé(juent au nord d’Olinde, dont la latitude a été déterminée de 8^'i3'. Cependant, api'ès des recherches infructueuses, j’ai trouvé, dans la i3‘’ j)artie de ce (ju’on appelle les grands iH/yages, une carte géographique, sur laquelle l’île était rejirésentée i3' au sud-est d’Olinde. ]\Iais ce (jui en est dit dans le texte de cette même partie, dans Laët, Descriptio Indice occident, l. i5, c. 2j, 2G, et dans le tome XIV du Becueil de Voyages de l'ahhé Pre'cost, in-!\°, en me confirmant d’une part (jue l’île d’Antoine Vaaz étoit plus avancée qu’OIinde vers le sud, me persuadoient de l’autre que la distance n’étoil pas, à beaucoup près, aussi grande que la faisoit la carte susdite. J’ai pris le parti de calculer plus de i5o hauleui’s méridiennes observées par iMar-

graiï. Les résultats ne se sont point accordés. Mais j’ai remarqué qu’on pouvoit (listinsfuer ces observations en trois ères diirérentes.

La première, commençant au i6 septembre 1G39, finit en mars iG4o. Le 19 de ce mois, an matin, la maison que Margralf haliitoit s’écroula, et MargralT fut obligé d’interrompre ses observations durant quebjnes mois. Un assez grand nombre de celles qu’il avoit faites jusqu’alors donne i5' ou iG' pour latitude de file Vaaz; quelques-unes donnent plus; d’autres donnent moins.

.Margralf reprit ses observations vers la fin de juin iG-jo, et les continua jusque vers la fin de janvier de l’année suivante. Des hauteurs méridiennes prises alors, il ne résulteroit que 8‘*8' au plus de latitude, et même le plus grand nombre des observations ne donneroit que 8‘'5' ou GL Le reste de l’année, et partie de l’année 1G42, fut consacré par iVIargialTà des opéi'ations de géographie, de cliorograplîie, d’bistoii-e naturelle, en ditférentes parties du continent.

Il reprit enfin ses observations astronomiques le 20 novembre 1G42, et le trèsgraml nombre de celles qu’il fit jusqu’au 10 mars suivant s’accorde à donner 8'*i5' ou iG' de latitude australe à file d’Antoine Vaaz.

Dans la Géographie Blavienne, tome XI, p. 2G1, on trouve une carte de la partie septentrionale du Brésil, très-détaillée, et faite avec beaucoup de soin. Sur cette carte, le fort des Ilollandois, sur lequel ou près diKjuel il paroit ceiTain que j\largraff observoit, est situé au nord de file, et au sud, déclinant extrêmement peu à l’ouest de la ville d’OIinde. La distance du fort au centre de la ville n’est pas toutà-fait de 3' de degré. Donc, si Oliude est par 8‘^i3' de latitude, le fort doit êti’e, à très-peu-près, par 8^‘i5'4, comme on le conclut des premières et des dernières observations. Si les moyennes ne donnent pas le même résultat, on peut supposer que l’instrument placé dans le plan du méridien avoit été dérangé par la chute de la maison, le 18 mars 1G41, et (|u’en le remettant en place au mois de juin, on l’aura mal orienté; ou ce qui, tout bien examiné, me paroit plus probable, qu’ou l’aura tellement replacé, qu’il aura donné les hauteurs d’environ 10' moindres qu’elles n’étoient réellement.

Une copie manuscrite des observations de Margralf existe au dépôt des plans, cartes et jouimaux de la marine. Boulliau eu a aussi copié un assez grand nombre (lii’il a joint à son manuscrit.

iMargralf observoit d’aliord la hauteur, et souvent l’azimut d’uue fixe; puis il observoit le passage de la planète au méridien, et sa hauteur méridienne; ou, s’il s’agissoit de Mercure, sa hauteur et son azimut. Il marquoit d’abord le nombre de minutes écoulées entre l’observation de la fixe et celle de la planète : comment déterminoit-il ce nombre? Je l’ignore; c’étoit probablement ou sur une montre, ou [)ar estime. Il eut ensuite recours aux oscillations d’un pendule simple. Un cylindre de métal, pesant 2 livres 9 onces f, ou 4i onces f, étoit soutenu par une corde longue de 29 pouces du Rhin. Margralf comptoit ou faisoit compter les oscillations de ce pendule entre les hauteurs de l’étoile et l’ohservation de la planète; et souvent on continuoit de les compter entre l’observation de la planète et une hauteur subséquente de la même étoile. On avoit donc ainsi le nombre d’oscillations frappées entre deux hauteurs consécutives de la même étoile : il étoit facile de déterminer le nombre de secondes de temps correspondant à ce nombre d’oscillations. Margralf ne l’a pas fait, nous avons essayé d’y suppléer.

l-iO ANNALES CÉLESTES DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. — 1639.

En 1G39, nous ne trouvons que 4 combinaisons à faire; elles s’accordent peu entre elles, plus mal encore avec celles des années suivantes. Ou ceux qui comptoient les oscillations n’étoient pas encore assez aguerris à cet exercice; ou Margrair, voulant faire battre les secondes par son pendule, aura graduellement accourci la verge de son pendule, et l’aura enfin laissé tel qu’il étoit à la lin de septembre iG'39.

Le 23 septembre, le pendule a battu i43 fois, la hauteur d’Arcturus variant de .^|2 minutes de degré, ou on i85" de temps; ce seroit sur le jiied de 129" de temps par 1 00 oscillations.

Le même jour on trouve i5i battements sur 39' de variation dans la bauteur d’Arcturus, ou sur 173" de temps écoulé, ce qui donne ii4'47 pour 100 battemens.

Nous donnons les observations du 24 telles qu’elles sont dans le manuscrit; mais il est manifeste (|ue le copiste a ici tout brouillé. Les hauteurs de ^lercure diminuant, son azimut de l’ouest au sud devroit augmenter, et il diminue. Le pendule battant 178 fois, la hauteur d’Arcturus ne varie pas.

Le 20 septembre, i5o oscillations répondent à 229" de temps; donc 100 oscillations répondroient à i52"|, ce qui ne paroît pas vraisemblable. Je soupçonnerois que le copiste aura lu 44. nu lieu de 94 oscillations, comptées entre la première obsei‘vation de IMercure et la bauteur suivante d’Arcturus ; alors, les 200 oscillations comptées donnant 229", 100 oscillations donneroient \

Entin, le 28 septembre, 21G oscillations comptées entre deux hauteurs d’a de la couronne boréale, répondent à 238", 8, ce qui est, à raison de 1 10", 2 pour 100 oscillations. De cette manière, les trois dernières déterminations s’accorderoieni passablement. Après ces observations, Margralf aura sans doute accourci la corde de son pendule, et l’aura fixée à 29 pouces du llbin. Cette longueur ne devoit donner que 87" pour 100 vibrations, et nous allons voir qu’elle en donnoit davantage; mais le cylindre, qui tenoit lieu île lentille, avoit quelque longueur puisqu’il pesoit plus de deux livres et demie. Quelle étoit cette longueur? C’est ce dont nos manuscrits ne nous ont point instruits.

En iGjo, un milieu pris entre 4o combinaisons du nombre des oscillations avec la variation correspondante de la hauteur d’une même étoile, donne 94", 09 pour 100 oscillations; mais si l’on exclut 4 combinaisons qui s’écartent trop de ce résultat moyen, les 36 combinaisons restantes ne donneront ijiie 94", 02 pour 100 oscillations.

En 1G42, 1 .3 combinaisons donnent pour milieu 92", 46 pour 100 oscillations; mais, excluant 3 combinaisons qui s’accordent peu avec les autres, 100 oscillations répondront à 9V'. 44-

Joignant entin les 4<> combinaisons de 1G40, avec les i.5 de 1642, les 55 combinaisons donneront, par un milieu, pour 100 oscillations, 94", 01, ou 94", 12, si l’on exclut les 7 combinaisons disparates.

Je pense donc que pour 1G40 et 1G42, on peut établir que le nombre des oscillations est à celui des secondes écoulées, comme 100 à 94.

Voici les observations de IMercure en 1639; elles sont toutes faites entre G heures et demie et sept heures. La dernière colonne contient le nombre d’oscillations comptées entre l’observation précédente de Mercure et la bauteur

suivante de l’étoile. Les azimuts de Mercure sont tous comptés de l’ouest vers le sud.

Hauteurs

Hauteurs

Azimuts

des

Minutes

de

de

Oscil-

étoiles.

écoulées. Oscillations.

Mercure.

Mercure.

lations.

Sept. r5 . .

. Arcturus

to 49ï

a de njit

6 2gf

Arcturus

ig 46

lo 5g

a de l’Aigle médie.

1 env.

Cour. bor.

. Arcturus

Aussitôt lo

Le 28, un quart d’heure environ après 6 heures, dès que le crépuscule |)ermit de voir Mercure, il parut fort près et au-dessus de la Lune, alors en croissant; il dérivoit un peu vers le sud, parce que l’écliptique elle-même déclinoit en haut de ce même coté. x4ussitôt après, Mercure fut éclipsé par le hord supérieur oriental et ohscur de la Lune. 1046 oscillations du pendule étant écoulées depuis l’immersion, a de la couronne boréale fut trouvée haute de 24^*24' o". Pour s’assurer de l’heure de l’immersion, Margraff prit une seconde et une troisième hauteur de la même étoile; il trouva ces deux hauteurs de 23‘*48' et de 23^^o'; dans l’intervalle (qui étoit, suivant les hauteurs de i'5o",2), on avoit compté 216 oscillations. Lorsque l’étoile fut descendue à 2U‘52', l’émersion n’avoit pas encore eu lieu. Il survint ensuite des nuages. La latitude australe de Mercure étoit un peu moindre que la latitude apparente de la Lune.

(') Ccl azimut étoit le même que celui de l’étoile.

(2) Boulliau croit qu’il faudroit lire ii deg. 8 min. au lieu de 8 deg. 1 1 min. ; mais je pense qu’alors il faudroit aussi réformer l’azimut de Mercure, et le borner peut-être à 1 1 deg. 3o min.

(3) Dans Bull, ms., il y a 79.

(‘) Dans Bull, ms., il y a iiG.

ÉTOILES

Phocylides avoit cherché durant tout l’été l’étoile variable de la Baleine, mais inutilement. Enfin le ~ novembre, après plusieurs jours ou plutôt plusieurs semaines de pluie, il la retrouva, et l’observa les jours suivans, tantôt de la 2®, tantôt de la 3® grandeur. P/toc. Manud. p. 287. Palmer avoit aussi observé cette étoile le novembre; elle croissoit, dit-il, en éclat, et atteignit la 3® grandeur, en (léceml)re. Cathol. Planisph. p. 100. Boulliau, Monita duo ad Astron. dit que Pbocylides l’observa le 20 décembre, qu’elle décroissoit alors, et que cependant elle surpassoit encore les étoiles de la 3® grandeur, mais qu’elle étoit moindre que celles de la 2®.

FAITS

Képler avoit proposé de construire des télescopes dont le verre oculaire fût convexe. La proposition fut alors rejetée; on y revint vers i638, mais il y a contestation sur la priorité de l’inveution.

François Fontana, Napolitain, fit imprimer en 1646, qu’il avoit imaginé ce télescope en 1608 : c’étoit s’y prendre nu peu tard pour réclamer une telle antériorité. Il n’y a point ici de faute d’impression, la même date étant répétée trois fois,/.». 7, 20, 5 I . Le titre de l’ouvrage est : Novœ cœlestium terreslriianque renim ohseivationes à Francisco Fontana specillis à se inventis editœ, f/i-4". Neapoli. Fontana observa avec son télescope de 5o palmes, les taches de la Lune, les phases de Mercure et de Vénus, les bandes de Jupiter, une tache sur Vénus, une autre sur Mars : celleci fut vue par Fontana en i63G, et revue en iG38. Mais si Fontana a anticipé sa découverte, n’est-il pas permis de soupçonner qu’il aura aussi anticipé ses observations? Le P. Zupus se servit en iG3q du télescope de Fontana, pour observer les phases de JMercure, dit le P. Riccioli, son confrère, Alrnag. part. I, p. 484.

Wendelin, dans une lettre à Gassendi, datée du ii juillet iG43, Gass. t. VI, p. 454, parle d’un nouveau et surprenant télescope du P. Antoine-Marie Scbirlei de Bbeita, capucin, qui renverse les objets. Ce père, dit Wendelin, m’a donné des verres qui produisent cet effet, et je lui ai promis sur mon honneur de ne point révélerson secret, avant qu’il le publie lui-même. En effet, le P. Scbirlei, dans son Ocidus Enoch et Eliæ, imprimé à Anvers en iG45, in-fol. s’attribue sans façon l’honneur de cette invention.

Alais Wendelin, avant les paroles que nous venons de citer, convient (jue Scbirlei et lui avoient vu des dessins de ce télescope, qui portoit le nom de Campanella. On nous a écrit, dit ffévélius, lettre à Gassendi, du 28 juin iG44> Gass.. t. VI, p. 471» fiDe Thomas Campanella, vers le temps de la naissance du dauphin en France (5 septembre iG38), a imaginé un instrument fort supérieur au tube de Galilée. Il fait voir la Lune deux fois plus grande que ce qu’on appelle à Paris la place Royale. Campanella, célèbre dominicain Calabrois, mort à Paris en iG3(), n’étoit point en état, en iG45 et 1G4G, de revendiquer contre Scbirlei et Fontana l’invention des télescopes à oculaire convexe.

’Margraff l’observa sur l’ile d’Antoine Yaaz.

Commencement le 12, vers 22'’^, la liauteur du Soleil étant de 67*^ 12'.

IMilieu : vers midi; grandeur, 10 doigts; on étoit tenté de croire que le crépuscule du soir alloit commencer.

Hauteur méridienne du Soleil observée, 7r/'oi' au sud.

Cornes de l’éclipse verticales, le Soleil étant haut de 79^’ i V-

Le Soleil haut de 77^38', six doigts.

Fin le i3, vers i''^, la hauteur du Soleil étant de 67^*26'.

Les nuages n’ont permis de faire aucune autre observation.

A l’Histoire naturelle de Pison, édition des Elzévirs, iG58, in-fol., est joint un traité topograpbi(|ue et météoi-ologique du Brésil par JMargralf. Dans le premieichapitre de ce traité, on lit une exposition de cette même éclipse de Soleil, fort dilférente en tous ses points de celle que nous avons extraite du manuscrit. IMais il est clair que l’éclipse est détaillée dans le manuscrit, telle (ju’elle a été observée, et dans l’imprimé, telle cju’elle a été calculée, ou du moins, qu’on a tâché de i-approclier le résultat de l’observation de celui du calcul.

MargralT ajoute, dans le manuscrit, qu’un maîti'e de navire étant pai* 2o‘*5' d(' latitude australe, à 28 milles de distance des cotes du Brésil, avoit vu le commencement à 23 heures, la tin à i'' i5'; grandeur de l’éclipse 8 doigts.

Autres observations du Soleil.

La parallaxe horizontale moyenne du Soleil avoit été portée par presque tous les anciens à environ 3'. Képler, en analysant les observations de Mars acronicjue, faites par Tycho et par lui-même, trouva que sa parallaxe, qui devoit être alors presque le triple de celle du Soleil, étoit absolument insensible. Cependant, |)ar un reste de respect pour l’opinion des anciens, et surtout pour celle de Tycho, et par la considération que les observations pouvoient être en erreur de 2 ou 3', Képler, dans ses Rudolpbines, donne au Soleil une minute de parallaxe moyenne. Horroxe, /). iGo el se(ju. démontre très-bien la caducité des fondemens sur les(|uels on appuyoit ces énormes {)arallaxes; et d’après des observations du Soleil, de Mars et de Vénus, il conclut que la parallaxe boi'izontale moyenne du Soleil n’est que (b* i'\ , ou tout au plus de 1 5". Elle n’est dans la réalité que de 8"|. IMais Horroxe, pour son siècle, appi'ocboit fort de la vérité; et il en eût certainement approché davantage, s’il eût eu à la main des observations plus pai’faites.

Wendelin, dans une lettre adressée en iG/17 à Riccioli, l)orne aussi la parallaxe du Soleil à i5". lûcc. Astr. ref. p. [\i. Dominicjue Cassini s’en tenoit aussi d’aboi-d à cette même parallaxe. Riccioli, ihicl.p. 5G, la croit de 29"; il permet cependant de la diminuer, pourvu qu’on ne la fasse pas absolument insensible. Au reste toutes ces déterminations sont postérieures à celles d’Horroxe.

— A"crs le même temps auquel Horroxe travailloit sur la parallaxe du Soleil, un autre Anglais, Gascoigne, tentoit de déterminer, par divers procédés, le demi-diamètre du Soleil. Le 4 novembre de cette année, il le trouva de iG'io"à ii"; le lo de iG'ii", le 12 décembre de iG'24". Ilist. cœl. Bril. t. I, j>. 3 : c’étoit approcher beaucoup de la vérité, alors presque généralement méconnue. Horroxe lui-même ne faisoit le demi-diamètre du Soleil périgée que de i5'3o"; il est de iG'if)",3.

Autres observations de la Lune.

Le 8 octobre, h 4''45', à Toxtetb, Horroxe observa la Lune de 2‘*35' plus avancée en longitude que 0 des Gémeaux, d’où il conclut son lieu apparent en 3®iG‘*i5'. Ilorr. p. 4oi (ou, prenant le lieu de l’étoile dans Bradley, en 3®iG‘'5' 17")- H pourroit y avoir dans Hori'oxe une erreur d’impression de 10'.

— Le 21 oclolirc, à 8'‘3o' à d’extetb, la Lune en son premier quartier précédoit [3 du Capricorne d’environ 3o'. Donc lieu apparent de la Lune, 9®28‘^*3o' (ou, d’après Bradley, 9®28‘’3i'45".) Ibid.p. 402.

PLANÈTES

Le 12 octobre à 8''32', Boulliau observa Saturne au méridien; sa distance à t du Verseau étoit de 2G', ou égale à celle de Mérope et de Maïa; Saturne et l’étoile étoient dans le même vertical, Saturne plus au nord. Or l’étoile étoit en 10^2.3^*474 latitude 2‘‘o' A. (en io®23‘*42'G", latitude 2‘'3'47'C\. suivant Bradley). Donc Saturne étoit en io“23‘*5G'3()", latitude V'3G'A. environ. Bull. ms. — Astron. Phil. p. 4G8. — AsIt . Brit.p. 283, 28 '1. — Av//. Carol.p. iii.

Le 2.5 octobre, l’a/imut de Saturne étant d’environ 7'* du sud à l’ouest, Satunie plus haut de 2' ou 3' que i du Verseau, et plus occidental en a/dmut, étoit à 25'9" de distance de cette étoile.

Le 2G, la distance étoit de 2d'3G". Ces observations sont de Gascoigne à Middletown. llist. cœl. Bril. t. I,p. 3.

Le 3i octobre à 7'’3o4 distance de Saturne à la même étoile, observée à Paris par Boulliau, 23' au plus; l’a/dinut de Saturne de 10' plus occidental que celui de l’étoile. Saturne étoit peu au-delà du méridien. Ainsi en rétrogradant, il avoit dépassé de 5' la longitude de l’étoile. Il étoit en io®23'*42'- Bull. ms.

— Le 27 juillet, à 12'', Mars étoit dans la ligne droite qui joint x et 0 du Verseau. xduÂ’erseau étoit alors en i iVp'24'37", latitude 4'*9'B-» et 0 en i C3‘'54'37", latitude 8‘‘io'A. La distance de Saturne à 0 étoit égale à celle de y à 0 du Capricorne, et même un peu plus grande, ou de 2‘* vers le uord, autant qu’il fut possible de l’estimer à la vue simple : il étoit donc en 1 1*3‘'59', Bull. ms. — x du Verseau étoitalors, suivant Bradley, en 1 1 Vp'24'23", latitude 4"^7'2G"B. et 0 en i i*3‘'5i' i3", ’ latitude 8‘*8'36"A.; mais on ne peut faire grand fond sur une telle observation.

Le 3o juillet à ri'*4o'. Mars, dans le nonagésime, étoit de 8' à 9' plus oriental que l’azimut de 2"; du Verseau; sa distance à l’étoile étoit de plus de 4o' vers le sud. L’étoile étoit en i 3'j", latitude 5‘*37'A.(eu iG3‘*34'3i", lat. 5‘'39'i5",

suivant Bradley). Donc Mars étoit en i lat. G^' 17' et plus, A. Bull. mv.

Le 4 août, Mars, au nonagésime, étoit de 21' à l’ouest distant de l’aziinul de la même étoile ; il étoit jdus austral que le 3o juillet. Il étoit en i 1*3*^' iG'. Ihid.

Observations de Margraff.

La Table suivante contient les observations que j\Iaigratï' a laites du passage des planètes supérieures au méridien. On y a|)ereevra facilement quebjues inexactitudes; la plupart pourroicnt n’être que des fautes de copiste.

Les lettres O. S., N.O., E.N., etc., jointes à razimut des étoiles, dénotent que ces azimuts sont comptés de l’ouest au sud, du noial à l’ouest, de l’est au nord, etc.

Hauteurs

Azimuts

Hauteurs

des

des

Ûseil-

au

iiiérid.

Oscil-

Dates.

Étoiles.

étoiles.

étoiles.

latious.

méridien.

des idanètcs.

latious.

Août 24

Arclurns

.lupiler

7 (te l’Aigle

Saturne

Mars

Arctiinis

.lupiler

C de l’Aigle

‘ Satui ne

Mars

Arclurns

.lupilei'

.Jupiter

Sept. I

ArcI unis

.Jupiter

a. de nj[)

.Jupiter

Ç de l’Aigle

Saturne

Mars

Saturne

Mars

io3

Saturne

Mars

(' ) Il faut certainement lire 3y degrés 5o minutes.

Page 1