‹ Annales de flore et de pomoneChapitre 22 sur 56 · P. neosa · texte numérisé non relu

P. neosa

Cet arbre, dont je ne connais que de très-jeunes individus, a certainement des rapports avec les derniers que je viens de citer. Ses cônes ont de trots pouces et demi à cinq de haut, et sont remarquables par leurs écailles à sommet gros , obtus , presque pyramidal , et uapeu recourbées en bas.

Lieu : le Népaul; chez MM. Gels , etc.

Culture : l'espèce 59, P. occidentalisent de serre chaude ou au moins de bonne serre tempérée.

Celles massoniana, australis^ longifolia, canariensiSf sinensis , adunca , excelsa , insignis , Nepaulensis et neosa sont d'orangerie, du moins sous le climat de Paris, car je suis presque persuadé que toutes passeraient Thiver en plein air dans le midi de la France. On prétend même que la belle espèce n^j P. aus traits , peut supporter nos hivers à partir des environs d'Angers; toutes les autres sont de plein air, quelques - unes sont assez délicates sur le choix du terrain, notamment celles de l'Amérique, et surtoul le tœda et le cembro, qui ne végètent bien qu'en terre de bruyère ou dans un sol frais et s'en rapprochant. La première espèce et ses variétés, laricio, pinaster, maritima, et quelques autres, se contentent ordinairement d'un terrain sablonneux, rocailleux et peu profond; c'est aussi celui à préférer pour les semis en grand , qui se font comme je l'ai dit à l'article AbieSj Annales de Flore et de Pomoncy i835-i856 , p. 529; il est beaucoup plus rustique que les premiers et réussit beaucoup mieux.

le Pîtmspineay i S^'espèee, demande sous notre dîmat h être abrité les trois à quatre premières anhées en orangerie; il en est de mette des Alepensis et Brutia, que les hivers rigoureux font quelquefois souffi*ir^ quoique d'un âge avancé. Toutessemultiplient.de semences qui doivent être traitées comme celles des AbieSf mais malheureusement toutes n'endon-*nent pas encore en France ni même en Europe : il iaut alors les tirer de leurs pays originaires, ce qui pour plusieurs est assez difficile; telles sont celles du Népauly de Tlnde , de la Californie, etc. On peut alors les multiplier par la greffe en approche, en se servant du Pin sUvestre ou du laricio pour sujet. Cette greffe réussit assez bien, mais forme rarement de beaux sujets; la greffe herbacée ou àlaTschudy est donc de beaucoup préférable. J'ai vu atcx pépi-^ nièi*es royales de Versailles de beaux individus du cembro obtenus de cette manière j et qui m'ontparu bien moins délicats que ceux francs de pied, qui ne poussent que trèfrrlentement et, comme je l'ai 'dit ,. exigent la terre de bruyère. On peut donc se servit de ce moyen pour multiplier les espèces peu répan*^ dues, comme la var. : à feuilles panachées du Pinas^ ter , les resinosa , pallaiiana , aliissima , longifolia , canariensis » ponderosa , sahiniana , undnata et quelques autres; cette greffe a même été employée eoL grand dans la forêt de Fontainebleau , oii un grand nombre de Pins silvestres ont été transformés en laricio f etdont la jonction est tellement bien faite qu'elle ne. peut se recoonaitre que par la diversité des couleurs de Técorce. Quelques espèces peuvent eacme se multiplier de boutures sur couche chaude et soni^ docbes étouffées ; j'ai vu dans rétablissement

de MM« Ceïs, barrière du Maine, à Paris , réussir ainsi les espèces canariensis et sinensis, mais ayec de jeunes branches ayant repercé ad^entivemenl du tronc, et n'ayant que des- feuilles simples eouune les jeunes du sentis*

Usages : toutes les espèces se cultivent dans les parcs et jardins d'ornement , y sont d'an grand efiet et s'y font remarquer par le pittoresque qu'elles produisent; mais les usages économiqoes de beaucoup d'espèces les rendent d'un intérêt majeur dans les grandes cultures foi*estières. C'est ainsi que déjà plus de dix mille arpens de la forêt de Fontaine» bieau sont cauverts de Pins delà plus belle venue, et que beaucoup de propriétaires font entrer le Pin silvestre et ses variétés, le laricio, le mari* lime y et même celui du lord Weymouth, dans les aménagemensde leui'S propriétés. Ce genre, répandu comme on Fa vu sur la plus grande partie du globe, offre à ses habitans des produits nombreux pour les arts, l'industrie, la construction, la marine, etc. En France le Pinus silvestris et quelques autres donnent la térébenthine , la poix blanche , l'es-* sence de térébenthine , la colophane , le goudron , la résine , le noir de fumécT, etc. ; le bois sert pour les constructions, la marine > le chauffage, etc.. En Amérique ils sont appliqués aux mêmes usages, et quelques-uns offrent des ressources, particulier res. On mange dans le Midi les amandes du Piu pignon ^ et celles du cembro; l'écorce des amandes de celui-ci teint en rouge, et son bois est recherché pour la sculpture ; les boui^eons de plusieurs sont regardés comme diurétiques et antiscorbuti-^ ques; les Lapons font avec l'écorce du commun

DAVIESIE a bn^uss^uUles Da\'iesia longifolia .

nue sorte de pain dont ik se nottrrksenty et qui dans d'autres pays du Nord sert à engraisser les porcs. Enfin dans tous les pays où ils croissent , ils rendent d'éminens services , et on ne saurait trop les multi-* plier sur le sol français. Plusieurs espèces, et notamment celles d'Amérique , conune le rigida , le mitisy iepuagens etVinopSf ont la singulière propriété de repercer facilement de leurs troncs ^ de manière qu'on peut^en former de belles palissades toujours vertes , en les rabattant à trois ou quatre pieds de hauteur; ils repercent alors plusieurs brandies de leurs troncs qui forment des buissons touffus et bien garnis et qu'on peut tenir au eroisH sant. Cette opération a été mise en pratique par M» Lefèvre , pépiniériste, à Mortefontaine , sur des sujets de dix à douze ans de plantatiim. Jacqi/6&«

HORTICULTURE

ORANGERIE

DAVIESIA Smith. Décandrie monogynie. Lin.

Légumineuses. Juss.

Caracièi'cs génériques. Calice angulé , simple ou nu ^ à cinq divisions , corolle papillouacée ; dix éta-* mines distinctes ; ovaire surmonté d'un çtyle sur bulé; légume çompriipé; monosperme.

Davib8I$e À Lonoucis^BOiLLBs. Dai^'esia longiJoUa. HoRT. (Voyez la planche .) Arbuste de trois à six pieds^ à rameaux glabres et frêles^ à feuilles opposées , co* riaceSy étroites^ glabres, sessiles, longues de trois à quatre pouces , larges au milieu de quatre à cinq lignes j se terminant par les deux bouts en pointes arrondies^ un peu obliques et d'un vert frais. En

avril et mai ^ il sort de laisselle des feuilles un. à trois pédoncules longs de huit à doose lignes, portant chacun de sept à dix fleurs papillonacees , pédicellées et légèrement odorantes , petites , d un beau jaune d'or en épanouissant , passant ensuite à un jaune pâle. L'étendard est marqué de pourpre à sa base, et les ailes, d'une macule de même couleur; la carëne est violet sombre. Sept étamînes filiformes d'un style simple; calice glabre, persistant, mo-> nophylle , rouge du côté de l'étendard ; aux fleurs succèdent de petites gousses purpurines transparentes, en forme de bâche , s'ouvrant par la partie la plus large, contenant une petite semence réni* forme d'un gris tigré.

Ce joli petit arbuste est voisin des Pultenea ^ et, lorsqu'il n'est pas en fleurs , a l'aspect de ï Acacia longifolia. Il veut la terre de bruyère et la serre tempérée. On le multiplie de boutures et de couchages qui sont les uns et les autres longs et di£Biciles a reprendre. On le propage aussi de semences lorsqu'elles parviennent à maturité, car il faut dire que f malgré le grand nombre de gousses que le pied que je possède a produites , elles sont toutes tombées d'elles-mêmes et ne m*ont donné chacune qu'une semence. Peut-être, pour que la plante conservât mieux ses gousses / faudrait-il la planter dans la serre tempérée en pleine terre de bruyère.

JicQUiN aîné.

FuciisiE DE Barclay. Fuchsia Barclajana. Hort. (Voyez la planche , et pour les caractères génériques , Journal et Flore des Jardins^ page i55.)

Arbuste s'élevant peu; tige droite rougeàtre.

FUCHSIE DE BARCLAY-

Fuftcliftia Barclayana

feuilles opposées , longues de plus d'un pouce , lé^ gèrement dentées , étroites el réfléchies , d'un beau yert en dessus, plus pâle en dessous, à nervures assez saillantes. Pédoncule commun naissant à l'aisselle de chaque feuille au sommet du rameau, supportant deux petites bractées foliacées, et deux pédicelles portant chacun une fleur. Le pédoncule et les pédicelles ont assez de force pour $q soutenir , ainsi que les fleurs, dans une position presque hori* zontale. Ovaire presque globuleux d'un vert frais portant un calice allongé , ayant avant son épanouissement la forme d'un fuseau obtus à sa base , d'une couleur rose carminé, à quatre divisions étroi*les, pointues, d'un rose carmin vif, développées de façon à ee que , vues de face , elles ne montrent que leur surface interne. Pétales alternes avec les divisions du calice ayant plus du double de largeur, de forme arrondie , n'offrant aussi de face que leur limbe intérieur de couleur rose foncé violacé. Style simple à stigmate trilobé , dépassant de deux lignes le limbe de la corolle; étamines ooui^ tes, formant une espèce de couronne jaunâtre à l'entrée de la gorge.

Cette fuchsie est remarquable par le joli coloris de ses fleurs assez abondantes, la largeur et le développement horizontal des pétales , et la disposition des étamines en couronne autour du style. Aussi elle ne peut manquer d'être recherchée par les amateurs de ce genre gracieux.

Ne connaissant pas le lieu dont elle est originaire, nous la cultivons en serre tempérée comme les autres espèces. On la multiplie de marcottes incisées et couchées en terre de bruyère, ou de

boutures sous cloclies. Noos la tenons, comme la plupart de ses congénères/ en, terre de bruyère légère. . Cels frères.

Glayeul charmant. Gladiolus hîandus. Swbtt.

(Voyez la planche; et pour les caractères génériques, page 78 de ce Journal, année i832-i835.)

Plante à bulbe ronde et aplatie, recouverte d'un tissu formant réseau; hamp^ haute de trois à quatre pieds; feuilles engainantes, gladiées, longues de douze à quinze pouces, larges de huit à douze lignes, fermes, coiiaces, d'un revt un peu glauque , terminées par une pointe aiguë ; en juiHet, fleurs en épis, longs de douze k quinze pouces, larges de cinq pouces, composés de vingt k vingt-cinq fleurs distiques , d'un blanc carné , longues de deux poulies et demi, larges de deux pouces, à six pétales > dont trcHs marqués au milieu d'une ou plusieurs raies d'un beau pourpre. Trois étamines à anthères bleu violacé, à filets blancs, un style blanc à stigmate trifide. J'ai remarqué quelques fleurs à quatre pétales , et une terminale qui en ofi'rait sept, dont cinq marqués de pourpre.

Cette jolie espèce de Glayeul, qui a fleuri pour la première fois l'an passé dans nos cultures de Charonne , épanouit ses fleurs avec beaueoup de jacilité. J'en possédais deux ognons seulement, que j'ai plantés avant l'hiver de i836, chacun dans un pot rempli de terrç de bruyètre. Ces pots ont été rentrés en serre tempérée. Vers le r5 mai saivant, ces deux plantes ont. été dépotées et mises en pleine terre oii elles ont fleuri en juillet dernier. L'une d'elles offrait vmgt^cinq flem^s sur l'épi principal ;

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