Chânb vert. Quercus Ilex. Toutes les feuiUeâ
uoires tomberont très ^ certainement. J'ai perdu, par le même événement, quatorze variétés bien distinctes de cet arbre, que j'avais reçues il y a déjà plusieurs années de Naples, oii l'on en cultive de très-remarquables par la largeur de leurs feuilles.
ir. Budleja globosa. Totalement gelé jusqu'aux racines.
la. Mespylus stipidaris. Épine à grandes stipules ; les rameaux et les branches totalement gelés ; le corps même , je crois , périra.
i3. Cratœgus glabra y Pothinia serrulata. Suivant les localités , il a plus ou moins souffert ; dans certaines positions il a gelé totalement , dans d'autres il n'est que partiellement attaqué, et enfin un bel individu dont la rivière a baigné le pied n'a aucunement souffert.
i4* AaROCHE DE MER. Atriplex halimus. Tous les pieds , sans exception , totalement gelés.
i5. Rhap/uolepis Indica , ntbra et saUciJblia {CréOwgus). Tous Irois^ gelés jusqu'aux racines,
i6. Tboéks nu Japon. Ligastrum Japonicum. A souffert dans quelques localités.
17. Oihonna chéirifolia. Us paraissent ne pas de* voir repercer, même des racines*
18. Jasminum reifoàuufn etJ.pubigemm. Morts à NeuiUy ; n'ont perdu qu'une partie de leurs bnu>> i^s au Jardin des Plantes de Paris.
19. Daphne Indica ^ coUina, PotUicay Pontica rubra. Paraissent totalement morts dans qadques localités; du moins toutes les feuilles sont tombées, et, comme ils repercent difficilement, il y a peu d'espoir de les^ sauver.
ao. Ilex opaea, Dahoon et Cassine. Ont beaucoup
souffert au Jardio des Plantes ^ oit Us perdront toutes leurs feuilles.
31 • Prunier de Caroune. Prunus Caroliniana. J'ai mis souvent cet arbre en plein air, et j*ai remarqué qu*il périssait ordinairement à environ cinq degrés de congélation ; ainsi il ne peut pas être de plein air sous le climat de Paris , puisqu'il y gèle presque tous les ans ^ et y gèlera toujours.
22. Laurier Tin. Viburmim Tinus. Il y a certaines localités où il est mort, et d'autres où à peine il a souffert.
Enfin il y a certainement d'autres arbres ou arbustes à feuilles persistantes qui ont péri, ou du mpios beaucoup souffert; je citerai encore les Sahia^ Santolina , Lauandula, Rosmariniis ^ yinca ma^ jory etc., etc., etc.
II* Section. Arbres et arbustes à feuilles caduques.
Cette section est moins nombreuse que la première , et pourtant les pertes y seront plus sensibles pour beaucoup de cultivateurs et horticulteurs, car tous les rosiers àe Banks ^ Maria Leoniday micro-^ phjrlla, Jndica , Sinensis, Noisettiana , etc., etc., et toutes leurs variétés et sous-variétés , excepté quelques-unes déjà fortement hybridées , sont totalement gelés y surtout ceux greffés en tète sur églantier. Je ne crois pas que dans ceux-ci (du moins dans plusieurs localités ) aucun soit susceptible de repercer. Il n'en sera pas de même des variétés franches de pied , car la couche de neige qui les recouvrait a rendu très-probable le repercement de leur collet , ce qui sauvera quelques variétés qui , sans cela , pouvaient courir le risque
cl'étre perdues dans beaucoup d'établissements. Quelques roses remontantes ont aussi souffert ; té^ moin celle qu'on connaît sous le nom de Palmyre, qui, cbez nous et à Mortefontaine , est tout-à-fait perdue.
UEs^onjmus Hamilioniana est ici totalement gelé ; il n'a que souffert au Jardin des Plantes. Les Berberis aristata et Asiaiica ont souffert , mais ils reperceront facilement. Le Malus Japonica , dont les fleurs étaient épanouies, et les Caljrcanthiis precox ont perdu toutes leurs fleurs , et nous serons privés , pour l'année , de l'odeur suave des fleurs de ce dernier, car les Malus , dont la floraison n'avait pas eu lieu , sont en fleur en ce moment. Le Mûrier multicaule, Morus multicaulisy est aussi une espèce qui a grandement souffert, car tous nos plants sont gelés jusque rez terre , tant ceux placés dans un sol assez bon et approchant des émanations de la rivière , que ceux placés dans le haut du parc et dans un terrain sablonneux, et laissant facilement passer l'eau. Le même accident est arrivé aux Bergeries de Senart , chez M. Camille Beauvais, à Villemomble, chez M.Grimaudet, et dans d'autres localités. Quelques belles greffes du Morus inlermedia sont aussi totalement gelées ; pourtant je ne doute nullement que toutes ne repercent du pied , et ne fassent de fortes et vigoureuses pousses dans le courant de l'été.
Enfin il y a encore plusieurs arbustes qui sont ou tout-à-fait gelés, ou qui ont sensiblement souffert : tels soqt les Lycium Trevianum et America-* num , JEi^onjrmus angusUfolius , Atidronieda lucidayMenziezia poljfolia, Ceanothus os^atus subcœ-
ruleus, amandiers^ coignassiers , quelques poiriers , etc., etc. Les plantes vivaces n'ou^ point souffert , ayant été couvertes pendant les froids les plus intenses d'une bonne épaisseur de neîge , ce qui est la meilleure couverture qu'on puisse désirer pour elles.
Les pertes causées par les diverses influences atmosphériques de cet hiver seront donc assez considérables en horticulture : car, outre la perte inévitable d'une grande partie des rosiers greffés, il est à craindre qu'une portion des arbres et arbustes a feuilles persistantes , dont celles-ci sont frappées^ et qui , par conséquent , vont être forcés de se dépouiller^ périssent , ou du moins aient beaucoup de peine à repercer, par le refoulement subit que la sève aura été forcée de faire vers les racines ; car» en pareil cas » ne pouvant circuler, en faible quan* tité même , dans les'branches et les rameaux, elle n'est pas long-temps sans se détériorer» causer des chancres , faire pourrir les racines , et» par suite» entraîner la perte totale de l'arbre. Jacques,
AGRICDLTURE.
Résultats que présente la mise en pratique de Pengrais Jeauffret.
Je crois devoir mettre sous les yeux de nos lee^ teurs les résultats auxquels on est amené dans les différentes situations agricoles lorsque l'on veut préparer l'engrais d'après la méthode annoncée par M. Jeauffret.
En Normandie» quinze quintaux d'engrais, ou
ao7 une voiturç k uii cheval , valent communément de 2 k 5 francs , et Ton a observé qu'une voiture de paille du même poids ^ aprèa avoir été épluchée par les animaux et leur avoir ensuite servi de litière , se convertissait en quatre voitures d engrais , lefrquelleSy au prix moyen de 2 fr. 5o cent., représen* tent 10 francs. Il suit de là que dans une voiture de paille valant 24 francs , il y a 14 francs d'utili** ses ciomme nourriture par les animaux.
£n procédant d'après la méthode Jeauffret , on convertit également en la même quantité d'engrais cette voiture de paille. Mais pour cela il faut dé«> penser environ Q francs pour haohage de la paille et pour achat du ferment Jeauffret. Dans ce cas , les quatre voitures d'engrais coûteraient 5o francs, plus de 7 francs chacune. Cette méthode n est donc pas praticable dans les pays ridbes oii la paille est toujours à un h^ut prix , et oii l'emploi que Ton en fait pour la nourriture des animaux permet d'éta«* blir le fumiier pour le prix moyen de 2 fr. 5o cent, b^ voiture.
Pana les pays pauvres , la méthode Jeauffret n'est pa^ moio» ruineuse ; là , la paille vaut encore 16 ftmçA les quinze quintaux ou la voiture; en ajoutant à ce prix i franc de hachage et 4 francs , dei ferment Jeauffret^ mk obtient quatre voitures d'engrais qui reviennent à plus de 5 fr. chacune ^ tundis que d^ns de telles localités la voitiu-e d'en-* grais vwt aâ sçls. U serait donc absurde d'adopter la méthode Jmuffret ; mais cette méthode est telleinent irrationnelle, qu'on ne peut pas même y reccNirir avec fruit pour la oanversion en engrais des bioiyères , de4 joncs et des mousses dans les pays oii
ces matières sont au plas bas prix. Celait, quelque minime qu'il soit , ne peut être moindre de ^ francs 5o cent, pour une Toiture de quinze quintaux ; en y ajoutant i franc de hachage et 4 francs 5o cent, de^ ferment Jeauffret , on prépare quatre voitures d'engrais qui reviennent ensemble à 8 fr., ce qui porte à 2 francs le revient de chacune d'elles , quand Tengrais de ferme ne vaut que i fr. ^5 cent. : la méthode Jeauffret est donc en pareil cas stérile et ruineuse. Je ferai observer que si l'on voulait convertir en engrais , selon la pratique ordinaire des fermiers, une voiture des mêmes joncs et bruyères 9 que j'estime 2 francs 5o cent., on obtien-drait quatre voitures d'engrais , qui , triturées par les animaux et les chars , et imprégnés de purine, ne reviendraient pas à plus de i5 sols l'une.
De pareilles inventions, dont les faits démontrent incontestablement l'inanité, méritent d'être rangées parmi les œuvres du charlatanisme qui a établi son empire dans les grandes villes, et à l'appui duquel les journaux consacrent effrontément le quart de leurs immenses colonnes, préparant ainsi la ruine des lecteurs crédules dont ils se proclament les mentorsdésintéressés. Ce charlatanisme fait irruption dans nos campagnes , et , Protée nouveau , se présente sous toutes les formes pour fasciner les victimes qu'il a hâte de s'immoler. Ce sont des engrais, des semoirs , des machines , des graines comme celles du chou colossal, qui doivent enrichir la génération actuelle , mais qui ruineraient les cultivateurs s'ils avaient la simplicité d'en faire usage. Ce sont des eaux merveilleuses, des eaux de Jouvence, des pâtes de toutes espèces , des bagues magnétiques ,
ou enfin c'est une classe entière de transfuges cle la médecine , qui guérissent les. maladies avec des atomes^ avec des doses de la dix-millième partie d*un grain, et dont tous les médicamens réunis pour-» raient être avalés par un oiseau-mouche , sans quil en souffrît. Justement révolté contre de semblables absurdités , proclamées autant à la honte de ceux qui en vivent que de ceux qui en sont les dupes , j'ai annoncé dans le Journal de Paris , du 14 mars^ que la médication de la terre pouvait être opérée par la méthode homœopatbique. Mes douze flacons^ d'autant de sels différens, qui, appliqués aux douze principales récoltes de nos latitudes , pourraient entretenir la fécondité de l'Europe pendant trois cents ans, n'ont rien de plus absurde que la pharmacopée des homœopathes ; et relativement aux diverses natures de sols , comme relativement aux individus de l'espèce humaine , cette méthode de traitement mérite la même appréciation et le même sort.
£. Martin.
HORTICULTURE
Moyen de détruire le Mouton.
Ce que je vais indiquer pourra peut-être otfrir peu d'intérêt aux personnes qui connaissent le procédé dont il va être question , ou qui n'aiment que les choses à grand effet. Comme cultivateur, je ne trouve rien indigne de mes observations , et je crois bien faire en publiant le moyen le plus simple, lorsqu'il peut en résulter quelque avantage pour l'horticulture et l'agriculture.
AvwL 1837. 14
Je reux parler de la destruction du mouron ^ Alcine meàia^ plante connue de tout le monde, qui pullule sur tous les terrains cultivés , et surtout dans le voisinage des grandes villes , où les balayures des rues sont employées à la fumure des terres et contribuent à sa propagation. Les cultivateurs vignerons des environs de Paris s'en débarrassent asse^ facilement par le procédé suivant. Lorsque des gelées un peu fortes se font sentir , ils partent de grand matin , munis d'un ou de plusieurs balais à moitié usés. Si ces derniers leur manquent^ ils en emploient de neufs qu'ils lient fortement au milieu , et dont ils coupent l'extrémité pour les rendre plus durs. Ils visitent tons les cantons infestés de mouron , et passent sur cette plante, gelée alors, leurs balais de gauche à droite, et k plusieurs reprises, et assez fortement pour égratigner la terre et désorganiser toutes les tiges et feuilles. Il suffit quelquefois d une seule opération pour que la destruction soit complète. Dans d autres cas, le mouron reparaît après le dégel ^ soit que les tiges n'aient pas été suffisamment broyées , soit que des graines aient germé. Ils profitent alors d'une reprise de la gelée pour renouveler l'opération. Tant qu'il gèle et qu'il y a du mouron à détruire^ ils sacrifient à ce travail environ deux beures par matinée. Dans une terre nue , un homme peut en un tiers de jour, par ce moyen, détruire le mouron sur la surface d'un demi-arpent de cent perches \ dix-huit pieds , et le quart à peu près dans une vigne bien plantée. Je n'ai pas besoin de dire ^11 feut avoir soin de ne pas toucher aux plantes* que l'on veut conserver; cardans Tétat de congélation oîi elles se trouvent, on leur ferait beaucoup de
vttt
mal. J*ai plusieurs foiscté témoin de œ travail dans les vignes, et je puis affirmer qu'il se fait avec beaucoup de dextérité.
Le mouron est toujours très^bondant dans les terrains consacrés à la petite culture , comme les plaines d'Âubervilliers > de Groissy et autres , et dans les grands jardins. Dans ces exploitations , il arrÎTO souvent que les récoltes d'autompe, comme pommes de terre, betteraves « navets, carottes^ salsifis, etc., etc. , doivent être remplacées au printemps par des plantes à peu pr^s analogues, comme ognonsy Carottes bàtives, poireaux, pommes de terre, pois, baricots, etc., en ayant seulement le soin de ne pas semer la même espèce de plantes k ta place qu elle occupait à l'automne; c'est alors que , pendant le temps qui s^écoule entre la récolte et la plantation ou le semis , et qui varie de quatre à six mois , le mouron s'empare de ces terrains incultes qu'il couvre entièrement , et qu'il est nécessaire de le détruire pour l'empêcber d'épuiser la terre et d'endurcir sa surface. Le meilleur moyen est celui que je viens d'indiquer, car on ne réussirait pas par des binages, qui seraient infructueux dans cette saison, ni par des labours, qui , outre qu'ils seraient plus coûteux^ parce qu'il en faudrait deux, l'un à Pautomue , et l'autre au printemps , au moment de semer, ne seraient parfaitement utiles qu'autant qu'on détruirait le mouron avant d'y procéder ; en eJBTet) si on l'enterre à la charrue, à la bêche ou à la houe, il en reparaît toujours une partie. D'ailleurs^ en détruisant cette plante ainsi, on fait périr en même temps, pendant la ftoraison, toutes les graines qui auraient mûri et regarni le terrain. Aussi par^
tout oJi Ton pratique cette opération » la superficie de la terre est nette et propre. On peut donc Fem-» ployer dans les grands jardins pour nettoyer toutes les parties qui restent incultes pendant l'hiver , telles qu'aspergières y plates-bandes y bosquets et carres non occupés 9 et qui sans cette précaution seraient bientôt couvertes de mouron.
Dans les champs on peut se servir d'un fort balai d'épines , attaché à un long manche , et que l'on passe de la même manière sur le terrain ^ en le tenant à demi couché , à la manière des faucheurs. De cette façon ^ la besogne sera terminée très<promptement. Ja.gquin aîné.
PLANTES POTAGÈUES.
Moyen de prolonger la durée de la Chicorée et de VEscarole.
Tous les jardiniers maraîchers éprouvent une grande difficulté à conserver ces salades au-delà du mois de janvier. Le moyen qui paraît le mieux réussir^ quant à présent , n'est connu que d'un petit nombre de cultivateurs , et particulièrement de ceux qui pratiquent aux environs de Paris. U con-^ siste à maintenir en place la dernière saison de ces herbages à l'aide de paillassons ou d'autres couver^tures jusqu'à ce que la gelée atteigne une inten- . site de quatre degrés. Alors ^ on profite du.mo-< ment où leurs feuilles sont exemptes d'humidité, pour les lier^ et ensuite les arracher en motte que l'on a soin de consolider en la pressant entre les mains. On les dépose dans des fosses de ter--
reau de vieille couche^ peu susceptible de fermeutalion y ou mieux dans du sable fin quand on peut s'en procurer. On lies range sur une plate - forme horizontale ^ la tête en bas , et en ligne peu sen*ée , afin que le terreau ou le sable puisse s'interposer entre elles et empêcber la pourriture. Ce premier lit terminé et bien recouvert , on en établit un second , un troisième, et plus s'il y a lieu. Cette disposition, qui a la forme conique , est ordinairement établie à l'air libre , mais dans un lieu peu exposé au vent du nord , et tout est recouvert avec de la grande litière ou des paillassons qui ont pour but de garantir les salades du froid et de l'humidité. Cette méthode, qui est la seule qu'on suive, pourrait être remplacée avec avantage par un petit hangar sous lequel on disposerait les salades de la manière que je viens d'indiquer ; ce qui serait pré* férable encore aux serres dans lesquelles les cultivateurs de la province déposent et conservent ordinairement leurs légumes* Mais outre ces divers^ moyens de conservation , il en est un que je n'ai vu pratiquer nulle part, et qui cependant est très^ propre à prolonger l'existence des herbages et légumes jusqu'au 1 5 ou 30 de mars.
Lorsque les chicorées et escaroles solit sur le point de se pourrir, ce qui arrive presque toujours, quand leur centre est devenu d'un blond clair, ce que l'on nomme blanchir y on retire ces productions de l'endroit où on les a précédemment déposées , et on les débarrasse de toutes les parties pourries et de la motte de terre qui enveloppe les racines. On a eu la précaution de préparer avant une ou plusieurs caisses de bois selon le be-
2i4 Min. Ces caisflesj qui ressemblant asaes^ sauf les dimeDsioDS, aui^ petites caisses dont on se sert pour le semis des plantes délicates qui veulent être ren-* trées en serre , se composent de qnati^ planches de cinq à six pouces de large , sur une longueur dé^ terminée par remplacement. On les assemble à laide de quatre morceaux de bois de deux ponces can'és sur huit de longueur* Le fond est formé de petites tringles de bois séparées entre elles f à peu près comme une claie. On dépose sur ce fond un demi-pouce environ de paille de seigle; parniessua on range les salades la tête en bas ; on sépare les lignes par un peu de paille , de façon que chacune d'elles y soit encadrée. On dépose la caisse ou les caisses ainsi remplies dans un lieu obscur, oii la température varie peu et se maintient aussi près de zéro que possible , Dalbsbt«
P|;ANTES D'ORNEMENT
PLEINE TERRE
Notice sur deux variétés du Symphoria racemosa, Ph. Sjrmphoricarpos racemosa^ Mx.
Le g^u,*e chèvrefeuille, Lonieera Lur. , ayant été successivement divisé en quatre genres, Tespèce qui a produit les deux variétés que j'ai à signaler ici fait aujourd'hui partie de œhii appelé Sjrm^ plioria par Pursch, botaniste prussien , voyageur et auteur d'une Flore de l'Amérique septentrionale. Mais ce genre n'étant pas encore admis dans FÊcole de botanique du Muséum d'Histoire uatu^ relie , l'espèce en question y figure sous le nom de
Sjmphoricarpos racemosa ^ dénomiualioa sous laquelle il/zcAâuo^ l'avait fait connattre avant Pu/vcA, *0n rappelle aussi dans le commerce S, ieucocarpa, a cause de ses fruits blancs. Elle est originaire de l'Amérique du Nord, et fut introduite en France en 1818, de gi^ines reçues du pays et remises au Muséum par M. Michaux, auteur de l'Histoire des arbres de VAmérique septentrionale. Cest un arbrisseau formant une touffe arrondie r ^t dont les fleurs petites et rougeâtres méritent à peine d'être regardées; mais combien la surprise fut agréable 1 quand on vit succéder à ces fleurs insignifiantes de longues grappes de gros fruits plus blancs que des perles , qui persistent tout lautomne sans se dété^ riorer^ et sans que les oiseaux les endommagent en aucune manière. On s'empressa donc de le multiplier à la manière des cbëvrefeuillea, c est-à-dire par marcottes et par boutures , et on y réussit très-bien. Dés 1826, nous en avons récolté des graines au Jardin du Roi ; j'en ai semé de suite, et j'ai remarqué qu elles ne levaient que la seconde année. Depuis ce temps, j'en ai semé tous les ans jusqu'en i83o, sans obtenir de variété ; enfin le semis de cette même année i83o a produit deux variétés bien distinctes de leur mère. Je les ai multipliées, parce que je les crois dignes de figurer parmi les arbrisseaux qui décorent les jardins , et que leurs caractères distinclifs ne se sont pas altérés; je vais même les désigner chacune par un nom , pour qu'on puisse les indiquer et les demander dans le commerce.
I . Sjrmphoria racemosa nana. Cette variété a si peu de ressemblance avec sa mère , que si je n'étais pas sur de son origine, j'aurais nu)i«*méme de la peine
à la rapporter à son espèce. Cest un petit arbore arrondi, très-ranieux, qui n'atteint guère plus de dix-huit pouces de hauteur ; son feuillage est petit et d'im beau vert ; ses fleurs sont peu nombreuses , et les fruits qui leur succèdent sont teintés de violet , et pas plus gros que des petits pois. Sa place doit être dans le premier rang des massifs en lieu aéré.
2. Sjrmphoria racemosa seroiina: Celle-ci, beaucoup plus grande que la précédente , s'élève pourtant un peu moins que sa mère*, et elle s'en Vlistingue par ses jeunes bourgeons plus rouges , par un plus grand nombre de feuilles découpées, dont quelquesunes sont même laciniées, par ses fleurs plus rouges , et surtout par ses fruits plus nombreux , plus ag-r glomérés , un peu moins gros et moins perlés que dans Tespèee, mais qui se conservent en parfkitétat beaucoup plus long-temps.
Je conseillerai donc la multiplication ' de cette variété pour l'ornement des jardins. Hantée parmi les arbrisseaux à feuilles persistantes , tels que Aucuba y Alàierne , Laurier-tin , Lauréole , etc. , eUe produit un efiet charmant jusque dans Thiver.
' Gàmuzet.
ORANGERIE
Saxifrage ugi^lé. Saxifraga Ugulata. Wallicu. in Aota Societ. asiat. i3« p. SgS. Don. Trans. Linn. Soc. i5. p. 343* Lodd. Bot. Gab., n. 747- ( Voyez la planche. )
. Cette jolie et nouvelle plante , qui a fleuri en février et mars en serre tempérée, a un rhizome
SAXIFUAOK LIOVLK
Saxifraa*A liç;ulala
|ierpeiidicalaii*e aérien d un noir brun , d'un pouce environ de diamètre, assez semblable à celui du Primuda palinurij donnant naissance à une ou deux touffes de feuilles , obovales , indivises , arrondies , légèrement cordiformes à la base, un peu ondulées en leur contour, bordées de cils blancs raides, glabres sur \es deux surfaces , à nervures saillantes sur la page inférieure , et souvent colorées en rose dans le jeune âge , ainsi que le pétiole qui atteint un pouce à un pouce et demi de long ; il est semicylindrique, et pourvu à la base d une large appendice stipuloïde, entière, bordéede longs poils blancs. Le pédoncule est cylindrique, glabre , rouge , plus long que les feuilles partant de Taisselle d'une des inférieures ; il est pourvu dans sa partie moyenne d'une bractée encore appliquée contre lui , membraneuse et ciliée sur les bords.
Les fleurs , semblables par leur grandeur et leurs formes a celles de l'amandier commun , sont disposées en cime; dans l'échantillon que nous avons sous les yeux les deux premières fleurs épanouies , par conséquent , eelles appartenant au premier axe de l'inflorescence , sont à six parties au lieu de cinq.
Le calice est campanule, divisé jusque vers la partie moyenne en cinq lobes ovales , obtus , présentant au sommet quelques légères denticules ciliées. L'ovaire est hémisphérique, marqué de nervm*es rosées. Les pétales , qui alternent avec le calice, le dépassent du double ; ils sont longuement onguiculés; le limbe est ovale, cordiforme, d'un blanc pur ou légèrement lavé de rose à la partie supérieure. Les étamines , au nombre de dix , ont leurs
filets filiformes , et se colorant en rose, oMame les onglets des pétales, quelque temps après répa-* nouissement des fleurs; avant ils sont verdâtres. Les étamines opposées aux pétales sont les plus courtes et portent des anthères colorées ; eeUes-^ct sont petites, ovales; les deux carpelles «ont de forme conique et atténuées. Âletat d'ovaire, elles égalent les étamines ou les dépassent un peu ; elles sont ver^ dâtres dans leur jeune âge , et finissent par se co* lorer après la fécondation ; les stygmates présentent également cette coloration , et sont capités.
Cette espèce appartient , comme on le voit , à la section des Saxifraga crûssifoUa y cordifalia et ciliataj elle s'en distingue par son' inflorescence plus lâche, ses fleurs beaucoup plus, grandes et plus étalées , munies de pétales longuement onguiculés. Elle habite les parties montueuses du Népal , mais on ne la trouve jamais a des hauteurs si grandes que le ciliata , avec lequel elle a des rap* ports , ce qui me fait présumer que nous ne pourrons jamais posséder cette plante en pleine terre. Elle se multiplie de boutures par bourgeons , et par les feuilles comme généralement tous les saxifrages de cette nature.
Bonne terre mélangée areo un peu de terreau , sable et terre franche. 11 y a long^temps que cette plante est cultivée en Angleterre ; ce n est que le hasard qui me l'a fait découvrir chez M. Rolisson , très-riche horticulteur marchanda Tootiog près de Londres , qui était occupé à en rentrer en orangerie. Jusqu'à présent il n'y a aucune apparence de bonnes graines sur le pied que nous possédons aii Jardin du Roi. Neumai^k.
CAMKUaA 1>K nONKLAKU
Caniollm Donldnoi'i
CAMBLUà 0B DoNKLAER. CamôUîa Dtmklaèri.
SjBBOiiO. ( Voyez la planche. )
Nous possédons plusieurs individus de cette belle variété dont quelques-uns sont en fleurs , mais ayant visité la riche collection de M. Tabbé Berlèze^ une des plus remarquables de la France , et y ayant vu un pied de ce vamellia en pleine floraison et qui offrait des fleurs de forme et de coloris parfaits , nous lui avons demandé la permission d*en faire dessiner une, ce qu'il a bien voulu nous accorder • C'est donc à son obligeance que nous devons le modèle que le peintre, a reproduit ici.
L'arbuste est vigoureux, à rameaux rapprochés^i ses feuilles sont développées , planes » rapprochées , ovales oblongues , d'un vert pomme luisant, et den* tées régulièrement^ surtout les anciennes. Les divisions du calice sont vertes, minces, teintées de rose à la base; la fleur est semi- double, d'un diamètre de quatre pouces k cinq; les pétales sont bien développés, réguliers, ovales oblongs, obtus, entiers , panachés et jaspés de blanc pur sur un fond rouge cerise, dont la teinte s'adoucit et se fond graduellement avec lui. Au centre se montre un faisceau d etamines fertiles, à anthères jaunes et à filets blancs très-légèrement carnés.
L'introduction en Europe de ce beau Camellia d'origine japonaise remonte à 1 833; c'est le doc* teur Van Siebold qui l'envoya à M. Doaklaër, directeur du Jardin botanique de Louvain, auprès de qui nous nous le sommes procuré. Il diffère des autres variétés par ses pétales larges et étoffés , sa pana-
chure régulière et unique dans ce genre , et Yéïè^ gance gracieuse de sa forme. La floraison dure quinze à vingt jours et a lieu sur de très-jeune& individus.
Sa culture est la même que celle de ses congénères. Voyez p. 85 de ces Annales j année i832i853* Cels frères,
BEAUFORTIA. Brown. Polyadelphie Icosandrie.
Lin. Myrtacées. Juss.
Caractères génériques, Étamines réunies en cinq paquets, portés sur de longs pédicules; anthères bifides; calice persistant, recelant une capsule à trois loges monospermes.
Beaufortie remarquable. Beaufortia spîendensXlkT. Makoy, 1857. (Voyez la planche.)
Arbrisseau à tiges droites , grisâtres , rameuses , à feuilles alternes , sessiles , coriaces , ovales , oblongues , larges de trois lignes , longues de six , recourbées à leur extrémité et disposées sur cinq rangs sur toute leur longueur. Elles exhalent une odeur forte, résineuse, lorsqu'on les froisse. Fleurs disposées en épis sur les rameaux de Tannée précédente , calice vert à cinq divisions , corolle à cinq pétales très<-petits d'un jaune pâle. Étamines nombreuses, réunies en cinq groupes par leurs filets formant un long pédicule, d'un beau rouge ponceau clair, à anthères grisâtres.
Originaire de la Nouvelle-Hollande , cet arbrisseau pousse beaucoup; il lui faut une terre de
RKAl FOIVTIK KKMARQl AftLK
ncauforlia splcndcns
PIMKLKK IIISPIDE.
Piuiclca lii^pidn .
bruyère sablonneuse; on le multiplie de marcottes ou de boutures sur couche tiède ; en hiver il lui faut la serre tempérée sèche , car il craint Fhumidité peu*dant cette saison : c'est pourquoi il est utile de garnir le fond des pots de caiUoux et tessons ; en été on le tient à l'air libre , mais à exposition ombragée.