CENT VINGT-UNIÈME FAMILLE. — BORAGINEES
Cordia I. (dédié à Eurich et Valérien Cordus : le premier, né en 1486, à Simmershausen, dans la Hesse, professeur à Erfurt, ensuite à Marbourg, mort médecin à Brême, en 1535 ; aécrit : Bolanologicum; son fils. Valérien, né à Erfurt. en 1515, médecin et botaniste, mort à Rome, en 1544, a laissé : Annotaliones in Dioscoridem: Liber quintus stirpium descriplionum quas in italia sibi visas describit; Dispensatorium ‘pharmacorum omnium, publié et annoté par Conrad Gesner.)
C. Gerascanthus Jacq. (du grec « geraskein », vieillir, et « anthos », fleur, parce que la gorge de la corolle est garnie de De gris ou blancs.) V ce ; Bois de Rhode. bois de rose (à cause de l'odeur des fleurs), bois Chypre
0] \ Rich., Cuba, t. 59; Jacq., Sel. Am. stirp. huist., t. 175, Ï. 16. — Arbre de taille moyenne, à tronc légèrement anfractueux, à écorce grise, rude. Feuilles oblongues-lancéolées ou elliptiques-oblongues, pointues, entières, coriaces, grisätres en dessous. Fleurs blanches, parfumées, en panicules étalées, à branches terminées par des glomérules ombelliformes; calice à dix côtes, Ï 5 obovoïde-cylindrique, tomenteux, à cinq dents petites et égales. Fruit sec. q F ë — F1]. en janvier, février et mars. — Le bois sert pour les constructions à J Ï l'intérieur et à l'extérieur. — Dans les bois secs du littoral et les mornes pierreux inférieurs : Pigeon, Bouillante, Pointe-Noire, Deshaies, Vieux- Fort, etc. [N° 2585.] Marmnnique. Vulgo : Bois de Chypre. — Prècheur, Anses-d'Arlet Trois- D ÿ , Ilets, Rivière-Salée, etc. [N° 1415.|
C. alba Roem. et Schult.: Cordia à fleurs blanches. Vulgo : Herbe à couronne, arbre à raisins, bois-zizi (au Moule}. Desc., vol. VI, 1.529, p.324. — Arbre de taille moyenne, à branches inclinées et souvent très penchées, divariquées, à tronc anfractueux à la base. Feuilles glabres en dessus, scabres en dessous, elliptiques-arrondies, dentées-ondulées. Fleurs blanches, larges, odorantes,
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en cymes corymbiformes, larges, très nombreuses: calice cupuliformeturbiné, à lobes irrégulièrement émarginés et arrondis, deux fois plus court que la corolle, qui est plissée, infundibuliforme, à cinq lobes courts. Drupe blanche à la maturité, globuleuse, trèslisse, luisante et comme transparente, à pulpe gluante, d’une saveur douceâtre, de la grosseur d'un grain de raisin. — Les enfants en mangent les fruits, et, au moyen de la pulpe, mélangée avec de la terre glaise, ils préparent une glu pour prendre les petits oiseaux, — Trouvé en fleurs et en fruits en août et septembre : Moule {le long du canal et dans les environs), Saint-François, Marie-Galante (Grand-Bourg). [N° 2757.]
MarminiQue. Vulgo : Mapou blanc, mahot blanc, mapou-baril, — Assez rare : hauteurs inférieures et sèches de Case-Pilote, seul endroit ou j'aie trouvé cet arbre. [N° 285.]
C. Sebestena L. (du mot persan « Sébestan » ou de Sébesta », ville de la Samarie, dans les environs de laquelle cette plante pousse en abondance, C. speciosa Salisb. Vulgo : Bois-rape (à cause de la rudesse de ses feuilles). Desc., vol. IV, t. 277, p. 205; SI., t. 164. — Petit arbre, droit, ou quelquefois tortueux, haut de 4-6 mèt., à écorce rude, gercée, brunâtre, à branches étalées. Feuilles très scabres, larges, ovées, subentières. Inflorescence en cymes corymbiformes, terminales; fleurs pédicellées; corolle écarlate, plissée, à six lobes ovés-rondâtres. Drupe blanche à la maturité, subglobuleuse, pointue au sommet, de la grosseur d’une petite noix, à noyau pourvu de 5-6 sillons profonds et longitudinaux. — FI. durant toute l'année, — Descourtilz en range les fruits parmi les béchiques adoucissants ; dans le pays, on n'en fait pas d'usage et l'arbre est à peine connu. — Se rencontre çà et là autour des habitations, où il est cultivé comme plante d'ornement : environs de la Basse-Terre (habitation l'Espérance), Sainte-Rose (cimetière), Désirade (planté en allée à l'extrémité nord du bourg), Port-Louis, etc. [N° 2754.]
MARTINIQUE, Vulgo : Sébestier, mapou rouge. — Environs de Saint-Pierre, Jardin botanique, Carbet, Lamentin, Trinité. [N° 458.)
CG. Collococca L. (du grec « kolla », colle, et « kokka », baie, parce que les drupes contiennent une pulpe très gluante). Vulgo : Mapou-rivière. SI., €. 203, f. 2. — Arbre de taille moyenne et souvent au-dessus de la moyenne, à trone fort, court, à cyme arrondie, à branches horizontales, divariquées, à écorce blanchâtre. Feuilles obovées ou obovées-elliptiques, très luisantes en dessus, Inflorescence en cymes corymbiformes, pubescentes ; fleurs blanc pâle, petites, à odeur peu agréable ; calice globuleux, pubescent, mou, à 3-5 dents. Drupe globuleuse, vert clair, lisse, de la grosseur d'un petit grain de raisin, à pulpe très gluante, dont les enfants se servent pour faire de la glu. — A l'époque
1. Tous les Cordia à fruits succulents ont été employés en médecine contre les ailections de la poitrine : on utilisait ces fruits sous le nom de Sébestes, notamment ceux de C. Myxa L., Sebestena L., ete., qui sont émollients et légèrement laxatifs. (E. H.
de la floraison, l'arbre se dépouille partiellement, et, sur les vieux pieds, entièrement de ses feuilles. — FI. en mai, Juin, Juillet. — Le bois est mou et n'a pas de valeur pour les constructions, car les insectes lPattaquent facilement. — Assez abondant le long des rivières et cours d’eau de la basse région : Moule, les Abymes, Gozier, Baillif, Marie-Galante, ete. [N° 2577.
Marmnique. Vulgo : Mahot-bré, bois puant. — Abondant le long des rivières du Lamentin, de Ducos, de la Rivière-Salée, des Trois-Ilets, etc.
C. lævigata Lam. ; Cordia à feuilles lisses. Vulgo : Mapou-lélé (au Camp- Jacob). — Arbre approchant de la taille moyenne, droit, à branches habituellement fastigiées, les inférieures étalées ou inclinées. Feuilles d’un vert sombre, luisantes en dessus, légèrement gaufrées, elliptiques, pointues, entières, à veines réticulées des deux côtés. Inflorescence en cymes corymbiformes, petites, garnies d'un duvet couleur de rouille. Fleurs blanches, odorantes; calice ellipsoïde, strié, à 3-5 lobes; corolle à 5 lobes ovés, trois fois plus courts que son tube. Drupe blanche à la maturité, ovoïde-ventrue, légè-
rement courbe, terminée par une pointe allongée. — FI. et fructifie presque toute l'année. — Abondant dans tous les grands bois de la Guadeloupe pro-
prement dite, mais surtout dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes et du Matouba. Alt. 300-800 mèt. [N° 2584.
Marnnique. Vulgo : Mahot siffleur. — Abondant dans tous les grands
bois de la partie nord de l’île, et dans les hauteurs de la Rivière-Salée et de la Régale. [N° 1422.
C. elliplica Sw. ; Cordia à feuilles elliptiques. Vulgo : Mapou grand-bois. — Arbre de taille moyenne, rarement de grande taille dans nos colonies, droit, très branchu, à rameaux allongés, droits : les branches inférieures, souvent tombantes. Feuilles d'un vert très sombre, rigides, ovées-elliptiques, arrondies à la base. Fleurs blanches, petites, très odorantes : lobes de la corolle recourbés, ovés-oblongs, une fois plus courts qne son tube. Drupe globuleuse, blanchâtre, terminée par une pointe courte ; ressemble de prime abord au précédent; il en diffère : par ses feuilles plus petites et non gaufrées; par sa corolle cylindrique et plus allongée, mais surtout par la forme de ses drupes, plus petites et globuleuses. — FI. en juin, Juillet, août. — Rare. Çà et là dans les hauteurs des Trois-Ilets, de la Rivière- Salée, de la Régale, de Sainte-Luce, etc. — Le bois se fend facilement : on en fait des merrains. [N° 242.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
CG. macrophylla L.; Cordia à larges feuilles. Vulgo : Mahot grand-feuille, bois-flot, bois de liège. SI., t. 221, f. 1. — Le plus souvent petit arbre, rarement arbuste de taille moyenne, à branches inférieures toujours étalées horizontalement, à rameaux striés ; à rameaux, pétioles, pédoncules, pédicelles, calice et face inférieure des feuilles revêtus d’un duvet plus ou moins long,
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plus ou moins serré, toujours brun. Feuilles très larges, scabres en dessus, ovées ou ovées-oblongues, pointues, entières ou subcordées à la base. Inflorescence en panicules corymbiformes étalées, à branches souvent scorpioïdes ; fleurs blanc pâle, petites; calice obové, globuleux. Fruit rondâtre, blanc à la maturité, lisse, de la grosseur d’un pois. — F1. en juin, juillet, août, — Assez abondant dans les basse et infra-moyenne régions de la Guadeloupe proprement dite; çà et là dans les gorges des grands fonds, du Moule, du Gozier, des Abymes, etc. Alt. 50-700 mèt. [N° 3074. ]
Marminique. Vulgo : Mapou ou mahot grand-feuille. — Trou-Vaillant, Carbet, Parnasse, Champflore, Fontaine Didier, ete. [N°5 1206, 1426.
C. salwiæfolia H. B. et Kth.; C. cylindristachya Roem. et Schult., Varronia curassavica Bertero ; Cordia à feuilles de sauge. Vulgo : Bois de bré, mapou noir. — Grand arbuste, habituellement très branchu, nu dans le bas, haut de 1-3 mèt. Feuilles hispides-tuberculées en dessus, pubescentes et blanchâtres en dessous, à poils épaissis à la base, ovées-lancéolées, acuminées, terminées en pointe courte, dentées en scie. Fleurs en cymes corymbiformes, ‘terminales, courtes, arrondies ; corolle blanche, à 4-5 lobes arrondis, quatre ou cinq fois plus courts que son tube; calice obové, hirsute, à 4-5 dents courtes. Drupe ovoïde-globuleuse, de la grosseur d'une graine de poivre. — Abondant dans les endroits marécageux ou secs de la basse région Désirade, Moule, Saint-François, Marie-Galante, les Saintes. AIT. 0-30 mèt,
Marmnique. Vulgo : Mahot noir. — Très abondant dans les endroits pierreux, secs où humides près du bord de mer. — Trinité (Gabon), Caravelle,
Carbet, Case-Pilote, Trois-Ilets, ete. [N° 287.)
GC. ulmifoliaJuss. ; Cordia à feuilles d’orme. Vulgo : Petitmahot. SI., {, 191, f. 3. — Grand arbuste, à branches alternes, disposées sur le même plan, allongées, droites : les vieilles, très infléchies ou tombantes, à rameaux pubescents: Feuilles rigides, pubescentes-scabres, ovées ou ovées-lancéolées, acuminées, pubescentes et blanchâtres en dessous, dentées en scie au-dessus de la base, à dents aiguës. Inflorescence en panicules courtes, à branches terminées par des glomérules de 10-15 fleurs ; pédoncules communs adnés à la base des pétioles ; fleurs petites, blanc pâle; calice ovoïde, strigeux, à cinq dents, de moitié plus court que la corolle, qui est infundibuliforme, terminée par cinq crénelures. Drupe globuleuse, beaucoup plus petite qu'une graine de poivre. — Abondant dans les haies et les broussailles des régions inférieure et infra-moyenne : Gourbeyre, Trois-Rivières, Ravine-Chaude, Lamentin, Moule, Morne-à-l'Eau, Marie-Galante, etc. [N° 2576.
Marrmiwique. Vulgo : Mahot fin. — Très abondant : Parnasse, Morne- Rouge, Carbet, hauteurs des Trois-Ilets, du Diamant, Lamentin (Roches- Carrées), Marin, etc. [N° 1421.]
C. cylindrislachya Roem. et Schult., G. macrostachya Spreng.; Cordia à fleurs cylindriques. Vulgo : Mahot bord-de-mer. — Grand arbuste, très branchu, nu dans le bas, à écorce noirâtre et rude, à rameaux pubescents, souvent couverts de lenticelles blanches. Feuilles oblongues-lancéolées ou lancéolées, dentées en scie au-dessus de la base ou crénelées. Fleurs blanchâtres, en épis allongés, terminaux; corolle petite, infundibuliforme, deux fois plus longue que le calice, qui est globuleux, à cinq dents deltoïdes. Drupe globulense-ovoïde, rouge. On en rencontre deux variétés : a) G. cinerascens DC., à feuilles crénelées et blanchâtres en dessous [N° 288); b) G. interrupta DC., à épis interrompus, à feuilles plus larges et verdätres en dessous. [N° 289.] — Abondant à la Trinité (Galion), Caravelle, Sainte-Anne, Marin. — Je ne les ai pas trouvées à la Guadeloupe.
G. marlinicensis Roem. et Schult. ; Cordia de la Martinique. Vulgo : Mahot noir. (Varronia P. Br. Sel. Am. shirp. hist.,t. 32, p. 41.) — Grand arbuste, ornemental, scabre dans toutes ses parties, haut de 2-3 90, à branches inclinées et souvent tombantes. Feuilles très rudes, ovées, acuminées, pubescentes en dessous, inégalement serretées, à dents très aiguës: pétiole articulé au milieu. Fleurs blanc pâle, en épis terminaux, serrés, plus grands que dans le précédent; corolle infundibuliforme, exserte, à cinq lobes courts, arrondis; calice obovoïde-globuleux et pubescent. Drupe subglobuleuse,
complètement renfermée dans le calice persistant et gonflé. — Les racines et les feuilles, pilées, sont employées comme vulnéraires. — Abondant dans
les haies et les broussailles de la région inférieure : Parnasse, Case-Pilote, Marin (mornes, Sulpice et Pérou), Prêcheur, Grande-Rivière. [N° 1423.] — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
CG. dasycephala H. B. et Kth.; Cordia à fleurs serrées en capitules globuleux. Vulgo : Herbe à bouc (aux Saintes), Guérit-tout, bonbon rond (au Baïllif) (Varronia P. Br.). — Grand arbuste, droit ou tortueux, extrèmement branchu dans le haut, à frondaison arrondie, à branches et rameaux hispides-ruguleux, garnis de lenticelles blanches, à ramuscules courts et pubescents. Feuilles petites, scabres, ovales-elliptiques, acuminées, couvertes, en dessus, de nombreuses lenticelles, pubescentes en dessous, surtout sur les nervures, dentées en scie au-dessus de la base. Fleurs blane pâle, en capitules globuleux, terminaux, brièvement pédonculés ; calice à cinq lobes filiformes, garnis de longs poils et de cils; corolle infundibuliforme, deux fois plus longue que le tube du calice, à lobes très courts. Drupe subglobuleuse, incluse aux deux tiers dans le calice persistant, — FI. de mars en juillet. — Assez rare : endroits secs, pierreux et arides de la basse région : Baillif, route de la Basse-Terre à Gourbeyre, Capesterre (Guadeloupe), Capesterre (Marie-Galante), les Saintes (Terre-de-Haut). [N° 2575.]
Marminique. Vulgo : Bonbon rond. — Plus abondant qu'à la Guadeloupe : Carbet, Case-Pilote, Marin, Sainte-Anne, Caravelle. [N° 1424. |
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Le Cordia amplfolia A. DC., vulgo : Tek d'Arabie, est cultivé dans les mornes du Jardin botanique de Saint-Pierre, où il fleurit avec une grande abondance en avril et mai. [N° 284.1] — Patrie inconnue.
Beurreria Jacq. (dédié à J.-A. Beurrer, pharmacien à Nuremberg.
B. succulenta Jacq., Ehretia Beurreria Linn.; Beurrérie à fruits pulpeux. Vulgo : Acomat-côtelette. — Grand arbuste ou petit arbre, entièrement glabre, droit, à écorce rougeàtre, à branches allongées, droites, habituellement fastigiées, à bois très fragile. Feuilles membraneuses, obovées-oblongues ou oblongues, ou obovées-arrondies, pétiolées. Fleurs blanches, odorantes, en corymbes larges, nombreux, étalés, souvent penchés, pédonculés; calice cupuliforme, à 5 lobes valvaires; tube de la corolle aussi long que ses lobes obovés, lesquels sont plus longs que le calice. Drupe globuleuse, obtusément mucronée, jaunâtre à la maturité, pulpeuse, de la grosseur d'une très petite cerise ; semences 4, tétragones. — Très abondant dans les endroits morneux, secs et pierreux : Vieux-Fort, Trois-Rivières, Ravine-Chaude, Sainte-Rose, Moule, Morne-à-l'Eau, les Abymes, Gozier, Marie-Galante, etc. [N° 2752.]
Marmmique. Vulso : Bois-cabrit bâtard. — Abondant : environs des Trois- Ponts, Carbet, Trois-Ilets (plateau), Marin (morne Gommier), Saint-Esprit [N° 241.]
(Régale), hauteurs de Sainte-Luce, ete.
Rochefortia Sw. (dédié à François César de Rochefort, qui, en 1639, a publié une histoire naturelle des Antilles.)
R. cuneala Sw.: Rochefortie à feuilles eunées. Vulgo : Bois vert, bois d’ébène vert (aux Saintes). — Arbrisseau élégant, très touffu, à liges nombreuses, ou plus rarement petit arbre, haut de 3% 50, à branches fastigiées, étroites. Feuilles très vertes, luisantes, obovées, arrondies au sommet et souvent émarginées, rétrécies, à la base, en un court pétiole. Fleurs blanches, petites, en cymes pédonculées, terminales et axillaires, naissant sur des protubérances ligneuses; calice à trois lobes ovés, arrondis, ciliés, aussi longs que Je tube de la corolle, à segments ovés, obtus, deux fois plus longs que son tube. Drupe jaunâtre à la maturité, un peu plus petite qu'une graine de poivre verte. — FI. en juin, juillet, août. — Peu abondant, Endroits pierreux, secs, arides de la basse région : les Saintes (Terre-de-Haut), sur le chemin du Chameau, et Terre-de-Bas), Vieux-Fort. Alt. 40-80 mèt. [N° 2753.
Marnnique. Vulgo : Bois vert. — Caravelle environs du Phare}. [N° 1420.
Tournefortia L. (dédié à Jos. Pitton de Tournefort, né en 1656, à Aix; en 1683, professeur de botanique à Paris; voyagea en Portugal, en Espagne, en Angleterre et en Hollande, dans un intérêt botanique; alla, en 1700, en Grèce, en Roumélie, dans l'archipel grec, en Asie Mineure, en Syrie eten Égypte; de retour. en 1702, il devint professeur de médecine à Aux, et
Duss. — Plantes Guadeloupe et Martinique.
mourut en 1708. Il a écrit : Eléments de botanique; Histoire des plantes qui naissent aux environs de Paris; Instilutiones rei berbariæ; Voyage du Levant.)
T. gnaphalodes R. Br.; Tournefortie à feuilles de Gnaphalium. Vulgo : Bois de lance noir. — Arbuste haut de 60-95 em., rarement plus haut, droit ou tortueux, ornemental, très rameux, à branches, rameaux, feuilles, pétioles, pédoncules et calices garnis d’un duvet blanc argenté, à tige glabre et noire dans le bas. Feuilles spatulées-linéaires, épaisses, allongées, obtuses au sommet, sessiles. Fleurs blanches, en épis terminaux, scorpioïdes, formant souvent un corymbe peu branchu; corolle petite, à tube laineux, à lobes arrondis, ovés. Drupe ovée-conique. — FI. en toute saison. — Sur les pierres et les rochers calcaires ou madréporiques du bord de mer : Désirade, Moule, Marie-Galante (Capesterre). [N° 2748.]
Marrmiique. Vulgo : Romarin blanc bord-de-mer. — Rare : Vauclin (sur un petit ilot, à l'entrée du port du Macabou). [N° 246.;
T. hirsulissima L., T. corymbosa Sieb. ; Tournefortie très hirsute. Vulgo : Liane à chique poilue. SI., t. 212, f. 1; Desc., vol. IV, t. 253, p. 89; Plum., édit. Burm., t.229. — Arbrisseau sarmenteux, à tige et branches d’abord droites, devenant peu à peu volubles et à la fin tombantes, pouvant attemdre 4-5 mèt. d'élévation, à jeune tige, branches, pédoncules, pétioles et calice revêtus d'une couche de poils rudes, brun foncé. Feuilles elliptiques, larges, pointues, garnies en dessous d'un duvet roux, scabres en dessus. Fleurs blanches, petites, en épis courts, scorpioïdes, nombreux, formant ensemble un large corymbe. Drupe très blanche à la maturité, subglobuleuse et velue. — F1. en août, septembre, octobre et novembre. — La plante a, selon Descourtilz, des vertus diurétiques excitantes: dans le pays, on ne fait aucun usage de cette liane.— Assez abondant dans les falaises des mornes inférieurs et dans les grandes haies qui bordent les savanes : Vieux-Fort, Capesterre (Guadeloupe), les Abymes, Morne-à-l'Eau, etc. [N° 2747.]
Marrixique. Vulgo : Herbe malingre. — Vallée du Carbet, hauteurs de la Rivière-Salée, Anses-d’'Arlet, etc. [N° 1207..
T. /œtidissima L.; Tournefortie très puante. Vulgo : Mapou puant, z'erbe à chiques. Plum., éd. Burm., t. 130. — Suffrutescent, arbuste touffu, haut de 0" 90-150, à écorce noire, glabre. Feuilles très larges, glabres, elliptiques, à base lentement rétrécie en un court pétiole, limbe de 10-14 nervures. Fleurs blanches, en épis allongés, corymbiformes, formant une panicule plus ou moins penchée. Drupe subglobuleuse, glabre, blanchâtre à la maturité. — FI. de mai à juillet. — Çà et là dans les ravines profondes de Houëlmont. [N° 2848.] — Il n'existe pas à la Martinique.
T. fiiflora Griseb., T. cymosa Griseb. PI. caraïbes); Tournefortie à épis liiformes. Vulgo : Zerbe à chiques. — Ressemble de prime abord au précé-
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BORAGINÉES 451 dent. Il en diffère : par ses fleurs en épis allongés, divariqués, formant un corymbe paniculé, toujours pendant ; par sa corolle filiforme, quatre ou cinq fois plus longue que le calice, dont les lobes sont ovés-arrondis et mucronés : par ses drupes plus petites, globuleuses, d'un blanc pur à la maturité. Rare : çà et là sur les lisières des bois du Morne-Rouge, du Prêcheur et des hauteurs des Trois-Ilets. [N° 247.]— Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
T. bicolor Sw. ; Tournefortie à feuilles bicolores. Vulgo : Liane à chiques. — Arbrisseau sarmenteux, haut de 2-4 mèt., à branches d'abord droites, ensuite sarmenteuses, peu flexibles, glabres, cylindriques. Feuilles elliptiques ou elliptiques-oblongues, ou ovées, pétiolées, à 4-6 paires de nervures. Fleurs blanc verdâtre, en épis terminaux et axillaires, plus ou moins allongés, flexueux, non penchés ; tube de la corolle pubescent, campanulé-cylindrique, trois fois plus long que le calice. Drupe blanchâtre. — FI. d'avril à juin. — Capesterre (Guadeloupe, habitations Longmont et Saint-Sauveur), environs de la Pointe-à-Pitre, etc. [N° 2579.]
MarmiNiQue. Vulgo : Liane à chiques. — Hauteurs de l'habitation Pécoul, Diamant (près du bord de mer), Trois-Ilets et Rivière-Salée, !N° 248.)
T. volubilis L.; Tournefortie voluble. Vulgo : Liane noire, petit chique. SI., t. 143, f. 2. — Vivace, voluble, haut de 2-5 mèt., à tiges et branches cylindriques, rouges ou noirâtres, flexibles, très enchevêtrées. Feuilles glabres (dans mes spécimens), ovées ou oblongues. Fleurs vertes, très petites, en épis allongés, nombreux, filiformes, formant ensemble des corymbes pendants ; tube de la corolle pubescent, filiforme. Drupe petite, rouge, très souvent marquée de quatre taches, très blanches et rondes. — FI. d'avril à juillet. — Cette plante est douée, dit-on, de vertus vulnéraires. Les habitants en pilent les feuilles et les jeunes tiges, y ajoutent un peu de sel et appliquent le tout sur les blessures, les écorchures, ete. — Assez abondant dans les haies et les broussailles de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. [N° 2582.
Marmnique. Vulgo : Liane caraïbe, — Abondant : Lamentin, Ducos, Marin (morne Sulpice), Sainte-Anne, Robert, Caravelle. Alt. 15-300 met.
T. ferruginea Lam., T. scandens Mill.; Tournefortie à poils couleur de rouille. Vulgo : Liane caraïbe. — Vivace, voluble, peu rameux, à rameaux, pétioles, pédoncules et nervures des feuilles garnis d’une couche de poils rudes, de couleur brun foncé: Feuilles ovées-lancéolées ou ovées, ou oblongues, pointues. Fleurs petites, verdâtres, en épis courts, formant ensemble un corymbe plus ou moins contracté : tube de la corolle filiforme, environ deux fois plus long que les lobes linéaires-filiformes du calice. Drupe dépriméeglobuleuse, à l’état vert; à 3-4semences. — Peu abondant : çà et là dans les haies de la basse région du Lamentin (enx irons de l'usine), Caravelle, Sainte- Anne (près du Calvaire). [N° 244.] — Je ne l'ai pas trouvée à la Guadeloupe.
T. {omentosa Mill. ; Tournefortie à feuilles tomenteuses en dessous. Vulgo : Liane à chiques. — Vivace, voluble, haut de 2-4" 80, à tige cylindrique, peu rameux, à rameaux et pédoncules garnis d’un duvet grisâtre, fin, court et couché. Feuilles ovées-lancéolées ou ovées-oblongues, acuminées, revêtues, en dessous, d'un duvet blanchâtre et court. Fleurs vertes, en épis allongés, minces, constituant un corymbe arrondi; tube de la corolle pubescent, un peu plus long que les lobes filiformes du calice. Drupe petite, à deux semences. — FI. en mai, juin, juillet. — Çà et là dans les haies des Trois- Rivières. [N°2582 D.] — Je ne l'ai pas trouvée à la Martinique.
Heliotropium L. (du grec « helios », soleil, et « trepo », Je tourne, parce que, d'après Dioscoride, IV, 185, et Pline, II, 42 ; XXII, 2, l'Heliotropium villosum Desf. se tourne du côté du soleil.)
H. indicum L.: Héhotrope de l'Inde Occidentale, Vulgo : Crête à coq, crête co-d'Inde, verveine à pians, grosse verveine, verveine crête à coq. Desc., vol. VII, t. 483, p. 135. — Herbe annuelle ou bisannuelle, droite, grosse, haute de 35-90 cm., très feuillue, d'un aspect gris, à racine pivotante, allongée, forte et blanche, à jeune tige, pétioles et feuilles garnis de poils longs, dressés sur la tige et les pétioles, plus courts et couchés sur les feuilles. Feuilles larges, gaufrées, ovées, contractées à la base en un long pétiole, ondulées sur les bords ou irrégulhièrement et grossièrement crénelées au-dessus de la base. Inflorescence en épis courbes, très allongés ; fleurs bleuâtres, rarement blanches, disposées sur quatre rangs tournés en haut. Fruits 4, unis par la base, en deux paires bilobées. Selon Descourtilz, les Assez abondantdans
feuilles seraient détersives, désicatives et résolutives!. les savanes fertiles et les terres cultivées, sur les décombres et le long des routes des régions inférieure et basse de toute la Guadeloupe et de ses dépendances. [N° 2581.
Marrinique. Vulgo : Herbe à verrues, herbe à malingres, herbe à pians. — Abondant dans toute l'île. [N° 1419.]
H. parviflorum L.: Héliotrope à petites fleurs. Vulgo : Herbe scorpion, le) petite verveine. Dill., ÆT{th., & 146. — Annuel ou suffrutescent, haut de 0% 30-1 " 40 : les jeunes pieds, droits, sans branches; les pieds adultes, très branchus., à branches inclinées, souvent sarmenteuses, à tiges et branches brunes, velues dansle haut. Feuilles flasques, gaufrées, vert clair, ovées-ellip- 9 0 ] tiques ou ovées, ou lancéolées oblongues, pointues. Inflorescence en épis le)
1. D'après Bocquillon-Limousin (loc. cit.), on ferait, dansl'Inde et en Afrique, des applications de suc de feuilles sur la morsure des serpents venimeux, en même temps qu'on ferait infuser le résidu de l'expression et qu’on le donnerait à boire au patient. On emploierait aussi le suc contre les furoncles, dans la pharyngite et la tonsillite. En Cochinchine, à la Réunion, à Rio Nunez, on emploierait les feuilles en cataplasmes comme maturatifs contre les plaies et l’anthrax, et pour provoquer de la diurèse; le suc serait employé contre l'ophtalmie. (E. H.)
va de re alone