CENT VINGT-HUITIÈME FAMILLE. — AROIDEES
Anthurium Schott (du grec « anthos », fleur, et « oura », queue, parce que ces plantes ont une inflorescence en spadice allongé et cylindrique, ressemblant à une queue de serpent.)
À. violaceum Schott, Anthurium scandens Engl.; Anthurium à spadice violet. Vulgo : Siguine violet. — Vivace, rampant ou grimpant sur les arbres et
les pierres, haut de 30-70 em. Feuilles longues de 25-32 cm. sur 7-9 em. de large, enveloppées, à la base, d'une bourre fibreuse, elliptiques-lancéolées, entières, pointues au sommet, rétrécies à la base, à nervure unique, très large et aplatie en dessus, en carène en dessous, nervilles communiquant avec deux arcs filformes, dont le premier est très près et le second à quelque distance du bord; pétiole court, amplexicaule, épaissi et géniculé au sommet. Pédoncule axillaire, court ; spadice violet, droit, long de 12-13 cm., cylindrique, graduellement atténué vers le sommet obtus; spathe verte, entière, plane, presque aussi longue que le spadice, réfléchie, lancéolée, brusquement pointue au sommet, — Peu abondant : çà et là dans les hauteurs pierreuses de Deshaies et des Vieux-Habitants. [N° 3787.] — Il n'existe pas à la Martinique.
A. lanceolatum Kth; Anthurium à feuilles lancéolées. Vulgo : Petite Siguine. PI., Descript., t. 62. — Se distingue du précédent, auquel il ressemble : par l'absence de la tige; par ses feuilles vert pâle, plus longues, plus larges, nettement lancéolées et lentement rétrécies à la base; par les ares, dont l’un est aussi près du bord que possible, et l’autre à une assez grande distance; par sa spathe, plus courte et plus étroite. — Abondant dans les endroits secs, pierreux des hauteurs des Trois-Ilets. [N° 2143, 2144.] — Je
ne l’ai pas trouvé à la Guadeloupe.
A. Huegelir Schott; Anthurium de Huegel. Vulgo : Siguine rouge.— Plante très ornementale, épidendre, à tige très courte, à racines nombreuses, vertes, cylindriques, de l'épaisseur d'un crayon : les unes pendantes, les autres attachées au tronc, souvent longues de 10-12 mèt., si les pieds se trouvent dans le haut d'un arbre. Feuilles rosulées, nombreuses, longues de 0" 60-1 mèt. sur 19-37 cm. de large, cartilagineuses, très vertes, obovales-oblongues celles du centre, plus courtes; toutes formant ensemble une vaste corbeille, à ouverture de 60-80 cm. de diamèt., à nervure médiane, très large, aplatie en dessus, fortement carénée et saillante en dessous, à nervures secondaires de 9-12 paires, courbes, alternes, distantes; are marginal aussi près que possible du bord; pétiole robuste, court, bossu au sommet, du côté du dos; pédoncule radical, latéral, un peu plus court que les feuilles, relativement faible, d'abord plus court, ensuite plus long que le spadice. Spadice violet, uni à la base, d'une odeur très suave à l'époque de la floraison, long de 30- 40 cm., d’abord droit, ensuite penché en dehors de la corbeille. — Fleurs stériles, dans la partie supérieure et terminale; étamines vert clair. Fruit long de 3 mm. sur 1 mm. d'épaisseur, violet avant la maturité, laissant voir, à travers la pulpe gluante et transparente, les deux semences noires, jJuxta-
posées el munies, au sommet, d’une tache verte. — F1. de février à mai; fruits mürs en juin, juillet. — Avec les racines, on fait desliens, des paniers,
quelquefois des nattes grossières; certains oiseaux des bois se servent de la bourre fibreuse qui enveloppe les pétioles pour construire leurs nids, et des
graines müres pour nourrir leurs petits. — Abondant dans les grands bois des Bains-Jaunes, du Matouba, des Trois-Rivières, deshauteurs de Bouillante et de Pigeon; plus rare dans les bois intérieurs de la Ravine-Chaude, Cette belle plante est aussi très abondante à la Dominique, à Sainte-Lucie; mais
| fait complètement défaut à la Martinique. [N° 3298.
. A. dominicense Schott; Anthurium de la Dominique. Vulgo : Siguine, —
Vivace, terrestre, à tige courte, couchée. Feuilles cartilagineuses, acuminées- . oblongues, cordées à la base, à sinus très ouvert, palmi-pédatinerviées, - longues de 30-40 cm. sur 11-13 cm. de large à la base, et de 7-9 cm. au
milieu du limbe; nervures secondaires communiquant avec un arc courant à . 6-8 mm. de distance des deux bords; pétiole long; pédoncule radical, élancé, - aussi long que les feuilles. Spathe oblongue-lancéolée, environ trois fois plus courte que le spadice ; spadice long de 9-11 cm., presque entièrement cou- - vert de fleurs fertiles. — Assez rare : çà et là dans les terres calcaires des hauteurs des Trois-Ilets. [N° 525.] Spécimen imparfait. — Je ne l'ai pas trouvé à la Guadeloupe.
Er À. Guildingi Schott; Pothos cordalus L.; Anthurium de Guilding (botaniste anglais, directeur du Jardin botanique de Saint-Vincent). Vulgo
Siguine. PI., éd. Burm., t. 38. — Ornemental, vivace, terrestre, à lige courte, plus ou moins couchée. Feuilles 4-6, sur une tige, larges : les plus grandes pouvant mesurer jusqu'à 72 cm. de long, avec un limbe de 20-35 cm. de long sur 15-18 em. de large, cordées-ovées à la base; à sinus très profond dans les feuilles adultes, cartilagineuses, luisantes, roulées sur les bords, * brusquement acuminées au sommet ; à côte carénée et saïllante en dessous ; à quatre paires de nervures : la dernière paire formant un aréa ovale avec de nombreuses nervures secondaires, droites; pétiole canaliculé, renflé à la base, toujours plus long que le limbe. Spathe longue de 7-9 em., ovale-lancéolée, brusquement contractée au sommet et terminée en pointe, d'abord presque aussi longue que le spadice, ensuite plus courte; spadice droit, gros, nu à la base, sur une courte étendue, long de 10-12 cm., chargé de fleurs fertiles ‘presque jusqu'à l'extrémité. Fruit mûr blanc. — C'est de tous les Anthu- “rium, qui poussent à terre, le plus abondant : 1l se rencontre dans tous les grands bois humides de la Guadeloupe proprement dite. Alt. 100-950 mèt. [N° 3585.]
Marnnique. Vulgo : Siguine. — Dans tous les grands bois. [N° 2145.
A. grandifolium Kth, Pothos grandifolius Jacq.; Anthurium à grandes feuilles. Vulgo : Siguine blanche, langue à bœuf. PI., Descript., {. 63, 51 1. — Vivace, grimpant, radicant, rarement terrestre. Feuilles cartilagineuses, dont les plus grandes peuvent atteindre jusqu'à 72 em. de long sur {5 em. de large dans leur plus grande largeur, largement cordées-ovées, pointues au sommet; à sinus peu ou très profond; à lobes basilaires, arrondis, palmi-
pédatinerviés; à 7-9 paires de nervures qui, ainsi que la grande côte, sont plus saïllantes en dessous qu'en dessus; pétiole vigoureux, pouvant mesurer jusqu'à 84 cm. de long, légèrement cannelé en haut; pédoncule plus court ou plus long que le pétiole. Spathe longue de 18-24 cm., lancéolée-linéaire, pointue au sommet, rétrécie à la base, pendante; spadice long de 74 em., effilé, violet, d'abord droit, ensuite pendant. Fleurs à odeur suave : les fertiles situées sous le premier quart inférieur du spadice. Fruit violet avant maturité ensuite blanc. — Avec ses racines, longues et filiformes, on fabrique aussi des paniers et quelquefois des nattes. — Abondant dans les bois des Bains-Jaunes, du Matouba, des Trois-Rivières, des hauteurs de Bouillante, etc. Dans les bois des Bains, j'ai trouvé plusieurs pieds à spadices jaunâtres. Alt. 380-800 mèt. [N°5 3296, 3606.]
MarmniniQue. Vulgo : Grande Siguine. — Dans tous les grands bois. [N° 524.]
A. palmalum Kunth; Anthurium à feuilles palmées. Vulgo : Bénéfice (au Morne-à-l'Eau et à la Ravine-Chaude), Gagne-Petit (partout ailleurs). PI, Descript., 1. 64, 65. (Pothos L.) — Vivace, grimpant, radicant, haut de 3-5 mèt., très ornemental, sans branches ou rarement branchu, à tige cylindrique-comprimée. Feuilles très vertes, ramassées à l'extrémité de la tige, coriaces : celles des jeunes pieds, entières, petites, elliptiques, ensuite ovéeselliptiques, pointues, puis trilobées, plus tard 5-lobées, à l’âge adulte 7-9, et plus rarement 11-partites, à segments lancéolés, pointus : les plus longs mesurant jusqu à 40 cm. de long; pétiole vigoureux, légèrement cannelé en dessus, variable quant à la longueur, habituellement plus long que les feuilles ; pédoncule délicat, cylindrique, penché, environ de la même longueur que le pétiole. Spathe linéaire, acuminée, longue de 14-16 cm. sur 6-7 cm. de large, d'abord aussi longue que le spadice, ensuite plus courte. Spadice violet, odorant, recourbé au sommet, nu à la base, sur une petite étendue. — FI. en avril, mai, et aussi en octobre et novembre. — Grands bois humides : Ravine-Chaude, Trois-Rivières, Pointe-Noire, Morne-à-l'Eau (bois marécageux du canal des Rotours et Vieux-Bourg). Alt. 0-600 mèt. [N° 3274]
MarrnniqQue. Vulgo : Bénéfice. — Bois de la Grand’Anse, de Sainte-Marie, de la Régale; çà et là dans les bois des environs de la fontaine Didier, etc. [N° 520.]
L’Anthurium gracile Lindl., petite espèce très belle, originaire de la Trinidad, est cultivé au Jardin botanique de Saint-Pierre.
Nora. — Les fruits de tous les Anthurium que j'ai observés sont, avant de tomber, suspendus, pendant plusieurs jours, à un fil mince, qui s’allonge peu à peu et peut atteindre jusqu'à 11 mm. de long.
Monstera Ad. (l'origine de ce nom nous est inconnue.)
M. perlusa de Vriese; Monstera à feuilles percées de trous. Vulgo : Bois
de couleuvre, liane franche, liane percée, caroal. PI., Descript., t. 56, 57; Desc "vol. III, t. 229, p. 351. — Vivace, grimpant, à tige cylindrique, fortement pressée contre les troncs d'arbres, haut de 5-10 mèt. Feuilles membraneuses, ovées, entières : ‘les plus grandes mesurant jusqu'à 45 cm. de long; les jeunes, sans trous; les adultes, percées de 3-7 trous ovalesarrondis, obliquement situés; pétioles longs, engainants, élargis du sommet à la base. Spathe pédonculée, verte dans sa partie inférieure et grosse, blanc jaunâtre par le haut et large ; spadice d’abord blanc, ensuite très lécèrement jaunâtre, libre, portant des fleurs fertiles de la base au sommet, environ une fois plus court que la spathe; étamines 4!, — Assez abondant sur les arbres de la région inférieure des grands bois des Bains-Jaunes, du Gommier et des bords des rivières Noire et Rouge. — F1]. de septembre à janvier. — Les racines, filiformes et longues, servent à faire des cribles, des nattes et des liens. — Alt. 300-600 mèt.; rare à une altitude moindre. [N° 3304.
| Marminique. Vulgo : Siguine-couleuvre. — Le suc de la racine est un alexi- {ère interne, et sert dans le pays contre la morsure du serpent. — Parnasse, hauteurs de l'habitation Périnell, Ajoupa-Bouillon, fontaines Didier et Absalon, la Régale, etc. [N° 522.|
Dieffenbachia Schott (dédié à Jean-Fr. Dieffenbach, né en 1794, à Kœnigsberg, médecin et chirurgien célèbre, professeur de la Charité, à Berlin; mort
en 1842.)
D. Sequine Schott; Dieffenbachie Siguine. Vulgo : Canne marronne, canne brûlante, canne-rivière, canne-siguine. PI., Descript., &. 61, 51: Jacq., Sel. Am. stirp. hist., t. 151. — Vivace, stolonifère, généralement droit, haut de 090-190, rarement plus haut, à tige cylindrique, marquée de cicatrices annulaires nombreuses et rapprochées. Feuilles ramassées aux extrémités de la tige, larges, ovées-oblongues, pointues, souvent marquées de taches blanches, engainantes, peu nombreuses, à 9-15 paires de nervures; spathe verdâtre; spadice soudé dans la partie inférieure qui porte les fleurs femelles, libre dans la partie supérieure qui contient les fleurs mâles. — Le sue de toute la plante est extrèmement caustique ?. — Abondant et vivant souvent en société dans les lits et sur les bords des rivières, dans les mares, les étangs et endroits aquatiques : environs de la Basse-Terre, Camp-Jacob, Pointe- Noire (le long de la rivière), Pigeon, Lamentin (canal et marécages), Pointeà-Pitre, Gozier, Sainte-Anne, ete. Alt. 0-600 mèt. [N° 3790.
" 4. Ce spadice devient, à l'égal du fruit de l'ananas, suceulent dans toutes ses parties et si agréablement parfumé (odeur de fraise et d'ananas), qu'on le consomme aujourd'hui couramment, même quand la maturation de ce fruit a été obtenue artificiellement dans nos serres chaudes de l'Europe. E. H.) <
2, Cette espèce, commune à Cayenne, entrerait, d'après Baillon, dans la composition . du curare de la Guyane française. Elle est connue dans ce pays sous le nom de canne-feu, à cause de l'extrème causticité du suc de sa tige ou de ses feuilles. (E, H.
MarminiQue. Vulgo : Siguine d'eau, canne d'eau. — Très abondant. [N° 2149 b.]
Le Dieffenbachia Barraquiniana Versch. et Lem. (JU. horticole, anno 1864) à feuilles panachées, a été introduit d'Amérique tropicale et se cultive dans
beaucoup de jardins comme plante d'ornement.
Montrichardia Crueg. (l'origine de ce nom générique nous échappe.)
M. arborescens Schott; Arum arborescens L.; Montrichardie arborescente. Vulso : Malanga-gratter, malanga-rivière. PI., Descript., t. 60, 50 qg. — Vivace, stolonifère, droit, haut de 2-2"80, à üge cylindrique, nue, d'une épaisseur de 4-5 cm., marquée de cicatrices annulaires. Feuilles ramassées au sommet de la tige, très vertes, luisantes, polies, membraneuses, sagittées, à lobes arrondis-pointus, plus longs que la nervure médiane, divergents; pétiole plus long que la feuille, portant une gaine large, qui prend naissance au milieu de ce pétiole et se dilate graduellement vers la base, à veines communiquant avec un arc marginal. Spathe verte en dehors, blanche en dedans et pourpre à la base, à moitié enveloppée par une bractée. Spadice long de 7-9 cm., libre, pédonculé, à pédoncule presque aussi long que la spathe, entièrement couvert de fleurs : les mâles, dans le haut, et les femelles, dans le bas. — Après la chute de la spathe et des fleurs mâles, la partie du spadice portant les fleurs femelles forme,une sorte de cône ovoïde, grand, contenant des semences anguleuses, blanches et farineuses en dedans, de la grosseur d'une prune. Elles sont comestibles !. — FI. d'avril à juillet; mais en certains endroits, les pieds fleurissent toute l’année. Il faut environ six mois pour la maturation des fruits. — Vit en société dans les endroits inondés et aquatiques, le long des rivières et des fossés remplis d’eau de la basse région : environs de la Pointeà-Pitre, grand fond du Gozier, où 1l abonde. [N° 3791.]
Marnnique. Vulgo : Malanga bâtard, malanga d'eau. — Endroits aquatiques, de Ducços, du Petit-Bourg, du François, du Robert, etc. [N° 999.]
M. aculealum Crueg.; Montrichardie à piquants. Vulgo : Malanga sauvage. — Ressembie au précédent quant à la taille, au port, etc.; il en diffère par les tiges garnies de petits piquants et par les lobes basilaires des feuilles plus divergents. — Même habitat et même époque de floraison. [N° 3792.]
Marnnique. Vulso : Malanga d’eau. — Ducos, Sainte-Luce, Rivière- Pilote, etc. [N° 1000.)
Philodendron Schott (du grec « philem », aimer, et « dendron », arbre,
parce que ces plantes grimpent sur les arbres.)
1. Cette espèce, connue à la Guyane sous le nom vulgaire d’« Arum du pays », donne un suc corrosif employé contre les cors et les verrues : les ménagères s’en servent aussi pour marquer le linge. (E, H.)
a ni dou oàc-Sinat de chatte dr sd stef ati à ne it dé din
P. dispar Schott, P. Karstenianum Schott: Philodendre dissemblable. Vulgo : Siguine rouge, liane à hébichet. SI., t. 27, f. 3; Plum., édit. Burm... t. 31. — Vivace, radicant, grimpant, à FEB nombreuses, très feuillues, fortement attachées aux troncs des arbres, haut de 4-6 mèt. Feuilles alternes, largement ovées-oblongues, mucronées au sommet, subcordées à la base, environ de même longueur que le pétiole; pétiole marginé de puis le sommet, à marge graduellement dilatée vers la base et formant une large gouttière. Spathe verte en dehors, concave, blanc jaunâtre en dedans, longue de 17-19 cm. : spadice blanc, libre, un peu plus court que la spathe, acuminé vers le sommet. Fleurs mâles, situées dans la partie supérieure; les femelles, à la base, séparées des mâles par un espace contenant des fleurs stériles : pédoncule garni d’une bractée d’abord plus courte, ensuite plus longue que la spathe. — Cette espèce de siguine env eloppe si bien les troncs des arbres qu'elle finit par les faire mourir, les racines, longues et filiformes, servent à faire des petits
paniers, des corbeilles, etc. — Dans les hauteurs de la C apesterre (Guadeloupe), les bûcherons extraient le suc de la racine et de la tige et l'emploient pour purifier les plaies. — FI. à diverses époques de l'année. Assez abon-
dant dans les endroits abrités contre les vents des grands bois inférieurs : Camp-Jacob (environs de la cascade de Vauchelet), falaises de la rivière Rouge, Gommier, Trois-Rivières. Alt, 300-700 mèt [N° 3297.]
Marnnique. Vulgo : Siguine grand-bois. — ACTES dans le bois de l’Ajoupa-Bouillon, près des bords de la Capote, Champflore, fontaine
Didier, etc. [N° 2149 b.]
P. hederaceum Schott; Philodendre grimpant comme le lierre, Vulgo : Liane brûlante, herbe à méchant. Desc., vol. IE, €. 168, b. 71: Plume Descript., t. 55, 51 d; Jacq., Sel. Am. stirp. hist., t. 159. — Vivace, grimpant, haut de 15-20 mèt.; à tige glabre, cylindrique, d'une épaisseur de
3-9 cm. ; à branches souvent détachées et flottant librement dans l'air : extré-
mités des rameaux terminées par un bourgeon pointu et allongé. Feuilles larges, cordiformes, très lisses, membraneuses, caduques, à 4-5 paires de nervures; pétiole cylindrique, presque aussi long que les feuilles. Spathe grande, verte en dehors, jaune verdâtre en dedans, brièvement pédonculée; pédoncule axillaire, naissant à la base des feuilles, long de 10-12 em., plus long
que le spadice ; spadice cylindrique, un peu plus court que la spathe. — La plante est toxique, corrosive; dans le pays, on n'en fait aucun usage. — F1. en avril, mai, juin. — Çà et là dans presque tous les grands bois : Camp-
Jacob (Bagatelle), Gommier, Gourbeyre {morne Goblin), Trois-Rivières, hauteurs des Vieux-Habitants. Alt. 400-800 mèt. [N° 3794.)
Manninique. Vulgo : Siguine-liane, siguine rouge. — Assez abondant, Pointe-Fine, Parnasse, Champflore, fontaine Didier, Fonds-Saint-Denis
(Porte-de-l'Enfer). [N° 2149 c.]
P. giganteum Schott; Philodendre géant. Vulgo : Siguine blanc, —
Vivace, terrestre ou arboricole ; à tige couchée, longue de 20-30 em., souvent plus longue, très épaisse et volumineuse; à racines funiformes, vertes, très longues, quand les pieds sont grimpants. Feuilles vert bronzé, luisantes, atteignant jusqu'à 85 cm. de long sur 25-30 cm. de large, cordées à la base; à sinus profond, arrondi ; à lobes arrondis, larges ; à nervures médianes carénées en dessous : les nervures secondaires, à cinq paires, aplaties en dessus, saillantes en dessous; pétiole cylindrique, gros, diminuant de volume du sommet à la base, un peu plus court que le limbe de la feuille et enveloppé, à la base, d'un tissu fibreux qui, en même temps, couvre partiellement la tige. Spathe d'abord sessile, ensuite brièvement pédonculée, enveloppée d'une bractée très large, bifide, roussâtre et portant sur le dos une large aile longitudinale : partie inférieure de la spathe, verte, ventrue-ovale; la partie supérieure, très blanche. Spadice très blanc, exhalant une odeur forte et suave, long de 15- 18 em., un peu plus court que la spathe. Fleurs disposées comme dans les précédents. — FI. rarement et à des époques indéterminées. — Les feuilles, membraneuses et de consistance forte, se récoltent et se vendent dans les magasins d'épicerie, où elles servent à envelopper toutes sortes de denrées. — Très abondant dans les bois supérieurs : Savane à Mulets (source du Galion), cône de la Soufrière, où il est souvent rabougri, Matouba, Matelyane, Savane aux Ananas, etc. Alt. 400-1400 mèt. [N° 3303, 3626.
Marninique. Vulgo : Malanga bâtard, chou caraïbe sauvage. — Plus rare . qu'à la Guadeloupe : Prêcheur (habitation Céron, sur les rochers), vallée du Carbet, Lamentin (Roches-Carrées), Rocher du François. Alt. 150-400 mèt. [N°517.]
Acontias Schott (du grec « akontias », mot par lequel on désignait une espèce de serpent, allusion à la longueur du pédoncule qui porte le spadice, ou aussi à la couleur des pétioles.)
A. helleborifolius Schott, Xanthosoma helleborifolium Schott: Acontias à feuilles d'Ellébore. Vulgo : Malanga bâtard, malanga-poison, malanga-cochon. — Herbe acaule, vivace par ses tubercules, droite, ornementale, haute de 40-60 cm. Feuilles radicales 4-6 pour un pied, pédatipartites, ressemblant
; P ; bien à celles de l'Ellébore de France, sauf la couleur; à 5-11 segments lancéo- , , D lés-oblongs, pointus : les extérieurs beaucoup plus petits; à nervures communiquant avec un arc marginal; pétiole panaché ou bariolé de blane pâle, de brun et de vert; pédoncule radical, plus court que les feuilles. Spathe dressée, blanc pâle, corymbiforme, allongée et pointue; spadice blanc pâle, plus court que la spathe. Fleurs mâles, à anthères connées au milieu. — Les tubercules sont arrondis, jaunes en dedans et ne se mangent pas, — Dans le J b Ï
pays, on les pile, et avec le suc on se frotte les parties du corps affectées de douleurs rhumatismales. — Dans les caféières de Houëlmont, du Camp-Jacob
, , du Gommier, de Gourbeyre, des Trois-Rivières, ete. Alt. 20-600 mèt. [N° 3295.
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Marrninique. Vulso : Chou-diable, calalou-diable. — Trois-Ponts, pare du collège, Parnasse, Morne-Rouge, Carbet, Trois-Ilets, etc, [N° 2149 ec.
Xanthosoma Schott {du grec « xanthos », Jaune, el « soma », corps, parce que les stigmates sont couverts d'une sorte de matière Jaune el visqueuse.
X. sagitlifolium Schott ; Xanthosome à feuilles sagittées. Vulgo : Malanga. Descuvol-VITI; t. 533, p. #; PL., édit. Burm., t. 35. p. 24. — Vivace, à tige nulle ou très courte. Feuilles très larges, vert clair. sagittées, à lobes basilaires, pointus, presque en triangle: spathe jaune serin, acuminée, plus longue que le spadice, blanc pâle, teinté de jaune. — FI, habituellement de septembre à décembre. — Cultivé dans toutes les Antilles comme plante alimentaire ; on en compte une dizaine de variétés, AIL, 0-700 mèt. [N° 2149 d.
— Marnnique. Vulgo : Chou-caraïbe.
X hastifolium C. Koch, X. hastatum Egs.: Xanthosome à feuilles en forme de hallebarde. Vulgo : Calalou, z'herbe à calalou. — Vivace, à feuilles radicales, hautes de 30-80 cm. Feuilles pédatinerviées, à lobes hastés-auriculés et très divergents, à sinus très ouvert. Spathe, blanche dans sa partie supérieure, longue, pointue; verdâtre, dans sa partie ventrue; spadice blane, un peu plus court que la spathe. — Les tubercules sont blanchâtres, assez gros et légèrement rugueux; cuits, on les donne habituellement aux porcs; les feuilles seules sont employées pour la cuisine et on les mange dans la soupe comme le chou ordinaire de France; elles servent, en outre, avec les feuilles de l'espèce précédente, de base à plusieurs mets particuliers aux colonies, entre autres au fameux Calalou. — On appelle Calalou un met exquis préparé avec des feuilles du X. hastifolium, de petits concombres épineux (Cucumis Anguria L.), des feuilles du Mouzambi (Cleome pentaphylla L.), de la petite valériane, à feuilles argentées en dessous, vulgairement nommée Patagon (Boerhaavia paniculala Rich.) de la morelle (Solanum nodiflorum Jacq.', du pourpier, de l'oseille de France, des feuilles tendres de patate, des jeunes fruits de-gombo (Abelmoschus esculentus W.), de l'oseille de Guinée (Hibiscus Sabdariffa L.), des tomates, et enfin du piment. Quand on veut donner au plat encore plus de relevé, on ajoute un peu de vin blanc, quelques clous de girofle, un peu de muscade et d'écorce de cannelle räpés. On doit cuire Île tout avec du lard, un os de jambon, du bœuf salé ou des crabes ‘vulgo :
Ciriques). Le Calalou est toujours servi avec du riz cuit, en grains. — F1. en mai, juin, juillet. — Cultivé dans toutes les Antilles, [N° 3692.) — Manri-
NIQUE. Vulso : Calalou. {N° 2149.
X. atrovirens C. Koch et Bouché; Xanthosome à feuilles d'un noir vert, Vulgo. : Malanga sauvage, malanga bâtard, malanga-cochon. SL, 1. 116, f. 2 (ex parle). — Vivace, à tige nulle ou très courte, même à l'état adulte, Feuilles d'un vert noirâtre, sagittées, à lobes pointus et divergents, limbes à huit paires de nervures, reliées par un are marginal. Spathe rose; spa-
Duss, — Plantes Guadeloupe et Martinique. sl
dice blanc, odorant, latéralement comprimé. -— Les tubercules de cette espèce sont assez fortement rugueux, mais cuits ils peuvent servir de nourriture aux porcs. — Dans les haies, et le long des routes et des ruisseaux : route de la Basse-Terre à Montéran et à Gourbeyre, Trois-Rivières, Lamentin, Baie- Mabault, Pointe-à-Pitre, Marie-Galante, etc. AI. 10-500 mèt. [N° 3795.1 MarriiQue. Vulgo : Chou-cochon, chou bâtard. — Saint-Pierre (Boulevard), Grande-Rivière, Basse-Pointe, Trinité, etc. (Spécimen manque.)
Colocasia Schott {de « kolkas » ou « kulkas », mot arabe pour désigner une espèce de colocasia. Le vrai kolokasion des Anciens est le Nelumbo speciosus, composé du mot « kolon », nourriture, et « kazein », orner, c'est-àdire racine qui sert de nourriture, et fleur qui sert à orner.)
C. esculenta Schott, C. antiquorum Schott ; Colocasie mangeable. Vulgo : Madère. (Arum L.) — Introduit des Indes Orientales et cultivé dans toutes les Antülles; à tubercules rondâtres et noirâtres en dehors. Feuilles radicales, très différentes de celles du Malaga, peltées, cordées à la base, oblongues, pointues, à veines principales reliées par un are marginal. Spathe légèrement jaunâtre ; spadice odorant, libre, nu à la base. Fleurs mâles dans le haut et les femelles dans le bas, les unes séparées des autres par un espace à fleurs stériles, visqueuses, noires. — FI. de septembre à décembre. — Cultivé dans toutes les Antilles comme plante alimentaire. — Les feuilles de cette espèce ne se mangent pas. Du corps du tubercule qui, comme celui du Malanga (Xanthosoma sagillifolium), peut devenir très gros, partent une masse de tiges souterraines, allongées, pyriformes-obconiques, pouvant atteindre jusqu'à 35 cm. de long : les grosses se détachent pour être livrées à l'alimentation; les petites, on les laisse en terre pour avoir de nouveaux pieds. L’'extérieur des tubercules de Madères est uni et presque poli; celui du Malanga est rugueux. Les Madères aiment les endroits frais et humides.
Alt. 0-700 mèt. [N° 3796.]
L'Alocasia macrorhiza Schott, variété foliis variegatis (IE. hort., anno 1861), à feuilles larges, panachées de blanc sur fond vert, à tige cylindrique, marquée de gros anneaux, haute de 0%40-1 mèt. et au delà, à suc très caustique, a été introduit comme plante d'ornement et est devenu extrémement abondant. Il est originaire des Indes Orientales, particulièrement de l'ile de Ceylan.
Caladium Vent. (mot indien employé d'abord par Rhumphius pour désigner
l'Arum esculentum ou Madère, et dont Ventenat s'est servi pour faire le -
genre Caladium.)
C. bicolor Vent.; Caladium à deux couleurs. Vulgo : Madère bâtard, petit Madère, — Vivace, haut de 15-35 cm., très ornemental et remarquable par ses feuilles d'un rouge cramoisi très vif au milieu du limbe, passant assez
brusquement au vert foncé ou au rouge cerise à la circonférence, à racines coniques, munies de fibres charnues et caustiques. Feuilles radicales ; à limbe horizontal, sagitté, ondulé, pointu ou souvent obtus au sommet, de dimension variable ; à pétiole bordé de deux membranes veinées, Pédoncule solitaires ou 2-3, un peu plus courts que les pétioles ; spathe d'un blanc de lait dans sa partie supérieure, acuminée, coriace, verdâtre dans sa partie ventrue; spadice plus court que la spathe, aminci vers l'extrémité et légèrement teinté de rose, rouge vif inférieurement ; ovaires très serrés, d'un violet tendre; stig-
males sessiles, simples, couverts d'une matière visqueuse., — On en connaît plusieurs variétés à couleurs moins vives, à limbe plus large et marqué de quelques taches blanches, qui sont cultivées souvent dans les jardins. — Assez
abondant dans les champs humides et le long des routes : Camp-Jacob, Montéran, Gourbeyre, Sainte-Rose, Lamentin, Baie-Mahault, Trois-Rivières, etc. AIL. 10-600 mèt. [N° 3306...
-Mannnique. Vulgo : Calalou sauvage. — Abondant dans les champs de cannes et les plantations : Lamentin, Ducos, Rivière-Salée, Trois-Ilets, Saint- Esprit, François, Robert, etc. [N° 515, 516, 998.
Dans les Jardins des deux colonies, on cultive fréquemment plusieurs espèces très belles de Caladium, provenant des établissements horticoles d'Europe, entre autres : C. argyriles Ch. Lem. (ZI. horticole, anno 1858; C. Belleymu Hort. (ZI. hort., 1860); GC. Chantini Ch. Lem. (ZU. hort., 1855), etc.
Le Syngonium podophyllum Schott, puissante liane, dont les feuilles ressemblent à celles de l'Ellébore, se rencontre au Jardin botanique de Saint- Pierre et dans d'autres jardins de File, [N° 2194.
Pistia L. (du grec « pistos », aquatique, allusion à l'habitat de la plante.
P. occidentalis Blum., P. s{ratiotes Lin.; Pistia des Indes Occidentales. Vulgo : Godapail, herbe à la chance. Jacq., Sel. Am. stirp. hist, L. 148, p. 234. — Herbe flottante, stolonifère, à racines blanches, très nombreuses, souvent très allongées, filiformes, sans tige. Feuilles rosulées, blanchätres, spongieuses, molles, obovées-rhomboïdes, tronquées-arrondies au sommet el à deux ou trois échancrures, longues de 8-12 em., largement sessiles à la base; spathe très petite, cymbiforme ; spadice adné à la spathe, à deux fleurs : la
supérieure, mâle et portée sur un disque scutelliforme : l'inférieure, femelle,
latéralement adnée au spadice et séparée de la mâle par un appendice écailleux. — Çà et là dans les étangs d'eau douce et les mares, où il se propage
* avec rapidité, protège l'eau contre l'ardeur du soleil et la conserve fraiche et