INTRODUCTION XVII
pentes abruptes ou douces; par la forme conique des mornes, qui augmente l’action sur les nuées électriques, elles ont été admirablement disposées pour une végétation, non seulement des plus exubérantes, mais encore des plus variées. De plus, leurs productions portent une caractéristique particuhère dont 1l faut chercher la cause dans l'humidité dont l'atmosphère est presque constamment imprégnée, En raison de leur situation au milieu de l'océan, dont l’évaporation, selon les calculs des savants, porte sur plus de 33 nullions de tonnes d'eau par degré carré; à cause de leur exposition à des vents variables qui poussent les vapeurs et les brumes de la mer vers les montagnes, où elles se condensent en même temps que les vapeurs qui se dégagent des rivières, lacs, mares et marécages, il n'est pas étonnant que ces îles, sur 365 jours de l’année, ne comptent en moyenne que 66 jours où la pluie fasse défaut sur un point quelconque de leur surface et où l'hygromètre n'accuse que 65° au lieu de 93° maximum. Il en résulte qu'à la Guadeloupe et à la Martinique il fait deux fois et demi plus humide qu'en France.
L'influence de cette humidité, combinée avec la chaleur, se fait sentir d'une manière très appréciable sur le développement des nombreuses Phanérogames herbacées, notamment chez les Cypéracées, les Graminées, les Broméliacées, les Orchidées terrestres, les Aroïdées épiphytes, les Convolvulacées, les Labiées, les Rubiacées et Cordiacées. Mais elle se manifeste d'une manière saisissante dans l'expansion exubérante des Cryptogames:; et, parmi celles-ci, elle impressionne surtout les Fougères, les Lycopodes, les Mousses et les Champignons. La Guadeloupe et la Martinique, plus que toute autre ile, sont le centre privilégié de formation des Fougères et des Lycopodes.