‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 25 sur 211 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

de 12° à 14°, A la Soufrière, pendant la saison fraiche et sereine, de janvier jusqu'en avril, on trouve souvent les feuilles chargées de givre et de glaçons. Le sol est enveloppé d'une toison épaisse de Sphaignes, de Lycopodes et de Fougères. Du fond de cette couche, toujours imprégnée d'eau et sous laquelle leurs racines trouvent une protection contre la violence du vent et de la pluie et aussi contre l’ardeur du soleil, surgissent un petit nombre de Phanérogames d’une grande - beauté, remarquables par la vivacité de leurs couleurs, qui tranchent fortement avec la coloration terne du reste de la végétation. Toutes les plantes de cette région aérée, battues par des pluies presque quotidiennes et tourmentées sans cesse par une brise froide et violente, sont pourvues de feuilles rigides.

Un certain nombre de plantes, herbacées ou frutescentes, se rencontrent dans la zone inférieure tout aussi bien que dans la moyenne et même dans la supérieure. De cette catégorie sont surtout :

Palicourea crocea, Arthrostemma glomeratum,Erythroxylon squamatum, Panicum Sloaner, Hydrocotyle astatica, Mimosa pudica, Sauvagesia erecta, Dieffenbachia Sequine, Distreptus spicatus, Philodendrum giganteum, Peperomia pellucida. Erynqium fœtidum, Chrysobolanus Icaco, Loranthus americanus, Wedelia carnosa, Bambusa arundinacea, etc.

La flore indigène des Antilles se rattache évidemment à la flore du continent américain et en particulier à celle de ces parties du Mexique, du Honduras, de Panama, du Vénézuela, des Guyanes et du Brésil équatorial formant le versant occidental. Un grand nombre des mêmes espèces, qu'il faut principalement ranger dans les Fougères, les Orchidées, les Glumacées, les Palétuviers, les Légumineuses herbacées et frutescentes et dans beaucoup de grands arbres forestiers appartenant à diverses familles, en sont une preuve. Elle tient à celle des États- Unis, surtout par les Graminées et Cypéracées. Le Pérou, l'Uruguay, le Paraguay, la Colombie et l'Équateur n'y sont représentés que dans une faible proportion.

Beaucoup de végétaux utiles et qui, pour la plupart, sont maintenant naturalisés, ont été introduits dans le passé par les colons, les travailleurs africains et indiens; d’autres ont été répandus par les soins des Chambres d'agriculture, par les Jardins botaniques de la Trinidad, de la Jamaïque, de Cuba, de la Martinique et de la Guadeloupe ; d'autres encore ont été implantés par des hommes intelligents, désintéressés et soucieux du bien-être et de la prospérité de leurs pays.

Page 1