TRENTE-DEUXIÈME FAMILLE, — MARCGRAAVIACÉES
Ruyschia Jacq. (dédié au Hollandais Ruysch, né en 1628, à Haage, médecin et professeur d'anatomie à Amsterdam, mort en 1717; son fils Henri était également médecin et botaniste, mort en 1731.)
R. clusiæfolia Jacq., Ruyschia à feuilles de Clusia. Vulgo : José, bois- José. — Arbrisseau voluble-grimpant, s'élevant très haut sur les arbres, à
1. Cette écorce renferme en dehors de l'huile essentielle (1 0/0), de la résine, un principe amer, de la mannite, du mucilage et de l'amidon. Cette huile essentielle renferme quatre huiles différentes dont une est identique avec l'acide eugénique. Elle a une odeur qui rappelle celles de la menthe et du cajeput . (E. H.)
2. Cette petite famille est aujourd'hui considérée avec raison comme formant une
simple section des Ternstræœmiacées. (E. H.)
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branches très nombreuses et très enchevêtrées, à écorce noire. — Feuilles entières, alternes, obovales, articulées à la base et laissant après la chute de larges cicatrices, coriaces-charnues, brièvement pétiolées, à nervures imperceptibles, à côte large, aplatie. Fleurs en grappes terminales, spiciformes, souvent très allongées, toujours dressées; pédicelles courts, un peu plus longs que les fleurs; d’abord réfléchis vers l'axe de la grappe, ensuite horizontaux ; calice à 7 sépales arrondis et imbriqués, les 2 extérieurs plus courts. Au sommet de chaque pédicelle pend, inséré à angle droit, une bractée charnue, persistante, ou un ascidium en forme de cuiller, très concave, qui se termine par une pointe tournée de bas en haut ; pétales 5, fortement réfléchis ; étamines 5, à anthères basifixes, allongées, introrses, quadriloculaires, à déhiscence longitudinale; pistils concrescents, formant une petite colonne ; stigmates étalés, sessiles; ovaire libre à 5 loges imparfaitement séparées par des cloisons et renfermant 3-6 ovules. Fruit globuleux, de la grosseur d'un pois, à péricarpe charnu-coriace, s'ouvrant de bas en haut par déhiscence loculicide ; graines petites, noires, anguleuses. — Assez abondant dans les bois inférieurs et moyens des Bains-Jaunes, du Matouba; plus rare Gourbeyre (morne Goblin). — Les fruits frais se mangent et ont le goût de la fraise. — F1. d'octobre en janvier. [N° 2302.)
MarminiQue. Vulgo : Aralie petite-feuille. — Çà et là dans les bois des Fonds-Saint-Denis, des hauteurs de l'habitation Pecoul, etc. [N° 1827.)
Marcgraavia L. (dédié par Linné au Hollandais Georges Marcgraal, né en 1610, à Sebstadt; a voyagé dans l'intérêt de la botanique : au Brésil, de 1636-1643 ; à la Guyane, en 1644; en Chine, où il est mort; a écrit avec Pison : Æisloria naluralis Brasiliæ.)
M. spiciflora Rich.; M. à fleurs en épis. Vulgo : José-vrai. — Arbrisseau droit ou tortueux, haut de 1-3 mètres, à tige souvent noueuse et toujours nue dans le bas. Feuilles comme dans le précédent. Fleurs en grappes corymbiformes, longues, de 8-10 cm., axe de la grappe plus gros que la tige; pédicelles fortement épaissis au sommet, longs de 3-3, 5 cm., subcylindriques ; calice à 6 sépales imbriqués, les 3 extérieurs plus petits ; aserdium en forme de cuiller naissant au-dessous du milieu des pédicelles; corolle en forme de cape, conique avant l'ouverture, à 4-5 pétales, réfléchis dans la fleur épanouie ; étamines habituellement 20, uniseriées, légèrement concrescentes à la base et insérées sur un disque étroit entourant l'ovaire ; anthères biloculaires, blanches, introrses, s'ouvrant longitudinalement, articulées avec le filet au-dessus de la base ; stigmate sessile; ovaire longitudinalement strié, à 4 loges incomplètes. Fruit globuleux, mangeable, couronné par le style persistant, tardivement et irrégulièrement déhiscent de bas en haut, légèrement ruguleux, à péricarpe résistant ; graines nombreuses, petites, noires, luisantes, polies, tantôt obovales, tantôt arquées, tantôt
plus ou moins réniformes. — Vit isolément ou en société dans les sphaignes, sur les montagnes les plus élevées : Savane aux Ananas, Savane à Mulets. plateau et cône de la Soufrière, etc. — FI. d'octobre en février. — Alt, 1200-1470 mèt. [ N° 2303.]
Il n'existe pas à la Martinique.
M. umbellata L., M. coriacea V.; M. à fleurs en ombelles. Vulgo : Boiscouilles. Br. Jam.,t. 25: Tuss.,' FLAN tt Al3E0Deésc. vol. IM,01609299) p. 25. — Liane épiphyte, montant jusqu'au sommet des plus grands arbres, très remarquable par les changements que subissent les feuilles et les tiges. Dans le premier âge, les tiges sont filiformes, rampantes, très radicantes et fortement attachées aux pierres, souches et troncs sur lesquels elles poussent; les feuilles, longues de 3-15 mm., sont pétiolées ou sessiles, presque linéaires d’abord, ensuite elliptiques et sans nervures. Dans le second âge, les tiges deviennent striées, comprimées, tétragones et se couvrent souvent de petites écailles ; les feuilles ont une longueur de 30-40 mm. sur une largeur de 20-30 mm. ; elles sont subsessiles, cordées à la base, ovales, arrondies ou échancrées au sommet, très souvent crénelées et toujours minces et translucides sur les bords : la face supérieure porte fréquemment des panachures ou des stries blanchâtres, un des lobes basilaires et quelquefois les deux couvrent la tige, la côte est bien prononcée, mais les nervures sont à peine perceptibles dans les feuilles vertes. A l’âge adulte, les tiges sont plus ou moins cylindriques, quelquefois tout à fait cylindriques, et tout en restant radicantes elles émettent des branches d'abord dressées, ensuite pendantes, florifères ; les feuilles sont longues de 8-10 cm., brièvement pétiolées, ovales-elliptiques ou ovales-oblongues, rigides, à côte, nervures et nervilles bien prononcées, et rappellent assez bien celles de certains merisiers (Fugenia), ou encore celles du caféier. Dans les endroits ombragés, les feuilles adultes sont moins développées et prennent une forme linéaire-lancéolée, ont une côte rouge et forte, point de nervure et la face inférieure est couverte d'un duvet court et ferrugineux. Fleurs verdâtres, en ombelles pendantes terminales comptant jusqu'à 23 rayons longuement pédicellés, ruguleux et couverts de lentilles allongées ou rondes et blanchätres; pédicelles extérieurs ébractéolés, les 3-5 du centre changés en bractées longues, en forme de sac largement ouvert avec des pédicelles soudés à la base, ce sont des rayons extérieurs de l'ombelle; corolle en forme de capuchon, qui ne s'ouvre jamais et tombe d’une seule pièce ; étamines nombreuses, droites, insérées sur le calice ; anthères recourbées. Fruit de la grosseur d'une cerise, plus large que long, gris-brun ou rouge et ruguleux en dehors, surmonté d'un mamelon strié, reste du stigmate persistant. — Abondant dans tous les grands bois de la Guadeloupe. Alt. 400-950 mèt. [N° 2301.
Marnnique. Vulgo : Bois-pétard. — Dans tous les grands bois. [N° 1826.]
De cette familleon cultive à la Basse-Terre et à la Pointe-à-Pitre le Norantea
HYPÉRICINÉES — SALICINÉES 107
guyanensis Aubl. (ist. de la Guy., t. 220), grande liane originaire de la Guyane, à racines adventives, aériennes, filiformes, très longues, à feuilles épaisses, luisantes, à fleurs violettes, très allongées. Les pédicelles portent de grandes bractées écarlates en forme de sac, qui produisent le plus bel effet. Elle fleurit régulièrement d'octobre en janvier, mais sans produire de fruits. [N° 3208.]
MARTINIQUE. — Jardin botanique ; introduit en 1887. [N° 2110.)