‹ Annales de l'Institut colonial de MarseilleChapitre 69 sur 211 · QUARANTE-NEUVIÈME FAMILLE. — CYRILLEES · texte numérisé non relu

QUARANTE-NEUVIÈME FAMILLE. — CYRILLEES

Cyrilla L. (dédié à l'Italien Dominico Cyrillo, professeur de médecine à Naples; a écrit : Collectio plantarum rariorum regnt Neapolensis, 1788; T'abulæ bolanicæ, 1790.)

C. Antillana Mich.; Cyrille des Antilles. Vulgo : Bois-couché, olivier-demontagne. — Arbrisseau droit, touffu, très ornemental, par l’ensemble de son port, de son feuillage et de ses fleurs, toujours très vert, haut de 80 cm. sur le cône et le plateau de la Soufrière, de la Grande-Découverte, petit arbre aux sources du Galion et au Matouba, oùil vit en société, arbre gigantesque dans les bois de Sofaya (Sainte-Rose}, à l'endroit nommé « le bois-couché ». Feuilles vert clair, rigides, très rapprochées et confinées aux extrémités des branches, lancéolées-oblongues, légèrement échancrées au sommet, finement réticulées, surtout en dessous. Fleurs petites, blanches, en racèmes serrés, allongés, nombreux, axillaires, situés aux extrémités des branches, plus longs que les feuilles; pédicelles courts, aussi longs que les pétales; calice très petit, à 5 divisions ; pétales 5, pointus ; élamines 5; anthères s'ouvrant par une fente latérale ; style court ; stigmate bifide; ovaire ovale, inséré sur un petit torus, à 2 loges. Fruit capsulaire s'ouvrant en 2 valves; semence [. — FI. en mai, juin, juillet. — Alt. 280-1480 mèt. [N° 2346.

Cet arbre si commun à la Guadeloupe ne se trouve pas à la Martinique.

CINQUANTIÈME FAMILLE. — CÉLASTRINEES.

Maytenus Juss. (du nom chilien « mayten ».)

M. elliptica Kr. et Urb., M. gonocladus Gr.; Maytenus à feuilles elliptiques.

Düss, — Plantes Guadeloupe et Martinique. 10

Vulgo : Bois-citron. — Petit arbre, très droit, haut de 3-4 mèét., à écorce grise, à jeunes branches tétragones et à écorce brune. Feuilles elliptiques ou elliptiques-ovales, cartilagineuses, obtuses ou légèrement échancrées au sommet, luisantes en dessus, grises en dessous, délicatement veinées. Fleurs très petites, axillaires, solitaires ou en cymes très courtes, situées à l’aisselle des feuilles: calice cupuliforme, à 5 dents; pétales 5 ; étamines 9, insérées sur le fond d'un disque rond; pistil syncarpé; ovaire plongé dans le disque. Fruit à 2 loges uniovulées; style court; stigmate bilobé; semences 1-2, orbiculaires, fortement comprimées-aplaties, dures, d'un brun noir, luisantes, poles,

presque complètement entourées d'un arille légèrement violacé. — FI. en avril ou mai; fruits mûrs en Juillet. — Assez abondant dans les endroits calcaires

ou pierreux et secs : Vieux-Fort, Marie-Galante (Folle-Anse), Gozier. AIL. 0-300 mèt. [N° 2176.)

Marriique. Vulgo : Bois-citron, bois-Guillaume. — Hauteurs de Case- Pilote (Fond-Layette), Diamant (habitation Kikandon), morne Gommier (Marin). [N° 809.]

M. quyanensis Gr.; Vulgo : Café-bois, bois-café.— Petit arbre, tantôt droit et à branches tout à fait horizontales, tantôt tortueux, à branches inclinées et allongées. Feuilles trois fois plus larges que dans le précédent, vertes des deux côtés, luisantes, brièvement pétiolées, elliptiques, terminées en pointe, à côte saillante en dessous. Fleurs jaune verdâtre, très petites, en cymes très courtes, insérées à l'aisselle des feuilles. Fruit ovoïde, un peu plus grand qu'une cerise de café, s’ouvrant en 2 valves, transversalement sillonnées en dedans: semences 2, ovoïdes-aplaties, entièrement couvertes sur le dos et sur plus de la moitié du côté ventral d’un arille rosé.— FI. en avril, septembre. — Peu abondant. Çà et là dans les bois inférieurs des Bains-Jaunes; moins rare dans les bois marécageux du bord de mer, entre le Vieux-Bourg et le canal des Rotours. Alt. 0-650 mèt. [N° 3101 et 3673. ]

Marnnique. Vulgo : Café-bois. — Bois inférieurs de la Montagne-Pelée (rare), Trois-Ilets (La Plaine). [N° 2133. |

Elæodendron Jacq. (du grec « elaion », huile, et « dendron », arbre, parce que les fruits ressemblent à une olive et que plusieurs espèces contiennent de l'huile.)

E. æylocarpum D. C.; Eléodendre à fruits ligneux. Vulgo : Prune bord-demer. — Petit arbre peu élégant, presque toujours plus ou moins tortueux, à écorce noire, rude, transversalement fendillée, à branches très étalées, souvent fortement inclinées. Feuilles cartilagineuses, elliptiques-obovales, atténuées à la base en un court pétiole, crénelées, à crénelures grosses, distancées, peu profondes. Fleurs polygames, en eymes terminales; calice à 4-5 divi. sions profondes; pétales 5 ; étamines 5, insérées sur le bord d'un disque rond; ovaire plongé dans le disque, à 3 loges biovulées. Fruit ovoïde, très glauque

CÉLASTRINÉES 147

et légèrement pubescent avant la maturité, tantôt srand comme une noix di France, tantôt comme une olive; à épicarpe et mésocarpe secs ; à endocarpe osseux et épais; semences 1-3, oléagineuses. — Peu abondant. Çà et là entre les pierres des falaises du bord de mer. — FI. en mai et juin; fruits mürs en septembre, octobre et novembre. — Les fruits restent longtemps attachés au pied. — Gozier. [N° 3680.

MarnniQue. ,Vulgo : Prune bord-de-mer. — Assez abondant entre les pierres des environs du phare de la Caravelle. [N° 587.

Myginda Jacq. (dédié au botaniste autrichien Fr. Mygind, qui a collectionné les plantes de la Barbade pour lherbier de Jacquin.

M. Jihacoma Sw. (de « Rha », vieux nom de la Wolga, d'où l'on trait cette plante. Le Æachoma de Pline, XX VII, 105, est le Rheum rhaponticum, plante très différente de celle dont il est question ici.) Rhacoma uragoga Rich., Br. Jam., t. 17, f. 1: Desc., vol. IV, t. 25, p. 81. — Grand arbuste ou arbrisseau, élégant, très touffu, à branches divariquées ou fastigiées. Feuilles petites, membraneuses, obovées ou ovales, parfois nettement elliptiques, crénelées-serretées, à pétiole court. Fleurs très petites, en cymes axillaires, courtes; pédoncules filiformes, plus courts que les feuilles et bifurquées au sommet; calice persistant, à # divisions profondes; pétales 4; étamines 4, insérées sur le bord d'un disque; ovaire niché dans le disque, à # loges uniovulées. Fruit drupacé, rouge, très dur, plus petit qu'une graine de poivre. — Descourtilz classe cette plante dans les diurétiques excitants et recommande la racine dans les néphrites calculeuses; il ajoute que les colons des Antilles sen servent pour cicatriser les abcès des reins et de la vessie, et qu'ils absorbent dans ce cas la poudre de la racine dans du lait, Dans les endroits de la Guadeloupe et de la Martinique où cet arbuste existe, on se sert quelquefois des racines en décoction comme diurétique. — Aime les endroits secs et calcaires. — Abondant à la Désirade {côte occidentale), à Marie-Galante (Capesterre), aux mornes calcaires, entre Port-Louis et l'Anse-Bertrand. [N° 2870.]

Nora. — Ea figure de Descourtilz représente mal le fruit; dans mes spécimens, provenant de la Désirade et de Marie-Galante, on trouve, en dehors des cymes axillaires, des panicules terminales assez allongées et formées de petites cymes.

Marrique. Vuleo : Petit merisier, — Assez abondant au Vauclin (Macouba) et sur les mornes calcaires de Sainte-Anne, [N° 569.

M. pallens Sw.; Myginda à feuilles vert pâle. Vulgo : Petit merisier, — Petit arbre droit, à branches divariquées souvent imclinées : les jeunes, tétragones; les adultes, cylindriques, à écorce lisse et grisätre. Feuilles petites, membraneuses, obovales ou obovales-oblongues, à pointe obluse ou échancrée, subentières ou faiblement crénelées. Fleurs très petites, en cymes

148 PLANTES DE LA GUADELOUPE ET DE LA MARTINIQUE axillaires, portées par 2 pédoncules filformes opposés et bifurqués au sommet, plus courts que les feuilles; drupe rouge, obovale, couronnée du süigmate persistant, — Rare. Çà et là dans les endroits secs et pierreux de Houëlmont. — F1. en tout temps. — Alt. 190-300 mèt. [N° 2177.]

Je ne l'ai pas trouvé à la Martinique.

M. lalifolia Sw.; Myginda à larges feuilles. Vulgo : Petit merisier. — Arbuste ou petit arbre élégant, très droit et très touffu, à jeunes branches tétragones. Feuilles très rigides, elliptiques, ou obovales ou spatulées, suben- Lières ou grossièrement crénelées vers le’sommet, et souvent profondément échancrées. Fleurs très nombreuses, blanches, odorantes, en eymes dichotomes ou trichotomes, courtes, fasciculées, formant ensemble un corymbe terminal ou axillaire. Le fruit manque. — FI. en août et septembre, — Assez rare. Çà et là sur le plateau calcaire de la Désirade. [N° 2871.|

[ n'existe pas à la Martinique.

Schaefferia Jacq. (dédié au pasteur protestant allemand, Jac. Christ. Schaeller, né à Querfurt (Saxe), en 1718, grand prédicateur et chef de consistoire, auteur de différents ouvrages de botanique.)

S. frutescens Jacq., S1., t. 209; Sw., F1., t. 7, analÿt.; Schaefferia frutescent. Vulgo : Merisier. — Arbrisseau buissonnant, élégant, haut de 1-2 mèt., à branches minces, flexibles : les Jeunes, bianguleuses-comprimées et finement striées. Feuilles alternes, vert pâle en dessous, glabres, rigides, elliptiques, pointues au sommet, rétrécies à la base en un court pétiole. Fleurs dioïques, axillaires, diversement groupées : les mâles, presque sessiles, en petites glomérules axillaires; les femelles, en cymes sur un pédoncule généralement long et portant 4-6 rayons; pédicelles petits, filiformes, épaissis au sommet, aussi longs que les fleurs femelles ; calice petit, persistant, à 4 divisions arrondies; pétales 4, écarlates; étamines 4, hypogynes; ovaire à 2 loges uniovulées. Fruit pulpeux, ovoiïde-comprimé, surmonté du style et du stigmate persistants, traversé au milieu, sur les deux côtés, par un sillon ; semences 2, — FI. en juin et juillet, en septembre et octobre. — Dans les terrains secs el pierreux : Moule {le long du canal), mornes calcaires de Port- Louis et aussi dans les sables du bord de mer. [N° 2872.

Martinique. Vulgo : Petit merisier. — Hauteurs du Carbet (le long du canal),

mornes calcaires de Sainte-Anne. [N°:590.] CINQUANTE-UNIÈME FAMILLE. — DUIGINERES.

Ilex 1. (du celtique « ec » ou « ac », pointe, parce que les feuilles des

espèces-lypes portent des piquants.)

ILLICINÉES 149

I. montana Gr., variété ortentalis Loes. Houx des montagnes, Vulgo : Graines vertes, pruneau. — Petit arbrisseau, très élégant à cause de son port et son feuillage toujours très vert, à branches fastigiées, ou petit arbre à branches étalées, à écorce d'un brun foncé, verruqueuse et peu fendillée. Feuilles simples, elliptiques ou ovales-lancéolées, acuminées au sommet, atténuées à la base, dentées en scie, à dents aiguës, infléchies vers le limbe, veines saillantes en dessous; pétiole court, noir. Fleurs complètes, petites, en corymbes de 8-20 rayons, plus longs que les pétioles; calice monopétale 4-6-partite; corolle blanche, rotacée, à 6 pétales concrescents près de la base; étamines 6, insérées à la base de la corolle et alternant avec les segments du calice; filet filiforme ; anthères introrses, s'ouvrant longitudinalement; ovaire sessile, à # loges; stigmates #, sessiles, distincts, noirs et très visqueux. Fruit brun, baccien, globuleux, de la grosseur d'une graine de poivre, surmonté du style persistant; semences 2-4, triquètres, légèrement cannelées. — Assez abondant dans la région supérieure des hautes montagnes : cône et plateau de la Soufrière, où 1l est rabougri, sources du Galion, Grande-

Découverte, Savane aux Ananas. — F1. presque toute l'année. — AI, 950- 1480 mèt. [N° 2558, 3435.] Marmmique. Vulgo : Petit citronnier. — Abondant à la Montagne-Pelée,

au-dessus de la petite savane et aux Pitons-du-Carbet. ! N° 616.]

I. sideroxyloides Gr. ; Houx ressemblant au Sideroxylon. Vulgo: Bois-citron, citronnier blanc. — Petit arbre ou arbre de taille moyenne, à branches inférieures divariquées : les supérieures, fastigiées, à écorce blanchâtre, peu fendillée. Feuilles variables, elliptiques ou obovales, rétrécies à la base, obtusément pointues ou échancrées au sommet, d’une consistance de parchemin, luisantes et vertes en dessus, grises en dessous; pétiole court, cannelé, Fleurs très nombreuses, en petites cymes ombelliformes axillaires de 3-13 rayons, aussi longs ou une fois plus longs que les pétioles; corolle blanche, rotacée, plus large que dans le précédent, Fruit globuleux, comprimé au sommet,

plus grand qu'une graine de poivre. — Cet arbre fournit un bois recherché pour la charpente, la menuiserie et le charronnage. — FT, de janvier en mars; fruits mûrs en mai et juin : les oiseaux en sont friands. — Abondant dans

tous les grands bois des Bains-Jaunes, du Matouba, des Vieux-Habitants et du massif de Houëlmont. Alt. 200-900 mèt. [N° 2309.)

MARTINIQUE. — Variété typica Loes., forma vulgaris Loes. Vulgo : Bois gris. — Abondant dans les bois inférieurs de la Montagne-Pelée (bois de Galbiac), des Fonds-Saint-Denis, des hauteurs de la Grand'Anse, et à l'état de buisson dans les terres calcaires de la Caravelle et des mornes de Sainte-Anne. Alt. 50-600 mèt. [N° 654, 1246.

I. nitida Max. ; Houx à feuilles luisantes. Vulgo : Citronnier, graines vertes,

pruneau noir, — Arbre de taille moyenne, droit, à écorce grisâtre, couverte

e rugosités, à branches munies de verrueset de lenticelles, à jeunes rameaux

noirs où bruns, lisses, légèrement striés. Feuilles membraneuses, vert noir en dessus, larges, elliptiques ou elliptiques-oblongues, grossièrement crénelées au-dessus de la base, roulées sur les bords, obtusément pointues au sommet, Fleurs petites, nombreuses, en corymbes axillaires. Fruit comme dans le précédent, mais à épicarpe noir et luisant; semences #, triquètres, nettement cannelées. Se distingue facilement de ses congénères par ses feuilles plus larges et crénelées, ses fleurs plus petites et plus ou moins verdâtres.

— Abondant dans les mêmes habitats que le précédent. — FI. en mars et avril. —Alt. 100-700 mèt. [N° 2867...

Manrnique. Vulgo : Bois-petit-Jean. — Parnasse, Fonds-Saint-Denis,

fontaines Didier et Absalon, ete. [N° 656.)

I. dioica Gr.: Houx à fleurs dioïques. Vulgo : Citronnier-montagne. — Petit arbre tortueux, à écorce verruqueuse, à jeunes branches comprimées et striées. Feuilles larges, cartilagineuses, elliptiques ou ovales, subentières ou à peine crénelées au-dessus de la base, terminées en pointe obtuse, arrondies à la base, côte très saillante en dessous, imprimées en dessus ; pétiole court, large, cannelé. Fleurs nombreuses, en corymbes ombelliformes ou en simples ombelles naissant d'une tubérosité, à 5-14 rayons aussi longs que les pétioles: corolle rotacée. Fruit globuleux, à peu près deux fois plus petit qu'une graine de poivre, surmonté d'une pointe courte, reste du style persistant. C'est de tous les [lex de nos colonies l'espèce dont les fruits sont les plus petits. — Assez rare. Çà et là dans les Pitons-du-Carbet. Alt. 780-850 mèt. [N° 237,

nur

655,] — Il n'existe pas à la Guadeloupe.

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