I . -^ ApproteUoo de rOrdimire
R«lm«» lei Janvier 1863.
« Mon cber Chanoine,
n D'après le rapport qui m'a été fait^ par un ancien profe»- » seor de théologie, sur votre écrit in tituié : UUfês au M. P. Dea Mompf ; et d'apfès la conniUsaance que j'ai d'ailleurs de vos » opinions philosophiques touchant les matières traitées dans » ce nouvel ouvrage» je tous permets volontiers de le livrer à • l'impreasimi.
» Recevei l'assurance de mes aentiments affectueux et 9 détoués.
» Tmoilas, Cardinal Goossbt,
» Arckevéciae de lieiioe. »
1. ^ Leitïe de Sa Gniideiir llon«lgneiir Dombt, évé<|ue ûé MoaUubâfi, à
rameur.
Vontauban, le 30 décembre 1S61 .
« Monsieur TAbbé,
» J'ai lu VOS Lettres adressées au R. P. Dechamps etc., et je » n'y ai rien trouvé qui ne fût parfaitement d'accord avec les » quatre thèses dans lesquelles le Saint-Siège a fixé les principes » qu'on doit respecter en matière de philosophie, pour ne pas 1» donner atteinte aux vérités de la foi. C'est là, au fond^ tout
' Vnlnsrsale noQDuni voMaçt T<».vera esse aliqoid existens in rerom natara independenter ab intelledu, et hoc est célèbre universale à parte rei (J. Z. MeUiûi lexicùn quo veterum theologorum locutiofUs explteantur, Uiedogis tlro- Dibus aceemmodatum, p. 94. — Leodiii 1836.
APPROBATIONS MNIIÉES AC TBADITIONALISMB. 67
» ce qu^oa a droit d'eiiger d'un philosophe catholique^ au h nom de la religion. Mon sentiment personnel est que vous » êtes tout à fait dans le vrai, et je n'hésite pas à dire de nou- » veau qu'il est urgent d^exclure de l'enseignement de la phi- » losophie qui se donne aux jeunes gens le Carlésianiâmé tel
• qu'on l'entend aujourd'hui, et tel qu'on devait finir par 1» l'entendre, en tirant les conséquences naturelles de son » point de départ. Transportez-vous en esprit devant la chaire » d'un Professeur de philosophie : il s'adresse à quinze ou » vingt jeunes gens qui ont de quinze à dix-huit ans, et il » leur dit, par exemple : « Je vais vous démontrer clairement » et péremptoirement l'immortalité de l'âme, l'existence d'une » loi morale naturelle^ et celle de la vie future où la vertu i sera récompensée et le vice puni éternellement. » Sur quoi
• je fais cette question : Le professeur peut-*il ajouter : « Si ^ vous n'êtes pas convaincus par mes preuves, je vous permets » de ne plus croire à ces vérités^ ou tout au moins de les tenir )> pour (Jouteuses? » Assurément non; mais il leur dira : « Si i vous n« comprenez pas, tant pis pour vous> et ce n'est pas i une raison pour y renoncer. » Ainsi l'élève doit continuer à » croire ce qui lui a été enseigné là-dessus dès son enfance, » soit qu'il en comprenne ou qu^il n'en comprenne pas les » preuves rationnelles.
• J'en conclus que la foi à cm vMtés repose sur un autre » fondement que la démonstration philosophique , et que » celle-ci ne tient qu'un rang tort secondaire dans nos convie- » lions, quand il s'agit des grandes vérités générales qui inté-
• nnseni tout le monde et qui sont le pivot de notre vie » morale.
» Agréez, Monsieur l'abbé, etc.
» Jban-Mabik, Év. de Montauban. »
Adhésion au livre de la dépmie de$ quotn Prcpositkms.
3. — Lettre de H. Yàbhé Victor Pelletieh, chADOise titulaire d'Orléans.
« Monsieur Tabbé.
• J'ai fu tardivement, il est vriii, mais avec plaisir et profit votre Défense des quatre propaiitiont contre leurs soi-disant défenseurs^ M. le docteur Maupied 11. Tabbé Cognât, et M. le chanoine Lupus, de Liège.
6S LETTIIES AV F. HKCHAMPS.
« Voua avez eu gnodenrant raison d« mettre dans un jour écktant le sens véritable et nullement équivoque des pr(^>o6ition8 formulées par la Sacrée Gon^ grégation de l'Index dans son décret du il juin ]85â« et souscrites par Fémineot directeur des Annales de philosophie dirétienne y H. Bonnetty; en outre, de oontenir et de réprimer Tenthouslasme calculé des Semi-rationalistes de notre tempe à Teadroit du décret précité.
» Votre argumentation est juste, votre érudition abondante et sûlpe, voire style simple et clair, votre polémique pleine de vigueur et de convenance.
» Lorsqu'on a lu vos dissertations, on est tenté de poser cette question : Gomment se fait-il que des catholiques de savoir et de talent, ea viennent à soutenir aussi résolument des doctrines qui tendent à les rapprocher des secta* teurs exclusifs de la raison et de ses procédés ? Sans doute, quand il s^agit de ramener des esprits dévoyés, il convient tout d'abord de chercher non ce qui divise, mais ce qui rapproche, de trouver un terrain neutre sur lequel on puisse se rencontrer ; mais cette nécessite imposée à tout polémiste n'autorise pas les concessions iniprudentes. La réconciliation de la foi et de la science n'est pas à faire, puisque Tantagonisme n'existe pas. 11 existe seulement des hommes instruits dans une certaine limite, éblouis par de fausses lumières, admirateurs d'eux-mêmes et de leurs idées, pour qui l'ordre surnaturel est au moins une super relation. Or, pour désabuser ces penseurs peu profonds, faut-il commencer par exagérer avec eux la portée et la puissance de la Raison et la valear de ses actes?
» Il y a deux manières d'entrer et de se tenir dans une polémique. La pre^ mière consiste à consulter uniquement les intérêts de la vérité; la seconde, à rechercher avant tout les concessions qu'on pom-rait faire sans encourir aucune note, sans se séparer des principes définis ou équivalemment définis. Dans le choix entre ces deux méthodes, ce n'est pas toujours la science qui dirige, mals^ c'est souvent le caractère de chacun. Les caractères forts ne voient que les doctrines et ne se préoccupent point des personnes. Les caractères timides, complaisants ou sulyugués, commencent par jiiesurer la taille de leur adversaire, par écouler le bruit qui se fait autour d'eux, et sa décernant à euxmêmes la qualité de modérés, quoique souvent au fond très-intolérants, ils ont plutôt l'air de négocier que de combattre ; tandis qu'ils réservent pour leurs amis les arguments furieux et échevelés. À ce point de vue la polémique de certains catholiques au 10« siècle doit redouter le verdict de l'histoire, car ce verdict ne sera pas à sa louange.
n Je n'ai pas besoin de dire. Monsieur l'abbé, que cette seconde méthode, pleine de périls et d'écuelis*, n'est pas la vôtre ; et non-seulement je vous en félicite, mais encore j'en bénis Dieu.
» Veuillez agréer l'expression des sentiments tout particuliers d'estime avec lesquels je suis,
» Monsieur l'abbé,
» Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
» Victor Pelletier,
• Chanoine de l'église d'Orléans. »