TROISIÈME ARTICLE
CHAP. II. — Applications des termes universaux aux idées, et exposition du système de la philosophie chrétienne sur les idées.
42. Toute parole renferme une pensée. — Les termes Universaux expriment des idée? Universelles que la science n'a pas inventées, mais qui se sont toujours trouvées dans l'esprit humain. — Même les Enfants en tas âge ont des idées universelles, sans savoir les formuler. — On pose le problème de VOrigine des idées. — Différentes hypothèses par lesqueUes on a voulu expliquer la présence, dans Tintellect humain, des idées de l'intellect divin. — Celle des Scolastiques a été approuvée par Bossuet.
43. Doctrine de saint Thomas sur la connaissance en général. — Comment le sens est tout le sensible, et l'intellect, tout l'intelligible. — Le monde naturel et le monde intentionnel. — De la connaissance sensitive en particulier. — Vertu du sens de spiritualiser le matériel. — Etat représentatif dans lequel les choses extérieures connues se trouvent dans celui qiii les connaît. — Groupe de prodiges que renferme le phénomène de la connaissance. C'est le plus grand œuvre du Dieu Créateur.
44. Développement de la théorie de saint Thomas sur la manière dont l'homme se donne les idées. — Les intentions Premières et les intentions Secondes. — Différentes manières d'être de Dieu, de l'Ange, de l'Homme, et nécessité qui résulte pour l'homme de la présence du Particulier pour s'élever à l'Universel. — Comment l'Intellect humain comprend.
' Voiî le 2« article au N" prépp.dent ci dessus, p. 74.
Preuve irrécusable que c'est là la vraie manière dont il comprend, résulla«t de son union avec lé corps. — Descartes et Malebranche réfutés, à cet endroit, d'avance, par saint Thomas, dans la personne d'Âvicène. — Seule la théorie scolastique sur les idées explique pourquoi Thomme est âme et corps.
45. Nécessité de traiter à part de la nature et des fonctions de Y Intellect-Possible et de llntellect-Agissant. — Les trois rapports possibles entre Tlntellect et TUniversel. — De l'aveu de tout le monde, l'Intellect humain, en puissance par rapport à rUniversel, ne le possède pas en acte. — Gomme le sens, l'intellect est une puissance passive ; rien de plus raisonnable que d'appeler cette puissance Intellect-Possible. — Qu'est-ce que la Mémoire? La Mémoire est de deux espèces, dans l'homme : elle est intelleclive et semitive. La mémoire intellective n'est que Vlnidlect'Possible. — Preuve que l'une de ces deux mémoires n'est pas l'autre. — Qu'est-ce que la Réminiscence, faculté exclusivement propre à l'homme? —Tort que s'est donné le Cartésianisme, en supprimant V Intellect-Possible.
46. Explication de la Théorie sur V Intellect-Agissant. Nécessité d'admettre une vertu, faisant passer l'intellect de la puissance à Y Acte. — Platon, Aristote, Descartes, Malebranche et Locke ont admis cette vertu. — Erreur, commune à tous ces philosophes, d'avoir admis cette vertu hors de Thomme, tandis qu'il faut la placer dans l'homme. — Ainsi que le sens, l'intellect est, évidemment en même temps, passif et a4:tif. — Belle doctrine de saint Thomas sur la lumière intellectuelle.
— Comparaison entre cette lumière et la lumière corporelle.
— Comment l'Intellect- Agissant rend intelligibles ou universelles les images particulières et sensibles, en les éclairant.
— Magnificence et sublimité de cette doctrine ; l'homme entend en s'élevant graduellement au-dessus de la matière. — Cette doctrine est conforme à la loi universelle : Que l'Infime du Suprême Uniche le Suprême de V Infime, afin d'unir ensemble tous les êtres.
47. Conformité du système chrétien, sur l'origine des idées, avec les passages de l'Écriture, louchant ce sujet, comme saint Augustin et saint Thomas les ont interprétés. — En s'ap-
4S4 TBAlTi DI PHILOSOPHIE (»IIÉT1EN1«E
puyant sur la parole de saint Jean : a Le Verbe est la vraie IwmUre, etc. », le Cartésianisme a abusé de l'Ecriture. — La doctrine de saint Thomas, sur la vision de TEssence divine, explique toujours mieux sa doctrine sur la vision des idées,— 'Une leçon, en passant, au Semi-rationalisme qui a accusé saint Thomas d'avoir mis un intermédiaire entre Tlntellect et Vidée. — Les quatre lumières de Tlntellect humain. — Hagoificence et grandeur de l'idéologie chrétienne.
GHAP. UL — Réponse à quelques nouvelles objections contre la théorie de la philosophie chrétienne sur les idées.
48. Quoique table rase au commencement, Tintelligence humaine n'entre pas moins en reine puissante dans le monde intellectuel. — Les principes de saint Thomas excluent formellement la doctrine matérialiste : « Qu'il n'y a pas d'idée a sans image » et que « toute idée a été d'abord sensation. » — - Vraie nature de Timage et de l'idée, et impossibilité de se trouver ensemble dans l'esprit. — Encore une magnifique doctrine de saint Thomas sur la sensation, et conséquences qui en dérivent. — La théorie de la philosophie chrétienne sur la connaissance est la seule qui explique l'homme et la seule vraie.
49. Autres remarques sur le reproche fait à saint Thomas : « d'avoir établi la sensation, comme cause de l'idée, o — Le premier-compris et le secondrcompris des scolastiques. — Véritable rôle de la sensation dans les opérations de l'intellect. Nécessité pour l'âme humaine d'être unie au corps. — Seulement, par la théorie chrétienne sur les idées, on peut se rendre compte de la place que l'homme. occupe dans la création.
50. Encore une réponse à cette objection, contre l'idéologie chrétienne : a Que l'intellect uni de l'homme ne saurait se 9 former des conceptions infinies, des idées. » La vertu sensitive et la vertu intellective. — Il y a deux manières de comprendre. Celle dont notre intellect comprend l'Idée infinie^ n'est pas absolue, mais partielle. — L'Intellect créé ne comprend pas l'infini en acte, mais en puissance. Le Semi-rationalisme fait preuve de ne rien comprendre à ces hautes doctrines.
51. Réponse à une objection prétendue insoluble, d'un pro* fesseur de séminaire contre la théorie chrétienne sur les idées.
PAR LE P. TENTURA DE RAULIGA. 455
Cette objection est toat à fait identique à celle que les maté* rialistes font contre le dogme de la création. — L'Intellect agissant ne tire pas l'Universel du Particulier, comme de sa cause matérielle. — De quelle manière FUniversel se trouve dans le Particulier. — L'Intellect ne connaît le Particulier que par l'Universel, et d'une manière réfleTce. Qu'est-ce qu'on doit penser de certains professeurs de séminaires?
CHAP. rv. — Réfutation des doctrines de l'école Cartésienne sur la connaissance et sur Vorigine des idées.
52. Ce qu'on doit conclure des éloges que le Semi-rationalisme a faits des théories Cartésiennes sur la connaissance. — Manière injurieuse dont il a traité saint Thomas, comparée aux louanges sans bornes qu'il a adressées à Descartes et à Ma* lebranche. — Appréciation de ces deux philosophes, au point de vue de leur science et de leurs travaux. — Il est également feux qu'ils aient restauré la doctrine impie de Platon et la doctrine orthodoxe de saint Augustin, sur la connaissance. — Le peu qu'il y a de passable dans leurs théories est une vérité, connue dans tous les temps, admise par toutes les écoles chrétiennes et enseignée dans les termes les plus clairs par saint Thomas. — On insulte le Christianisme, en affirmant que la Traie doctrine sur la connaissance a été inconnue chez les chrétiens avant Malebranche et Descartes. — Cette insulte sent le Protestantisme.
53. Examen et réfutation du système des idées innées de Descartes. — Le Panthéisme en ressort nécessairement. — Descartes immolé par l'un de ses enfants et réfuté par l'école cartésienne. — La vision Malebrancbienne combattue par la même école, et enterrée dans le ridicule ; c'est là où on est allé l'exhumer. — Sans la partager, Bossuet s'est confusément exprimé sur son compte. — Pitoyables doctrines de Malebranche sur l'idée^ sur la perception et sur trois espèces de connaissance imaginées par lui. En réfutant le sublime Malebranche, le très-savant Arnaud n'a pas montré connaître plus que lui les simples fonctions de l'esprit humain. — Là misère scientifique de ces deux flambeaux de la philosophie du iV siècle fait pitié,