‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 25 sur 122 · PIE IX BT LES CLASSIQUES · texte numérisé non relu

PIE IX BT LES CLASSIQUES

gnement classique, tel qu'il se donne aujourd'hui, dans les maisons chrétiennes. « Vous dites, en effet, que « Le Sainty> Père rappelle la Solution qui a rallié tous les catholiques^ » depuis qu'il Ta lui-même proposée dans l'Encyclique Inter D multipliées^ adressée à tous les évêques de France, en 1853. > Votre afQrmation, mon cher Père, suppose que tous les ca* tholiques enseignants ont pris pour règle de conduite les prescriptions du Souverain- Pontife. En est-il ainsi ? Je m'en rapporte à la réponse que votre conscience fera aux questions suivantes :

1*" Est-il vrai que le Saint-Père demande l'introduction sérieuse des auteurs chrétiens dans l'enseignement classique ? 2o Est-il vrai qu'il demande l'expurgation ab omni tabe des auteurs païens?

3** Est-il vrai que, sur ces deux points, votre Compagnie se conforme religieusement aux intentions du Saint-Père ?

4"" N'esl-il pas vrai, au contraire, que dans vos Programmes on ne trouve pas tin seul Père latin, et que les Pères grecs y figurent seulement pour un ou deux discours ?

5*î N'est-il pas vrai que, tout le reste étant Païen, cette petite dose de Christianisme littéraire est loin de remplir les vues du Souverain-Pontife et qu'elle est, comme disait un de vos anciens Pères : tin verre de bon vin jeté dans un tonneau de vinaigre ?

6- N'est-il pas vrai, pour en citer un seul exemple, qu'un des plus dangereux, au jugement d'Ovide lui-même, le chaste Virgile est tout entier entre les mains de vos élèves?

V"" N'est il pas vrai encore que le Virgile classique de votre compagnie, édité par votre Père Abram^ est accompagné de notes explicatives, pour le moins aussi dangereuses que le texte, notamment dans la VI* Eglogue, sur Thistûire de Pa* siphée? (édit. Lecoffre 1851 .)

C'est le Programme de votre collège de Vaugirard, que j'ai sous les yeux, qui m'autorise, mon R. Père, à vous adresser ces questions.

Si la connaissance de ce qui se fait dans vos auties Collèges

* Voir le programme do CoUége romain publié dtni les ÀnnaUst t. xu, p. I3S (6* lérle) et t. vu, p. 465 (€« série).

lutrbs DBS évAqubs. 73

vous permet d'affirmer que la réforme, exigée par le Souverain- Pontife» est reçue par voire compagnie^ non pas seulement en principe, mais en pratique; s'il en est de même dans les autres ' maisons d'éducation chrétienne, vous avez raison de dire que la solution pontificale a rallia tous tes cathoHques. Dès lors, le Bref rappelant simplement ce qui est, et non pas ce qui doit être, n'a pas^ en réalité, une grande importance.

Mais s'il en est tout autrement ; si, comme le Saint-Père ne l'ignore pas, l'Encyclique de 1853 est restée lettre morte dans presque tons les établissements d'éducation, même les vôtres, est-il permis de dire qu'elle a rallié tous, les catholiques, même les vôtres ?

Non, mon R. Père, le Bref n'a pas si peu' d'importance que vous paraissez le croire. Comme il confirme, en les rappelant, les prescriptions de l'Encyclique, c'est, à n'en pas douter, un avertissement paternel donné à ceux qui jusqu'à ce jour ont négligé de les observer. En même temps qu'il consacre de nouveau la thèse des Classiques, telle que je l'ai posée et invariablement soutenue depuis 1851, il met à néant toutes les objections, toutes les critiques malveillantes, toutes les moqueries, dont j'ai été l'objet pendant tant d'années.

En ce genre permettez-moi de le dire sans rancune, votre compagnie s'est montrée d'une fécondité sans rivale. Pour ne rappeler ni les cancans insidieux du P. Lambillolte, ni les démarches hostiles du P. de Ravignan, ni les mépris du P. de Pontlevoy, ni les efforts du P. Perrone pour faire bifl^er, à Rome, les décrets du Concile d'Amiens, vos Pères Deschamps, Prat, Cahours, Daniel, Matignon, que sais-je? se sont donné, dans leurs écrits, libre carrière contre l'auteur du Ver rongeur, à qui ils ont charitablement fait dire ce qu'il n'a jamais dit ni pensé. Vos Pères de Belgique sont allés jtisqu'à défendre à mon libraire de vendre mon ouvrage lu Aéfvo{u/ton, sous peine de lui retirer leur pratique.

Cette levée de boucliers, dont le Bref pontifical fait bonne justice, savez-vous, mon révérend Père, comment les mauvaises langues l'expliquent? Elles disent qu'en prenant si chaudement la cause des auteurs Païens, c'est-à-dire de vos anciens et invariables programmes d'études, votre Compagnie combat non ad majorem Dei gloriam, tei ad laudem nostrœ

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