BRACELETS ANTIQUES
3rct)é0logte
CINQ ARMIUiE OU BRACELETS ANTIQUES
RÊCBKIIENT TROUVÉS SUR LE TERRITOIRE DE BOIfAZAN (GARB)
Après la découverte de l'autel votif de Mercure S [^ plus importante, qui a été faite récemment, est sans contredit celle de cinq ArmUlœ ou bracelets romains et peut-être gaulois.
C'est un paysan qui, en creusant le sol dans une vallée distanfed'uu kilomètre du village de Domazan, poQr y planter des abricotiers, trouva quatre de ces précieux restes d^antiquités a ejQviron un mètre de profondeur. Ces larges anneaux de bronze rouilles restèrent par hasard enlacés dans la pointe de son pic, et il s'imagina d'abord^ nous dit-il, en voyant ce faisceau d'anneaux verdâtres enroulés autour de son instrument, qu'il avait déterré quelque serpent. Ces quatre bracelets furent vendus à un marchand de bric-à-brac qui les revendit fort cher au conservateur d'un musée d'une ville du Midi. Le cinquième que j'ai pu me procurer, et dont j*al fait présent au musée de la ville de Nimes, fut trouvé au même quartier que les autres sous une touffe de houx, appelée en kague vulgaire araou ou agrivou. Il est absolument identique.
Ces bracelets sont en bronze, couvertsd'une rouille verdâtre^ preuve incontestable de leur antiquité. Leur fornie n'est pas tout à fait ronde, elle est un peu elliptique, et la courbe est moins accusée vers les deux extrémités, où il y a solution de continuité. Elle convient parfaitement au bras. Celui qui a été en notre possession a dix millimètres de largeur, huit d'épaisseur, et sa circonférence est de 188 millimètres. Il est rubanné dans sa p^tie convexe d'une manière uniforme et régulière avec des imervalles unis. L'intérieur et le revers
^ ÀnnaUi de philosophie, t. ixi, p. 154 (4< série). « Dea louilîef, faites > dans le territoire de Domazan, en diverses circonstances, ont produit ^es » monnaies et des médailles de bronze aux effigies de Fausiine, de Domitien, ^ d'Adrien, (de Trajan), de César- Auguste, de Néron, de la Colonie de Nîmes, » d*autres du Bas- Empire. » (Rivoire, SUUist. du départ, du Gard, art. Doffwuan « Snr tout le territoire de la commone (Domasan) on trouve des a restes d'antiquités. » (Germer-Durand). Diclionn. topographiqw du Gard. •rt. Domasan).
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sont lisses, mais la partie la plus apparente est convexe. Ce bracelet est un peu plus fort et plus grand que le plus grand: des sept que possède le musée de Nîmes. Ces derniers^ quoique rie moindre dimension et plus ouverts; ne diffèrent pas beaucoup des nôtres pour la forme. Il y en a trois de rubannéSy comme ceux de Domazan^ un façonné en spirale, et trois tout unis.
Que faut-il entendre par ArmiUœ ou Bracelets? Quelles étaient leurs dénominations ? Leur destination ? Leur forme? Leur matière? Quelle çst leur origine ? Les anneaux de bronze de liomazan sont-ils réellement des armillcBy dés bracelets antiques? Nous allons essayer de répondre à ces diverses questions d'une manière très-succincle.
1° Que faut-il entendre par Armillœ, Bracelets? — Généralement parlant, c'est un ornement qu'on portait ordinairement au bras, tantôt gauche comme les Sabins, tantôt droit comme les Orientaux. Les femmes usèrent de cette parure d'abord pour un seul bras, ensuite pour les deux, enfin elles mirent deux bracelets à chaque bras, comme on le voit dans une peinture dePompéï^Ce n'était pas encore assez, elles s'avisèrent d'en mettre aux pieds, autour de la cheville, comme le font encore de nos jours les femmes mauresques en Algérie, et alors les armillœ s'appelaient compedes.
2» Dénomination. Le nom d'armilla est plus en usage au pluriel qu'au singulier. Selon l'opinion commune, il dérive du mol latin armus, épaule, parce que par ce mot on entendait l'épaule et le bras tout ensemble. Varmilla a reçu plusieurs dénominations. — Le bracelet porté sur la partie charnue du bras droit, comme dans une gravure prise d'une peinture de Pompéï^, s'appelait Dexlrale^ et Dextrocherium ou Dexterochium, d'après Montfaucon ^, celui qu'on portait au poignet droit, comme dans une figure qui représente, à ce qu'on suppose, une dame de Pompéï, d'après une peinture de cette ville.
Le Brachiale, qui était une pièce des armes défensives, qui couvrait le brachtum ou la partie du bras entre le poignet et le coude, signifiait quelquefois un bracelet.
9 Dans la grande mscription d'Isis que jious avons donnée » au tome précédent, dit Montfaucon *, le bracelet se trouve appelé Smialium^ mot que je n'ai jamais vu que \:\ au pluriel in smialiis (aux bracelets) ; ceux-ci étaient ornés de plu*
' A. Rich. Diction, du ÂrUiq, romaines et grecques , art. ArmiUœ.
» Ihid.
* MoDtfaacon, Antiquit. expliquée^ t. iti, p. 50.
^ tjoco ciîaîo.
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>sieurs pierres précieuses, comme H est porté dans cette ins< ;cripiion.
Les Grecs, pour désigner le bracelet, se servaient des mots
suivants : VÀXiov ou Wihw XXtWv, Ppor/tovurcrip, *AfKtfe€a, llipt-
xapictov^ IIepi<T9upt($v. Cette dernière expression ne s employait
aue pour les anneaux placés autour de la cheville, comme le onnent à entendre ses composés, ictpl, autour, <T(]pupov, talon, cheville. Elle correspondait aux compedei des Latins. Le ^^X- >iov était employé indifféremment pour désigner les bracelets des bras et des jambes.
Les Hébreux appelaient VarmillaTsamid, "TOX au singulier, au pluriel, Tsimidim cnvrçsf «, Cette expression se rencontre 11 fois dans la Bible ; dans le livre de Job, elle signifie, cercle, anneau, xpixoç; a numquid armilla perforahis maxillam ejusf • Percerez- vous la mâchoire de la baleine avec un anneau *?• Dieu veut faire connaître à Job son impuissance, et que lui seul peut disposer des créatures.
Le bracelet est appelé en espagnol : Brazalette, carquillo,
axoria.
en allemand: Artnband, armring^
armdeber.
en anglais : Bracelet^ armlet.
en italien : Braccialetto, maniglia.
en portugais : Bracelete.
3" La forme des armillœ. Elle était circulaire, quelquefois UD peu elliptique, comme on peut s'en assurer en jetant un coup d'œil sur les bracelets décrits, et sur ceux que Ton voit dans les musées. Il y en avait de simples, et toutd'une pièce, d'autres à plusieurs tours, ces derniers étaient extrêmement riches.
« Nous avons vu, dit Monlfaucon*, un bracelet à trois tours sur une statue de Lucile, femme de Tempereur Lucius Yerus: Capitolin l'appelle dexierochium*. C'est dans la vie de Maximia qui succéda à Alexandre Sévère qu'il rapporte une des choses les plus singulières. Cet empereur était d'une taille monstrueuse, de 8 pieds 1 pouce ; sa force répondait à cette taille, et ses membres y étaient proportionnés : il menait à lui seul un chariot chargé^ d'un coup de poing il faisait sauter toutes les dents à un cheval, d'un coup il lui cassait les jambes ; ce qui se rapporte à notre sujet, c'est que son pouce était si gros
' Num. xxii, M. Gên, xxw, 47.
> Job, XL, 2i.
' MontfaQcon, îbid, utsuprà.
> Capitolin, Maxim, u. 6, p. 606, etRich, tbid.