L. Antonivs L. F. Fabivs quadratvs
DONATVS TORQVIBVB ARMILLIS AB TlBBRIO GJESAR. BIS.
Lucius AntoniuB Quadratus, fils de Lucius, a été deux fois honoré par Tibère César de colliers et de bracelets.
Les Brmillœ étaient encore une marque de servitude. Les €attes, au rapport de Tacite*, portaient un anneau de fer, m guise de menotte, un bracelet, jusqu'à ce qu'ils eussent brisé ce signe d'ignominie par ia mort d'un ennemi.
Denys d'Halicarnasse nous apprend qu'Alexandre ordcmiia
^ Gen. xxiv^22, DvptiD am mto m^y ca^Mjx \)fen-.. tncn n|r}
^ Dou vuv Ixetvà oou xà icoXXâc dpiotcta, crrpeirrp^, xai «rà v|^é)J^ae, xal 'A U^ta, XQtWà (pdXapa. (Deoya, AtU. r<m. I. x, 1. 1, p.€fo, in-fd. «Fraticf. 1586; trad. franc. 1. m, c. S, n. 35, t. ii, p. 524).
s Gruter, jp. 352, cité par Montfaacoo, lUd. ut suprà.
^ TaciU 6ermania,c. Z\,yolr,JHùt.hist.detOrdre9 reUgieux et p. 87, art. chevalier^ Amaterdam, 1769.
TROUVÉS A DOMAZAlf. 79
qu'uB chef des Barbares qu'il avait vaincu fût attaché avec «un bracelet d'airain *.
6^ Quelle est Torigine des armillœ ? Il serait difficile, ce nous semble, de .détenniner l'époque précise de rapparitmi des bracelets ; ce qui est incontestable^ c'est <fu'ils étaient en usage chez lesMède8,.les Perses» les Gaulois, les Israélites, etc. et qu'ils remontent à la plus haute antiquité.
Un article intéressant que nous lisons dans les savantes Annales de philosophie chrétienne de M. Bonnetty ^ sur la découverte de la v&lie de Troie, du palais et du trésor de Priam^ par Henri Schliemann, nous fournit quelques données sur le sujet en question. Il y est dit que parmi ces richesses on trouva plusieurs armillœ. « Deux des six bracelets^ dit M. Schlie- 9 mann, sont tout simples^ fermés et quatre millimètres d'é- » paisseur 3 le troisième, également fermé, se compose d'un » ruban d'or orné, d'un millimètre d'épaisseur, et de sept » millimètres de largeur, les trois autres sont doubles et ont 9 les extrémités ornées d'une tète. »
L'auteur du Dictionnaire abrégé des Antiquités ' prétend que l'usage des bracelets fut approprié aux hommes, et qu'il tut ensuite adopté par les femmes. Nous croyons que cette opinion est très-contestable. Nous pensons que ce sont les femmes qui en ont primitivement orné leurs bras; que ces ornements féminins.ont été ensuite adoptés par les hommes, et que les guerriers les ont reçus plus tard comme signe de leur bonrage ; ce qui nous semble prouvé par ce que nous avons dit plus haut^ et en particulier par les divers passages de la BiMe où il est question des armillœ*.
Notre sentiment est corroboré par une inscription assyrienne, de la plus haute antiquité, où il est fait mention de la Descente a Jstar aux enfers i^^ « Pourquoi^ dit ia^ déesse, » gardien, m'enlèves-tu les bracelets de mes mains et de mes ï pieds ^? »
> Est-il bien certain que les grands anneaux de bronze récemment découverts à Domazan soient des armillœ?
Nous pouvons raisonnablement le croire, car notre opinion est appuyée sur des preuves qui nous paraissent difficiles à réfuter. 1» Ils portent avec eux leur titre de noblesse, la rouille inimitable, dont ils sont couverts. 2* Toutes les personnes très-
YUULVov. (Denys d'Haï, t. 11» d. 26, p. 19, ibid),
s Annales de philosophie chrétienne^X, vi, p. 402 (6« série).
3 Diet. abrégé d'antiquités, Avignon, 1824, art. Bracelets,
« ^Gen. xxiT, 47. Exod, xxxt, 22. Nonib, xxxi, 60 etc.
ft Annales de philosophie chrétiennet t. viii, p. 8)0 (6* série), tradaetion d'Oppert.
BRACELETS ANTIQDKS.
compétentes eD pareille matière auxquelles ont été montrés ces précieux restes d'antiquités nous ont assuré que c'étaient réellement des armillœ, 3<» En jetant les yeux sur les bracelets antiques et sur ceux de Domazan, on voit une grande ressemblance dans la forme. Ces derniers sont rubannés, comme un de ceux dont Montfaucon nous donne la figure^ ils sont simples .et ouverts, et n'en diffèrent que parcequ'ils n'ont pas d'agrafes aux extrémités. Trois armillœ du musée de Nitnes sont également simples, ouverts et sans agrafes.
- Nos bracelets ornaient probablement les bras de quelques guerriers qui auraient été inhumés à Tendroit^ou près de 1 endroit où ils ont été découverts. Il est vrai que nous n'avons vu là aucun indice de tombeaux, mais à une faible distance on voit des ossements, des briques tombales romaines ou galloromaines ; on y a découvert un cercueil entier tout en plomb, des restes nombreux de dolium et autres poteries romaines. 11 ya tout près de cet endroit une source abondante. On sait que les Romains aimaient à bâtir leurs villas près des fontaines et des cours d'eau. Ne peut -on pas raisonnablement supposer que dans ces parages quelque personnage distingué avait construit une de ces maisons de plaisance, ou il aimait à se retirer pour y jouir du repos et s'y délasser du tumulte des armes ?
Remarquons encore que l'endroit où ont été découverts nos armillœ n'est pas trop éloigné de la célèbre Combo de Mars, ainsi appelée sans doute en mémoire de quelque grande bataille qui s'y serait livrée. Et quelques guerriers célèbres qui y auraient trouvé la mon n'auraient -ils pas pu avoir été inhumés dans les environs?
Quoi qu'il en soit de nos conjectures, les bracelets de Domazan méritent, ce nous semble, de fixer l'attention des savants, et c'est ce qui nous a décidé à écrire ces quelques pages sur ces objets antiques, précieux souvenirs d'un peuple et d'une civilisation disparus.
L'abbé Th. Blanc,
Guré de Domazan.
ABCBÈOLOGIB GHRÉTIENRB, 81
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