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Ne croyant |>as à la résurrection, les Sadducéens n'admettaient pas rimmortalité, de Tâme. Plusieurs Rationalistes de notre temps pensentaussi comme les Sadducéens. Jésus répond aux uns et aux autres en rappelant que cette croyance est une croyance antique^ et pour cela il cite ces paroles de Dieu à Moïse :
« Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu dlsaac, et le Dieu de » Jacob ^. ' Et il ajoute : « Dieu n'est pas le Dieu des morts, s mais des vivants. » Vaincus par une preuve ai brève et si concluante quelques-uns des Scribes' lui dirent :
a Maître^ tu as bien parlé.
» Et la foule, entendant cela, admirait sa doctrine '• »
^ Voir le dernier article aa N<» précédent ci-dessus p 327. ^ Exode, m» 6.
3 Luc, XX, 38.
'8 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS ROltAIlfBS. ''SS de Rome.
tV. Jé«a« rea^aTelle' le préeepte «Bll^ne 4e l'astenr 4e Bien eê 4a |M>eeh«lai, laeesaiv aax phlleaeplies.
Suite du mardi 31 mars.
Matthieu, xxii-; Mare, xu ; Lue. xvi|.
Un des préceptes les plus naturels^ ce semble, c'est que la créature doit aimer son créateur, qui lui a réparti des faveurs si nombreuses. Or il est à remarquer que jamais aucun Philosophe d'aucun pays ni d'aucune secte n'a songé à ce grand acte de devoir filial. L'homme ne se croyait plus fils de Dieu, et ne pensait pas à Taimer. Quel est le Païen qui a jamais dit qu'il aimait Jupiter ou Pliiton? quel Romain a jamais dit qu'il aimait Tibère ? Au reste celui-ci ne l'exigeait pas, et l'on connaît son mot dédaigneux et terrible : <c Qu'ils me » haïssent, pourvu qu'ils m'obéissent^; i» et celui de Caligula : i> Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent ^ s A plus forte raison l'amour du prochain n'existait plus, même chez les Juifs.
« Les Pharisiens voyant comment Jésus avait imposé silence » aux Sadducéens s^assemblèrent et alors un d'entre eux, » Scribe docteur de la Loi, qui avait entendu les questions de » ceux-ci, et voyant qu*il avait bien répondu, Finter'rogea » pour le tenter, et lui dit : Maître, quel est le plus grand » commandement de la Loi ? »
Jésus, rappelant le précepte antique, lui fait aussitôt cette réponse, inconnue à tous les philosophes :
c Le premier commandement est celui-ci : Ecoute, Israël, » le Seigneur ton Dieu, est un Dieu unique. Tu aimeras le Sei- » gneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton àme^ de tout
» ton esprit, et de toutes tes forces^ Le second est sem-
» blable à celui-ci : Tu aimeras ton Prochain comme toi- » même^. »
Le Scribe ne |>eut s'empêcher de lui répondre : « Bien,
^ OderiDt, dum probeat, (Suétone, Tibère^ c. 59). s Oderinc, dum metiiant (Siv^tone, Caligula, c. 30). ' DnU, ¥1. 4.
' DnU, ¥1, 4 A Uv. XIX, 18
SSaos après i.-C. utelJS PBAcHB l'aHODR DB DIBU. 9
> Maître, tu as parlé selon la Yérité. » Il syoute ces paroles remarquables : c Aimer sou Prochain comme soi-même vaut i mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices » .
Jésus approuvant cette réponse lui dit : a Tu n'e» pas loin du s royaume de Dieu... Et personne n'osait plus rinterrogbr. »
On Yoit par cela c|ue les discours de Jésus avaient remué même les Docteurs de la loi. Mais c'est ce qui exaspérait les Prêtres et les Pharisiens qui voyaient ainsi leur enseignement el leur pouvoir s'échapper de leurs mains.
Ici se place, dans S. Matthieu^ un long discours que Jésus a déjà répété plusieurs fois. On y remarque ce précepte, qui complète tout ce qu'il a dit sur les Scribes et les Pharisiens.
c ûs sont assis sur la chaire de Moïse. Tout ce qu'ils vous
> disent observez-le, et faites-le. Mais n'imitez pas leurs » œuvres^ car ils disent et ne font pas ; ils lient de lourds et
> insupportables fardeaux qu'ils placent sur les épaules des » hommes, et ils ne veulent les toucher du bout des
> doigts ^ »
Et à cettâ occasion Jésus énumère tous leurs défauts parmi lesquels il faut noter celui-ci :
« Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, qui » parcourez le ciel et la terre pour faire un prosélyte, et lors-
> que vous l'avez, vous le rendez digne fils de l'enfer, deux • fois plus que vous ^ ».
C'était en effet ce que faisaient les Pharisiens par leur fausse et étiqite interprétation de la loi ; mais on voit combien ces paroles devaient les irriter.