I. — PTOLËMEE SOTER
Les hostilités entre Antigone et Ptolémée avôient déjà recoimaencé. Le traité conclu entre les quatre générsuix avoît reconnu Viladépendance des villes grecques , et cependant Antigone mettoit des garnisons dans quelques unes d^eUes. PtoléiQjée le désapprouva et chargea Léonis de faire une invasion eii Cilicie. £n même temps il eiigageoit Cassandre et Lysîmaque a se réunir à lui , a6n de s^opposer à F accroissement de la puissance d^ Antigone.
Gehii-ci envoya son second fils Philippe sur FHeUespont, et Déméttîus à la défense de la Cilicie. Léonis, lieutenant de Ptolémée , fut vaincu ( i ) ; dans le même temps, Ptolémée , à qui Chypre obéi^soit , informé que Nicoclès qui régnoit à Paphos avoit
après que Tannëe syrienne fut dieTeiiue fixe : ia distinction Jes temps est ici nécessaire. Nous traiterons ailleurs plus spécialement cette utile question, et nous dirons pourquoi Antioche, Edesse et les Syriens appellent cette ère l'ère d* Alexandre, quoique^ postérieure de i3 ans à la mort du fils de Philippe. — Voyes Eusèbe^ pag. iSg, et les Commentaires de Scaliger, pag. 119. ' (1) Dioi, Sic, 9 XX, ig> pag. 742-
de secrètes intelligences avec Antigone^ chargea Callicrate et Argée de le faire mourir. Ménëlas qui commandoit en Chypre leur donna des troupes, et le résultat de cette expédition fut la destruction tof aie de la race royale de Paphos (i),
Ptolémée apprenant bientôt après les revers éprouvés en Cilicie , réunit une flotte et une armée, va débarquer à Phaselis, et côtoyant là Lycie s'empare de Xantfae, ensuite de Caune et de sa <^itadelle, successivement d'Héraclée , çnfin de l'île de Cos occupée par un autre Ptolémée neveu d^Antigone , parenté qui ne le rendit pas plus dévoué et ne Tempécha pas de se jeter dans le parti de Ptolémée d'Egypte (2). Celui-ci, partant entité deMyndus en Carié, et parcourant l'Archipel avec une flotte considérable, réduisit la garnison d'Andros , et arriyant dans l'isthme s'empara de Sicyone et de Corinthe (3) ; il
(i) Diod. Sic, , XX I 21, pag. 743.
(a) IBiéem, XX, 27, pag. 746.
(3) làiéfcm^Sjf pag. 75.1.
L — PTOLÉMÉE SOTEH. 829
prit enfin Mégare où il chercha, par des présens, à s'attacher Stilpon le philosophe qui préféra se retirer à .AEgine (i). Le but de Ptolémée dans cette expédition , étoit de laisser moins d'alliés au parti d'Antigone à mesure qu'il rendroît plus de villes grecques à l'indépendance. Il fut en cela d'accord avec Cassandre, convint avec lui que cha- ' cun d^eux garderoit les villes qu'il occupoit, et il retourna en Egypte (2).
En même temps Cléopâtre de Macédoine , sœur d'Alexandre , éloit demandée en mariage par les quatre généraux ses successeurs ; elle parut donner la préférence à Ptolémée , et Antigone se vengea de se$ refus en la faisant mourir. Il voulut cependant dérober au public la connoissance de son crime , en ordonnant pour cette prin-^ cesse de magnifiques funérailles (3).
Peu d'années s'étoient écoulées depuis que Ptolémée avoit ramené Cyrène sous
(1) Intièro M. Tull, Cicer, de Faio , pag. nSi , 4". (^) Diod. Sic. , XX, 87, pag. ySi. — (3) Ibidem^
33o ANNALES D£S LAGIDES.
son obéissance (i) ; Ophella y commandoit pour lui depuis la mort de Thimbron (2).
Les dissensions qui divisoient les généraux d'Akxandre , çt surtout leur exemple , faisoient naître le désir de Tindépendance dans chaque chef qui gouvernoit des provinces isolées. Ophella, commandant de la Cyrénaïque pour Ptolémée , avoit aussi conçu le projet de s'élever à une plus haute fortune. Âgathocle de Syracuse faisoit 2dors la guerre contre les Carthaginois ; il lui envoya quelqu'un qui, le flattant d'une future domination sur F Afrique , Tentraîna dans une alliance bien fatale : airivé après deux mois de marche et de fatigues inouïes auprès d' Agathocle , Ophella fut traité en ennemi, attaqué et tué dans le combat.
Cyrène sans défense rentra, facilement sous les ordres de Ptolémée (3),
(i) Suprày pag. 3iS.~ (a) Suprà^t pag. a55.
(3) Diod. Sic, , XX , 4o-4^' > P^^ 753-754. — Ce qm fut la cause, ajoute plus loin Diedore, de tous les malheurs qu' Agathocle essuya par la suite , la Providence n*ayant pas voulu laisser une telle trahison impunie. Diod. JT/c, X?i , 70,