‹ Annales des Lagides, ou, Chronologie des rois grecs d'Égypte, successeurs d'Alexandre-le-Grand;Chapitre 82 sur 105 · I. — PTOLÊM££ SOTER · texte numérisé non relu

I. — PTOLÊM££ SOTER

de là que le calendrier égyptien continua d'y servir à la division du temps pour les usagessoit publics, soitpartiçuliers. Alexandreavoit cependant transporté le calendrier macédonien dans toutes les régions qu'il avoit soumises. Il subsista long-temps encore après lui à Babylone , à Tyr, à Sidon et dans toute la Syrie ; en Lycie, à Ephèse, en Chypre et dans d'a;atres pays qui furent le fruit de ses conquêtes (i). 11 leur avoit fait une obligation de suivre ce calendrier et d'autres règles macédoniennes d'adminisration publique , comme si l'uniformité dans la division du temps , de même que l'uniformité de langage pouvoit servir de lien entre des peuples qui obéissent à 1 a même loi . Mais on a vu que l'Egypte fut exceptée de celles que recevoient tous les peuples vaincus, et la preuve de cette exception pour l'Egypte subsiste encore dans un acte authentique dont l'un des successeurs du premier Ptolémée fut l'occasion et l'objet. Le décret des prêtres de l'Egypte pour l'inauguration

(i) Voir l!HéinëroIoge, tXsiiprà^ pag. i4o> note a. I. X a3

354 ANNAUlS DES LAGIBES.

religieuse de Ptplémëe Epiphane à Mem* phis f et dont le texte est ccmsenré sur la pierre trouvée à Rosette , est en effet daté selon le calendrier égyptien , le iS"" jour du mois de méchir (i). H est vrai que le jour correspondant du mois macédonien , le 4 de xanthiqye , se trouve simultanément relaté dans la date du décret ; mais cette circonstance ne peut prouver autre chose , sinon que les Macédoniens qui babitoienl l'Egypte, se servoiemt, dans leurs rapports, de leur calendrier particulier, etFon remarque encore dans rHémérologe. long-temps après les Ptolémées , la distinction qu'on faisoit en Egypte même de ces deux calendriers :

car le calendrier égyptien se trouve indiqué comme celui des jUeafondrins y et le calendrier macédonien comme en usage parmi les Hellènes qui, pour cette époque, ne sont que les Macédoniens d^Egypte (2).

Mais comme il s'agit dans la discussion pré-

( 1 ) Inscription ^e Rosette , li^ne 6 du teite grec, (a) Hëmërologe, Acad. des Belles- Lettres, Hisf., tem. XTJV^ et suprà, pag. i4o f note a.

t PIOLéMÏE SOÏER. 355

sente de connoître le calendrier légalement en usage dans TEgypte des Ptolém,ées , afin de remployer pour le calcul des ^nées inscrites sur les médaille^ ,<]ui avoient aus^ii un caractère légsj et dont les çmnées étaient nécessairement les mémesi que celles da calendrier officiel, il faut revenir à là date égyptienne de Tinscription de B^osette , en ajoutant que , dans cette ipscriptioii , toutei les autres dates qui s'y t|X)uvent ^p^t pi^ement égyptiennes ?t sw# ipélaqge de date<$ macédonienne^^. C'e^t ainsi, i"^ que le jour de la naissance du rçi , qui dpit étjre w jour de fête solennelle pour toute l'Egypte^ est indiqué selon le calendrier égyptien seu** lement au 3o du mois 4c| m^sori ( i ) ; s'' que l'autre dispositipi^ du décjret, d'après laquelle une fête qui durera cinq jours est instituée, en Thonneur du roi, porte qu'elle commeu^r^ à la néoméuie du mois de thôth (i) qui éfco»t k i^ jour de Tannée

égyptienne; et à ces deux indications on

(i) Ifucriptioa de Rosette ^ ligne 46 ^ ^^^ grec, (a) lèUemy ligae 5o du texte ^rec^

356 ANNALES BfiS LAOIBES.

n*â point ajouté de concordance macédonieilne. On pourroit dire aussi que le texte égyptien de cette dernière partie du décret est entore plus concluant à cet égard ; caïr il dit positivement que cette fête sera célébrée de t année ie premier jusqu aujour cinq (i); et comhie ^e texte grec dit aussi que le i*' thôth est ce, premier jour de FaB- Hée , que ce même premier thôth n'appiafftient qu'au calendrier de l'Egypte, il estcertain que le décret n'emploie que celui-là , et iLen résulte qu'il étoit le seul qui fût généralement usité dans les actes du gouvernement, dans les décrets comme sur les* monnoies'. 'Mais pour ne pas nous engager ici à prouver l'exactitude d'une citation égyptienne qui a'a encore aucune autorité , nous re^aendronS' aux passages du texte grec , qui sont assez précis pour démontrer que la division du temps pÀur les usages civils et les actes dû goiivemem^nt de l'Egypte sous les Ptolémées, étoit réglée

(i) Inscription de Rosetlè , ligne 39 du texte égyptien; Voyei XJppcndiXy »• B» -

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