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DÉTAILS SUR LA BOTANIQUE ET LA ZOOLOGIE EX PALESTINE

Nous pensons faire une chose agréable à nos lecteurs, tant pour le sujet en lui-même , que par rapport à l'excellent peintre des mœurs orientales auquel nous l'empruntons, le P. Alexandre Bassi, M. O., Théologien de la délégation apostolique de l'Arabie et de l'Egypte, en publiant les détails suivants sur la Botanique et la Zoologie en Palestine. Nous verrons \k que les missionnaires Eranciscains s'occupent aussi des intérêts d'une utilité générale pour la science et la société.

La Elore de la Palestine, dit l'écrivain, est assez riche; mais, en la pas-

sani en revue et en so rappelant la paresse des successeurs des Hébreux, le naturaliste est forcé de dire que la nature y a pris plaisir à jeter Margaritas ante porco*. Et comment ne pas gémir sur la misérable situation de ce pauvre pays? Le terrain est d'excellente qualité; il y a régulièrement trois saisons de pluies par an ; la rosée est abondante ; le climat varié se prête à des cultures également variées; les collines sont découvertes; les plaines légèrement ondulées et faciles à arroser; tout, en somme, se réunit pour faire ileurir l'agriculture. Cependant les collines ne sont que des rochers nus; les plateaux, un sol rocailleux et cendré qui fatigue les yeux; les plaines sont des landes incultes et brûlées : partout l'on ne voit qu'une horrible solitude. 0 mon Dieu! ne permettrez-vous jamais plus que cette terre bénie se relève un jour de la longue malédiction qui la frappe, et retrouve sa beauté première? Les fils d'un nouveau Judas, assis comme ceux de l'ancien, chacun sous sa vigne et sous son figuier, en pensant aux promesses d'une moisson blanchissante et d'une riche vendange, béniraient le sage Dispensateur du chaud et du froid, de la rosée et de la pluie. Les enfants et les vierges de Sion, dépouillant de leurs fleurs les coteaux de Saron et les vallées de Jéricho, ne laisseraient plus sans guirlandes les autels du Carmel, de Nazareth et de Bethléem. Oh! Fiat! Fiat!

Parmi les plantes et les fruits que produisent les campagnes, je citerai les suivants : De très-beau froment, mais souvent malsain, parce que les arabes n'arrachent pas l'ivraie qui y est mêlée en grande quantité ; le riz, qui \ient assez bien sur les rivages fangeux du lac Merom, le doura (Ssoïcnsaruadi/iaceus), céréale qui ressemble un peu au maïs et un peu au millet, et dont les Indigènes pauvres font un pain grossier, et les Nomades, des galettes à l'huile et au lait de chameau, avec de la graisse et du beurre. Les légumes sont, comme chez nous, des pois chiches, des fèves, des haricots et des lentilles, mets qui nous rappelle l'échange étourdi d'Esaù. Même avant les Croisades on cultivait avec succès la canne à sucre, dans la plaine de Jaffa. On sème, comme du temps des hébreux, de l'orge ordinaire en abondance pour la nourriture des chevaux. Les matières à tisser sont fournies un peu par le chanvre, mais surtout par le lin et le coton. Du sésame on tire de l'huile, comme en Egypte. Quant au tabac, chez des fumeurs comme les orientaux, on ne peut manquer d'en trouver beaucoup.

Parmi les produits potagers, la mauve tient le premier rang, et se mange comme chez nous les épinards et la poirée. Puis viennent le pourpier, le bamier visqueux, la tomate ovale, la fève de l'Egypte, les citronniers, les concombres, les melons d'eau, les citrouilles d'espèces diverses et les pastèques de Jalfa, les plus savoureuses du monde entier. Les habitante n'ont pas perdu l'usage de ces herbes amères des hébreux, lesquelles, assaisonnées de vinaigre, se mangeaient avec l'agneau pascal : je veux dire la laitue, la chicorée et la rue. Les jardins produisent aussi le poi-

reali , l'ail et les oignons , que regrettaient sottement les Hébreux dans le désert; et enfin les échalottes, qui poussent toujours dans la campagne aride et parmi les ruines de l'ancienne cité dont elles tirent leur nom (Ascalon) .

Parmi les herbes et les arbustes qui viennent sans culture, on compte le ciste, le lède, la conise, le liseron, le tragorigan et l'origan (Ykyssope de la Bible) , le thym , la rue sauvage , l'absinthe , le sénevé , le cotylédon ou nombril de Vénus, le topinambour, le carthame ou safran bâtard, le trèfle aigu et bitumineux, la sauge de montagne, la scamonèe, la lavande, une espèce de sauge et de romarin très-odorants, la coloquinte, l'ail rose, la scille marine, la mandragore, objet de croyances superstitieuses et dont la racine passe pour être mortelle, l'historique papyrus, le solanum, la mélongène , que bien des personnes ont confondu avec l'arbre de Sodome ; le Nard, si cher à l'épouse des Cantiques; la canne d'inde, qui croît spontanément sur les rives du Jourdain ; la saponaire, qui, suivant St- Jérôme, est le Borita de l'Ecriture et qui recherche les lieux humides; le ricin, que l'on croit être la plante qui se dessécha miraculeusement sur la tête du Prophète Jonas1 ; enfin, des cardons de différentes espèces , parmi lesquels on compte celui de la Cochenille, qui s'emploie pour former des haies; et le cactus triangularis, dont l'on mange les fruits peu savoureux, avec divers autres plus petits qui passent pour avoir la vertu d'éloigner les génies funestes et que les habitants, dans cette pensée, suspendent à la porte de leurs maisons et plantent sur les sépultures.

Les arbustes et fleurs de jardins, qu'ils soient cultivés ou qu'ils croissent spontanément sous cet heureux climat, comprennent : les hyacinthes de couleurs variées, la jonquille aux fleurs d'or, la rose blanche et la rose rouge, les anémones, les narcisses, les tulipes, les œillets et les lys. Quant à la. fleur que les voyageurs nomment rose de Jéricho , et que Linnée désigne sous le nom de anastatica-hierochmitica, ce n'est pas une rose, et elle n'existe pas à Jéricho. C'est un arbuste à peine haut d'une palme, formant un buisson de petits rameaux et de petites fleurs , qui se contractent en séchant, au point de former presque une boule. Les Bédouins l'apportent du rivage aride de la Mer Morte d'où ils l'ont arrachée avec toutes ses racines. En cet état, elle peut se conserver pendant des siècles, sans tomber en poussière, et pour peu qu'après tant de temps on la trempe dans l'eau, ses branches se détendent insensiblement et s'épanouissent de nouveau. Les arabes racontent à propos de cet arbuste une gracieuse légende.

1) « L'arbre merveilleux du prophète Jonas à Ninive est, selon le commentaire de S' Jérôme, très-commun en Palestine; il croît clans des endroits sablonneux. Le mot hébreu est kikayou; les Rabbins arabes expliquent ce mot par El-kheruia, qui est le ricin. Les détails que donne Sr Jérôme s'appliquent parfaitement à cet arbuste. » — Munk, Palestine.

« Quand El-Jdra, c'est-à-dire la Vierge (c'est ainsi que les Musulmans désignent par antonomase la Mère du Sauveur, qu'ils nomment aussi : Siti Mariam, Madame Marie), quand la Vierge s'enfuit de Bethléem en Egypte, en emportant l'enfant Issa (Jésus), elle arriva dans un lieu couvert de ces roses, au point que sa marche en était retardée. « Donnez-moi libre passage, dit la Vierge Mère, et je vous rendrai bénies aux yeux des hommes. » Les petites plantes se pelotonnèrent, et la fugitive passa rapidement; puis, ou remercîment de leur courtoisie, elle leur donna le pouvoir d'aider les femmes dans les couches laborieuses. « Aussi les Bédouins trempent-ils dans l'eau la petite plante desséchée, lorsque leurs femmes sont au moment d'accoucher, et en voyant les rameaux s'etendre, ils en tirent un augure favorable pour la malade. 11 existe encore une autre tradition sur la fuite de la Sainte- Famille, lorsqu'elle traversa le désert. Je ne sais si Frédéric Strauss et Aurélien Bianchi- Giovini, qui ont fait tant d'études sur la vie de Notre-Scigneur Jésus-Christ, pourraient dire à quelle source les fils errants du désert ont puisé cette curieuse histoire. Est-ce dans une tardive compilation des Saints Evangiles, ou ailleurs?

.Mais revenons à mon énumération botanique. Les arbres les plus remarquables sont : l'Erable {cicer pseudo — platanus), le Pin, le Lentisque, l'Arbousier, le Térébinthe, l'Yeuse, l'Agnus-Castus, le Mûrier blanc, le Storax, le Cyprès, le Platane, le Saule, le Peuplier, le chêne de diverses espèces, mais non pas de haute futaie, le Myrte, l'Olivier, le Palmier, la Vigne, le Pistachier, le Eiguier, l'Azerolier, le Pécher, l'Abricotier, l'arbre à poivre, le Cassier, le Tamarin, le Caroubier (Ceratonia-siliqtia), dont l'enfant prodigue enviait les fruits aux pourceaux ;

Le Jujubier qu'ici l'arabe à tort néglige, Car sains et savoureux les produits de sa tige ;

(Alamanni, La culture.)

Le laurier rose, qui forme des bocages dans les gorges humides des montagnes, et fleurit dès les premiers jours du printemps; le Zacum des arabes (Elœagnus angustifolius des botanistes) ; ses baies donnent une huile regardée comme salutaire pour les blessures, raison pour laquelle beaucoup de personnes l'ont nommée Baume; le Xahaca, espèce d'épine fort grande, dont l'on prétend cpie fut faite la couronne du Christ, lors de sa passion (c'est le Paliurus aculeati!*). Un arbrisseau remarquable est celui que les arabes nomment El-henna, nos anciens livres de recettes Alcanna et Linnée Lausonia inermi*. 11 a environ deux mètres de hauteur. Ses rameaux partent du tronc comme ceux du prunier; ses feuilles, semblables à celles du. Myrte, ne tombent jamais; ses fleurs odorantes forment: des grappes de couleurs variées. Les femmes en l'ont bouillir les feuilles, les mettent sécher

et les pulvérisent; puis elles se servent de cette poussière pour se teindre les cheveux et les ongles en couleur orangée. Elles aiment aussi à orner de ses fleurs leur chevelure et leur sein. La Sainte Bible parle du Coplier, nom que les traducteurs grecs et latins ont rendu par celui de Gupros et Ci/prus. L'épouse des Cantiques s'écriait : » Le bien- aimé de mon âme est comme une grappe de Cgprus, de celui qui croît dans la vigne d'Eugaddi. »

J'en aurais vite fini avec la zoologie en Palestine , s'il ne me fallait un peu décrire le petit nombre d'espèces qui s'y trouvent. Dans un pays où l'eau est rare, les champs arides et incultes, les sommets et les gorges des montagnes sans végétation, où l'on pourrait compter les arbres sur le bout des doigts , et où les forêts ne sont que des broussailles et des buissons , on nedoit pas s'attendre à rencontrer une grande variété d'animaux. Quant aux Mollusques, voici les coquilles qui ont été remarquées jusqu'ici sur les rivages de la Méditerranée : le Cône Franciscain, la Colombelle rustique, le Buccin moucheté, la Cipree blanche, la Nalica moxolifera et le Pectudcidi^ violacaeus. Des Mollusques dont les Phéniciens tiraient la couleur pourpre, Seetzen a trouvé le Murex trunculus et Y Hélix iautliina de Linnée ; Schubert a découvert Ylanthina fragilis qui donnait la pourpre commune. Me promenant un jour sur le rivage, un peu au dessus de Jaffa, une vague jeta à mes pieds un coquillage, duquel sortait une écume violacée. Mes doigts en restèrent tachés pendant quatre ou cinq jours, sans que le savon même pût enlever cette couleur. C'était un Murex-purpureus. Sur les brisants de Jaffa, on prend des poissons qui sont excellents comme tous ceux qui se pèchent dans la Méditerranée. Dans la mer de Tibériade, on trouve le Silure. le Mulet, le Non-pair et le Corbeau de mer. Les chrétiens nomment ce dernier : Poisson de S*- Pierre. Il est très- savoureux.

On trouve beaucoup de serpents en Palestine. Seetzen dit qu'aucun n'est venimeux, mais il n'avait pas rencontré, sans doute, le céraste, que j'ai vu près du désert, au milieu du jour. J'ai pris, dans la plaine de Saint- Jeand'Acre, un caméléon, que j'ai conservé vivant pendant plusieurs mois. Il existe une variété plus grande encore de lézards. Une de ces espèces, qui ressemble un peu au Caméléon, court sur tous les murs, comme chez nous le lézard gris, et fait entendre, jour et nuit, un petit croassement. Ou dit qu'il y a des tortues, mais ce n'est que dans le désert que j'ai commencé à en voir.

Quant aux insectes, on rencontre quelquefois des nuées de moucherons extrêmement incommodes et inconnus dans notre pays. Les sauterelles, dont je parlerai plus tard, sont funestes aux récoltes. Je conseille à celui qui veut aller voir la Mer Morte, d'emporter de l'ammoniaque, afin de guérir la morsure des scorpions qui y sont très-nombreux, très-gros et très-veuimeux. Cette contrée, nommée autrefois le pays du miel, n'a pas perdu les abeilles. Ou trouve quelquefois de grands rayons de miel, dans le creux

des arbres et dans les fentes des rochers , c'est là le miel sauvage dont se nourrissait Saint- Jean-Baptiste , dans le désert. Les papillons sont rares, mais il y a beaucoup et de très-curieux coléoptères. La personne qui aurait le temps et le goût d'en faire une collection devrait les chercher surtout dans la vallée de Térébinthe et dans la plaine de Saron. Dans cette plaine, j'ai vu des huppes bien différentes des nôtres.

L'Ornithologie y est, du reste, fort pauvre. Les raisons que j'ai données pour expliquer la rareté des animaux en général, s'appliquent surtout aux oiseaux. Après les animaux domestiques, je ne saurais plus quels autres vous nommer, si ce n'est : la columba Palestina, décrite par ilasselquist , et dont le plumage est d'une blancheur éblouissante ; les perdrix rouges, qui pullulent dans les broussailles; les pinsons, qui chantent dans les jardins de Jaffa; les rossignols, qui réjouissent les rives solitaires du Jourdain; et enfin, de gros faucons et des aigles, qui s'y nourrissent des cadavres d'animaux. Je les ai vus souvent, aux environs de Jérusalem, occupés à prendre cette pâture dégoûtante, et ils me rappelaient la sentence du Christ : » Où se trouveront des cadavres, là se rassembleront les aigles. «

Je parcourais un jour la solitaire vallée de Saron, lorsque je vis de loin une colonne, qui paraissait être composée d'une poussière tourbillonnante, et qui s'approchait rapidement, avec un bruit sinistre, pareil à celui du vent, messager de la tempête. C'était une nuée de sauterelles, fléau ordinaire de ces pauvres campagnes. Je me retirai sur une colline jusqu'à ce que la horde affamée eut passé, et je m'affligeais de l'infection qu'elle laissait, après elle, dans tous les lieux marqués par son funeste passage, lorsque je vis un oiseau, delà grosseur d'une grive, s'élancer furieux sur cette multitude, et en faire à coups de bec incessants un effroyable carnage, comme s'il avait voulu venger la plaine dévastée. Ce bienfaisant oiseau était le Sarnarmàr des Arabes, le Titrdm Seleucis de Linnée, le Pastor- Roseus de ïemminck et l'Etourncau marin d'Italie. Malheur au voyageur Européen que les Orientaux surprendraient tuant un Sarnarmàr? Dans ses rares passages à travers nos contrées, épargnez de grâce, o chasseurs, ce philanthrope pèlerin. S'il ne revenait plus au pays natal, pensez-y, de pauvres familles arabes verraient avec désespoir leurs récoltes détruites, en herbe, par ces terribles sauterelles. Le Sarnarmàr a la tète et la queue noires, ainsi que les ailes et les cuisses1, le ventre rose, le cou azuré, et derrière sa tète on voit pendre une houppe pareille au capuchon qui tombe sur les épaules des cavaliers arabes.

11 me reste à parler des quadrupèdes. Voici ceux qui sont domestiques : le Bœuf, le Buffle, le Chameau à une seule bosse, l'Ane, qui est supérieur au nôtre, la Chèvre et la Brebis2. La Palestine possède une espèce de Mou-

*) C'est de là que vient son nom, qui signifie noirâtre.

") Ce chien, le véritable ami de l'homme, qui ne l'abandonne pas, même

ton, remarquable par la grosseur et la longueur de la queue, qui pèse quelquefois à elle seule jusqu'à quarante livres. Elle est remplie d'une graisse très-utile pour la cuisine. Pour préserver cette queue, on la place sur un petit charriot que traine ranimai, de manière à ce qu'elle ne s'écorche pas en frottant sur les pierres. Le Cheval arabe est assez renommé ; tout Le monde connaît son adresse, son agilité, sa sobriété et sa vigueur. Il semble que ce soit lui que Job ait voulu décrire, lorsqu'il dit du cheval pris dans sa généralité :

Son fier hennissement inspire la terreur,

Son pied impatient frappe et frappe la terre ,

Partout autour de lui fait voler la poussière,

Car un élan de joie a fait bondir son cœur.

La crainte , il la méprise et , rapide, il s'élance

Contre les bataillons nombreux, bardés de fer.

Rien ne l'arrêtera, les flèches, ni la lance,

Ni ces engins mortels inventés par l'enfer.

Sur ses fiaucs généreux les armes retentissent ,

Frappant le bouclier qui lance des éclairs.

De courage et d'ardeur tous ses membres frémissent ;

Il dévore l'espace et sait fendre les airs.

Aux sons de la trompette, il a frappé la terre

Et changé son repos pour de joyeux ébats ;

De ses nazeaux fumants il évente la guerre ,

Il aime les guerriers, il aime les combats.

{Traduction de Xi eco! idi).

Les quadrupèdes sauvages sont le Lièvre, le Sanglier, la Panthère et le Chacal. Ces derniers animaux vivent en troupe; le jour, ils se eachent dans la campagne, et la nuit ils rodent autour des habitations, pour- y trouver de la nourriture. Ils se repaissent volontiers de cadavres. Ils tiennent à peu près le milieu entre le renard et le loup et sont communs on Palestine. Aussi Ton croit, avec assez de vraisemblance, que la Bible, en parlant de trois cents renards pris par Samson et employés à incendier les récoltes des Philistins, a voulu désigner des Chacals, et que c'est ainsi que doit s'entendre ce passage ; d'autant plus que les Renards sont extrêmement rares en Palestine, si même il y en existe. Les arabes, par imitation du cri

dans le malheur, l'emblème de la fidélité, le gardien naturel de la demeure et du troupeau, est éloigné des habitations, dans tout l'Orient. Il ne rend pas d'autre service que de dévorer les animaux crevés, qui restent là sans être rois enterre. Les musulmans, suivant Fusage des peuples anciens, le regardent comme immonde. S'il les touche de son museau, ils se croient souilles, et courent se purifier à la Mosquée.

que fait entendre, pendant la nuit, ec vilain animal, nomment le Chacal : Cauri. 11 y a encore la Gazelle, ruminant du genre du Cerf, et remarquable par sa gentillesse, sa grâce et sa légèreté. Timide, ombrageuse et prête à fuir comme un lièvre, elle est en toutes choses l'opposé du chien. Ses yeux brillants servent inévitablement de point de comparaison aux poètes erotiques : » des yeux de Gazelle. » Ces mots se retrouvent dans toutes les compositions des Anacréons arabes. Et déjà le plus doux des poètes hébreux avait comparé la femme fidèle à une biche aimante et à une Gazelle pleine de grâce {Proverbes. Vy 19). En parcourant la campagne de Ramle, j'ai surpris une taupe , à l'instant où elle sortait de son terrier. Elle n'avait pas de queue, et ses pattes étaient plus longues que celles des taupes Européennes. J'espérais pouvoir l'emporter à Jérusalem et la faire empailler, mais la chaleur était si grande, qu'elle se putréfia et qu'il me fallut la jeter.

DEPART DES MISSIONNAIRES

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