XXIV, XXV ET XXVI
Ces trois dcrniers appartiennent a la compagnie de Jesus, Ce sont le P. Paul Miki, japonais, age de 30 ans, avec deux serviteurs, Jean Soam, et Jacques Kisai, dont les Peres Jesuites possedent les reliques.
NATURE DU MAETYP.E.
Les croix ou furent attaches les saints martyrs etaient comme les notres, mais portaient vers le bas, a la hauteur des pieds, une piece transversale en bois , pour les appuyer, et au milieu une espece de billot pour se tenir comme assis. Ces croix furent dressees en un lieu eleve voisin de la ville de Nangasaki, sur un promontoire a pen de distance de la mer, pres de 1 hopital de Saint Lazare et du couvent des Ereres, sur la grande route qui conduit a Meaco. C est la qu on executait ordinairement les malfaiteurs. La maniere de crucifier est la suivante :
On etend la croix sur terre, et on place dessus le martyr. Puis avec des anneaux de fer au cou, aux bras et aux jambes, on 1 attaclie et le iixe etroitement a la croix. Quelquefois on lui rompt les os des bras et des jambes, afin de le fp.ire mourir plus vite et plus peniblement. Quand il a etc ainsi bien attache , on 1 elevc , on fixe soigneusemcnt en terre 1 instrumeiit du suppliee , afin qu il y soit solide ; puis on donne au patient deux coups de lance, c est-a-dire qu on lui traverse le corps de deux lances aigues qui foment comme une croix ; on cnfonce 1 une des lances dans le flanc gauche, en la faisant sortir ;i 1 cpaule droite , et on enfonce 1 autre dans le flanc droit pour la faire sortir a 1 epaule gauche , en forme de buffleteries militaircs. Si ces coups de lances ne suffisent pas pour acliever le patient, on redouble jusqu a ce qu il meure.
Voici 1 orde dans lequcl furent places ces vingt-six martyrs, Dix japonais sur une ligne, 1 un derriere 1 autre, d un cote, et dix snr une ligne de 1 autre cote , laissant 1 espace de deux ou trois pas entre une croix et la suivante ; au milieu , les croix des six Religieux etrangers , aussi alignees : on cut dit une procession de crucifies. On les laissa sur place environ trois mois, en faisant le guet; et jamais on ne sentit de mauvaise odeur. Enfin, les Chretiens ayant enleve pen a pen des portions des reliques , les Reli gieux prirent ce qui en restait , pour 1 exposer a la veneration des fideles.