‹ Annales des sciences géologiques (volume 2)Chapitre 43 sur 126 · Calcaire jaune, avec Ostrea anomalafy \ Terq.(l · texte numérisé non relu

Calcaire jaune, avec Ostrea anomalafy \ Terq.(l

Infrauas. 1.

Lias. L. 12. Calcaire gris compacte 75

L'infralias est ici, comme on le voit, très-développé, il a environ 40 mètres d'épaisseur.

Toujours dans ces dépôts infraliasiques on trouve un ou deux

64 HOLLAnmis.

bancs de calcaire presque complètement formés par des débris de Crinoïdes,avec petites dents de Poissons et quelques Pentacrines assez bien conservés. Ces bancs semblent représenter le bonehed. C'est là un point de repère très-important dans la recherche de la zone à i4î;i(rw/a contorta, Portl., en Corse, surtout le premier banc; en le trouvant, on est certain de ne pas être loin des couches à Avicida contorlay Portl., et à Terebratula gregariay Suess.

Le jurassique inférieur est bien représenté au sud de la coupe n** 1 1 . On le rencontre en effet sur le sentier d'Olmetta à Santo- Pietro. Il recouvre ici complètement les terrains de schistes luisants et de calcaires cristallins. Les fossiles y sont assez abondants, et vers l'ouest il est à son tour recouvert par des calcaires bleus et un grès avec Numnmlites Ramondiy Defr., Orbitoliles Fortisii^ d'Arch., Lioiina (Delphinnla) Gefmllei^ Defr., Cyclolites Vkaryiy J. Haime, etc., c'est-à-dire par des dépôts nummulitiques. C'est du reste ce que nous signalerons plus tard à l'ouest des coupes 9, 10 et 11.

La position de ces dépôts infraliasiques par rapport aux terrains primaires et aux terrains supérieurs à l'infralias nous est donnée par la coupe 18.

Cette coupe résume heureusement l'ordre de superposition des terrains sédimentaires de la Corse, et nous montre qu'à l'exception des schistes luisants et des calcaires cristallins, ils sont en discordance.

On remarque que le fossile cai'actéristique de l'infralias, Aviculacontortay Portl., se rencontre dans ces divers gisements fossilifères. Notons qu'en général les fossiles ne sont pas trèsbien conservés dans ces dépôts, si toutefois on en excepte Terebrattda gregaria^ Suess., Avicida contorta, Portl., et Plicatula intmslriata^ Dunk. On y trouve encore des Pentacrines, des dents de Poissons, ainsi que quelques écailles, etàla partie supérieure de nombreux fragments d'Huître qui appartiennent peut-être à Ostrea sublamellosay Dunk., ou à Ostrea anomalay Terq. Enfin, ces dépôts se terminent par une masse assez considérable d(^ calcaire gris compacte, quelquefois

lithographique et jusqu'à présent sans fossiles. Néanmoins il est à supposer qu'elle représente le lias.

J'ai vainement cherché les dépôts de Tinfralias et du lias dans toute la presqu'île du cap Corse; cependant on ne doit pas oublier qu'au port de Macinaggio, nous avons rencontré un calcaire lithographique tout à fait semblable au calcaire gris compacte que nous croyons liasique.

D'après les faits que nous venons de citer, l'infralias forme en Corse, sur des terrains de schistes luisants et de calcaires cristallins, un horizon très-net, souvent interrompu, il est vrai. Mais il est facile de le reconstituer par la pensée, à l'aide des gisements que nous avons signalés. En résumé, les dépôts des terrains secondaires de la Corse présentent plusieurs gisements d'une grande netteté; nous citerons principalement le Nebbio, la Cimadi Pedani et les environs de Corte.

En les comparant, nous aurons :

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La ressemblance est bien évidente. Sans aucun doute une grande partie de Tarrondissement de Corte a été sous les eaux de la mer infraliasiquc, ainsi que le bassin du Nebbio. Sans doute aussi la Serra di Pigno avait déjà la forme actuelle, sans être cependant à une altitude aussi élevée.

Dans un grand ouvrage intitulé : Paléontologie lombarde^ ou Description des fossiles de Lombardie, publiée à l'aide de plusieurs savants, par l'abbé Antoine Stoppani, on y signale le Terebratula gregaria^ Suess., comme étant Tespèce dominante, caractéristique de l'infralias. En effet, er cette espèce est mer- » veilleusement répandue en Lombardie, tout le long de la » zone des couches à Avicula contorta, Porll,, remplissant

> quelquefois toute seule des bancs de calcaire et traçant par ^ elle seule un horizon géologique. C'est sans comparaison » l'espèce la plus copieuse, beaucoup plus que VAvictda con-

> torte, Portl. Elle est très-abondante en Tremezzina et à » Barni; des bancs calcaires à la Luera, au-dessus de Talma-

> drera, en sont parfaitement pétris; TAzzarola est une source » intarissable des exemplaires les plus gros et les mieux conf serves. Et ainsi cette espèce se continue à Forcella di Costa, » au-dessus de Carenno, à Stozza, dans la partie méridionale » de Val Imagua, dans Val Brembilla, avec des Polypiers

> énormes, non loin de Ponte di Sedrina ; puis elle se retrouve » très-abondante dans l'intérieur de Val Adrara et à Predore, » au bord du lac d'Ises, dans Val Sarezzo, et à Caino dans » Val Sabbia. On ne peut manquer de trouver le Terebratula ^ gregaria, Suess., dans toutes les localités signalées par la 3 présence des couches de l'Azzarola, auxquelles en Lombardie » elle appartient jusqu'ici exclusivement (i). »

Il est remarquable de rencontrer en Corse ce même horizon du Terebratula gregaria^ Suess.

D'un autre côté, nous trouvons en Corse Plicatula intusstriata^ Dunk., autre fossile caractéristique de Tinfralias,

(1) L'abbé Stoppani, PaléonMogie lombarde.

68 HOLLAIWB.

d'après M. Dumortier (4). Enûri Y Avicttlacantor ta, Porll. (2), qui caractérise d'une manière si nette l'infraliasi aussi bien au nord qu'au midi de l'Europe, se trouve également dans des couches placées au-dessus ou au-dessous de celles à Terebratula gregariaj Suess.

Nous l'avons déjà dit, la démonstration de la présence de l'infralias en Corse est un fait tout nouveau et bien important pour la classification des terrains sédimentaires de la côte orientale de cette lie. Très-utile au géologue, cet horizon ne le sera peut-être pas moins à l'industrie. En effet, le calcaire gris compacte est susceptible de donner de longues dalles, quelquefois veinées de rose ou de filets blancs de carbonate de chaux. Il est susceptible également d'un beau poli et serait avantageusement employé comme marbre. Ce calcaire donne une excellente pierre à bâtir; on peut en faire de bonne chaux, ainsi que le démontre l'exploitation, sous ce rapport, du calcaire de la Goscia, qui a enrichi son propriétaire en quelques années. La distribution des lambeaux isolés de ces calcaii^s du jurassique inférieur ne peut être qu'une bonne ciii^nstance pour son emploi. Avec les nouvelles routes, toute la partie orientale de l'île peut en profiter. La chaux provenant de ce calcaire est assez siliceuse, et sans avoir toutes les qua* lités d'une bonne chaux hydraulique, elle peut avantageusement en tenir place dans la construction des nombreux ponts que demande le tracé des routes dans ce pays si pittoresque et cependant si peu connu.

Partout où nous avons rencontré l'horizon de l'infralias (3),

(1) Dumorlier, Études paléontologiques sur les dépôts jurassiques du bassin du Rhône, i^ partie, Infralias.

(2) Dieulafait, Étude sur la zone à Âvicula contorta et Vinfralias. Paris, 1870, in-8s 3 cartes.

(3) En Sardaigne, le général de La Marmora a également signalé le jurassique. Seulement ici il commence au lias supérieur. En effet, après avoir décrit les assises jurassiques, M. de Iji Marmora donne la conclusion suivante : c Tous » ces terrains, envisagés dans leur ensemble, représentent les dépdts compris » entre le lias supérieur et la grande oolithe. »

Enfin, M. de La Marmora cite encore le terrain crétacé comme se rencontrant en Sardaigne. A Tlle San-Antioco, on trouve encore c un calcaire marneux cl

AUTICLE N» i.

nous avons toujours découvert aussi l'horizon h Nummulites Ramondiy Defr. On ne trouve dans VWe de Corse aucun dépôt intermédiaire k ces deux horizons.

Dans le chapitre suivant nous nous occuperons des couches à Nummulites.

DÉPÔTS NUMMULITIQUES APPARTENANT A l'ÉOGÊNE MOYEN.

Si nous en croyons la stratigraphie, depuis les dépôts du calcaire gris, appartenant sans doute au lias, jusqu'à Téocène moyen, la Corse resta hors de Teau.

En 4783, Barrai écrivait: «Les montagnes de la grande » chaîne que je nomme de premier ordre sont généralement

> de granités. Dans ces granités Ton trouve des courants de 9 ba^teetdes laves (1). Indépendamment de ces matières, 9 l'on trouve de la pierre calcaire dans deux endroits : l'un à

> une lieue d'Asco, sur le chemin de Calenzana; l'autre au- ^ dessus de la Quenza nommée TAsinao. Ces deux montagnes

> calcaires sont totalement isolées au milieu des granités. :ù En 1820, Gueymard vérifiait le fait pour l'Asinao. Il y trouva

en effet une masse de calcaire au milieu des granités et à plus

» un peu schisteux, à cassure esquilleuse ; il se rapproche de la pierre litho* » graphique, et il est de couleur jaunâtre. » Il renferme les fossiles suivants : € Hippurites comuvaccinum, RadioliteSy Caproiinay Acteonella kevis, Nau^ » iiluSf Cidaris. »

En Corse, je n*ai jamais trouvé la moindre trace de fossiles crétacés. Cependant j*ai trouvé dans le diluvium, au sud de Bastia, à plusieurs reprises différeutes, des cailloux roulés de calcaire jaune, lithographique, avec fossiles rappelant ceux cités plus haut. Ces cailloux roulés de calcaire à Hippurites se voient souvent au has de la falaise située au sud de la tannerie I>azarotli. Je les ai trouvés, soit au bas de la falaise, soit enchâssés au milieu des nombreux cailloux roulés qui la forment; mais, comme la mer détruit et refait souvent la base de cette falaise, je n'oserais afiirmer que ces cailloux de calcaire à Hippurites viennent bien du diluvium corse. Ils peuvent très-bien aussi provenir du lest de quelque bateau, malgré les 1800 ou 2000 mètres qui séparent cette falaise du port de Bastia. Aussi me serais-je abstenu de rappeler ce fait, si le calcaire â Hippurites n'avait pas été signalé en Sardaigne. .

(1) Barrai, loc, cit. Ceci est une erreur.

70 HOLLAlVniS.

de 1800 mètres d'allilude. Il rapporte que ce calcaire est coquillier et entouré de granité. « J'arrive, dit-il (1), à Texlré- » mité de ce calcaire en ne voyant au milieu des granités de i> toutes parts (qui paraissent être stratifiés sur trois heures du » côté de Test) qu'une formation secondaire en couches disï> posées comme dans le terrain primitif et encaissée dans 3> celui-ci d'une manière assez évidente. 3^

Pour aller à l'Asinao, prenons le sentier de Quenza. Quenza est un village bâti sur le granité à grands cristaux de feldspath rose, et situé au sud des monts Incudines. De ce village on découvre les monts du Pargolo et du Coscione. C'est entre ces montagnes que se trouve la bouche de l'Asinao. Après avoir traversé le bois de Cola et côtoyé pendant longtemps la Rizzenèse, on arrive en face de la bocca de l'Asinao. Trois heures après on est aux baraques. On ne trouve jusnue-là que du granité. A l'est des baraques, est la bouche calcaire du monte Asinao. Les baraques sont sur la rive droite du torrent; et, à 300 ou 400 mètres vers Test, on trouve sur de la pegmatite des grès et des calcaires noirs, schisteux ; bientôt la pegmatite disparaît, et l'on ne trouve plus que les assises sédimentaires toujours en position verticale. D'abord on a des calcaires schisteux en masse ; ils sont veinés de carbonate de chaux. Puis on a des grès alternant, et l'on arrive au sommet sur une grande masse de calcaire bleuâtre en position verticale. Les fossiles sont en quantité ; on y trouve principalement :

Liotina {Delphinula) Gervillei, Defr.

NummuUtes Ramondi, Defr.

Orbitoliles mbmedia, d'Arch.

— Fortisii, d'Arch.

CycloUtes Vicaryiy J. Haime.

Pecten Fatrei (?), d'Arch.

Cyprœa Granti (?), d'Arch. Etc.

Le calcaire nummulitique, qui appartient, comme on le voit , àl'éocènemoyen, estjàTAsinao, à 1823 mètres d'altitude. Il

(1) Gueymard, loc. cit

est bleuâtre, assez compacte, et se présente en bancs verticaux décrivant une courbe de plus de 600 mètres à la bouche même. Le calcaire nummulitique, en se formant sur la pegmatite, a empâté souvent des fragments de cette dernière roche. L'analyse d'un échantillon recueilli au contact, à la bouche calcaire de TAsinao, adonné: calcite avec Foraminifères ; quartz ancien ; quartz infiltré dans le feldspath ; feldspaths mono- et Iriclinique; chlorite. A la bouche même, au sud, à Test et à Touest, on ne voit que de la pegmatite, mais il n'en est pas de même au nord. C'est en effet de ce côté que se prolongent les couches nummulitiques. Après le calcaire bleu à Nummulites, on a un calcaire noir schisteux, d'abord en position verticale, puis un peu incliné. Sur ce calcaire sont des grès. On trouve alors un grand creux, et de l'autre côté on a des calcaires et des grès en position presque horizontale. A 300 ou 400 mètres au nord, est une deuxième crevasse, puis quelques mamelons formés de calcaire schisteux, de grès et de poudingue. Ces assises en position horizontale vont jusqu'aux baraques de Tova, élevées sur un petit plateau à 1500 ou 1600 mètres d'altitude. Au sud-est, à 50 mètres des baraques, on trouve la pegmatite. Au nord est une forêt de pins; le sol est de calcaire noir schisteux, de grès et môme de poudingue. Ici ces couches sont fortement inclinées. Elles se répètent par suite de plisse^ments et de nombreuses ruptures.

Au nord-ouest des baraques de Tova, est le ravin opposé à celui des baraques de l'Asinao. En le remontant, on trouve tou* jours des calcaires alternant avec des grès surmontés du poudingue. A 600 mètres environ de In bouche, ces dépôts éocènes se terminent sur le granité des monts Incudine. Au nord-est, les couches nummulitiques se développent considérablement. Elles vont en effet jusqu'à Solaro, la Punta, Tignosello, Ventiseri et le Vobalesco. Plus on descend du monte Asinao, plus les grès et le poudingue sont abondants. Ce dernier est toujours à cailloux roulés de roches granitiques, de quartz et de roches des dépôts antérieurs. Enfin, au port de Favone et un peu vers l'est, on retrouvelc calcaire nummulitique alternant avec les

72 nOLLAMiB.

grès ; à la partie supérieure de la formaliou est un poudingue à petits cailloux de quartz roulés.

Les fossiles ne se rencontrent que dans l'assise inférieure de ces terrains nummulitiques ; on trouve aussi quelquefois des Nummulites dans les grès. Cependant on peut, en s'appuyant sur la nature minéralogique et surtout sur les caractères straligraphiqueSy y faire les divisions suivantes :

l** Un calcaire bleuâtre avec les fossiles cités plus

haut épaiss. moy. 50 mètres.

2* Un calcaire noir , souvent schisteux , en petites couches, traversé par des veines blanches de carbonate de chaux 100

3' Un grès macigno, alternant à la base avec les couches

4" Un poudingue formé par des cailloux roulés de roches granitiques et des terrains antérieurs, renfermant quelquefois des morceaux de quartz roulés, gros comme une noisette 50

Épaisseur moyenne totale 350 mètres.

Pour retrouver d'autres gisements à Nummulites, dirigeonsnous vers le nord. Sur les bords du Golo, au sud-ouest d'Omessa, on rencontre la fente de Francardo. Celle-ci est formée par un calcaire bleuâtre en position presque verticale et s*appuyant sur un filon de pegmatite qui longe la rive droite du Golo. Cependant, au monte Pollini, à l'ouest de la fente de Francardo, le calcaire bleuâtre repose immédiatement sur les schistes luisants, et les premières assises empâtent de nombreux cailloux de ces terrains. Dans le bas de la tour Génoise, au sudouest du monte Pollini, ce dernier fait est beaucoup plus net, tellement que la base du calcaire bleuâtre à Nummulites est un véritable poudingue. Ce calcaire répand une odeur fétide sous le choc du marteau. A la base, il renferme de nombreux débris de Crinoïdes ; puis on a une lumachelle formée en partie par des fragments de Gastéropodes. On y trouve encore Nummulites Ramondi Defr., Orbitoliles Forlisii^ d'Arch., Cyclolites Vicaryi^ J. Haime, c'est-k-dire les fossiles du monte Asinao.

Ce calcaire bleuâtre se prolonge jusqu'au torrent descendant

d'Omessa, et sur lui on trouve en concordance des couches de calcaire schisteux tout couvert de Nummuliles Ramondi^ Defr., et d'Orbitolites Fortisii, d'Arch.

On a donc ici une bande de calcaire nummuhlique fortement redressée et quelquefois au contact d'une roche granitique : la pegmatite comme au monte Asinao/ A Touest, ce calcaire s'arrête bientôt sur les terrains primaires. A l'est, il est beaucoup plus développé. On le retrouve, en effet, à la chapelle Saint- Ange, à 3 ou 4 kilomètres au nord d'Omessa ; mais c'est surtout vei-s le sud que les couches nummulitiques prennent de l'extension. Nous suivrons donc la route de Caporalino à Corte et nous aurons :

l*" Un calcaire bleuâtre, légèrement cristallin, formant souvent lumachelle, avec Nummulites Ramondi, Defr., Orbitolites Fortisiit d'Arch., Cyclolites Vicaryiy J.- Haine, etc. , et de nombreux fragments de Polypiers et de Gastéropodes indéterminables épaiss. moy. 100 mètres.

â^ Un calcaire sc^hi.steux, avec veines blanches de carbonate de chaux et quelques Nummulites iO

3" Un calcaire schisteux, alternant avec des couches de

gi'ès gris 100

i"" Un grès avec nombreux cailloux de calcaire 150

C'est principalement au kilomètre 95 de la route nationale, à 200 ou 300 mètres au nord-ouest de la briqueterie et non loin du pont jctc sur la Sommana; c'est, dis-je, principalement ici, dans le torrent, que l'on trouve les couches de calcaire schisteux, riches en NummuHtcs. Il en est de même des mamelons placés en ce point sur la rive gauche de la Sommana. Plus à l'ouest les couches de calcaire à Nummulites alternent avec des couches de grès renfermant les mêmes Nummuhtes. Puis on voit le tout reposer sur une forte masse de pegmatite. Ces dépôts nummulitiques s'élèvent vers les montagnes de l'Alluraja; au sud, on les trouve jusque dans le bas de Soveria. Ils sont, à l'est du col de San-Quilico, sur l'infralias; on les voit également au sud de ce col. Enfin, dans le ravin du San-Quilico nous avons signalé un calcaire (a) bleuâtre, avec nombreuses

ANN. se. GÉOL. IX. 10. — ART. N» 2.

74 HOIXAIVDE.

Nummuliles (1). Ce calcaire repose ici sur les schistes luisants et ses couches sont inclinées de TO, à TE., tandis que celles de la fente du Francardo le sont du N. 0. au S. E. Plus au sud de la coupe 6, on retrouve le même calcaire. De là à la maison Philippini, sur la rive gauche du Tavignano, on retrouve souvent cette bande de calcaire, de telle sorte que ce calcaire a (2) de la maison Philippini est dans les mêmes conditions straligraphiques que celui du haut du ravin de San- Quilico. Nous avons donc de bonnes raisons pour le considérer comme nummulitique , malgré l'absence de fossiles déterminables. A l'est de tous ces dépôts de calcaire et de grès, on trouve quelques roches éruptives, telles que serpentine, euphotide et pegmatite. Puis, vers le haut, le tout est recouvert par un poudingue à gros cailloux de calcaire, de serpentine, d'euphotide, voire môme de schistes luisants. Il s'élève sur les montagnes dominant Tralonca et Santa-Lucia. Je suppose qu'il va bien au delà et que le canton de Sermano est en grande partie recouvert par le nummulitique.

Au sud de Corte on a signalé plus haut les schistes luisants avec le calcaire saccharoïde fibreux sur de la protogyne. Dans le bois de châtaigniers que l'on rencontre avant que d'arriver à Lugo di Venaco, on trouve de nombreux blocs de poudingue à pâte grise, quartzeuse et petits cailloux de quartz roulés, de roches granitiques et des dépôts anciens. Or, ce grès et ce poudingue se trouvent à l'est de l'Asinao, sur le calcaire à Nummu- Utes. Nous le signalerons plus loin dans les mêmes conditions stratigraphiques àPalasca (Balagne) et dans le Nebbio. Ils doivent donc être considérés, dans le Venaco, comme les représentants de la partie supérieure du nummulitique. A 100 mètres environ du kilomètre 74 de la route nationale, de Corte à Serragio, on voit, dans un sentier faisant suite au tournant de la route, le grès et le poudingue nummulitiques en place. Ils sont sur les terrains primaires. Ces dépôts éocènes vont bien au delà de Scrragio, où ils sont très-développés ; à TO., ils s'élèvent vers

(1) Voy. la coupe n" 6.

(2) Voy. la coupe n" 3.

les montagnes de la chaîne primordiale. Au sud de Serragio, les grès continuent jusqu'aux ruines de Saint-Christophe et le Razzo Bianco que nous connaissons. Les grès nummulitiques reposent sur ce rocher en discordance. Au sud du Razzo Bianco, sont des schistes verts avec nombreux cailloux de calcaire saccharoïde à peine roulés. On trouve encore de ce côté les grès nummulitiques sur la protogyne stratifiée. En prenant la route forestière, on côtoie le Vecchio, et Ton peut gagner la route qui descend le Tavignano en allant de Corte à Aleria. On trouve à Test du Razzo Bianco les calcaires noirs, schisteux, de Noceta, Vezzani, etc., calcaires que nous avons considérés comme primaires. Mais sur la rive gauche du Vecchio, sont de nombreux mamelons formés complètement par un calcaire fissile à veines de carbonate de chaux ; il est en couches verticales, très-plissées et placées sous les grès nummulitiques, autant qu'on peut le juger, car tous ces dépôts sont fortement redressés et les grès sont dans le haut des calcaires. Je les crois nummulitiques. Ces dépôts vont presque jusqu'au pont du Vecchio et celui d'Altiani, où l'on retrouve les terrains primaires. Il est facile de voir que les dépôts nummulitiques ont subi une grande dénudation. On ne les retrouve dans l'intérieur de l'île que par lambeaux; quelquefois ils forment la partie supérieure d'une montagne , tandis que le bas est primaire. Gela crée des difficultés contre lesquelles il est bon de se mettre en garde lorsqu'on parcourt ces régions. Néanmoins je crois être en droit de teinter sur la carte (1) tous les terrains de Serragio au pont d'Altiani, d'une grande partie du canton de Sermano, de l'est du col de San-Quilico jusqu'au calcaire de Caporalino, comme étant du nummulitique. Sans vouloir dire, toutefois, que sur tout ce parcours on ne puisse trouver dans les creux les terrains primaires et secondaires.

Revenons à la fente du Francardo, et au nord-ouest nous trouverons le Golo, puis une petite plaine connue sous le nom de Champ de guerre. C'est ici que furent tirés les derniers

(1) Voy. la carte annexée à cet ouvrage.

76 HOLLANDC:.

coupsde fusil, k la suite de la bataille de Pont^-Nuovo, qui décida de Tannexion de la Corse à la France. La Corse y perdit son indépendance, mais elle devint française. Le Corse est courageux, vif, sobre, hospitalier, avide de gloire, passionné et enclin à se faire justice; conservant en cela la tradition de ses pères lors de la domination de Gênes, surtout sous l'administration de la maison de Saint-George. A cette époque, le Corse opprimé n'avait d'autres ressources que son fusil ou son poignard pour obtenir justice d'un ennemi puissant. La vendetta est un reste de ces anciennes habitudes. Aujourd'hui elle tend à disparaître. L'instruction se répand beaucoup, et le goût du travail, de l'agriculture, les routes que l'on a construites dans l'île, les communications fréquentes avec le continent, apportent de nombreuses modifications dans les us et coutumes des habitants de la Corse.

Le Champ de guerre se prolonge jusqu'à Ponte alla Leccia. A l'ouest de ce hameau et de la Tartagine, on trouve une autre plaine dite Pian délia Bataylia^ qui s'étend jusque près de Palasca. Au nord de ce village est le Losari.

C'est à l'embouchure de ce torrent, sur la rive droite, vers Cima al Arca, que nous allons retrouver le calcaire bleu nummulitique. A Test du Losari, on a en effet de fortes assises de calcaire bleuâtre utilisé pour la fabrication de la chaux. Ce calcaire repose sur une roche granitique et renferme dans le bas des fours à chaux : Numimdites Ramondi^ Defr.

Il est en position verticale et est recouvert par un sol argileux. A l'est, sur ce calcaire, on trouve un grès gris, souvent à gros grains, que nous verrons constamment au-dessus du calcaire nummulitique. Sur les bords de la mer est un calcaire noir, sans Nummulites; on n'y voit que des empreintes d'Algues, sans doute des Spfuerococcites.

La route coupe ces couches sur une assez grande étendue, de sorte qu'elles sont très- visibles. Il est difficile de voir un terrain plus tourmenté. Ce ne sont que plissements et cassures. Stratigraphiquement , les dépôts se présentent dans l'ordre

suivant :

ARTICLE N« â.

i. Un calcaire avec NummuUtês Ramondi, Defr., Cyelo-

lites Vicarjfi, J. Haime épaiss. nioy. 20 mètres.

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