SPECIES GÉNÉRAL DES COLÉOP
mères de la collection de M. le comte Drsear, tome III, in-6°, Crochard.
Cet ouvrage peut tre considéré comme un Species coleopterorum assez complet; car la collection de M. le comte Dejean est si riche, qu’elle réunit la plupart des espèces découvertes jusqu’à ce jour : aussi le nombre des volumes, à en juger par les développemens que donne l’auteur, sera-t-il considérable.
Le premier, quia paru en 1825, comprenait toutes les Cicindelètes »
les Troncatipennes et les Scaritides.
Lesecond, qui porte la date de 1826, a offert la description des Simplicipèdes et des Patellimanes. Le troisième contient la grande tribu des Féroniens, c’est-à-dire la section des Féronies, fondée par M. Latreille,
dans le règne animal. M. Dejean éta-
ET PHYSIOLOGIE ANIMALE
blit deux divisions, la première qui comprend les genres Pogonus, Cardiaderus , Baripus et Patrobus , a pour
caractères distinctifs
d'avoir les deux premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles. La deuxième division , au contraire, se distingue par les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles. Cette division renferme un grand nombre de genre, qu'il est possible de grouper dans deux sections. La première se compose des Féroniens qui ont les crochets des tarses dentelés en dessous; elle comprend cinq genres : Doli chus, Pristorychus, Calathus, Pristodactyla et Taphria. La seconde section a pour caractères d’avoir des tarses sans dentelures. Elle contient vingt-deux genres Sphodrus, Omphyeus, Platynus, Anchomenus, 4gonum, Olistopus , Trigonotoma, Cata-
dromus , Lesticus, Distrigus, Abacetus,
Microcephalus , Feronia, Camptoscelis , Myas, Cephalotes, Stomis, Pelor , Zabrus, Amara, Antractia et Masoreus.
L’indication de tous ces genres a donné une idée suffisante du volume que nous annoncons; car ils en forment le contenu. À chaque genre, l’auteur fixeles caractères distinctifs, et il entre dans quelques développemens sur son établissement, sur les caractères et les habitudes propres aux espèces qu'il renferme. Il passe ensuite aux espèces en les caractérisant par une phrase suivie de la synonymie latine, puis il donne une description française très-détaillée des particularités de l'espèce qu'il décrit. Tel était le plan adopté par M. Dejean dans les deux premiers volumes , et qu’il a suivi scrupuleusement dans celui qui vient de paraître.
59. DESCRIPTION DE QUARANTE NOUVELLES ESPÈCES DE SCARA- BÉIDES DU BRÉSIL; par M. le comte G.G.deMannrruerm.(Mémoire de 5o pages, accompagné de deux
planches coloriées. )
L’estimable auteur de cette production est déjà avantageusement connu parsa belle Monographie des Eucnémides, reproduite dans les 4nnales des Sciences naturelles (tom. II, p. 426, PL. 27). La plupart des espèces qu'il décrit dans ce nouveau travail, avaient été recueillies au Brésil par un ancien employé du laboratoire de zoologie du Jardin du Roi, M. Ménétriés, qui s’est fixé en Russie, et a trouvé dans
M. Mannerheim un puissant protecteur. Cinq espèces d’Ateuchus, deux du genre onthophagus , quatre copris, un odontœus , deux hybosorus, un phileurus et un scarabée, deux rutèles, deux macraspis , deux cyclocéphales , deux apogonies, un nouveau genre AGAOCÉPHALA, Composé d’une seule espèce (cornigera), trois géniatès, cinq mélolonthes, dont deux donteux, deux omaloplies, un autre nouveau genre, ISONYCHUS, dont quatre espèces sont décrites, et parmi lesquelles il en est une mentionnée dans le catalogue de la collection de M. le comte Déjean (omaloplia grisea), un macrodactyle et un gymnétis, dédié à M. Ménétriés, telle est la liste nominale des Scarabéides décrits dans ce Mémoire. Les caractères des deux nouveaux genres précités y sont exposés avec tous les détails d’une étude approfondie, et très-bien figurés. Ils sont parfaitement conformes, du moins à l'égard du premier, à ceux que nous avions nous-même observés et présentés dans la nouvelle édition du Règne animal de M. le baron de Cuvier, dont une grande partie est déjà imprimée, mais qui n’a pas encore vu le jour. M. le comte de Mainnerheim compare ces divers caractères avec ceux de plusieurs autres scarabéides, et établit, à ce sujet, des rapprochemensingénieux.
Dans notre opinion, ce genre vient naturellement près des oryetès etdes scarabées. Quant à celui d’Isonychus, il nous parait lier les dicranies
de MM. Lepelletier et Serville (Enc.
méthod.), avec les hoplies. La première planche est entièrement consacrée à ces deux nouveaux genres; sur la seconde, sont représentées huit espèces de divers autres genres (ateuchus, rutela, macraspis, cyclocephala, geniates et macrodactylus.
(LATR£EILLE.)
60. CRUSTACÉS DE La MÉDITERRA- NÉE ET DE SON LITTORAL, décrits et lithographiés; par M. Pozy- DORE Roux, conservateur du cabinet d'histoire naturelle de la ville de Marseille, in-4°.— Pre-
mière livraison. . :
Il serait difficile de citer un naturaliste plus laborieux et plus zélé pour les progrès de la zoologie que l’auteur de cet intéressant ouvrage. De toutes les entreprises qu’il a déjà formées, celle-ci, par la nouveauté de beaucoup d'objets, les détails qu’il est obligé de représenter et qui font ressortir d’avantage son talent, comme dessinateur, semblent lui assurer plus de succès.
Le docteur Leach nous avait fait connaître un grand nombre de crustacés des côtes de la Grande- Bretagne, et il avait été très-bien secondé par l’un des plus habiles peintres de ce'royaume, Curtis.
Mais la Méditerranée, à raison de sa position, doit être infiniment plus riche en espèces de cette classe.
L'ouvrage de M. Risso, sur celles de la côte de Nice, ainsi que celui qu'il a publié sur PHistoire naturelle de l’Europe méridionale , ne nous offre qu'un petit nombre de
figures, souvent insuffisantes, et laisse fréquemment encore beaucoup à désirer quant à la partie descriptive. M. Roux, tout en sentant le besoin de réclamer le secours de ce savant, pour la communication des crustacés qu'il a décrits, a compris que l’état actuel de la science exigeait un examen plus rigoureux et plus approfondi. Les caractères génériques sont présentés avec plus de détails, et sa synonymie spécifique est aussi complète qu’elle pouvait Pêtre, dans sa situation. Il a su mettre à profit les observations du docteur Léackh, relativement à la forme et à la composition apparente du post-abdomen (vulgairement la queue) des deux sexes des crustacés décapodes brachyures. Mais nous pensons qu'à son exemple , il aurait dü figurer séparément les antennes et les piedsmâchoires extérieurs. Il lui sera impossible de bien faire connaître les caractères des genres des ordres suivans, s’il néglige ces considérations et quelques autres. Cette, livraison se compose de cinq planches quireprésententsuccessivement les espèces suivantes : Lambrus mediterraneus, Calapa granulata, Amathia rissoana (nouveau genre dont la dénomination a été déjà employée en zoologie, et que nous avons aussi établi dans la nouvelle édition du règne animal de M. le baron Cuvier, sous le nom de Pericera) Portunus longipes, Portunus Rondeletii, et Squilla Ceristi.
Quelques peintres éclairés d'histoire
naturelle ont admiré comme nous,
l'exactitude des dessins de M. Roux.
Nous n’avons qu'un regret, et qui nous est commun, par rapport aux coquilles, avec le baron de Férussac, c’est que cet habile naturaliste se trouve, par son éloignement de la métropole , privé des secours que lui auraient offerts de grandes collections et les lumières des savans cultivant les mêmes branches de la zoologie. Mais son travail, malgré le denûment auquel il est obligé de se soumettre, sera toujours, si la suite répond au commencement, infiniment utile et même indispensable à tous ceux qui s’occuperont spécialement de gammarologie.