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membres de la Commission qui ont décerné le prix de Physiologie rappellent que, dans leur rapport, ils ont fait mention tant des travaux -de M. Fohmann que de ceux de M. Lauth lui-même.
255. — Manière de produire le hoquet à volonté chez les animaux.
Un maître de pension, M. Daniel, adresse à l’Académie une lettre sur le hoquet.
L'auteur cite dans ce Mémoire l'expérience suivante, qui nous a paru neuve, et à Jaquelle, dit-il, le hasard seul l’a conduit.
Faits jeûner un chien, pendant huit ou dix heures ; placez ensuite Janimal sur le dos, et versez sur son estomac de l’eau froide, vous produirez aussitôt sur lui le hoquet.
Sur vingt-trois chiens soumis à l'expérience, le hoquet a été produit vingt-deux fois. l’auteur a soumis à la même épreuve des veaux et des taureaux, et le hoquet a été constamment produit chez ces animaux.
286. — Influence de l'indigence sur la mortalité des hommes, dans Les différens pays, depuis le commencement du XTXe siècle.
M. Duméril fait deux rapports sur deux Mémoires de M. Benoiston de Châteauneuf, relatifs à des questions de statistique.
L'auteur s’est surtout proposé,
dans le premier de ses Mémoires, «le constater si la misère, qui exerce une influence si terrible sur la vie de l’homme, dans ses premières an-
nées, n’est pas également funeste dans un âge avancé. Dans ce but il a comparé la mortalité de six cents personnes, placées dans les classes les plus élevées de la société, et déja d’un âge mûr, à la mortalité des gens plongés dans la plus grande indigence. Il a trouvé que la mortalité, chez les derniers, était plus que le double de ce qu'il l'avait trouvée chez les premiers.
Le second Mémoire de M. de Châteauneuf est relatif à la mortalité, dans les différens pays de l'Europe , depuis le commencement du XIXe siècle. j
L'auteur a fait ses recherches sur les différens départemens de la Frence, sur l'Angleterre, les Pays- Bas, la Suisse et plusieurs sonvernemens de la Russie. Le résultat constant a été de lui montrer que, sur cent hommes, vingt-cinq seulement, dans ces différens pays, arrivent à l’âge de soixante ans, et que c’est à partir de soixante-dix ans que l’homme s'incline le plus rapidement vers la tombe. Les pays montagneux , quelle que soit la latitude sous laquelle ils se trouvent situés, sont ceux où la durée de la vie est la plus considérable.
MM. les Commissaires, en rendant justice au zèle infatigable de M. Benoiston de Châteauneuf, expriment le désir de le voir continuer ses importantes recherches. Il serait surtout important de déterminer, d'une manière exacte, la durée moyenne de la vie dans les différentes classes de la société. La solution de ce problème demanderait des recherches immenses, mais qui
ne sont peut-être pas au-dessus du zèle d’un philanthrope si éclairé.
257. — Ossemens de Palæotherinm découverts dans une couche de calcaire grossier, près de Paris.
M, Cordier communique à l’Académie un fait relatif à la théorie des terrains des envigons de Paris,
Cet académicien, averti par M.
Robert que des ossemens &e mammifères venaient d’être découverts dans des couches appartenant à la formation du calcaire grossier, s’est transporté sur les lieux, où ce jeune géologue en avait reconnu l’existence. C'est une des carrières de Nanterre, connue sous le nom de carrière des Moulins, la troisième de celles qu’on rencontre en arrivant à Nanterre, ‘par la route de Paris; elle est exploitée par M. Mérot, qui en est le propriétaire. La couche ossifère est située à cinq mètres et demi au-dessous du sol; elle est épaisse de quatre à cinq décimètres. Rien n’est si facile que de l’examiner, puisque la caverne est exploitée à ciel ouvert. Les ossemens sont tellement friables, et d'ailleurs si fortement encaissés dans leur gangue, qu'il est presque impossible de les en détacher sans les briser. Des échantillons de la roche ont été mis sous les yeux de M. G. Cuvier, qui a reconnu les OS pour appartenin à une grande espèce de Palæotherium. 11 paraît que la quantité des ossemens ‘est très-considérab.e; Ja couche ossifère s’étend déjà sur une longueur de plus de vingt mètres, et rien n’annonce qu'on soit près de l'avoir épuisée.
Des faits qu'il vient de communiquer à l’Académie, M. Cordier conclut :
1° Que les Mammifères appartenant à des espèces perdues, dont on a trouyé tant de débris dans la formation gypseuse des environs.de Paris, et dont on a.reconnu quelques ossemens dans une formation de grès quarzeux qui est intercalée entre la formation du calcaire siliceux et celle du calcaire: grossier, descendent, en outre, dans le calcaire grossier lui-niême ;
2° Que, par conséquent, ces animaux Ont Vécu non loin du bassin de Paris, à une époque plus ancienne qu’on ne le. croyait ;.
5° Enfin, que les circonstances qui ont fait varier d’une manière si remarquable, et la nature minéralogique des différentes formations qui composent le bassin de Paris, et la nature des mollusques dont ces formations renferment des débris, n’exerçaient vraisemblablement aucune action notable sur les surfaces continentales qui-entouraient ce bassin, puisque les Palæotherium et les autres mammifères appartenant à des genres semblables continuaient à s'y propager sans modification, pendant que les formations du bassin changeaient de la manière la plus notable.
258. — l'igeon quirespire plusieurs jours privé du cerveau et de moelle épinière.
M. Desportes, docteur médecin, envoie à l’Académie le récit d’une observation dans laquelle il a vu un jeune pigeon vivre pendant deux
jours; dans sa coquille, dont il ne pouvait se débarrasser, et vivre encore long-temps après, bien qu'il fût privé de l’encéphale et de la partie supérieure de la moelle épinière,
L'auteur de la lettre, trompé par le compte rendu de quelques journaux, avait cru que cette observation était en contradiction avec ce qu'avait annoncé M. Flourens sur
l'influence que la moelle épinière |
exerce sur la respiration.
M. Flourens fait remarquer que le fait important observé par l’auteur n’est nullement en contradiction avec les conséquences auxquelles l’a conduit sa propre expérience. Un rapport sera fait à l’Académie sur l’observation de M. Desportes.
Séance du 16 août.