Sur les Gangas
— M. de Blainville lit un Mémoire sur les oïseaux, désignés sous le nom de Ganga; ces oiseaux, qui habitent le midi de l’Europe ‘et
(Hem N)
quelques parties de nos Provinces méridionales, doivent être rattachés, suivant l’auteur, non à la famille des gallinacés, comme on l'avait pensé jusqu’à présent, mais à celle des pigeons.
Seance du 3r août.
264.— Nomination de M. Mrcxez à la place de Membre correspondant.
Dans la séance dernière, la section de médecine et de chirurgie avait fait son rapport sur la présentation des candidats à la place de correspondant, vacante dans son sein. La liste présentée est la suivante :
10 M. Meckel en Allemagne; 20 M. Fodéré à Strasbourg ; 3° M.
Bretonneau de Tours; 4° ex æquo MM. Abercrombie d'Edimbourg et Lallemand de Montpellier; 5° M.
Barbier d'Amiens ; 6° M. Brachet de Lyon. “
Au premier tour de scrutin, sur 57 votans, M. Meckel obtient 25 suffrages ; M. Bretonneau, 11; M.
Fodéré 1; M. Meckel, ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé Membre correspondant de l’Académie.
265.— Sur la philosophie de la nature, et la marche à suivre dans les sciences. À M. Geoffroy Saint-Hilaire lit ur
Mémoire intitulé : Meéditations sur
la Nature.
L'auteur commence par des considérations générales sur cette bran-
che nouvelle des sciences, cultivée en Allemagne, et qui a reçu spécialement le nom de philosophie de la nature.
Il indique la marchæ, suivie par les partisans de cette philosophie qui, dit-il, non seulement a déjà pénétré dans l’enseignement public, mais encore s’y trouve professée par des hommes graves et d’un savoir profond. Ce qui distingue surtout les philosophes de la nature, c’est la prétention, 10 de réunir dans leurs conceptions l’ensemble des | phénomènes de la nature, 2° d’arriver à ces conceptions, non par des déductions @ priori, tirées de l'observation des faits particuliers, mais par des vues primitives.
M. Geoffroy Saint-Hilaire fait sentir tout ce qu'a de hasardeux une pareille marche , et combien facilement elle peut égarer ceux qui la suivent; il ne nie pas néanmoins qu'un homme de génie ne puisse, en s’y engageant , faire faire aux sciences des progrès immenses.
L'auteur donne ensuite une idée sommaire des principales opinions auxquelles se sont arrêtés les secta-
teurs de la philosophie de la nature;
puis, s’occupant spécialement d’une assertion émise par plusieurs d’entre eux, qui ont présenté ses propres travaux en général, et en particulier son idée de l’unité de composition organique , comme une preuve de grands résultats auxquels
peut conduire une conception d& Pr il proteste contre une pa- | reille assertion, et, donnant l’his-
toire de sa découverte, il montre | qu'elle a étéle résultat de la généra- | lisation d’une suite de recherches
(he)p
et d'observations faités avec tout le soin convenable.
C’est en suivant cette. marche que l’on croit être arrivé à placer sa loi de l'unité de composition organique au nombre des principes désormais incontestables. Les détails dans lesquels entre l’honorable académicien sur l’histoire de sa découverte nous paraissent digues d'intérêt. Il répond d’abord à ceux qui ont cru reconnaître quelque ressemblance entre son principe de l'unité d'organisation, et cette vieille idée, que tous les êtres de la nature étaient créés en due les uns des autres, et montre combien son grand principe diffère de cette vue hypothétique et insignifiante.
Séance du 21 septembre.
266.— Rapport de la Commission chargée d'examiner les travaux de l'expédition envoyée en Grèce.
M. Geoffroy Saint-Hilaire fait, au nom de la Commission chargée de cet objet, un rapport sur les opérations de la commission scientifique envoyée en Morée.
Sous la direction de M. Bory de
Saint-Vincent se trouvaient M. Vir-'
let pour la minéralogie et la géologie ; M. Despréaux pour la botanique, M. Pector, médecin, et M.
Bruslé pour la zoologie, M. Delaunay pour la géographie et la géologie, et M. Baccuet, dessinateur, pour toutes les parties. La traversée a été longue et pénible; ce n’est que dans les derniers jours de mars que l’expédition a vu les côtes de Navarin. Après quelques jours d’un repos nécessaire, nos savans se sont
livrés à lexamen intérieur ct extérieur de la rade de Navarin. La commission adresse au ministère la description des différens poissons et coquillages qui peuplent cette rade, et des côtes qui la bordent.
L'expédition s’est ensuite divisée en deux parties : MM. Pector et Delaunay ont été chargés d’explorer tout le littoral de la Messénie, en partant de Modon.M.Despréaux, resté malade à Navarin, a été remplacé par un jeune chirurgien, M.
Panaget, auquel M. le maréchal Maison a permis de s’adjoindre à l'expédition. M. Bory de Saint-Vincent, accompagné de MM, Virlet, Bruslé et Baccuet, ont exploré Pintérieur des terres, à travers des montagnes et des vallées jusqu'ici peu fréquentées.Tousles voyageurs avaient pour instruction de prendre constamment trois hauteurs barométriques par jour.
Partout nos voyageurs ont trouvé les Grecs bons, hospitaliers, humains, intelligens ; partout ils ont vu les Français accueillis avec reconnaissance et empressement.
L'expédition a remarqué et signalé des débris de monumens de la plus haute antiquité. Un premier rapport, daté du 10 mai, contient le détail des observations que nous venons d'indiquer.
Dans un second exposé, M. Bory de Saint-Vincent rend compte de nouvelles excursions , et parle d’abondantes collections qu’il adresse au Muséum d'histoire naturelle.
L'expédition, augmentée d’un nouveau membre, M. Goguet de Bourley, envoyé par le ministre de l’inté-
rieur, s’est encore partagée en deux sections : la première s’est embarquée pour exploiter les côtes, la seconde a visité l’intérieur de l’'Etolie. Le rapport signale un grand nombre d’erreurs dans les cartes
que nous possédons. ;
« Les mœurs des Maïiniotes, dit M. Bory, nous ont singulièrement intéressés; leur histoire sera certainement l’une des parties les plus piquantes de notre relation. Nous réclamons l'honneur d’avoir, parmi les Européens, pénétré les premiers chez ces descendans des Spartiates, chez lesquels nous avons observé les mœurs des temps anciens modifiés par des coutumes féodales dont esprit nous reporterait au XITET* siècle. » ;
La Laconie est susceptible des plus grandes améliorations ; les terres y rendent considérablement, quoique mal tenues ; toutes Les pratiques de l’agriculture et du jardinage y sontdans l'enfance, les fruits et les herbages d'une qualité trèsinférieure ; les moindres terres sont délaissées et abandonnées aux roseaux et à toutes les plantes croissant spontanément. Quand on pense qu’on pouvait remédier à ce qui est là si défectueux, y prévenir l’insalubrité de beaucoup de terrains marécageux , en y apportant un grand nombre de plantes exotiques dont on ignore même le nom, on juge qu'une commotion politique et le moindre changement dans les mœurs sont un bienfait pour cette partie de la Grèce.
Cependant l'excès du travail et les fatigues sous un ciel ardent
devinrent , enfin, funestes voyageurs ; M. Baccuet tomba d’abord dangereusement malade, puis M. Virlet, que son zèle emportait trop souvent. « À notre arrivée à Monembasie, continue le directeur de lexpédition, MM. Bruslé et Delaunay, tous deux si pleins de
zèle, tombèrent aussi malades. M. le
aux
docteur Pector, resté en arrière dans son expédition maritime, ne put alors donner ses soins à ses collaborateurs; ce fut un jeune médecin Bavaroïs, M. Succharini, attaché aux troupes grecques régulières, qui fut appelé, ou plutôt envoyé expressément par M. le président de la Grèce. » Les malades convalescens, au départ du courrier, ont été conduits par M. le directeur Bory, sur un bateau à vapeur, à Tisio, île de l’Archipel, 15 heures de la côte.
Des récoltes abondantes ont été
faites pendant ce voyage d’Arcadie et de Laconie ; mais rien n’a encore été envoyé en France.
M. le rapporteur termine par une énumération scientifique qu’on doit à la commission; elles sont aussi nombreuses qu'on pouvait s’y attendre, dans un pays connu depuis si long-temps, quoique d’une manière imparfaite, si voisin du nôtre et sous une latitude si peu différente. La commission donne les plus grands éloges au zèle, à l’activité et au savoir profond du directeur de l'expédition, ainsi que de tous les membres qui la composent; elle rappelle que c’est l’autorité qui a eu l’'heureuse idée d’une expédition qui
doit faire beaucoup d'honneur à la
France. L'académie des Sciences,
consultée pour le choix des sujets,
n’a qu’à s’applaudir de ceux auxquels |
elle s’est fixée.
un rapport sur deux Mémoires de M. Virlet, relatifs à la géologie de la Messénie, et notamment à celle des environs de Modon et de Navarin. Nous publierons textuellement ce Rapport dans les Annales.
Séance du 28 septembre.