SAINT-VINCENT
M. Geoffroy Saint-Hilaire donne lecture d’une lettre de M. Bory de Saint-Vincent, datée de Milo, 20 septembre.
Cette lettre contient des détails sur l'extrême sécheresse qui règne sur toutes les îles de lArchipel pendant l’été. Cette sécheresse est telle, que sous l'influence d’une température de 30 degrés, on voit disparaître la totalité des végétaux, et des animaux de ces contrées.
Nos campagnes sont beaucoup moins nues , beaucoup moins de peuplées d'animaux au mois de janvier, que les îles de l’Archipel pendant l'été.
Si on n’apercevait pas quelques stellions courant dans des murs de pierres sèches, on ne découvrirait aucun vestige de vie dans ce pays pendant la saison chaude.
Sur les côtes de ces îles, la mer n’est pas moins dépourvue d'êtres vivants que la terre ; il n’y existe que trois espèces de fucus, six de conferves, et par conséquent pas de poissons.
M. Bory de Saint Vincent a visité particulièrement l'ile de Santorin , la plus curieuse des îles de la Méditerranée sous le rapport géologique: Son terrain est entièrement volcanique. M. Bory est de plus convaincu que de nouveaux volcans
ne tarderont pas à s’y ouvrir. Il s’est fait conduire en un point de la rade où le fond, s’élevant d'année en année, n’est déjà plus qu’à trois brasses de la surface; il est sensiblement chaud, ettout annonce qu'ilne tardera pas à s'élever au-dessus des eaux.
M. Bory de Saint-Vincent, ne pouvant plus faire aucune observation zoologique ou botanique dans des contrées dépourvues d'êtres vivans, se disposait à s’embarquer pour l'Europe ; avant de partir, il a visité les carrières d’où on tirait le marbre de Paros, et la célèbre grotte d’Antiparos.