‹ Annales des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 60 sur 78 · S VI · texte numérisé non relu

S VI

x. Par tout ce qui précède, on voit!: 1° que les épanchemens ne produisent les effets de la:compression du cerveau qu'autant qu'ils dépassent une certaine limite ; 2° qu'il faut qu’ils dépassent cette limite pour surmonter la force de ressort propre ‘du tissu cérébral : 3° qu'ils ne surmontent , même parvenus à cette limite, cette force de ressort qu’autant qu’ils sont comprimés par le crâne ou la dure-mère ; et 4° que lablation du crâne et de la dure-mère détruit par elle seule , ou indépendamiment de leur évacuation: (c’est-à-dire, par cela seul qu’elle enlèvezetda voûte crânienne et la région supérieure de la dure-mère , car le eràne ne com: prime que par sa voûte, comme la dure-mère par’ sa région supérieure), l'action compressive des épanchemens.

2. On voit,.en outre, que ‘trois agens distincts concourent à l’action compressive des épanchemens : 1° la force impulsive des organes circulatoires qui poussent le sang entre le cerveau et le crâne ou la dure-mére ; 2° Ja

résistance du crâne et de la dure-mère ; et 3° la résis-

QUE tance propre du cerveau; et l’on voit que, de ces trois agens, la résistance propre du cerveau étant le plus faible , le résultat définitif doit être , comme je viens de Je dire, l’affaissement ou la compression, en d’autres termes, l’altération , la lésion du cerveau; car toute compression qui agit, agit comme lésion.

3. Ainsi, les épanchemens n'agissent que par compression; el ils ne compriment le cerveau qu'étant comprimés par le crâne ou la dure-mère ; et ils ne peuvent être comprimés par le crâne ou la dure-mère qu'autant qu'ils dépassent une certaine limite ; et le trépan , c'està-dire, l’ablation du crâne et de la dure-mère , détruit leur action, non-seulement parce qu’il donne issue à l’épanchement, mais encore parce qu’il enlève les parties qui le compriment.

4. On voit maintenant pourquoi, dans mes précédentes expériences, où je cherchais , par-dessus tout , à produire des lésions isolées de toute complication , et, par ces lésions simples, des phénomènes simples , je commençais, avec tant de soin, par mettre à nu tout l’encéphale par le retranchement complet de la région supérieure du crâne et de la dure-mère. Par cette méthode, non-seulement je pouvais constamment guider la main par l'œil dans l’ablation successive des diverses parties de l’encéphale; maïs je me garantissais, de plus, comme on vient de voir, sinon de tout épanchement, du moins de toute compression possible par Jes épanchemens ; et l’on verra mieux encore toute l'importance de cette méthode expérimentale, quand, dans un second Mémoire, j'aurai fait connaître le mécanisme selon le-

quel se forment les exubérances ou hernies cérébrales.

Revue crrique des diverses espèces du genre Vultur des ornithologistes modernes ;

Par M. Rurrez (1).

Parmi les familles naturelles des Oiseaux, aucune n'est mieux caractérisée que celle des Vautourins; la configuration du bec, celle des pieds et des ongles , le port, les mœurs et les habitudes les rapprochent parfaitement , en même temps que ces caractères les séparent si bien des autres oiseaux que, quoique Linnæus les ait réunis dans les premières éditions de son Systema Naturæ avec le genre Falco, il adopta plus tard le démembrement des Vultur proposé par Meurhingius. Storr détacha de ce genre, en 1990, les Gypaetos ; Hlliger, dans son Prodrome publié en 1811, forma, aux dépens des Vautours, son genre Catharte, auquel il réunit cependant les Gypaetos de Storr. M. Temmink enfin , en adoptant ces trois genres dans son Analyse du système général d’ornitholegie, proposa (2) deux sections géographiques pour les Cathartes : l’une pour les espèces propres à l’ancien continent , l’autre pour celles du nouveau monde. M: Duméril nomma Sarcoramphus une partie des Cathartes propre à l'Amérique, et qui portent des caroncules à la tête. Enfin M. Cuvier, dans

(x) Les Rédacteurs des Annales croient devoir déclarer que le Mé-. moire de M. Ruppel, sur les Vautours, leur a été remis depuis plus de six mois, mais que l’akondance des matières , ainsi que les grands événemens politiques qui ont eu lieu en France, en ont retardé jusqu'ici la publication. (R.)

(2) Manuel d’Ornithologie, deuxième édition , vol. L, p. 48.

sa nouvelle édition du Règne animal (1), en adoptant tous ces démembremens , appelle les deux sections géographiques indiquées par M. Temmink Percnopterus et Cathartes ; mais il paraît vouloir supprimer le sousgenre Sarcoramphus.

Voilà donc le genre Vultur de Linnæus subdivisé en quatre ou cinq sous-genres , qui se distinguent assez nettement, parce qu'il n’y a que très-peu d'espèces dans chacun ; mais cela était précisément une raison pour ne pas faire ces subdivisions qui n'étaient pas nécessaires (2).

Dans le présent Mémoire je me propose de ne parler que du genre Vautour proprement dit, tel qu'il est limité actuellement par les ornithologistes. M. Temmink en a récemment publié une Monographie, dans la 72° livraison de ses planches coloriées ; mais il y a fait plusieurs méprises , et l’omission assez grave de ne pas caractériser suffisamment les différentes espèces qu'il adopte. Ayant observé dans mes voyages un grand nombre de Vautours, tant à l’état sauvage que dans les collections d'histoire naturelle , je crois pouvoir rectifier plusieurs des méprises de M. Temmink , ei remplir les lacunes de sa Monographie. Je dois aussi faire observer que les descriptions des espèces du genre Vautour, dans les ouvrages de Brisson et Daudin, sont en grande partie si incomplètes , et leur synonymie si vicieuse , que je préfère faire ici une revue critique de toutes les espèces qu'ils ont indiquées que d’en intercaler les citations dans mon travail.

(1) Paris, 1829, vol. LE, p. 316.

(2) Les ornithologistes connaissent actucilement neuf espèces de vautours proprement dits, deux Sarcoramphes , trois Percnoptères , deux Cathartes , et une où deux Gypaetos.

Brisson, Ornithologie, vol: 1, pag. 453 et suiv., décrit neuf espèces d'oiseaux sous le nom de Vautours. n° r, sou Ÿ’ultur cinereus est un Gypaetos barbatus ; n°2, son J’ultur fuscus est le jeune âge du Percnoptère d'Égypte ; n° 3, son Ÿ. ægyptiacus est le moyen àge du même oiseau ; n° 4, son W. niger est un autre état de plumage du Gypaetos barbatus ; n° 5 , son 7. aureus , encore un Gypaetos barbaius ; n° 6, son F. cristatus, n° 8, W. alpinus, et n° 9, Ÿ. leucocephalus, sont des Faucons ; n° 7, enfin son Y”. fulvus est l'espèce connue actuellement sous ce nom. Daudin, 7raité élémentaire d'Ornithologie , vol. 2, pag. 5, décrit 19 espèces dans son genre Vautour. Les n* 1 et 2, Vultur papa et gryphus sont des Sarcoramphes; le n° 3, Ÿ. auricular'is n’est qu'un oiseau factice ; le n° 4, F. ponticerianus conserve ce nom chez les ornithologistes modernes. (Daudin , à la page 450 du mème volume , prétend que ces deux dernières espèces n’en forment qu'une seule.) Le n° 5, Ÿ. indicus esi le V. chassefiente ; le n° 6, #. chincou n'est que le 7. monachus , Linn. ; le n°7, #7. percnopterus est le . fulvus ; le n° 8, F7. changoun est le jeune âge de V. Kolbu ; le n° 9, Ÿ: monachus est le jeune F7. occipitalis ; au sujet du n° 10, W. Kolbu, la description se rapporte au Vautour chassefente , tandis que la planche citée de Levaillant ; Oiseaux d’Afrique, n° 10, représente le moyen âge d’un véritable F. Kotbii. Le n° 11 V. vulgaris est un Gypaetos barbatus ; len° 19 W. niger est probablement le Ÿ. ægypius. Le n° 13 Ÿ”. fulvus est réellement l'espèce nommée ainsi par les ornithologisies modernes. Le n° 14 W. fuscus est le moyen âge du Percnoptère d'Égypte. Le n° 15 V. arrianus est le F. cinereus. Le n° 16 F. aura'est

(376 ) aujourd’hui le Cathartes aura. Le n° 15 W. ginginianus et le n° 18 W. albus sont de différens âges du Percnoptère d'Égypte : le n° 19 Ÿ. cristatus est une espèce de Faucon indéterminable. Enfin l’espèce de Species du genre Vautour donné récemment par M. Griflih dans sa traduction anglaise du Règne animal de M. Cuvier, n’est pas moins embrouillée, Il comptel 1 à 12 espèces comme appartenant à nos Vautours proprement dits ( Vol. vi, p. 15). N° 1 Wultur fulvus est , d’après la description, celle que je désigne sous le même nom , mais parmi les figures citées celle de Buffon (PL. 426) et celle de Levaillant (PI. 10) appartiennent à l'espèce Chassefiente. N° 2 7. Kolbu est, d’après la description , également l'espèce Chassefiente , ainsi que probablement la planche 105 de Sonnerat citée. N° 3 V. indicus , des deux planches citées ici, l’une , planche 11 de Levaillant, représente le véritable Fultur Kolbu, l'autre , planche 26, Temmink, est l'espèce Chassefiente. N° 4 #7. Chincou; la planche citée n° 12 Levaillant, est le Ÿ. occipitalis de Burcheil. N° 5 7. cinereus ; la figure de Buffon , pl. 426, est bien celle de cette espèce, mais la planche 290 d'Edwards représente celle que Temmink a nommée }”. imperialis , et Linné, Gmelin, Ÿ. monachus. N°6 F. auricularis ; la figure pl. 9 de Levaillant n’est autre chose que celle d’un 7. ægypius défigurée. N° 5 #. monachus ; ici on cite encore une fois la planche 290 d'Edwards ; l’autre planche citée n° 426 Temmink appartient bien à cette espèce, si toutefois c'en est une, ce dont jai grand doute. N° 8 F.. pondicerianus est l’espèce citée par les autres auteurs sous le même nom. N° 9 7. angolensis pourrait bien appartenir au genre Falco. N° 10 W. Chincou est

le jeune âge de V7. occipitalis de Burchell. N° 11 F7.

| ægypius est cette espèce décrite par M. Savigny; la

figure citée n° 407 (pl. col.) lui appartient ; maïs l’autre figure indiquée n° 13 (pl. col.) est celle d’un F”. occipitalis. N° 12 W. madagascarensis est très-probablement le moyen âge de Ÿ”. occipitalis.

M. Temmink décrit dix espèces de Vautours proprement dits dans la 72° livraison de ses planches coloriées. Je les examinerai dans l’ordre dans lequel ils se suivent.

1. Vultur auricularis (Daudin). Cette espèce est établie d’après la seule figure que Levaillant , Ois. d’Afr., pl. 9, donne d’un oiseau qu'il dit avoir trouvé dans a partie méridionale de l'Afrique, mais qui n’a été revue depuis par aucun autre naturaliste. Un seul exemplaire est connu se trouver aujourd'hui dans la belle collection de M. le duc de Rivoli à Paris. J'étais très-curieux de l’examiner ; mais quelle fut ma surprise en reconnaissant au premier aspect, dans cet oiseau , un V’ultur ægypius ur peu défiguré à la tête , et en y regardant de plus près, je trouvai en effet qu’on avait cousu ensemble sur les côtés de la tête et du cou des replis factices de la peau , qu'on devait avoir étendu préalablement par quelque force mécanique. Cette falsification est évidente, et toutes les personnes auxquelles je fis part de ma remarque partagèrent mon opinion en voyant cet oiseau.

On dira peut-être que cela n’est pas une preuve pour soutenir que l'espèce figurée par Levaillant n'existe pas dans la nature. Mais je répondrai que c’est peut-être très-involontairement que cet auteur a commis l'erreur

de figurer des réplis cutanés qui pouvaient être produits dans l'individu qu’il a examiné par la difficulté qu’on a de faire passer, en le dépouillant, la grosse tête du Fultur ægypius à travers le cou. En tout cas, Levaillant n'a pas donné de figure de ce dernier Vautour, qui cependant est commun dans la Cafrerie et dans tout l’intérieur de l'Afrique. Pendant mon long séjour dans les provinces tropiques de la partie septentrionale de ce continent, j'ai recueilli , et même en assez grand nombre, toutes les espèces de Vautours qui se trouvent aux environs du Cap et dans la Cafrerie, à l’exception de ce prétendu Oricu ou Wultur auricularis. Maïs comme depuis Levaillant personne n’a vu cet oiseau dans la partie méridionale de l'Afrique, on doit supposer qu’il habite principalement les régions équatoriales, ce qui est contraire à mes observations. On sait cependant que les espèces de Vautours sont toutes très - répandues, et qu'ils émigrent dans les régions lointaines pour se rendre dans les lieux qui leur offrent une nourriture abondante, que la finesse de leur-odorat leur fait découvrir à d’incroyables distances. Toutes ces considérations m'ont déterminé à ne pas considérer le Vautour Oricou de Levaillant comme une espèce avant qu’on en ait retrouvé quelque individu bien caractérisé.

2. Vultur pondicerianus (Linn., Gmel.). On u'ouve cette espèce aux grandes Indes et dans les îles tropiques au sud de la Chine; elle est très-facile à reconnaître aux replis cutanés qui se trouvent aux deux côtés de son cou et commençant au-dessous du trou auditif. Le cou est tout nu; la tête n’est couverte que d’un duvet noï-

râtre très-clair-semé. La couleur générale du corps et

des ailes est d’un brun noirâtre; la fraise qui entoure postérieurement la base du cou est composée de plumes arrondies , noirâtres , et celles de la poitrine et du ventre ont également la même forme. Un collier de duvet blanc sépare la poitrine de la région du jabot; le bec est noir ; la taille de cet oiseau égale celle d’un dindon sauvage. On en trouve des figures dans Sonnerat ( Voyage aux Indes, pl. 104 ), et dans Temmink (PI. col., pl. 2 ). Tous les individus dont j'ai vu les dépouilles présentent la même disposition dans les couleurs ; je ne puis cependant pas assurer qu’il n’y ait à cet égard des différences ’age.

3. FV’ultur monachus ( Linné) ou Fuliur Chincou (Temmink) est une espèce très-rare dans les collections d'Europe, et j'avoue même ne l'y avoir jamais vue; aussi la description que jen donne ici n’est faite que d’après les autres auteurs.

Ce Vautour se reconnait de suite à une touffe de plumes cendré-brunâtre qui recouvre l’occiput en forme de capuchon ; le cou a un duvet blanc cendré; sa base est entourée de lougues plumes eflilées et acuminées , d’un brun noirâtre ; tout le plumage du corps est d’un brun très-foncé. Je ne connais pas la forme des plumes de la poitrine et de l'abdomen qui n'est pas décrite par les auteurs. Le bec est noir à la pointe, brun à la base, et la cire ainsi que les pieds sont blenâtres. En grandeur Voiseau égale le Vautour brun d'Europe. On en trouve des, figures dans Edwards, pl. 290 , ei dans T'emmink, pl. 426. Ce dernier auteur (Monographie , dans la 92° livraison) cite la figure d'Edwards comme se rapportant à ce que M. Burchell et moi nommons Wuliur occipita-

lis, ce qui est erroné, car la taille ainsi que la couleur du bec sont différentes. Peut-être cette espèce n’est-elle autre chose qu'un Vautour brun mal décrit et défiguré.

4. Vultur ægypius (Savigny). Ce vautour est facile à reconnaître à sa grosse tête plus volumineuse que celle des autres espèces connues. Elle est presque toute nue, rugueuse , et n’est garnie que d'un duvet clair-semé ; la couleur de la peau de la tête et du cou est grise bleuâtre livide ; un collier de plumes arrondies , brunes, entoure toute la base du cou ; celles de la poitrine et de l’abdomen sont longues, eflilées et acuminées. Tout le plumage de cet oiseau est d’un brun foncé, le long de la baguette de chaque plume la couleur est plus claire ; sur la poitrine il y a au-dessous de ces plumes un duvet blanc qui dépasse parfois. Le bec est noirâtre à la base, la pointe a la couleur cornée. La taiile de cet oiseau surpasse un peu celle du Vautour brun. Les jeunes individus sont absolument de même couleur que les adultes. Cette espèce est répandue sur tout le continent d'Afrique. M. Temmink (PI. col., pl. 407) en a donné une figure médiocre; une autre bien meilleure se trouve dans la traduction du Règne animal par M. Griffith, sous le nom de Nubien Vultur.

5. Wultur cinereus (Linn., Gmel.), ou Vautour brun , se reconnaît parmi toutes les espèces de ce genre par la crète de plumes arrondies , brunes , qui remonte obliquement le long des côtés du cou, vers la partie postérieure de la tête. Le sommet de la tête est recouvert d’un duvet laineux ; la couleur générale de son plumage est le brun noirâtre ; les plumes de la poitrine et du ventre sont larges à la base et acuminées vers la

pointe; le bec est brun-noirâtre et la cire bleuâtre. Cet oiseau habite principalement les provinces montagneuses de lorient de l’Europe, dans le Caucase , en Syrie , etc. Je ne l'ai jamais observé à l’état sauvage en Afrique. Un individu que j'ai vu vivant en domesticité au Caire avait été pris en Chypre ; on l’envoya en 1823 au cabinet de Vienne. Buffon (PI. col. n° 425) donne une bonne figure de ce Vautour ; celle de Vieillot (Galerie des oiseaux, pl. 1 ) est également bonne , mais surtout celle de Vaumann naturgeschichte der Vogel Deutschlands, pl. r.

6. Vultur fulyus (Linn., Gmel.). C’est relativement à cette espèce et aux deux suivantes que M. Temmink et les autres auteurs systématiques ont commis le plus d'erreurs, les ayant plus ou moins confondues entre elles ; aussi leur synonymie est-elle extrêmement embrouillée. Cependant les caractères de chacune de ces trois espèces sont faciles à saisir et bien nets. Le véritable J’ultur fulvus, celui qui a la même patrie que le Vultur cinereus , c’est-à-dire , les parties orientales et méridionales de l’Europe, se trouve aussi dans toute VAsie jusqu'à la Chine. Je ne l’ai jamais observé dans le nord de l'Afrique, quoiqu'il soit possible qu’il puisse s’y trouver; mais, sije ne me trompe pas, on ne trouve en Espagne et dans les Pyrénées que l'espèce suivante. Ce Vautour a la tête médiocre, le cou allongé , l’une et l’autre recouverts d’un duvet blanchâtre avec quelques poils raides au sommet de la tête. La base du cou est, en tout àge , entourée postérieurement d’une fraise de plames à base large et à barbes soyeuses , piliformes ; les plumes de la poitrine et du ventre sont toujours longues, étroites, acuminées et plus ou moins flottantes. La couleur gé-

nérale du plumage est brun fauve ; en vieillissantitelle devient plus claire, à l’exception des rémiges qui sont toujours brun foncé. Le bec est noirâtre à la pointes passant , principalement dans le jeune âge, à la couleur de corne. Cet oiseau égale en grandeur le ’ultur cine= reus; je n'en connais d’autre figure que celle de: Borz ckhausen, Deutschlands ornithologie , pl. x, où on la faussement nommé Wultur percnopterus ,-et celle de M. Werner, dans son Atlas des Oiseaux d'Europe.

7. Vultur chassefiente (Levaillant). C'est cette espèce dont la dépouillese trouve le plus souvent dans les col: lections d'oiseaux; elle est non-seulement répandue sur tout le continent d'Afrique, mais on la. trouve aussi parfois dans les provinces méridionales de l'Europe ; et je l'ai observée moi-même en lialie. On prend souvent cet oiseau vivant en Égypte et en Barbare, et c'est de là qu'on paraît urer les nombreux individus qu'on voit dans les ménageries ambulantes. On le distingue à sa tête comprimée , à bec couleur de corne dans le jeune âge et noire à l’état adulte; elle est récouverte d’un poil raide entremèlé sur le cou d’un duvet blanc ; la base du cou est garnie tout à l’entour d'une fraise de plumes longues acuminées toujours de couleur brun clair ; les plumes du ventre et de la poitrine ont la même ‘forme et la même lcouleur. Les rémiges sont noirâtres ; ‘lé reste du plumage, en tout àäge, brun clair. On en à de nombreuses figures : d’abord Büflon en donne une, planche 426 , sous le nom de Vautour: fauve ; une autre se trouve dans Levaillant (Oiseaux d'Afrique ; pli:ro), sous le nom de Chassefñente. M. Temmink (PI: col.,

n° 26) en donne une troïsième sous le nom de #’ultur

indou. C’est probablement cette espèce que Sonnerat a figurée pl. 10h, dans son Voyage aux Indes , sous le nom de grand Vautour des Indes. D’après sa description, cet oiseau a une fraise de longues plumes étroites et acuminées , de couleur rougeâtre à la base du cou; le plumage général est indiqué comme étant de couleur d'ombre , et chaque plume est terminée par une bande plus claire. Il ne dit rien de la forme des plumes du ventre. Le bec est de couleur noire.

8. Fultur Kolbii (Latham). À de la ressemblance avec le Fultur fulvus par la fraise blanche composée de plumes arrondies à barbes soyeuses , qui entoure la partie postérieure de la base du cou ; mais les plumes de la poitrine et du venire sont arrondies et serrées contre le corps. Un duvet blane laineux sépare la région du jabot des plumes de Îa poitrine; la tête est couverte d’une espèce de poil fauve , et le cou a un duvet blanchâtre ; le bec est couleur de corne dans le jeune âge et devient noirâtre en vieillissant. Les variations de couleur dans les différens âges sont très- sensibles. Les jeunes individus ont les plumes brunes foncées avec un bord blanchâtre ; les couvertures des ailes, les rémiges , la queue et la région du jabot sont d’un brun noirâtre ; c’est dans ce plumage que je l’ai figuré dans l’Atlas zoologique de mes voyages (Oiseaux, pl. 32). Levaillant en a donné une autre figure ( Oiseaux d'Afrique, pl. 11) sous le nom de Chaugon..A l’âge moyen , la couleur des plumes est d’une teinte plus claire, excepté celle des rémiges et des rectrices , qui est toujours brun noiràtre. Le bec devient un peu foncé vers la pointe. La planche 10 des Oiseaux d'Afrique représente l'oiseau de eet

âge sous le nom de Chassefiente (1). Le Vultur fulvus de Borckhausen, Deutschlands ornithologie, pl. 2, appartient également à cette espèce (2).

Le Vultur Kolbir, à l’âge adulte, a tout le plumage de couleur blanc tirant sur isabelle , à l'exception des rémiges , qui sont constamment d’un gris brun. Le bec devient de plus en plus noirâtre , et, dans cet état, cet oiseau à été généralement pris pour le Vautour fauve adulte, qu'il égale en taille. Au reste , cette espèce ne se trouve que dans la partie tropique et méridionale de l’Afrique.

9. Le Vultur occipitalis (Burschell) ressemble en taille au Vautour de Pondichéry ; il se distingue en tout âge par une huppe de plumes laineuses posées sur l’occiput , et par des lignes parallèles de petites verrues qui se trouvent à la partie antérieure du cou immédiatement sous le bec. Celui-ci est constamment d’un rouge brique à la base et noïrâtre vers la pointe, La fraise , à la partie postérieure de la base du cou, est composée de plumes larges, arrondies ; la poitrine et le ventre sont également couverts de plumes arrondies , assez serrées contre le corps. La couleur varie dans les différens âges de ces oiseaux. Les jeunes ont la huppe et tout le plumage du

(1) C’est par méprise que, dans notre Atlas zoologique, Oiseaux, p. 47, on a indiqué la Planche 105 de Sonnerat, Voyage aux Indes, comme représentant cet oiseau, qui ressemble bien plus au Vautour chassefiente. Nous avons été induit en erreur par la monographie de M. Temmink, à laquelle nous nous en sommes rapporté, n’ayant pu consulter alors nous-même l’ouvrage de Sonnerat.

(3) N'ayant pu trouver dans aucune bibliothèque de Paris l'ouvrage de Borckhausen, je cite cette planche de mémoire, sans garantie de

méprise.

corps d’un brun noirâtre ; ce n’est qu’à la partie antérieure du cou, à la base du jabot, qu’on trouve des plumes laineuses blanches. C'est dans ce plumage qu’il est figuré par Levaillant (pl. 12), sous le nom de Chincou , et par M. Temmink , sous le même nom (planche 13) (1). Dans le moyen âge, ce Vautour a la huppe, le cou et la queue de couleur blanche ; je ne connais aucune figure dans cet état de plumage ; enfin l’oiseau adulte a non-seulement la tête, le cou et la queue blanche, mais encore les rémiges offrent la même couleur. J’en ai donné une figure exacie à la planche 22 des oiseaux de l’Atlas zoologique de mes voyages. Cette espèce parait n’habiter que la zone torride de l’Afrique; elle m'a paru être plus courageuse que les autres Vautours que j'ai observés.

Quant au Wulitur angolensis de ïiatham, dont M. Temmink change le nom en Ÿ. cathartoïdes, j'avoue que je ne puis rien communiquer sur cette espèce , n'ayant jamais pu voir ni un individu vivant, ni quelque dépouille de cet oiseau. Il est bien singulier que je n’aie pas rencontré , dans le Sennar ou dans le Kordosan , ce

Vautour qu'on dit indigène sur les bords du fleuve Il 8

Laïre (-).

(1) Get auteur a proposé plus tard, dans sa Monographie , de nom: mer cette espèce Ÿ”. galericulatus ; maïs ce nom ne doit pas être admis, vu que celui de Burchell est plus ancien.

(2) M. Temmink dit, dans la 72e livraison , qu’on trouve une description ou indication de ce Vautour dans le catalogue des oiseaux publié dans le Voyage du capitaine Tuckay au Zaïre: je l'y ai cherché inutilement. La description de Pennant ; ainsi que sa figure ,tab. XIX, Tour in Wales, me laissent en doute si cet oiseau est vraiment un

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