‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 111 sur 228 · MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. | BYE · texte numérisé non relu

MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. | BYE

qui reste à distance des scutelles et en dehors de l’intervalle qu'elle doit occuper. Les seutelles elles-mêmes ont un développement médiocre ; les deux principales sont à peu près de la même dimension ; l’antérieure assez régulièrement ovale, et l’intercalaire inférieure forme le complément de l’ovale de la postérieure. Il est étrange qu’on ait si longtemps passé sous silence la présence des scutelles scapulaires de ce Baliste, et que Cuvier lui-même le range au nombre de ceux qui manquent de cette particularité.

Le Balistes capriscus est le seul de la famille entière qui se trouve dans la Méditerranée ; on le pêche dans l'Atlantique jusqu’à New-York , à Boston , et même, quoique très rarement , près des côtes d'Angleterre ; c’est l'espèce la plus généralement répandue , car elle est de toutes les mers chaudes et tempérées. Le Muséum en possède un grand nombre d'exemplaires de régions très diverses. L'un des plus grands, rapporté d'Alger par M. Deshayes, présente les dimensions suivantes :

Longueur. totales... 1: .:.0R 437 Hauteur pectoerale … …. ,. .... Q®,4175 Hauteur pelvienne . . . . . 0",187 Longueur de la caudale. . . . 0,053

Longueur de la région céphalique. 0,114

Synonymie. — Connu de tous temps dans la Méditerranée , puisque Aristote en parle, etque le nom de Baliste procède du nom vulgaire de Pesce balestra , äonné à cette espèce par les pêcheurs italiens , le Balistes capriseus à reçu son nom actuel de Linné. Avant l’auteur du Systema naturæ et de la nomenclature binaire, ce poisson est désigné par des phrases caractéristiques insuffisantes ajoutées soit au nom générique de Balistes, soit même à celui de capriscus (Artedi), La figure qu’en a donnée Salviani , d’après un individu à caudale carrée, a été reproduite par Willoughby et par d’autres, et a pu concourir à le faire confondre avec d’autres espèces très différentes, et tout à fait étrangères à la Méditerranée où Salviani l’avait observé. M. de Kay décrit et figure, sous le nom de B. fuliginosus, un poisson à plaques scapulaires, qui n’est autre que le capriseus (Zool. de New-York, p. 339, pl. 57).

912 HU. HOLELARD,

hi. BALISTES RETICULATUS Nob.— BAL, CÆRULESCENS ? Ruppel

. Caractères. — Hauteur du corps au moins égale à la moitié de sa

longueur. — Dorsale molle très haute en avant et rapidement abaissée. -- Écaillure des joues disposée en séries horizontales , dont cinq séparées par des espaces nus, et se terminant à quelque distance des lèvres. — Système de coloration réticulé.

DM. 26. A. 93. P. 14.

L’élévation du corps au niveau des pectorales égale et dépasse même quelque peu la longueur ; la ligne de profil est arquée, et s'incline à 45 et 50 degrés. Le peu de courbure transversale du front ramène l’œil presque au niveau de la ligne médiane ; le sillon préoculaire est court et superficiel.

Le premier rayon de la dorsale épineuse est robuste, médiocrement long, pointu, très hérissé en avant ; les deux autres sont proportionnellement grands ; la membrane interradiale se prolonge presque jusqu’à la deuxième dorsale.

La dorsale molle et l’anale croissent rapidement, puis s’abaissent sur une pente uniforme et très mclinée.

La partie moyenne de la caudale est légèrement saillante ; ses rayons extrêmes sont médiocrement prolongés en cornes.

La pointe pelvienne, très forte, saillante, épineuse à son extrémité, est suivie d’un pli tégumentaire extensible, garni d’aiguilles marginales, et qui s’élève assez rapidement vers l’anus.

L’écaillure se compose de squames médiocres , couvertes de tubercules peu nombreux, plus ou moins mousses, jamais épineux.

Le pourtour de la bouche est nu, et les joues sont mcomplétement revêtues de quelques séries horizontales de squames qui décroissent d’arrière en avant, et ne sont plus à l’extrémité des séries que de petits îlots taberculeux entourés d’une peau molle ; mais c’est à tort que Lacépède les compare à des verrues, car ce sont de véritables squames. Le nombre des séries des joues, j'entends de celles que séparent des intervalles cutanés, est de emq, dont trois se trouvent assez distantes l’une de l’autre et de leurs voisines.

La région scapulaire porte une scutelle antérieure ovale et une postérieure de même forme, mais tronquée mférieurement et complétée par une grande intercalaire ; le cadre est composé de très petites squames disjointes, dont une intercalaire supérieure qui reste à distance des grandes scutelles, et vis-à-vis de la place qu'elle devrait occuper entre celles-e1.

Les régions ventrale et latérale , très distinctes en avant, se confondent un peu en arrière ; leurs squames et celles des côtés de la queue ne présentent pas de tubereule principal et sont peu couvertes.

On aperçoit presque des indices d’une ligne latérale derrière l'œil et pendant un très court trajet.

La couleur de nos exemplaires, l’un desséché, l’autre dans la liqueur, est un fauve plus ou moins intense sur lequel on distingue des bandes plus foncées, rameuses et obliques sur la face, très anastomosées, et formant une sorte de réseau sur les parties latérales du tronc. Sur les flancs, les mailles du réseau sont si serrées que les espaces qu'elles circonscrivent font l'effet de taches claires sur un fond brun. Les nageoires portent aussi des taches claires circonscrites par les mailles d’un réseau brun. La dorsale molle et l’anale sont bordées d’une zone blanchâtre.

Le Muséum possède, comme je l’ai déjà indiqué, deux exemplaires du Baliste réticulé. L'un d'eux à été rapporté de l’océan Pacifique, l’autre vient de l’île Bourbon. Ils sont à peu près de même grandeur. Voici les dimensions de l’exemplaire conservé dans la liqueur :

Longueur totale. . . . . 0",190 Hauteur pectorale . . . , 0,100 Hauteur pelvienne. . . . 0",105 La caudale mesure. . . . 0",030

La région céphalique atteint. 0,060

Synonyme. — Je ne connais que trois espèces ou trois descriptions auxquelles puisse se rapporter notre Balistes reticulatus ; ce sont : le Balistes fuscus de Schneider , observé et caractérisé pour

la première fois par Commerson, et dont Lacépède a fait son

314 H, HMOLELARD.

PBaliste à grande tache ; le Balistes rivulatus de M. Ruppel .etle Balistes cœærulescens du mème voyageur. Mais de ces trois espèces, la dernière seule me semble offrir avec la nôtre une ressemblance assez complète pour laisser soupçonner l'identité : elle reproduit le même système de coloration, et n’a aussi que cinq rangs disjoints de squames aux joues : le fond de la couleur semble seul différer, et cela peut tenir à l’action de l'alcool. Nous ne proposons done qu’à titre provisoire le nom de Balistes reliculatus, bien qu’il ait avantage de rappeler un caractère plus constant ou plus persistant que l’épithète de cœærulescens qui a la priorité.

Page 1