GROS
avons suivi directement le développement. Rien n’est plus facile, quand on en est averti, que de voir les jeunes larves se développer dans les œufs des Trématodes. |
D'ailleurs, quelle que soit l’origine de ces diverses formes d’animaleules <iliés, nous les avons vus, depuis plusieurs années, se convertir en Nématoïdes. |
Nos Opalines et Pseudo-Opalines, à un moment donné, ou s’enfoncent
dans la muqueuse rectale, ou remontent dans le petit intestin, pour aller en les térébrant se nicher dans les tissus. Une fois arrivées à leur destination, elles se mettent à gyrer fort longtemps, autant pour vaincre la résistance des tissus que pour exsuder la matière propre à construire leur cocon. Au bout d’un laps de temps que l’on ne peut évaluer, elles cessent de gyrer, perdent leur caractère, et laissent apparaître dans leur cocon une forme vermiculaire qui se dessine davantage , et finit par donner un Ver “parfait, ordinairement roulé en spirale. Le vermicule grandit,mürit, et se met à percer sa coque pour nager à d’autres destinées. Il n’est pas toujours possible de prononcer sur l’espèce de Ver, puisqu’à cet âge les organes internes sont encore trop rudimentaires.
Ces petits cocons , incrustant quelquefois le tissu du rectum ou d’autres organes, n'avaient pas échappé aux observateurs, mais personne, que nous sachions, n’avait essayé de trouver le mot de l'énigme.
En 1852, une commission de l’Académie, composée de MM. Coste, Duméril, Valenciennes , a bien voulu examiner les pièces démonstratives que j'ai eu l'honneur de lui soumettre concernant l’origine de la T'orquatina, liée de parenté avec les Opalines. A cette occasion, j’ai fait voir les cocons en question, qui étaient le complément obligé de nos démonstrations d'alors. Jusqu'à présent, il n’a pas été fait de rapport à l’Académie. Si l'origine des T'orquatina a pu laisser des doutes dans l'esprit des membres de la commission , serait-il possible de constater au moins le fait important de la conversion des Opalines en Nématuides ?
Il arrive assez souvent, surtout chez les Grenouilles qui ont passé l’hiver à une moyenne température, que les Opalines coconnent dans le rectum, et étalent sous l’œil de l’observateur toutes les phases de leurs métamorphoses. |
Ce n’est pas tout. Non-seulement les larves issues d'œufs de Trématodes sont susceptibles de donner des Nématoïdes, mais de jeunes Trématodes eux-mêmes sont sujets à des transformations semblables. Dans la membrane musculeuse de l'intestin grêle ou de l'estomac, ou dans les séreuses
MULTIPLICATION DES NÉMATOIDES. 99 abdominales, on trouve des cocons trop visibles pour avoir échappé à nos devanciers. Dans de certaines saisons , on voit de jeunes Monostomes , de Jeunes Distomes immigrer dans les tissus. Leurs téguments sont comme armés de piquants , et ne leur permettent pas de reculer. Une fois nichés dans les membranes, nos jeunes Trématodes y coconnent en exsudant la matière de leur petite prison, qui brunit le plus souvent.
L’animalcule gyre et se scinde à la manière des Infusoires. Il perd peu à peu ses caractères trématodiens, et se convertit en une masse vésiculeuse qui se parifisse une, deux, trois fois. Chacune des parties aliquotes de de cette parifissure devient un cocon séparé, où, avec le temps, se trouve un embryon de Nématoïde.