I. Avant la ponte
4. Quand la vésicule germinative est encore centrale, la surface de l'œuf est d’une couleur brane uniforme , et ne présente aucun élément nouveau.
2, Quand la vésiéule est arrivée près de la surface, elle est remplie d'éléments vésiculeux brillants et de grosses sphères qui renferment des éléments semblables.
à. La surface de l’œuf ne change pas d'aspect avant la rupture de cette vésicule.
LL. Dès que celle-ci s’est vidée, la surface de l’œuf est couverte de corpuscules hyalins, brillants (corpuscules plastiques ), semblables à eeux que la vésicule renfermait. Ces corpuscules forment autour de l’œufune enveloppe nuageuse ou faiblement rétieulée.
5. On peut conclure de Ià que les corpuscules plastiques nouveaux sont le résultat d’une métamorphose du contenu de la véstcule germinative.
6. Ces corpuscules se multiplient à la surface de l’œuf, et forment bientôt une pellicule homogène, de couleur grisâtre , blanchie par Ja coagulation. |
7. Les globules vitellins proprement dits sont , pour la plupart, transparents ; quelques-uns seulement renferment des vésicules colorées en petit nombre. Ils sont reliés les uns aux autres par une matière très visqueuse.
8. Les globules vitellins de la surface sont plus petits ; des corpuscules plastiques et des vésicules graisseuses sont interposés entre ces globules.
9. L’œuf est alors composé de deux vitellus distincts : le vitellus générateur ou de formation, formé de corpuscules plastiques et étalé à la surface de l'œuf; et le vitellus nutritif, consistant dans la réunion des globules vitellins qui forment la masse de l'œuf.
10. Les corpuscules plastiques, d’abord étalés en membrane, se réunissent en un amas discoïde, blanchâtre, qui constitue la tache blanche. | (
11. L'existence de cette tache annonce que la ponte des œufs est prochaine.
12. Quand la tache blanche est entièrement formée, on ne trouve plus de corpuscules plastiques étalés en membrane à la surface de l'œuf.
13. Les éléments de cette tache blanche sont exclusivement des corpuscules brillants semblables à ceux qui étaient étalés.
14. Elle est, de plus, accompagnée d’amas de vésicules graisseuses disposés autour d’elle ou au-dessus d'elle.
45. Pendant que les corpuscules plastiques se concentrent en une grosse tache, le nombre des globules vitellins à contenu vésiculeux augmente , et les vésicules colorées se multiplient dans ces olobules.
IT. Après la ponte.
16. La matière visqueuse, coagulable, qui sert à fixer les œufs aux fausses pattes abdominales , est produite par des cellules particulières qui apparaissent et se développent sous le test.
17. Cette matière blanche , composée de cellules , n’existe pas
hi LEREBOULLET, — EMBRYOLOGIE COMPARÉE | chez le mâle ; elle ne se montre sur la femelle qu’à l'époque de la ponte, et disparaît quand les œufs ont été pondus.
18. La matière visqueuse sécrétée transsude à travers la paroi abdominale, se condense en une membrane qui entoure l’œuf, et s’étire en un pédicule qui le suspend aux fausses pattes, et acquiert de jour en jour plus de consistance.
19. L'œuf pondu n’a que deux membranes : la pellicule précédente et la coque.
20. La coque n’est autre chose que la membrane vitelline primitive séparée de l’œuf par l’absorption de l’eau.
21. Elle est très élastique et remplie de petits tubes microscopiques qui la rendent perméable.
22. Lorsque la séparation s'opère entre la coque et l'œuf, celui-ci n'a plus de membrane propre , mais bientôt il en acquiertune nouvelle. |
25. Peu de temps après la ponte, la tache blanche se morcelle , c’est-à-dire se partage en fragments de plus en plus petits, qui s’éloignent de leur point de départ en se subdivisant , et finissent par couvrir l'œuf de petites taches blanches irrégulières.
2h. Chacune de ces petites taches blanches est formée des mêmes éléments que la grosse dont elle dérive.
25. Elles ne sont pas bornées à la surface, mais on en rencontre aussi quelques-unes dans la profondeur.
26. Dans une autre espèce d'Écrevisse (l’Astacus longicornis, Mihi), la tache blanche se partage immédiatement en globules sphériques, les uns solides, les autres creux.
27. Dans l’Écrevisse ordinaire , elle forme, en se disséminant , un réseau passager qui disparaît, pour ainsi dire, à mesure qu'il se produit.
28. Quand la tache blanche a disparu ( dans l’Astacus pallipes, Mihi, et dans l'A. fluviatilis), la surface de l'œuf est de nouveau entourée d’une couche homogène d'éléments plastiques qui constituent ce que j'appelle la membrane génératrice.
29. Les éléments de la membrane génératrice se réunissent en petits groupes disposés avec régularité sur la surface de l'œuf , et affectent, le plus souvent, une forme étoilée.
DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE L'ÉCREVISSE. h5
30. Des lacunes circulaires se forment dans l’intérieur de ces petits amas, surtout vers leur circonférence et dans leurs prolongements radiés.
31. Les portions dans lesquelles se sont formées ces lacunes s’isolent de la masse entière en s’arrondissant en globules.
32. De ce travail résultent les globes générateurs ou sphères witellines formatrices.
33. Dans l'Écrevisse longicorne , ces globes dérivent immédiatement de la tache blanche.
34. Ces'sphères sont creuses ; leur cavité se montre sous la forme d’une tache ronde, transparente.
35. Quand les globes générateurs sont formés , ils possèdent une membrane propre ; leur espace central transparent paraît aussi alors être entouré d’une membrane.
36. Les éléments de ces globes générateurs sont toujours les mêmes corpuscules plastiques.
37. Ces globes constituent autant de germes partiels répandus sur l'œuf.
38. Dès qu'ils sont formés, ils se segmentent régulièrement en croix après s'être allongés.
. 39. Le fractionnement paraît commencer par la vésicule centrale ou noyau de la sphère.
A0. À mesure que la segmentation s'opère, les globes générateurs deviennent plus petits ; ils descendent de 0,20 à 0®,06, à 0"*,04 et même à 0"",03.
hA. Un réseau particulier se développe sur l'œuf en même temps que les globes générateurs. Les cordons de ce réseau entourent les globes , et partagent la surface de l’œuf en polygones dont les sphères occupent généralement le centre.
h2. Le réseau polygonal cesse d’être distinet lorsque les sphères génératrices se sont multipliées au point de se toucher.
A3. Cependant la disposition réticulée persiste dans la membrane albumineuse qui unit entre eux les globules de segmentation.
k4. Mais cette membrane albumineuse est un produit de la coagulation ; c’est pourquoi son aspect réticulé ne se montre que sur les œufs dureis par les acides.
h6. LEREBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE …
45. Pendant la durée de la segmentation, les globules vitellins nutritifs s’allongent et se transforment en cônes, qui prennent une forme pyramidale par l’effet de la coagulation.
h6. Les bases de ces cônes ou de ces pyramides sont appuyées contre les polygones du réseau superficiel. |
47. Pendant cet allongement des globules vitellins , les corpuscules vésiculeux qu'ils renferment se multiplient et se développent rapidement. |
A8. Ces corpuscules sont de nouveaux globules vitellins qui remplissent les pyramides, et forment à la surlace de l'œuf de légères bosselures.
h9. Quand la segmentation des globes générateurs est terminée, les pyramides vitellines disparaissent , les globules inclus deviennent libres, se répandent dans l’œuf, et augmentent la quantité des parties sohdes de celut-c1.
50. Les globules vitellins se multiplient donc par génération endogène, etleur muläplication marche parallèlement avec la segmentation , c’est-à-dire avec la multiplication des éléments du vitellus formateur.
51. A la fin de la segmentation, l’œuf est couvert de très petits olobes serrés les uns contre les autres, et munis chacun (l’une tache centrale ronde, transparente.
52. Ces sphères de segmentation n’ont qu'une existence transitoire. |
53. L'œuf se couvre bientôt d’un réseau graisseux, qui ne tarde pas à l’envahir tout entier.
5h. Ce réseau est formé par des vésieules graisseuses, qui s’amoneellent le long des cordons du réseau primitif.
55. Ce développement de la graisse à la surface de l'œuf est le signal d’un travail de dissolution des globes de segmentation.
56. Les corpuscules plastiques qui constituent ces globes deviennent moins nombreux et moins serrés ; l'espace central transparent S'élargit, tandis que l'anneau blanc qui cireonserit cet espace est plus étroit et moins apparent.
57. La membrane propre des globes de segmentation se dissout,
DU BROCHET , DE LA PERCHE ET DE L'ÉCREVISSE. l7
et les éléments plastiques qu'elle renfermait se dispersent uniformément dans tous les sens. |
58. On voit apparaitre au milieu de ces corpuscules en: voie de dissémination, de nombreuses gouttes de graisse liquide assez volumineuses.
99. Plus tard, quand le travail de dissémination est terminé, ces gouttes de graisse n'existent plus.
60. A la fin de ce travail de dispersion des éléments qui constituaient les sphères de segmentation, l'œuf est couvert d’une pellicule albumineuse réticulée, dont les mailles sont parsemées de petits corpuseules brillants répandus avec uniformité.
6L. Ce travail de décomposition des sphères vitellines formatrices est suivi d’un travail de composition qui a pour but la for= mation des vraies cellules blastodermiques.
62. Très peu de temps après la disparition des sphères vitellines, il se forme, sur un point de la surface de l'œuf, une tache nébuleuse, produite par une accumulation de cellules : c’est la tache embryonnaire. |
63. Les bords de cette tache se continuent avec une membrane qui entoure l'œuf.
6h. Cette membrane renferme des cellules à divers -degrés de développement, dont les moins avancées sont celles qui sont le plus éloignées de la tache.
65. Les corpuscules brillants, qui étaient disséminés dans les polygones, se dissolvent ; les contours de ces polygones disparaissent ; de nouveaux corpuseules se déposent, et se polarisent autour d’une vésicule centrale d'apparence graisseuse ; enfin ces groupes nouvellement formés s’entourent d'une membrane propre.
66. La paroi de la cellule, d’abord éloignée de son contenu, s’en rapproche de plus en plus, en même temps qué la vésicule centrale prend l’aspect d’un vrai noyau.
67. La graisse, que nous avons vue se produire pendant la dissolution des éléments plastiques, apparait de nouveau pendant la formation des cellules ; nouvelle preuve que cette substance est appelée à jouer un rôle dans le travail de composition, aussi bien que dans le travail de décomposition des tissus.
hS LEREROULLET, — EMBRYOLOGIE COMPARÉE