DANS LA DISTRIBUTION DES ÊTRES ORGANISÉS DANS LE TEMPS
(Nous ne reproduisons pas ici une figure destinée à faire comprendre ces relations, car elle ajoute peu à leur clarté. M. E. Forbes figure le développement d’un type sous la forme d’un 8 allongé, dont l'intersection des branches correspond au minimum de développement , l'extrémité dilatée supérieure au maximum d’un type néozoïque , et l'extrémité dilatée inférieure au maximum de développement de son correspondant paléozoïque.) M. E. Forbes fait encore remarquer qu’il faut, dans ces comparaisons, ne pas tenir compte du nombre des espèces comprises dans chaque type générique.
€ On pourrait croire qu’il y a une contradiction dans l'expression « Mmanifestation de la polarité dans le temps, » car le temps implique l’idée de succession et de progrès dans une seule direction, et il ne paraît pas facile d’y joindre l’idée de progrès dans deux directions opposées, en partant d’un milieu où se trouve le zéro. Mais il faut remarquer que le temps est un moyen par lequel l’esprit de l’homme scrute la création , une manière de concevoir les idées divines par nos faibles facultés; mais que cette notion de temps ne forme pas par elle-même une partie du plan de Dieu dans la nature organisée. Nous parlons de polarité dans le temps , faute d’une meilleure expression; mais celte polarité est elle-même, si nos idées sont justes, une loi qui correspond au plan primitif de la création divine, et qui est, par conséquent , complétement indépendante de la notion de temps, quoiqu’elle ne soit perceptible pour notre esprit que par rapport à eux.
» En revenant sur les idées que j’ai émises , je vois bien qu’elles peuvent facilement donner lieu à de fausses interprétations et à des confusions, d'autant plus que l'exposition des faits aurait dû précéder la démonstration. Elles seront pour le moment reçues à peine comme des idées théoriques ; mais lorsqu'elles seront plus développées , elles seront prises en considération. En les publiant plus en détail, je les baserai sur un grand nombre de faits individuels , sur des recherches considérables, et sur des tableaux; mais il faut pour cela pouvoir travailler avec plus de loisir que je n’en ai maintenant. C’est dans l’intention de prendre date que j'ai publié cette hypothèse. Quelques personnes pourront y voir de l’imprudence ; mais c’est la seule idée qui puisse faire ressortir les germes de vérité contenus dans les théories en vogue, et la seule qui s’accorde avec les faits. Ces considérations doivent lui assurer une bonne réception. Si mes idées sont aussi exactes que je le pense , la vérité qu’elles renferment est de la plus haute importance ; si, au contraire, elles sont fausses, elles serviront à stimuler des recherches dans une nouvelle direction. »