‹ Annales des sciences naturelles (volume 2)Chapitre 222 sur 228 · L] VAN BENEDEN. — RAPPORT SUR LA LINGUATULA FEROX · texte numérisé non relu

L] VAN BENEDEN. — RAPPORT SUR LA LINGUATULA FEROX

Orient. Dans cet ouvrage, ce médecm parle d’un parasite qu’il avait observé communément sur le foie des nègres, au Caire; mais il ne sait si c’est un Nématoïde ou une larve d’insecte. Il paraît que Prüner a trouvé ce même parasite sur la Girafe.

M. de Siebold fit paraître, en 1853, dans son journal, un article du plus haut intérêt sur quelques parasites de l'Homme ; il y est question d’une Linguatule vivant aux dépens de l'Homme, dont le savant professeur de Munich avait soupçonné l'existence, d’après une notice manuscrite de Prüner, qu’il avait reçue par l’entremise d’Erdl en 1846, et sur laquelle M. Bilharz venait de lui donner quelques nouveaux détails dans une lettre datée du Caire. M. Bilharz avait vu des crochets(kolossalen Halk:en) comme il n’en avait encore observé dans aucun Helminthe, et à la vue des planches de Kauffmann, que M. de Siebold lui avait fait parvenir en Egypte, il reconnut aisément leur origine. Oui, ce sont mes crochets, écrivit-il (Dass sind, ja, meine Haken) peu de temps après à M. de Siebold. Tous ces détails sont reproduits dans cet article, et ce savant donne à ce parasite le nom de Pentastomum constrictum.

Îl y a peu de temps, le prosecteur de l’hôpital civil de Dresde (Saxe), M. Zenker, observa des kystes sur le foie de cadavres humains, et dans ces Kystes se trouvèrent de véritables Linguatules. M. Zenker a en ce moment sous presse une notice sur ce sujet, dans le Journal de médecine de Henle et Pfeuffer (1).

M. Küchenmeister ayant eu l’occasion d'observer la Linguatule du Lapin et de comparer les crochets de la Linguatule découverte par Zenker, pense que € est le même parasite, et qu'il faut y rattacher la Linguatule observée en Égypte par Prüner et Bilharz.

Nous partageons cet avis du médecin de Zittau ; d’après la courte et importante description de Prüner, et la comparaison que nous avons pu faire des crochets de la Linguatule de l'Homme observée par Zenker, avec ceux provenant du Lapin, nous dirons même qu’il ne nous reste pas de doute à cet égard.

Si nous ne nous trompons, tous les parasites dont il vient d’être question appartiennent à une seule et même espèce, et nous aurions ainsi pour synonymes de ces parasites les noms suivants : Linguatula serrata , Frohlich; T'œnia caprina, Abilgaard ; Halyseris caprina, Leder ; T'etragulus caviæ, Bosc; Pentastomum serratum, Rud.; Pentastomum denticulatum, Rud.; Pentastoma fera, Creplin; Pentastomum constrictum, Von Siebold; et pour patrie, au midi, l'Egypte et l'Italie, s’il est vrai que le parasite du Musée d'anatomie de Bologne soit une Linguatule, au nord, l'Allemagne, la Hollande, le Danemark, et peut-être la Russie.

Nous nesommes plus de l’avis de MT. Küchenmeiïster, quand il émet l’hypo-

(1) M. Zenker a déjà observé des Linguatules sur dix cadavres ; huit hommes dont trois manœuvres, un commerçant, un charpentier, deux garçons ouvriers et un prisonnier ; et deux femmes, une mendiante et la femme d'un ouvrier. Leur âge était de 21, 44, 53,54, 66, 68 et 74 ans. Trois étaient de Dresde, quatre de diverses parties de la Saxe, et deux de passage, qui ne s'étaient guère arrêtés à Dresde. Le docteur Heschl en à observé pareillement à Vienne,

PS AE AR A ER ET “à dE RL VEN (RS) 982 VAN BENEDEN. — RAPPORT SUR LA LINGUATULA FEROX,

thèse que les Lifguatules des cavités closes pourraient bien continuer leur évolution en passant dans des cavités ouvertes, de manière que la Linguatule des sinus nasaux du Chien pourrait bien être l’âge adulte d’une Tin euatule vivant d’abord dans une cavité fermée ou enkystée, Les Linguatules de cette dernière catégorie sont aussi complétement développées que les autres; leurs organes sexuels ne sont pas moins bien épanouis que ceux des parasites qui vivent dans les sinus et les cavités ouvertes.

Nous profiterons de l’occasion que nous offre ce rapport pour faire connaître le résultat de quelques observations que nous avons eu l’occasion de faire depuis la publication de notre Mémoire sur l’organisation et le développement des Linguatules. à

Peu de temps après la présentation de notre travail, nous avons reçu encore quatre jeunes Papions(Cynocephalus sphynx) ; un seul portait des kystes à Linguatules dans la cavité abdominale. Les Linguatules vivaient encore, et voici ce que leur appareil circulatoire nous a révélé

On distingue, à l’aide de la loupe, les mouvements péristaltiques du canal digestif , et sous la peau du dos on voit assez distinctement des pulsations qui ne sont pas sans analogie avec les pulsations du cœur des insectes.

Nous avons incisé la peau le long du dos, un peu sur le côté ; un liquide blanchâtre s’est épanché , et dans ce liquide se trouvaient des globules assez régulièrement arrondis et à peu près du même volume.

Une partie de la peau du dos, placée sur le porte- objet du microscope, ne montrait plus de pulsations; mais une légère pression nous montrait un liquide qui se déplaçait lentement, allait tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, mouvement qui se produisait ensuite par les contractions spontanées du parasite.

Le long de cette gouttière longitudinale qui représente le vaisseau dorsal, le liquide qui y est contenu se répand à droite et à gauche dans des canaux qui en partent à angle droit, mais il ne nous a pas été possible de distinguer les parois. On ne voit plus de liquide se mouvoir en s’écartant de la ligne médiane dorsale.

Une injection faite avec le plus grand soin sur un individu encore en vie ne nous à rien appris de plus : la masse à passé dans la cavité commune, sans suivre aucune voie régulière.

C’est donc à peu près le même résultat auquel les recherches faites depuis par M. Blanchard ont abouti.

Après la publication de notre mémoire, M. Blanchard a repris la question du système nerveux des Linguatules, surtout sous le rapport de la sigmification des ganglions. Mes déterminalions ne s'accordent guère avec les siennes, et malgré tout le prix que nous attachons à ses habiles travaux, nous ne croyons cependant pas devoir modifier l'opinion que nous avons émise à ce sujet dans notre mémoire,

Mais revenons à la notice de M. Küchenmeister. Chaque crochet est formé d’un pédicule, dit l’auteur, d’un couvercle avec son support et d’un vrai crochet. Tout cet appareil est formé de chitine, comme M. KR. Leuckaert l’a reconnu le premier.

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